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Par Public Sénat
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Épisodes
718 épisodes · page 15 sur 24

L'intégrale du lundi 1er décembre
C’est une semaine décisive pour Sébastien Lecornu qui va multiplier les consultations avec les parlementaires et les partenaires sociaux pour tenter de trouver un accord sur le budget de la Sécurité sociale qui revient en examen à l’Assemblée nationale. Le Premier Ministre joue-t-il son avenir ? On ne débat Thréard et Mathieu Souquière.Pour L’entretien, nous recevons Jean-François Husson, rapporteur général du budget au Sénat et sénateur (LR) de Meurthe-et-Moselle. La droite sénatoriale s’emploie à imprimer sa marque dans l’examen du budget. Cette ligne empêchera-t-elle tout compromis ? Nous l’interrogeons.Comment réagissent les socialistes face à ce détricotage ? La sénateur (PS) de l’Ain Florence Blatrix Contat nous répondra.Enfin « A la Une de nos régions », nous parlerons de l’ouverture des stations de ski. Comment s’annonce la saison ? Nous poserons la question au sénateur (LR) de la Haute-Savoie Cédric Pellevat.
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Général Vincent Desportes : « Le rétablissement du service militaire était indispensable »
Le président de la République a annoncé, ce jeudi 27 novembre, la transformation du SNU (Service National Universel) en un service militaire de 10 mois pour les jeunes volontaires majeurs sélectionnés par les armées. L’objectif immédiat est le recrutement de 3.000 personnes en 2026, vers un horizon de 50.000 en 2035, pour un coût estimé de 2,3 milliards d’euros de 2026 à 2030.Le général Vincent Desportes, ancien directeur de l’École de guerre et professeur de stratégie à Sciences Po et HEC, considère que « le rétablissement du service militaire était indispensable et longuement réfléchi par les différentes autorités et le ministère des Armées. C’est une mesure qui devrait être efficace et fonctionner. Évidemment c’est une projection sur l’avenir, et c’est le minimum qui pouvait être fait. Les Armées n’ont pas lancé ce projet sans avoir conduit un certain nombre d’études et de sondages dans la population. Et ce qu’il en ressort, c’est un nombre de volontaire supérieur, voire largement supérieur, aux places offertes ».Le général Vincent Desportes a tenu à clarifier le rôle de ces futurs volontaires : « Le problème de notre armée aujourd’hui c’est qu’elle est excellente mais toute petite. Parce que nous sommes formatés par ce que l’on appelle un contrat opérationnel, qui a demandé pendant 20 ans à l’armée française de conduire des petites guerres, à quelques milliers de kilomètres du territoire national. Ces nouveaux réservistes pourront donc effectuer les tâches militaires sur le territoire national, et dégager près de 50.000 combattants professionnels ».
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L'intégrale du vendredi 29 octobre 2025
Au programme de cette édition : Emmanuel Macron annonce la création d’un service militaire national volontaire pour les jeunes majeurs. Un outil pertinent pour renforcer l’armée face aux menaces russes ? Et comment ces menaces se traduisent-elles aujourd’hui ? Le Général Vincent Desportes répond à nos questions.Le Sénat ouvre son examen du budget. La droite sénatoriale assume une ligne anti-taxe et anti-impôt. Cette orientation rend-elle tout compromis impossible ? Le président socialiste de la Commission des finances, Claude Raynal, nous donne son analyse.Le débat : Neutralité, fonctionnement, financement… Une commission d’enquête se penche sur l’audiovisuel public. Voulue par Éric Ciotti, peut-elle glisser vers une bataille politique ? Débat entre nos éditorialistes Louis Morin et Pablo Pillaud-Vivien.À la Une de nos régions : Enfin, zoom sur ces communes qui réinstallent l’éclairage public pour lutter contre l’insécurité. Exemple à Falaise, dans le Calvados, où le maire détaille son choix.
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Claude Raynal : « Le rejet du budget par l’Assemblée nationale met en avant la copie du Sénat »
La navette parlementaire sur le budget se poursuit. Alors que l’Assemblée nationale reçoit ce samedi 29 novembre, la copie du PLFSS (budget de la Sécurité sociale) amendée par les sénateurs, le Sénat a débuté son examen du PLF (budget de l’État) ce jeudi 27 novembre, avec plus de 2300 amendements à examiner.Le budget de l’État ayant été rejeté par l’Assemblée nationale, Claude Raynal, sénateur (PS) de Haute-Garonne et président de la commission des finances, explique que « l’on partira nécessairement de la copie du Sénat. Durant cette période, nous allons rentrer dans un certain nombre de débats, et si possible de votes. Ensuite nous verrons comment s’organise la discussion sur une commission mixte paritaire. Mais pour faire passer le budget, il faut non seulement que la commission mixte paritaire soit conclusive, mais également que l’Assemblée nationale vote cette fois-ci le texte. Donc il faut tenir compte des sensibilités qui la compose ».Claude Raynal déplore que « l'on voit des propositions de diminution des recettes, ça on le voit notamment suppression de la surtaxe des entreprises, qui disparaîtrait totalement de la première copie au Sénat. On le voit aussi sur les collectivités locales. Mais la question c’est où se font donc les augmentations ? Et lorsqu’on le voit, on ne les trouve pas toujours pertinentes. Par exemple, dans le plan France 2030, il n’y aurait plus de possibilité durant un an d’engager de nouveau chantier ».
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Défense : le grand retour du service militaire
Le service militaire est rétabli par Emmanuel Macron, ce jeudi 27 octobre, sur la base du volontariat. Cette décision, considérée nécessaire face aux menaces potentielles, fait débat, suite au discours du chef d’État-Major des Armées Fabien Mandon, annonçant que la France devra se préparer à « perdre ses enfants ».Pablo Pillaud-Vivien, rédacteur en chef de la revue Regards, décrie la logique de guerre que l’on instille dans les esprits : « Quand vous regardez dans les sondages d’opinion le rapport des jeunes à l’armée : ils n’ont pas envie d’aller faire la guerre. Et j’ai bien peur que ce service militaire ne soit adressé à des gens sans horizon, peut-être dans des situations de précarité, qui se disent qu’ils vont faire ce service militaire, pour la sécurité de l’emploi et un salaire. Et peut-être servir de chair à canon à un moment, puisque la perspective c’est la confrontation avec une autre puissance, en plus une puissance nucléaire comme la Russie ou la Chine ».Pour Louis Morin, journaliste politique : « On ne peut pas dire que les jeunes volontaires d’aujourd’hui serviront de chair à canon. C’est l’occasion pour un certain nombre de jeunes, qui sont parfois un peu perdus, de trouver un sens à leur vie. Ou parfois d’être formés, gratuitement. Le service militaire a aussi été pendant des années l’opportunité pour un certain nombre de jeunes de s’élever, de sortir de leur condition, de trouver un socle de valeurs. Tout le monde n’a pas eu la chance de recevoir une éducation parentale à la hauteur de ce que l’on pourrait attendre. Et le service militaire porte ce sens ».
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Hervé Marseille : « Un service militaire c’est du temps et de l’argent, on n’a ni l’un ni l’autre »
Le feuilleton du vote du budget se poursuit. Ce mercredi, la commission mixte paritaire, composée de sept députés et sept sénateurs, n’a pas réussi à trouver de compromis sur le projet de de budget de la sécurité sociale. Le texte retourne donc à l’Assemblée nationale pour un ultime vote.Hervé Marseille, sénateur des Hauts-de-Seine et président du groupe Union Centriste et président de l’UDI (Union des démocrates et indépendants), affirme que « le budget de la Sécurité sociale, c’est la mère de toutes les batailles pour la suite. Parce que le dialogue entrepris pour trouver des compromis avec les socialistes, c’est-à-dire la stabilité, il tient beaucoup à cette affaire de retraites, qui est le totem voulu par la gauche. S’il n’y a plus la suspension de la réforme des retraites, il n’y a pas grand-chose. Donc je pense qu’à l’Assemblée, le gouvernement fera beaucoup pour aboutir ».Et puis le président de la République précise aujourd’hui les contours du futur « service national volontaire » pour faire face aux « menaces croissantes ». Le SNU, service national universel, sera transformé pour accueillir 2000 à 3000 jeunes majeurs. Hervé Marseille est d’accord sur le fond, peu sur la forme : « Cela suppose quand-même une organisation. L’armée de métier c’est très technicisée, donc la question sera quelles seront les tâches et le sens de leur action ? Et cette organisation elle prend du temps et ça coûte cher. Et on n’a ni temps ni argent».
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Monique Lubin : « La droite sénatoriale, et la droite en général, font la chasse aux pauvres »
Après l’échec, ce mercredi 26 novembre, des députés et sénateurs de la commission mixte paritaire à trouver un compromis, le PLFSS (texte du budget de la Sécurité sociale) retourne à l’Assemblée nationale pour un ultime examen. Le gouvernement arrivera-t-il à trouver un compromis avec le Parti Socialiste pour faire le voter et éviter la censure ?Monique Lubin, sénatrice (PS) des Landes déplore le manque d’ouverture de ce qu’il reste de l’ancien « socle commun » : « Devant l’intransigeance du gouvernement et de la droite de ce pays, il m’arrive de me dire que nous ne pouvons pas suivre. Mais je sais aussi que le pays a besoin de stabilité et d’un budget. Malheureusement, par rapport à ce que j’ai vu sur le PLFSS, on a vu au Sénat que la droite n’est pas prête à faire des compromis. La droite sénatoriale, et à la droite de manière générale, font même la chasse aux pauvres ».La sénatrice édicte les points sur lesquels le Parti Socialiste n’acceptera pas de compromis : « Il est évident que pour nous la suspension de la réforme des retraites est obligatoire. L’allongement du temps de travail, ça n’est pas entendable. Le gel des minima sociaux également. Pour moi sur ces trois sujets, on ne peut pas tergiverser ».
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La France aura-t-elle un budget en 2026 ?
Les députés et les sénateurs ont échoué à trouver un compromis sur le budget de la Sécurité sociale en commission mixte paritaire, ce mercredi 26 novembre. Le texte budgétaire sera de retour à l’Assemblée nationale dès ce samedi 28 novembre. En cas d’impasse, le recours à la loi spéciale demeure toujours une option, pour adopter à titre temporaire le budget de l’année passée.Michael Darmon, éditorialiste politique I24news, déplore le blocage du pays sur les questions budgétaires : « C’est le résultat au fond de ce qu’aura été le macronisme. La réforme des retraites, ce dispositif, est à la fois et vivant et mort. On est dans un ‘en même temps’ politique qui montre à quel point on est dans l’impossibilité de faire une politique publique. On ne sait plus ce que ça peut donner. On est juste dans une étape supplémentaire sur cette scénographie permanente du chaos qui caractérise cette fin de mandat ».Bérengère Bonte, journaliste politique, considère que nous sommes « peut-être dans l’acte intermédiaire entre un ancien monde, avec des majorités absolues qui évitaient le débat au Parlement et permettaient d’avancer, et puis un nouveau monde, qui essayerait de fonctionner avec cette culture de coalition et de compromis. Il n’y a pas vraiment d’autre solution ».
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L'intégrale du jeudi 27 novembre
Au programme de cette édition : Le Sénat entame l’examen du budget, un texte rejeté à l’Assemblée nationale et vivement critiqué par la majorité sénatoriale. Va-t-il être remodelé au point de rendre tout compromis avec les socialistes impossible ? Nous recevons dans une demi-heure Hervé Marseille, président du groupe centriste au Sénat et sénateur des Hauts-de-Seine.Députés et sénateurs ne parviennent pas à s’entendre sur le budget de la Sécurité sociale. La commission mixte paritaire de ce mercredi n'a pas abouti. La suspension de la réforme des retraites, souhaitée par les socialistes mais refusée par la majorité sénatoriale, reste l’un des principaux points de blocage. La sénatrice socialiste des Landes Monique Lubin, membre de la Commission mixte paritaire, vient nous raconter ces échanges.Dans le débat, la droite sénatoriale dévoile ses propositions pour lutter contre l’entrisme islamiste : interdiction du port du voile pour les mineurs, neutralité religieuse pour les élus, et plusieurs autres mesures fortes. Nous en débattons avec Michaël Darmon et Bérengère Bonte.Dans nos régions, direction Varces, où Emmanuel Macron prononce un discours consacré à la défense et au service militaire. Nous serons avec le maire de la commune, qui nous expliquera les enjeux locaux.
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L'intégrale du 26 novembre
Au programme de cette édition : le Sénat s’oppose à la suspension de la réforme des retraites dans le cadre des discussions sur le budget de la sécurité sociale. Ce vote rend-il impossible tout compromis alors que députés et sénateurs doivent tenter de trouver un accord en commission mixte paritaire ? Le président par intérim de la Commission des affaires sociales, le sénateur LR Alain Milon, était notre invité.L’entretien : Quelle est la réaction du Parti socialiste face à ce vote, lui qui fait de la suspension de la réforme des retraites la clé d’un accord avec Sébastien Lecornu ? Et pense-t-il, comme le Premier ministre, qu’il existe une majorité pour voter le budget ? Nous recevons Johanna Rolland, maire de Nantes et première secrétaire déléguée du PS.Jordan Bardella est-il déjà le favori de la prochaine présidentielle ? Un sondage Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale le donne gagnant quel que soit son adversaire au second tour. La dynamique peut-elle s’enrayer ? C'est au coeur de notre débat avec Françoise Degois et Elizabeth Martichoux.Et puis à découvrir dans nos régions : à Marseille, la prison des Baumettes accueille un restaurant pour favoriser la réinsertion des détenus.
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Alain Milon : « La France a diminué de moitié ses investissements dans les médicaments innovants »
Deux semaines après le gel de la réforme des retraites voté à l’Assemblée nationale, le Sénat a adopté, le mardi 25 novembre, le dégel de la réforme des retraites. Le texte va ensuite être discuté en CMP (commission mixte paritaire). Si cette dernière ne parvient pas à un compromis, le texte retournera à nouveau à l’Assemblée nationale pour faire l’objet d’un nouveau vote.Alain Milon, sénateur (LR) du Vaucluse, justifie le rejet au Sénat par l’inadéquation du système de retraites avec la situation démographique et économique du pays : « En 1983, lorsque la retraite a été fixée à 60 ans, vous aviez quatre actifs pour un retraité, et l’espérance de vie était vraiment à 73 ans. Aujourd’hui, il y a 1,7 actif pour un retraité, et l’espérance de vie est à 83 ans. Vingt ans de retraite, ça fait quand-même beaucoup, surtout avec une telle proportion d’actifs pour chaque retraité. Il est nécessaire de passer à un autre système que celui de la répartition ».Médecin de formation, Alain Milon alerte sur » le retard que prend la France sur la pharmaceutique » : « La Chine produit actuellement 31% des médicaments innovants. Désormais, les promesses d’investissements française en industrie pharmaceutique pour les médicaments innovants ont baissé de moitié par rapport à l’année passée, et dans le même temps, elles sont à 550 milliards de dollars aux États-Unis et de 330 milliards en Chine, ces dix dernières années. Nous allons droit vers des problèmes majeurs d’approvisionnement et de pénuries ».
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Johanna Rolland : « L’objectif est d’arracher le totem de la macronie : la réforme des retraites »
Le Sénat a rejeté, mardi 25 novembre, la suspension de la réforme des retraites dans l’examen du budget de la Sécurité sociale (PLFSS). Il s’agissait de la pierre angulaire du Parti Socialiste pour ne pas censurer le gouvernement et aboutir à un compromis.Johanna Rolland, maire (PS) de Nantes et présidente de France Urbaine, défend les acquis du Parti Socialiste dans les négociations avec le gouvernement : « Nous sommes entrés dans ce débat parlementaire sur le budget avec pour premier objectif d’arracher ce qui était devenu le totem de la macronie : la réforme des retraites. Sans surprise, les sénateurs de droite se sont évertués à remettre toutes les horreurs qui étaient contenues dans le PLFSS. Derrière, ce sont les plus modestes, les classes moyennes, les femmes qui seraient pénalisés. Ce soir, il y a une commission mixte paritaire, je doute qu’elle soit totalement conclusive. La réalité c’est que le texte va retourner à l’Assemblée, c’est l’Assemblée qui aura le dernier mot, et les socialistes se battront jusqu’au bout sur ce sujet ».Avec le Congrès des maires, la question du narcotrafic a été remise en avant comme une menace pour la sécurité dans les villes. La maire de Nantes assure que « face au narcotrafic, le Parti Socialiste est d’une lucidité implacable. Nous avons beaucoup de maires en situation de responsabilité dans de nombreuses villes. Donc nous sommes en première ligne pour savoir que le narcotrafic est un fléau qui gangrène nos villes et nos villages. Nous sommes pour que le pays puisse se doter de moyens à la hauteur de ce sujet. Cela fait trois ans que nous réclamons un parquet spécialisé dans cette lutte et des moyens de renseignement accélérés ».
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Budget 2026 : vers un compromis pour éviter la loi spéciale
Avec 190 votes pour et 108 contre, les sénateurs ont supprimé l’amendement qui prévoyait le gel de la réforme des retraites au cours de la discussion sur le budget de la sécurité sociale. Le texte sera rediscuté, ce mercredi 26 novembre, en commission mixte paritaire, composée de sept députés et sept sénateurs. Le compromis sera difficile à trouver entre le texte voté par l’Assemblée nationale et celui du Sénat.Pour Élizabeth Martichoux, éditorialiste politique sur LCI et Public Sénat : « Ce n’est pas vraiment un rebondissement. On ne peut pas dire qu’on est surpris que la droite suspende la suspension de la réforme des retraites. Sur le budget de la Sécurité sociale, il va y avoir une commission mixte paritaire ce soir. Tout le monde dit qu’elle va durer une demi-heure : le temps que tout le monde s’installe, dise ‘nous on veut la suspension’ et ‘nous on n’en veut pas’, et puis ‘au revoir et à bientôt’. »Pour Françoise Degois, éditorialiste politique : « La vraie question c’est qui a intérêt à la dissolution ou pas ? À un moment donné il y a la réalité des prix. Est-ce que Les Républicains y ont intérêt ? Non. Est-ce que Renaissance y a un intérêt ? Non. Quelle histoire Gabriel Attal aurait-il à raconter pour la présidentielle avec un groupe de députés qui passerait de 90 à 40 députés ? Parce que c’est ça les projections. Celui qui est le plus allant pour atterrir, c’est Olivier Faure, et le Parti Socialiste ».
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L'intégrale du mardi 25 novembre
Au programme de cette édition : l'interview politique d'Amélie de Montchalin, ministre chargée des comptes publics. Sébastien Lecornu a pris la parole ce lundi depuis Matignon, estimant qu’il existait une majorité pour trouver des compromis sur le budget, proposant également un changement de méthode. Le budget peut-il encore être voté ?Nous recevons également la sénatrice (Union centriste) du Pas-de-Calais Brigitte Bourguignon. Le Sénat s'apprête à examiner le point politiquement clé de ce Budget de la Sécu : la suspension de la réforme des retraites, sur laquelle la majorité sénatoriale veut revenir. Quelle sera la position de l'ancienne ministre ? Dans notre débat, nous revenons sur les résultats du baromètre Odoxa avec la cote de popularité de Macron qui ne remonte pas tandis que Sébastien Lecornu voit sa popularité monter en flèche, prenant 6 points. Quelque soit la configuration, Jordan Bardella, le président du Rassemblement national est largement en tête au premier tour de la présidentielle avec plus du double de son concurrent.
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Baromètre Odoxa : Emmanuel Macron toujours aussi impopulaire
La cote de popularité d’Emmanuel Macron selon le dernier sondage Odoxa se maintient à 78% d’impopularité, toujours fixée à son seuil le plus bas. Même au sein de son propre camp, 15% des sympathisants Renaissance estiment qu’il « n’est pas un bon président ».Pour Erwan Lestrohan, directeur conseil à l’institut Odoxa : « Le lien semble définitivement rompu avec les Français. Le rejet est très fort chez les cadres, chez les 65 ans et plus, qui étaient pourtant les fondements de son socle électoral. Il fait figure, avec Jean-Luc Mélenchon, des deux personnalités politiques avec plus de 50% de taux de rejet. Emmanuel Macron ne bénéficie même pas d’une respiration sur sa popularité, alors même qu’il a pris du recul sur la scène nationale ».Pour Nathalie Mauret, journaliste politique pour les journaux régionaux du groupe Ebra : « Emmanuel Macron est là depuis 8 ans. Il y a une usure du pouvoir qui est réelle, et Emmanuel Macron en souffre, comme en souffrirait n’importe quel chef de l’État à sa place. Mais ce qui aggrave son cas, si je puis me permettre, c’est la dissolution incomprise de 2024. C’est une fracture avec l’opinion qui aura du mal à se reconnecter ».
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Amélie de Montchalin : « Si le gouvernement choisit le 49.3, je ne serais plus devant vous »
Emmanuel Macron a confirmé sa volonté de transformer le service national universel vers un nouveau projet de service militaire volontaire. Il a toutefois précisé « qu’il ne s’agit pas d’envoyer nos jeunes en Ukraine ».Pour Amélie de Montchalin, ministre chargée des Comptes publics, il s’agit de faire accepter au Parlement l’augmentation de la dépense budgétaire dans la défense, de 6,7 milliards d’euros, alors que le budget de l’État vient d’être rejeté par l’Assemblée nationale : « L’augmentation du budget de la défense est au-delà de l’atteignable, elle est nécessaire. Pour notre continent, pour les Ukrainiens et pour notre conception de la souveraineté. C’est pour cela que le gouvernement, sur les sujets de souveraineté - la défense, l’agriculture et l’énergie – a besoin de donner aux Français et aux parlementaires toutes les informations. On ne veut pas contraindre je ne sais qui à voter je ne sais quoi, mais les enjeux majeurs demandent de la clarté ».Pour Amélie de Montchalin, face à l’impasse budgétaire qui se profile, il n’y a pas d’autre issue que le compromis : « Si le gouvernement avait choisi d’utiliser le 49.3, je ne serais pas devant vous aujourd’hui, le gouvernement aurait été censuré, le budget n’aurait pas été déposé, les débats n’auraient pas commencé. Il faut nous en remettre totalement au Parlement pour trouver le compromis. Car quelles sont les alternatives ? Est-ce que pour autant il faudrait laisser faire ceux qui disent que les Français ont mal voté, et qu’il faudrait revoter pour les législatives, ou pour une présidentielle ? ».
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Brigitte Bourguignon : « Je ne crois pas qu’il y aura de budget présenté d’ici la fin de l’année »
Le budget de l’État a été rejeté par l’Assemblé nationale à la quasi-unanimité. Malgré cela, Sébastien Lecornu, lors de sa déclaration sur le perron de Matignon le lundi 24 novembre, estime qu’il « existe une majorité pour trouver un compromis ».Pour Brigitte Bourguignon, sénatrice (UC) du Pas-de-Calais : « L’Assemblée nationale s’est radicalisée, avec des positions très antagonistes, sur lesquelles il semble difficile de pouvoir trouver un compromis. Et même si le Sénat est accoutumé à cette culture du compromis - et si sur le PLFSS (le budget de la Sécurité sociale) nous trouverons certainement un accord - sur le PLF (le budget de l’État), cela me semble très compliqué. La commission mixte paritaire qui suivra ne sera probablement pas conclusive. Je ne crois pas qu’il y aura de budget présenté d’ici la fin de l’année ».En plein examen du PLFSS, le Sénat a voté, ce lundi 24 novembre, pour que la prolongation des arrêts maladie ne puisse pas se faire en téléconsultation. Pour Brigitte Bourguignon : « Malgré la hausse conséquente des arrêts maladie, il faut toujours avoir la main qui tremble quand on écrit ce genre de choses, car c’est arbitraire. On sort tout juste d’un débat sur la fraude sociale et fiscale, et maintenant on arrive sur ce sujet, donc j’ai peur aussi des amalgames et de la stigmatisation ».
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Budget 2026 : le vote impossible ?
C’est une première pour la Ve République, ce samedi 22 novembre, le budget de l’État a été rejeté par la quasi-unanimité de l’Assemblée nationale. C’est un retour à la case départ : le Sénat va examiner à partir de cette semaine le texte initial déposé par le gouvernement. Est-il encore possible de voir ce projet de budget d’aboutir ?Pour Yves Thréard, directeur adjoint de la rédaction au Figaro : « On est un peu sur la méthode Coué, il faut bien qu’ils y croient, sinon… Non, ce qui est détestable dans cette histoire c’est que cela donne une image vraiment mauvaise de la politique, et la politique n’en a pas besoin car elle est déjà très basse dans l’estime des gens. On se dit que l’on nous montre un spectacle qui dure des nuits, des semaines, et puis tout est mis à la poubelle. Et la France continue à décliner ».Pour Jefferson Desport, grand reporter pour Sud-Ouest : « Personne ne sait comment cela va se terminer en réalité : il n’y a pas de piste d’atterrissage sans majorité. Ce budget est un canard sans tête qui court d’une chambre à une autre. Et la classe politique se trompe totalement, car la priorité c’est de doter la France d’un budget, pas de préparer la présidentielle de 2027. Or, ce que l’on voit dans cette séquence budgétaire ce sont des personnalités politiques acheter des parts de marché dans l’opinion pour se préparer aux enjeux électoraux ».
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Marion Canalès : « Le Sénat demande encore aux salariés, apprentis et malades de faire des efforts »
L’Assemblée nationale a rejeté le texte budgétaire, ce samedi 22 novembre. C’est un fait inédit, puisque tout l’Hémicycle, sauf un député, s’est opposé à l’adoption du projet de loi de finances. Le Sénat va à son tour examiner le budget à partir du jeudi 27 novembre. Mais est-il possible de d’adopter ce budget avant la fin de l’année ? Un compromis se fera-t-il après ce premier échec devant la représentation nationale ?Pour Marion Canalès, sénatrice (PS) du Puy-de-Dôme et vice-présidente de la délégation sénatoriale aux entreprises, « Le Parti socialiste est déjà allé loin dans l’objectif du compromis. Depuis le début, nous voulons faire ce budget en responsabilité. Il y a une ligne rouge, il y a des objectifs à obtenir pour l’égalité : de la justice fiscale, des mesures socialement justes et efficaces pour notre économie. Mais ici au Sénat, nous connaissons la ligne budgétaire qui ressortira ».Le Sénat, dans son examen du budget de la Sécurité sociale a voté la hausse de la durée légale du travail, avec 15 minutes de travail en plus chaque semaine. Une mesure jugée efficace pour combler le déficit de la Sécurité sociale selon les sénateurs centristes qui ont défendu cette mesure. Pour Marion Canalès : « Mes collègues centristes pénalisent les pauvres car ils sont plus nombreux. L’argument des 15 minutes c’est d’amoindrir l’impact de cette proposition. Chaque année on a des propositions un peu exotiques, moi je la trouve assez osée. 15 minutes ça n’est pas rien, il y a déjà beaucoup de salariés en France qui sont sous contrainte et qui travaillent plus qu’ils ne sont payés. On demande encore aux salariés, aux apprentis, aux malades, de faire des efforts ».
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Philippe Juvin : « La Constitution donne des armes, utilisons-les dans cette bataille budgétaire »
Une voix pour, 404 contre et 84 abstentions : le budget de l’État a été rejeté par l’Assemblée nationale à la quasi-unanimité, ce samedi 22 novembre. Une issue qui ne laisse rien présager de bon pour l’avenir du projet de loi de finances. La question se pose : est-ce que la France sera dotée d’un budget adopté par le Parlement ?Pour Philippe Juvin, député (LR) des Hauts-de-Seine et rapporteur général de la commission des finances de l’Assemblée nationale : « Il est encore possible de faire passer ce budget. Maintenant c’est au Sénat de jouer, ensuite nous aurons une commission mixte paritaire. Il faut que cette dernière s’accorde sur un texte, ce qui est possible, en tout cas on va tout faire pour. La question ensuite c’est : est-ce que le texte sera aussi validé au Sénat ? Si ce n’est pas le cas, le gouvernement a d’autres armes pour avoir un budget : les ordonnances et le 49.3, que le gouvernement refuse d’utiliser. La Constitution donne des armes au Premier ministre, et dans cette bataille budgétaire, c’est dommage de ne pas user des armes acceptées, et largement acceptées ces dernières années ».« L’année dernière nous avons passé le budget par loi spéciale. Le gouvernement a été censuré, mais nous avons eu un budget trois mois plus tard. Donc de toute manière la France sera dotée d’un budget. Je veux au moins rassurer les gens, nous aurons un texte avant la fin du 31 décembre».
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Bonjour chez vous !
Au programme de cette édition : l'interview politique de Philippe Juvin, député LR des Hauts-de-SEine et rapporteur du général du budget à l'Assemblée nationale. L'Assemblée nationale a rejeté le projet de budget à l’unanimité moins une voix. Le texte arrive à la Chambre haute cette semaine : quelles seront les modifications du Sénat ? Et plus généralement, un compromis est-il encore possible? La France peut-elle encore se doter d'un budget d'ici au 31 décembre ? Nous recevons également la sénatrice PS Marion Canalès. Avec l'élue du Puy-de-Dôme, nous reviendrons sur les marches blanches organisées dans plusieurs villes de France samedi, et à Marseille avec un grand rassemblement contre le narcotrafic. La proposition de loi contre le narcotrafic votée récemment est-elle à la hauteur des enjeux ?Enfin dans le débat, nous revenons sur la première prise de parole de Boualem Sansal depuis sa libération, l'écrivain franco-algérien se dit contraint dans sa prise de parole et affirmé « contrôler chacun de [ses] mots » en raison du contexte diplomatique entre Paris et Alger. Notre éditorialiste Yves Thréard l'a rencontré.Et puis à la une de nos régions, ous parlerons de la désertification des centre-villes qui n’est pas une fatalité partout. A Bréal-sur-Vitré en Ille-et-Vilaine, un commerce multi-services a permis de recréer un lieu de rendez-vous au sein du village.
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L'intégrale du vendredi 21 novembre 2025
La menace du narcotrafic est, selon Gérald Darmanin, désormais équivalente à celle du terrorisme. En déplacement à Marseille avec Laurent Nunez, le ministre évoque une guerre à mener “sur tous les fronts”. Leur entretien accordé à La Provence soulève de nombreuses questions. Olivier Biscaye, directeur de la rédaction, vient en analyser la portée et les implications politiques.Le club : Face aux maires réunis en congrès, Sébastien Lecornu multiplie les annonces : allègement des normes, réflexion sur la taxe foncière, volonté de renouer le dialogue.Mais les élus restent sceptiques. Arnaud Benedetti et Erwan Lestrohan décryptent cette séquence qui dit beaucoup de l’humeur territoriale avant les municipales.L’entretien : Comment se porte notre démocratie ? Que signifie une démocratie “à l’état gazeux” ? Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean-Jaurès et auteur de l’essai, vient éclairer le diagnostic inquiétant qu’il pose sur notre vie publique.Le sénateur du jour : Au Sénat, l’examen du budget de la Sécurité sociale ravive les tensions : rétablissement d’une taxe sur les mutuelles, gel du barème de la CSG pour les retraités et les chômeurs, et volonté de revenir à la version initiale du texte. La sénatrice LR Frédérique Gerbaud explique les choix de la majorité sénatoriale.
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Frédérique Gerbaud : « Le secret de l’enquête est une double violence pour les victimes de viol »
Une proposition de loi a été déposée au Sénat, ce mercredi 19 novembre, pour rendre imprescriptibles les crimes sexuels sur les mineurs (actuellement la victime peut déposer plainte 48 ans après les faits). Une proposition inédite, car dans le droit pénal français, seuls les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles. Membre de la commission des affaires sociales, Frédérique Gerbaud, sénatrice (LR) de l’Indre, a déposé une autre proposition de loi pour renforcer le droit des victimes lors de procédures judiciaires pour viol : « À Châteauroux, il y a une jeune enseignante qui a déposé plainte pour viol avec suspicion de soumission chimique dans la nuit du 3 au 4 juillet. Je l’ai accompagnée pendant toute la période où elle a été hospitalisée, et aujourd’hui, 5 mois après, elle n’a toujours pas eu accès au dossier. La loi française est actuellement faite de cette façon, et même après 5 mois, la victime n’a toujours pas accès à ses analyses toxicologiques, et aucune information sur l’enquête. C’est une double violence pour les victimes, et une lacune du droit français ».Frédérique Gerbaud est également revenue sur le danger de plus en plus important qu’incarne le trafic de drogues, pour tous les territoires : « Le narcotrafic est un sujet majeur pour Marseille, mais également bien d’autres villes, Grenoble, mais même dans mon département, avec des villes moyennes, on doit faire face au trafic de stupéfiants. C’est plus violent dans les grandes villes, mais c’est présent aussi dans nos campagnes. C’est un sujet de société, d’urgence absolue, sur lequel il faut trouver des réponses efficaces, en dépassant le cadre du débat ».
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Gilles Finchelstein : « Notre démocratie est à l’état gazeux : informe, instable, inflammable »
Gilles Finchelstein secrétaire général de la Fondation Jean Jaurès, et directeur d’études de l’agence de communication Havas, était l’invité de la matinale « Bonjour chez vous ! ». Dans son nouveau livre, « La démocratie à l’état gazeux : une histoire politique 1945-2045 », il analyse une France en pleine ébullition.Gilles Finchelstein, explique le titre de son livre : « Je me suis demandé comment trouver une métaphore qui permette de donner une grille de lecture d’une situation que nous trouvons tous opaque, confuse, illisible. C’est pour cela que d’une part, j’ai fait cette longue mise en perspective, 1945-2045, et que j’ai utilisé cette métaphore entre les différents états de la matière, avec leur propriété. La démocratie est un l’état solide entre 1962 et 1992, à l’état liquide entre 1992 et 2017, et nous sommes depuis dans un état gazeux : informe, instable, inflammable ».Pour Gilles Finchelstein, la « gazéification » de la démocratie passe par la multiplication des clivages politiques : « L’état solide a sa forme propre, dans la démocratie, il s’incarne au travers d’un clivage qui structure le débat public. Chez nous, durant trois décennies, il s’agissait d’un clivage gauche-droite, dans lequel les Français se reconnaissaient, et qui guidait leur comportement électoral. Nous basculons dans l’état liquide en 1992, avec le traité de Maastricht : la question de l’Europe vient s’immiscer dans le clivage et traverse la gauche comme la droite. Puis nous entrons dans l’état gazeux en 2017, avec deux candidats présidentiels au second tour qui ne se revendiquent ni de la gauche, ni de la droite ».
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Narcotrafic : l’État a-t-il les moyens de lutter ?
Le narcotrafic est mis au cœur de l’actualité politique avec le meurtre de Medhi Kessaci à Marseille. Medhi était le frère d’Amine Kessaci, militant engagé dans la lutte contre le narcotrafic. Sa mort est perçue comme un acte d’intimidation, voire un « assassinat politique » diligenté par les narcotrafiquants. La France est-elle face à un tournant dans la montée en puissance du narcotrafic ?Pour Michaël Darmon, éditorialiste politique : « Quand on voit ce qu’il se passe à Marseille, on comprend ce qu’il se passe en Europe. Vous avez déjà des pays du nord de l’Europe qui sont pratiquement déclarés comme des narco-États, qui sont des plaques tournantes d’un trafic de drogue mondialisé, qui rend poreuses les frontières des systèmes démocratiques. Les narcotrafiquants ont développé un système de corruption à grande échelle, car pour proliférer, il faut avoir dans sa poche des juges, des douaniers, des policiers, des autorités portuaires… C’est considérable ».Pour Élizabeth Martichoux, éditorialiste politique : « J’ai regardé quels pays ont réussi à juguler le trafic de drogues : vous n’en avez pas. En tout cas pas des démocraties. Alors vous avez la méthode forte en Amérique latine. Ce sont des guerres civiles. C’est l’armée qui investit des quartiers, qui tuent des narcos, il y a des exemples célèbres. C’est pour cela que c’est irresponsable de parler de ‘gouvernement démissionnaire’. Quel gouvernement a réussi à faire plier le narcotrafic ? ».
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Éric Piolle : « Les ministres de l’Intérieur successifs s’achètent un nom face au narcotrafic »
L’actualité a mis la question du narcotrafic au centre des préoccupations politiques ces derniers jours. A Grenoble, gangrenée par le trafic de stupéfiants, un mineur est dans le coma après avoir été touché par trois balles sur un point de deal dans la nuit du samedi au dimanche.Pour Éric Piolle, maire (Les Écologistes) de Grenoble : « La société française est en échec face au narcotrafic. Les ministres de l’Intérieur successifs sont en échec. La consommation de drogues a explosé en France. Depuis 2002, nous avançons la même stratégie qu’avec Nicolas Sarkozy, on répète ‘fermeté et tolérance zéro’, comme s’il y avait quelqu’un qui voulait un peu de tolérance pour le narcotrafic. On répète, il y a eu M. Sarkozy, M. Valls, M. Darmanin, M. Retailleau… Ils se sont tous acheté un nom ».L’édile de Grenoble poursuit : « Il y a quelques années, il y avait une commissaire à Grenoble, qui a voulu dire ‘il n’y a que deux camps, soit vous êtes avec la police dans la lutte contre le narcotrafic, soit vous êtes complices’. Donc elle avait dit aux salariés d’un bailleur social, des salariés de proximité, ceux qui sont en première ligne, qui travaillent pour les locataires : ‘on va ouvrir l’appartement et on va marquer que vous êtes dans le bon camp’. Ils se sont exécutés, ordre de la police. Le lendemain, ils ont été convoqués par les dealers. Ils ont dû se mettre en arrêt maladie pour encaisser le choc. Et ils y sont retournés. Mais pendant six semaines il n’y avait plus personne dans le quartier, les locataires ont été abandonnés ».
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L'intégrale du jeudi 20 novembre
Au programme de cette édition : Une semaine après l’assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille, la question du narcotrafic s’impose au cœur du débat national. Laurent Nunez et Gérald Darmanin se rendent ce jeudi dans la cité phocéenne, tandis qu’Emmanuel Macron met en cause les “bourgeois des centres-villes” accusés d’alimenter ce marché criminel. Elizabeth Martichoux et Michaël Darmon analysent ces prises de position et leurs enjeux politiques.L’entretien : Autre grande ville confrontée au narcotrafic : Grenoble. Son maire, Éric Piolle, s’exprime sur les attentes des élus locaux et sur les réponses qu’il attend du gouvernement, alors que Sébastien Lecornu conclut le Congrès des Maires.Au Sénat, l’examen du budget de la Sécurité sociale met en lumière de profondes divergences avec le gouvernement, notamment sur la suspension de la réforme des retraites, point de fracture politique majeur. La rapporteure générale du budget, Élisabeth Doineau, détaille les lignes rouges et les possibilités de compromis.A la une de nos régions : Emmanuel Macron échange avec les lecteurs de la presse régionale autour de la démocratie à l’heure des réseaux sociaux. Julien Lécuyer, de La Voix du Nord, qui a animé ces rencontres, partage son regard sur ces moments de dialogue.
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Élisabeth Doineau : « Notre protection sociale est en faillite »
Les sénateurs ont entamé l’examen du budget de la Sécurité sociale ce mercredi 19 novembre. Lors de l’examen du texte en commission des affaires sociales, la semaine dernière, de nombreuses modifications ont été apportées au PLFSS (le texte budgétaire de la Sécurité sociale). Un des enjeux majeurs : le gel de la réforme des retraites, symbole de la campagne d’Emmanuel Macron et geste de compromis exigé par le Parti Socialiste.Pour Élisabeth Doineau, sénatrice (Union Centriste) de la Mayenne, rapporteure générale de la commission des affaires sociales : « L’heure est au débat. En commission, nous avons voté la suppression du décalage de la réforme des retraites. On verra ensuite ce que cela donnera dans l’Hémicycle. La réforme des retraites a été beaucoup débattue en 2023. Elle n’est pas née par hasard : chaque année au moment du PLFSS, au Sénat, on disait de faire attention, car la branche vieillesse est en déficit. Nous devons alerter l’opinion et y travailler. En 2017, c’était une mesure phare d’Emmanuel Macron, et nous l’avons largement voté au Sénat ».Élisabeth Doineau a insisté sur la nécessité d’aller même plus loin sur la réforme des retraites : « On ne peut pas attendre 2027. Il faut revoir l’ensemble du système. Certains ont des idées comme la capitalisation, d’autres penchent pour revenir sur la retraite à points. Mais cette année est très douloureuse, car le PLFSS n’aborde que des questions budgétaires, comptables, et il n’y a rien de pire envers l’opinion. Et on ne peut pas faire autrement, car c’est notre protection sociale qui est en faillite, et on peut avoir dès demain des problèmes de paiement des prestations ».
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Laurent Burgoa sur Perrier : « J’ai été soulagé pour les employés et les collectivités de Vergèze »
Un rapport au Sénat démontre comment plusieurs ministères, un préfet et le directeur de l’Agence régionale de santé d’Occitanie ont accepté de modifier, à la demande de Nestlé, un rapport sur la qualité sanitaire des exploitations de la source à Vergèze, où est produite la marque Perrier. Une décision de justice a été rendue le mardi 18 novembre après la plainte déposée d’une association de consommateurs : les magistrats ont rejeté le rappel et l’interdiction des bouteilles d’eau gazeuse Perrier.Laurent Burgoa, sénateur (LR) du Gard, département où se situe Vergèze, s’est dit « soulagé à l’annonce de la décision de justice, notamment pour les employés de l’usine et pour les finances des collectivités. Parce que des communes comme Vergèze, c’est une redevance entre 200 000 et 800 000 euros par an ». Revenant sur la commission d’enquête sénatorial, le sénateur estime qu’ « il est complexe d’obtenir des informations de Nestlé Waters, on l’a vu lors des auditions. Le mutisme qu’il y a eu, de la part des deux représentantes de Nestlé, a donné une très mauvaise image du groupe ».Face à l’explosion du narcotrafic, Laurent Burgoa a également soulevé les limites de la nouvelle loi contre le narcotrafic : « Il y a deux problématiques majeures. Premièrement, les narcotrafiquants utilisent de plus en plus de mineurs. Il faut que nous renforcions notre loi de manière beaucoup plus répressive sur le droit pénal des mineurs. Deuxièmement, il y avait un travail important en ce qui concerne le renseignement, qui n’a pas été voté à l’Assemblée nationale, et qui doit être mis en place ».
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Narcotrafic : Emmanuel Macron peut-il reprendre le contrôle ?
Face à la recrudescence des meurtres liés au narcotrafic, Emmanuel Macron a réuni ce mardi les ministres engagés dans la lutte contre le narcotrafic. Face au députés, Sébastien Lecornu a affirmé : « ce qui a été fait dans le passé dans la lutte contre le terrorisme doit aussi nous inspirer dans la lutte contre le narcotrafic ». Ces interventions font suite à trois meurtres commis en plein jour à Marseille depuis octobre, et encore à Grenoble, avec le coma d’un jeune touché par balles sur un point de deal.Pour Françoise Degois, éditorialiste politique : « Le meurtre de Mehdi Kassaci est un assassinat politique pur et dur : c’est une menace claire. Je rappelle quand même que Marseille était la plaque tournante de la French Connection dans les années 70. Je rappelle qu’on a abattu un juge à Marseille, qui enquêtait dessus. Ce n’est pas pour amoindrir ce qu’il se passe aujourd’hui, mais Marseille a toujours été cette ville convulsive. Il faut prendre exemple sur les Italiens, notamment sur les juges Falcone et Borsellino, qui l’ont payé de leur vie ».Pour Hubert Coudurier, directeur de l’information du Télégramme : « C’est une guerre. La France n’a pas connu les années de plomb comme en Italie. Nous n’avons pas comme le DEA aux États-Unis, eu à faire face à l’État narcotrafiquant colombien, Pablo Escobar, ou aux cartels mexicains. En France, nous sommes au début de cette guerre. Les solutions existent : il y a le rôle des repentis, les prisons de haute sécurité, les opérations place nette… Il faut avoir de l’espoir, car cela prendra énormément de temps aux différents services pour se coordonner ».
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