Les sentinelles
Education

Les sentinelles

Par Courrier International & Agence française de développement

Réseau : Courrier International

49 épisodes

Société, environnement, genre, économie... Après Six pieds sur Terre, Courrier international et l'Agence française de développement présentent leur nouveau podcast, Les Sentinelles, des voix d'ailleurs pour un monde en commun.

Un podcast produit par Courrier international et l'Agence Française de Développement, avec la participation de Carole Lembezat, Flora Trouilloud, Hassina Mechai, Antoine Dabrowski, Pascale Boyen et Virginie Lepetit.


Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Épisodes

Christian Jekkinou : la francophonie économique, un défi africain ?

Christian Jekkinou : la francophonie économique, un défi africain ?

29 décembre 2024· 10:43

Dans ce cinquième et dernier épisode de notre série consacrée au français, une langue dans tous ses états, nous nous intéressons au français en tant que vecteur économique. Combien de créations d’emplois, d’échanges économiques sont menés dans cette langue ? En effet, si le français est une langue d’échanges diplomatiques et culturels, son influence économique reste limitée face à des langues comme l’anglais ou le mandarin, qui dominent les échanges internationaux.

Il existe bien une francophonie économique, si l’on désigne par ce terme l’espace économique des pays où le français est la langue la plus parlée. Mais l’Afrique – et notamment l’Afrique subsaharienne – y tient une place restreinte, rappelle Christian Jekinnou, fondateur de Fanaka & Co, organisation qui se consacre au développement de l’entrepreneuriat africain, spécialiste de l’entrepreneuriat en Afrique.

Dans ce contexte, les pays africains francophones doivent-ils envisager une diversification linguistique, comme le font de nombreux pays où cohabitent plusieurs langues internationales ? Dans cet épisode, Christian Jekinnou analyse les enjeux et les opportunités liés à une ouverture linguistique accrue à l’international, et partage des pistes pour stimuler les échanges économiques au sein de l’espace francophone. Cela passe par des choix politiques forts, avance-t-il.

Les Sentinelles est un podcast produit par Courrier international et l’Agence française de développement, avec la participation de Carole Lembezat, Flora Trouilloud, Hassina Mechaï, Antoine Dabrowski, Pascale Boyen et Virginie Lepetit. Chaque série explore une question et y répond en cinq épisodes avec cinq intervenants différents : philosophe, scientifique, anthropologue, artiste, acteur ou actrice de terrain.


Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Mohamed Miled : Pourquoi enseigner en français ?

Mohamed Miled : Pourquoi enseigner en français ?

22 décembre 2024· 11:41

Dans ce quatrième épisode, nous avons demandé à Mohamed Miled, professeur émérite à l’université de Carthage en Tunisie spécialiste de l’enseignement en français dans les contextes multilingues africains, quel était le rôle du français dans l’enseignement d’autres disciplines. En effet, dans de nombreux pays du Maghreb et d’Afrique subsaharienne, le français n’est pas une langue étrangère, mais une langue d’enseignement pour d’autres disciplines, comme les sciences et les mathématiques. En 2022, 93 millions d’élèves et d’étudiants utilisaient le français dans ce cadre, selon l’Organisation internationale de la francophonie. Ce rôle de “langue médium” favoriserait à la fois les apprentissages des élèves et le développement des systèmes éducatifs, selon Mohamed Miled.

Cependant, cet usage s’inscrit dans un contexte complexe de rejet de l’histoire coloniale, il doit coexister avec une réhabilitation des langues nationales dans les espaces publics et éducatifs. L’avenir est dans la francophonie plurielle, avance Mohamed Miled.


  • Entretien, écriture et présentation : Flora Trouilloud
  • Réalisation : Antoine Dabrowski
  • Musique : Nikki, tiré de l’album Orchestra de Worakls


Les Sentinelles est un podcast produit par Courrier international et l’Agence française de développement, avec la participation de Carole Lembezat, Flora Trouilloud, Hassina Mechaï, Antoine Dabrowski, Pascale Boyen et Virginie Lepetit. Chaque série explore une question et y répond en cinq épisodes avec cinq intervenants différents : philosophe, scientifique, anthropologue, artiste, acteur ou actrice de terrain.


Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Kaoutar Harchi : “Qu'est-ce qu'un écrivain francophone ?”

Kaoutar Harchi : “Qu'est-ce qu'un écrivain francophone ?”

15 décembre 2024· 12:45

Dans ce troisième épisode, nous nous intéressons avec la sociologue de la littérature Kaoutar Harchi à la distinction faite entre les “écrivains français” et les “écrivains francophones”.

“La catégorie ‘littérature francophone’ ou ‘écrivain francophone’ signale un écrivain qui est de quelque part, qui n’est pas la France hexagonale”, dit-elle. On désigne ainsi un étranger, et non blanc. Michel Houellebecq ou Frédéric Beigbeder ne seront jamais considérés comme des écrivains francophones. Ils parlent pourtant la langue française ; mais ils sont considérés comme des écrivains nationaux. Une hiérarchie s’installe, qui “dessine ainsi dans la littérature des frontières de classe, et de race”, précise Kaoutar Harchi.

Pour elle, ces définitions s’inscrivent dans l’histoire de la France : au XIXe siècle, la littérature devait représenter la France et sa grandeur, et cette langue, par le processus de colonisation, a essaimé dans de nombreux espaces. Pour les auteurs du Sud global, la lutte consiste à appartenir à cet espace français. Et les écrivains – notamment africains – vont avoir beaucoup de difficultés à y parvenir. “Personne ne franchit ces frontières aisément”, rappelle la sociologue.

  • Entretien, écriture et présentation : Hassina Mechaï
  • Réalisation : Antoine Dabrowski
  • Musique : Nikki, tiré de l’album Orchestra de Worakls

Les Sentinelles est un podcast produit par Courrier international et l’Agence française de développement, avec la participation de Carole Lembezat, Flora Trouilloud, Hassina Mechaï, Antoine Dabrowski, Pascale Boyen et Virginie Lepetit. Chaque série explore une question et y répond en cinq épisodes avec cinq intervenants différents : philosophe, scientifique, anthropologue, artiste, acteur ou actrice de terrain.


Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Wim Remysen : “Le Français du Québec, une langue vivante et émancipée”

Wim Remysen : “Le Français du Québec, une langue vivante et émancipée”

8 décembre 2024· 16:26

Dans ce deuxième épisode de notre série consacrée au français, une langue dans tous ses états, nous nous intéressons au français tel qu’il est parlé au Québec.

Wim Remysen est professeur à l’université de Sherbrooke. Il dirige le Centre de recherche interuniversitaire sur le français en usage au Québec, une région de près de 9 millions d’habitants, où trois quarts des Québécois ont le français pour langue maternelle. Un îlot francophone dans un océan anglophone. C’est précisément l’objet d’étude de Wim Remysen : cette langue vivante et autonome. Émancipée du français “de France”.

Pour ce chercheur, en effet, le français que l’on parle outre-Atlantique est désormais une langue autonome. La preuve, tandis que la plupart des autres espaces de la francophonie ont des dictionnaires différenciés de belgicismes, d’helvétismes ou de particularismes propres à certains pays d’Afrique, le Québec est la seule société francophone à disposer d’un dictionnaire général du français tel qu’il est en usage là-bas. En documentant une langue à part entière, et non une déclinaison du français de France, le Québec fait figure de précurseur. Une langue au cœur de l’identité québécoise. Un français âprement défendu et protégé.

  • Entretien, écriture et présentation : Virginie Lepetit
  • Réalisation : Antoine Dabrowski
  • Musique : Nikki, tiré de l’album Orchestra de Worakls

Les Sentinelles est un podcast produit par Courrier international et l’Agence française de développement, avec la participation de Carole Lembezat, Flora Trouilloud, Hassina Mechaï, Antoine Dabrowski, Pascale Boyen et Virginie Lepetit. Chaque série explore une question et y répond en cinq épisodes avec cinq intervenants différents : philosophe, scientifique, anthropologue, artiste, acteur ou actrice de terrain.


Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Salikoko Mufwene, aux États-Unis : “Qu'est-ce que le créole ?”

Salikoko Mufwene, aux États-Unis : “Qu'est-ce que le créole ?”

1 décembre 2024· 11:25

Y a-t-il une seule langue française ? Ou plutôt une mosaïque de langues bien vivantes ? Du créole au québécois, la langue se métisse, évolue, s’enrichit… Mais elle est de plus en plus contestée dans l’espace francophone, en tant qu’instrument politique. Comment faire pour que le français reste une langue vivante, un outil d’échange et non de domination ? Qu’est-ce que la francophonie aujourd’hui, et à quoi pourrait-elle ressembler demain ?

Dans ce premier épisode de notre série consacrée au français, une langue dans tous ses états, un linguiste nous explique ce qu’on entend aujourd’hui, par “créoles” – au pluriel.

Salikoko Mufwene est chercheur spécialisé en linguistique évolutive. Né en République démocratique du Congo, à l’époque où on l’appelait encore “Congo belge”, il a commencé sa carrière en Jamaïque à l’université des Indes occidentales, puis travaillé dix ans à l’université de Géorgie, aux États-Unis, avant de rejoindre l’université de Chicago. Il y est désormais professeur au département “Race, diaspora et indigénéité”.

Au printemps dernier, Salikoko Mufwene était de passage à Paris. C’est à cette occasion que nous l’avons rencontré. Il occupait la chaire annuelle “Mondes francophones” au Collège de France, où il a notamment animé un colloque sur l’émergence des parlers et des cultures créoles. Mais qu’entend-on au juste par “créole” ?


Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Le français dans tous ses états
Sebastião Salgado, au Brésil : “Quel est le coût des arbres que l’on doit replanter ?”

Sebastião Salgado, au Brésil : “Quel est le coût des arbres que l’on doit replanter ?”

25 février 2024· 15:38

Cette semaine, c’est au photographe franco-brésilien Sebastião Salgado, grand défenseur de la forêt, que nous avons laissé la parole. En 1998, il fonde avec sa femme Lélia Deluiz Wanick Salgado l’Instituto Terra, une expérience évolutive dont le but initial est de replanter les arbres de la vallée du Rio Doce au Brésil. Cette région, à l’origine couverte par la mata atlantica, la forêt atlantique, avait subi plusieurs décennies de lourdes dégradations. Vingt-cinq ans plus tard, quel est le bilan ? Trois millions d’arbres plantés, 2 000 sources d’eau récupérées et le retour de la biodiversité, pour un coût d’environ 20 millions d’euros, calcule Sebastião Salgado.

Pour cet ancien économiste devenu artiste, nous détruisons les écosystèmes amazoniens à grande vitesse et le compte n’y est pas. Plutôt que de regarder le coût des arbres mis à terre, il faudrait plutôt prêter attention à celui des arbres à replanter. “Il faut au moins 2 000 euros pour refaire 1 hectare de forêt, qu’il faut ensuite multiplier par les millions d’hectares abattus”, récapitule-t-il.

Nous avons à l’échelle mondiale les ressources nécessaires pour lutter contre la déforestation, mais nous ne les utilisons pas à bon escient, assure Sebastião Salgado. Une première étape, selon lui, serait d’inviter ceux qui connaissaient la terre, les paysans, à participer aux discussions internationales.


  • Entretien, écriture et présentation : Flora Trouilloud
  • Réalisation : Antoine Dabrowski
  • Musique : Nikki, tirée de l’album Orchestra de Worakls



Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Emilie Pradichit, en Thaïlande : “Il faut changer les relations avec les grands bailleurs de fonds”

Emilie Pradichit, en Thaïlande : “Il faut changer les relations avec les grands bailleurs de fonds”

18 février 2024· 15:42

Pour ce quatrième épisode, nous nous intéressons aux ONG. Comment lèvent-elles des fonds, et à quelles conditions ?

Le 27 février, nous célébrerons la Journée mondiale des ONG. Elles sont actuellement plus de 70 000 dans le monde, selon l’Union des associations internationales. Et certaines, Amnesty international, la Croix-Rouge ou plus récemment l’ONG russe Memorial ont même obtenu le prix Nobel de la paix. Mais quelles que soient leur taille et leur mission (humanitaire, environnementale, économique), elles dépendent du bon vouloir des bailleurs de fonds. Comment cela fonctionne-t-il ? Comment renverser le rapport de force entre certains bailleurs de fonds et les plus petites des ONG ? Emilie Pradichit, fondatrice de l’ONG Manushaya, nous répond.

La fondation Manushaya est une fondation féministe, régionale, basée à Bangkok, qui veut défendre les droits des communautés autochtones, des femmes, des minorités LGBTQI et des défenseurs de l’environnement. L’un de ses projets concerne actuellement des agricultrices autochtones de Thaïlande. Pour mener à bien ses missions, Manushaya, comme toute ONG, doit lever des fonds, qui financeront des aides et des actions sur le terrain, mais paieront aussi les salaires des gens qui travaillent pour l’association.

Cette recherche permanente d’argent occupe une grande part du temps d’Emilie Pradichit. Et beaucoup d’énergie aussi. Les grands bailleurs de fonds imposent souvent leur point de vue. Trop paternaliste et trop néocolonialiste, avance Émilie Pradichit. “On a l’impression d’être traités comme des juristes ou travailleurs de troisième classe parce que nous sommes sur le terrain, dit-elle. Et cela doit vraiment changer !” C’est pour cela qu’elle a rejoint le mouvement #ShiftThePower, qui a réuni en décembre plusieurs associations à Bogota, en Colombie. Sous l’égide du manifeste Shift The Power, elles cherchent à instaurer de nouvelles relations entre les associations de terrain et les puissants bailleurs de fonds. Le but : changer de paradigme pour aller vers des relations plus équitables.


  • Entretien, écriture et présentation : Virginie Lepetit
  • Réalisation : Antoine Dabrowski
  • Musique : Nikki, tiré de l’album Orchestra de Worakls

Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Assata Doumbia, en Côte d’Ivoire : “La coopérative permet aux femmes d’avoir leurs propres revenus”

Assata Doumbia, en Côte d’Ivoire : “La coopérative permet aux femmes d’avoir leurs propres revenus”

11 février 2024· 16:35

Et s’il était temps de parler d’argent ? Climat, éducation, égalité femmes-hommes, biodiversité… Pour aller vers un monde bas carbone, plus juste et plus résilient, il faut mieux mobiliser les ressources publiques et privées. Dans cette nouvelle série consacrée au financement durable, nous interrogerons des chercheuses, des militants, des bailleurs de fonds et des artistes pour répondre à la question : comment financer un monde plus juste ?

Cette semaine, pour notre troisième épisode, Assata Doumbia, qui dirige une grande coopérative ivoirienne de producteurs de cacao, détaille le fonctionnement de cette structure de commerce équitable. Cette coopérative, qui a commencé il y a vingt ans avec 87 producteurs et rassemble aujourd’hui 3 000 producteurs (dont plus de 700 femmes) fonctionne sur le mode de la démocratie participative et de la mutualisation des moyens. Les agricultrices y ont des responsabilités, une voix à faire entendre, et peuvent récupérer les fruits de leur travail. Ce qui est rare dans le monde agricole – en Afrique comme ailleurs.

Ces agriculteurs doivent relever plusieurs défis : les fluctuations du cours du cacao, dont les prix sont sont fixés unilatéralement par les grands acheteurs internationaux ; celles du prix des engrais, lié aux incertitudes géopolitiques ; mais aussi des cahiers des charges contraignants ; et évidemment le changement climatique.



Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Kampeta Pitchette Sayinzoga, au Rwanda : “Nous avons tous besoin de financements en même temps”

Kampeta Pitchette Sayinzoga, au Rwanda : “Nous avons tous besoin de financements en même temps”

4 février 2024· 10:47

Et s’il était temps de parler d’argent ? Climat, éducation, égalité femmes-hommes, biodiversité… Pour aller vers un monde bas carbone, plus juste et plus résilient, il faut mobiliser les ressources publiques et privées. Dans cette nouvelle série consacrée au financement durable, nous interrogerons des chercheuses, des militants, des bailleurs de fonds et des artistes pour répondre à la question : comment financer un monde plus juste ?

Pour ce deuxième épisode, nous nous intéressons aux banques de développement. Elles seraient plus de 500 aujourd’hui dans le monde et financeraient environ 10 % des investissements mondiaux, soit plus de 2 000 milliards d’euros chaque année. Des financements qui répondent notamment aux défis posés par le réchauffement climatique.

C’est ce que nous raconte Kampeta Pitchette Sayinzoga, directrice générale de la Banque rwandaise de développement (BRD). Elle revient sur le choix du Rwanda de se développer “en passant directement à des solutions durables” dans l’énergie, les transports, l’agriculture, l’adaptation au changement climatique…

Autant de domaines dans lesquels les projets nécessitent souvent une prise de risque et un accès à des technologies coûteuses qui peuvt dissuader le secteur privé. C’est là qu’intervient la Banque de développement du Rwanda, explique Kampeta Pitchette Sayinzoga. En fournissant des prêts à des taux favorables, des dons ou une expertise technique, elle cherche à permettre aux entreprises privées d’investir dans ces secteurs prioritaires pour l’État. Cette banque dite “verte”, adossée à l’État, est en train de devenir un outil incontournable pour le Rwanda afin de soutenir sa transition vers une économie durable.



Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Diana Cárdenas Monar : “La finance mondiale ne répond pas au défi climatique”
Comment financer un monde plus juste ?
Nadia Khiari : “Faire un dessin, c’est créer des questionnements, développer l’esprit critique”

Nadia Khiari : “Faire un dessin, c’est créer des questionnements, développer l’esprit critique”

3 septembre 2023· 10:54

Pour ce dernier épisode, nous donnons la parole à Nadia Khiari, la dessinatrice de Willis from Tunis : un chat né en janvier 2011, pendant les “printemps arabes”, qui commente l’actualité tunisienne et mondiale dans les pages de Siné Mensuel, mais aussi, régulièrement, dans celles de Courrier international. “Un chat plutôt gentil et mignon, mais qui, régulièrement, sort ses griffes”, souligne Nadia Khiari.

“Faire un dessin, c’est créer des questionnements, c’est développer l’esprit critique, c’est contrer un pouvoir surpuissant. C’est révéler aussi les discours formatés des politiques, rappelle-t-elle. On a besoin du dessin de presse, mais le monde se ferme de plus en plus. Et le danger qui nous guette, c’est d’être virés de nos journaux parce qu’on dérange.”

Malgré le bref espoir apporté par les “printemps arabes” en 2011, la vie démocratique en Tunisie est à nouveau verrouillée par le pouvoir. Le président Kaïs Saïed reprend à son compte de vieilles méthodes liberticides : la publication récente du décret 54, censé lutter contre les fake news, représente en fait un danger réel pour la liberté d’expression, souligne la dessinatrice.

“Moi, je me considère comme une citoyenne tunisienne qui lutte pour que son pays aille mieux. Et mon moyen de communiquer, c’est le dessin. C’est celui dans lequel je me sens le plus à l’aise. C’est une manière de parler de sujets importants : si l’on ne remet pas en question l’ordre établi, on n’avance pas, et la société n’évolue pas”, conclut Nadia Khiari. “Le dessin de presse et le journalisme sont indispensables à l’évolution et à la santé d’une démocratie.”


Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Ibrahim Diallo, au Niger : “Rien ne peut nous empêcher de publier nos informations”

Ibrahim Diallo, au Niger : “Rien ne peut nous empêcher de publier nos informations”

27 août 2023· 16:41

Ce quatrième épisode nous emmène au Niger, avec Ibrahim Diallo, fondateur d’Aïr Info. Loin de la capitale, Niamey, le magazine et le site, et désormais la radio Sahara FM – et leurs 20 journalistes –, apportent une information de proximité, ancrée dans le Sahel nigérien.

Dans cet entretien enregistré en juin, avant le coup d’État au Niger, les craintes du terrorisme et celles de connaître le sort des États voisins se font déjà sentir. “La paix est en train de faire naufrage partout autour de nous au Niger. Notre région est comme une île au milieu des remous des océans”, constatait alors Ibrahim Diallo.

“Nous couvrons énormément l’actualité sécuritaire du Sahel, relate Ibrahim Diallo. Nous sommes un média indépendant, nous pesons chaque mot, car une erreur peut nous coûter cher. Ainsi, en 2007, Ibrahim Diallo a été emprisonné quatre mois après des accusations de liens avec la rébellion touareg.


Aïr Info et Sahara FM souhaitent aussi œuvrer à un travail de sensibilisation en direction de la jeunesse de la région, parfois tentée par un embrigadement dans les différents groupes armés qui sévissent dans la région. “Il faut que les autorités favorisent l’éclosion de médias de proximité. Ça peut aider à sensibiliser et à stabiliser la région, affirme Ibrahim Diallo. Pour stabiliser, il faut sensibiliser, sensibiliser et encore sensibiliser”.


Les Sentinelles est un podcast produit par Courrier international et l’AFD, avec la participation de Carole Lembezat, Flora Trouilloud, Hassina Mechaï, Antoine Dabrowski, Pascale Boyen et Virginie Lepetit. Chaque série explore une question et y répond en cinq épisodes avec cinq intervenants différents : philosophe, scientifique, anthropologue, artiste, acteur ou actrice de terrain…


Entretien, écriture et présentation : Hassina Mechaï

Réalisation : Antoine Dabrowski

Musique : Nikki, tiré de l’album Orchestra, de Worakls

Abonnez-vous à notre podcast. Vous pouvez notamment nous retrouver sur Apple Podcasts, Spotify et Deezer.


Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Denis Kataev : “C’est impossible d’être un journaliste en Russie”

Denis Kataev : “C’est impossible d’être un journaliste en Russie”

20 août 2023· 11:03

“Les Sentinelles”. Denis Kataev : “C’est impossible aujourd’hui d’être un journaliste en Russie”

Société, environnement, genre, économie… Après “Six pieds sur Terre”, “Courrier international” et l’Agence française de développement présentent leur nouveau podcast, “Les Sentinelles”, des voix d’ailleurs pour un monde en commun. Dans cette première série consacrée à la liberté de la presse, le journaliste russe en exil Denis Kataev raconte comment il exerce son métier hors de son pays.

Mis à jour le 18.08.2023 à 17h19




C



Ce troisième épisode donne la parole à Denis Kataev. Ce journaliste russe travaille depuis douze ans pour la chaîne Dojd, une chaîne d’information indépendante qui, depuis le 24 février 2022 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie, s’est exilée dans deux bureaux principaux, à Riga et à Amsterdam. Il nous raconte ce que c’est, aujourd’hui, de travailler comme journaliste en exil, en France, alors que son pays est en guerre. De parler de la Russie sans y être. Mais toujours, “de garder les liens avec la Russie”, où se trouvent 70 % des spectateurs de la chaîne, souligne-t-il.


Les Sentinelles est un podcast produit par Courrier international et l’AFD, avec la participation de Carole Lembezat, Flora Trouilloud, Hassina Mechaï, Antoine Dabrowski, Pascale Boyen et Virginie Lepetit. Chaque série explore une question et y répond en cinq épisodes avec cinq intervenants différents : philosophe, scientifique, anthropologue, artiste, acteur ou actrice de terrain…


Entretien, écriture et présentation : Virginie Lepetit

Réalisation : Antoine Dabrowski

Musique : Nikki, tiré de l’album Orchestra, de Worakls




Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Artur Romeu : “La liberté de la presse est celle qui nous permet de vérifier l’existence de toutes les autres libertés”
David Smith et Haoua, au lac Tchad : “Nous avons voulu créer une radio régionale d’utilité publique”

David Smith et Haoua, au lac Tchad : “Nous avons voulu créer une radio régionale d’utilité publique”

6 août 2023· 13:42

Ce premier épisode nous emmène au lac Tchad, bordé par le Niger, le Nigeria, le Cameroun et le Tchad. Une immense région où se concentre une population très jeune et où l’on manque d’infrastructures, tandis que la pression des groupes armés ne cesse de grandir, de même que la tentation de la violence face à des avenirs bouchés. C’est là que Radio Ndarason Internationale travaille et émet, en ondes courtes, dans les trois langues principales de la région : le kanembou, le kanouri et le boudouma. Née en 2015, elle compte 7,5 millions d’auditeurs quotidiens.


David Smith, initiateur du projet, et Haoua, journaliste reporter de langue kanembou, nous racontent comment ils conçoivent au jour le jour cette radio “d’utilité publique”, qui parle aussi bien d’agriculture et des droits des femmes que de religion, de politique ou des conflits qui sévissent dans la région. Et tout cela dans les langues locales.



Les Sentinelles est un podcast produit par Courrier international et l’AFD, avec la participation de Carole Lembezat, Flora Trouilloud, Hassina Mechaï, Antoine Dabrowski, Pascale Boyen et Virginie Lepetit. Chaque série explore une question et y répond en cinq épisodes avec cinq intervenants différents : philosophe, scientifique, anthropologue, artiste, acteur ou actrice de terrain…


Entretien, écriture et présentation : Hassina Mechaï

Réalisation : Antoine Dabrowski

Musique : Nikki, tirée de l’album Orchestra, de Worakls

Abonnez-vous à notre podcast. Vous pouvez notamment nous retrouver sur Apple Podcasts, Spotify et Deezer.


Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les Sentinelles
S’enforester à Bialowieza, avec Andréa Olga Mantovani
Comment reforester l’Amazonie brésilienne, avec Marie-Gabrielle Piketty
Certifier les forêts du bassin du Congo pour mieux les protéger, avec George Akwah
Comment protéger les forêts de Nouvelle-Calédonie, avec Emma Do Khac
L’appel de la forêt, avec Ernst Zürcher
Gastronome, locavore et antigaspi, c’est possible, par Alessandra Montagne
L’alimentation nous relie à nous-même et aux autres, par Damien Conaré
La révolution des algues, avec Mounir Boulkout
Des insectes au menu, avec Christine Picard
Les maux de notre système alimentaire, par Malek Batal
L’océan n’est pas le monde du silence, par Maxime Dangles

L’océan n’est pas le monde du silence, par Maxime Dangles

2 mai 2022· 10:47

Le monde sous-marin résonne en permanence. De sons produits par les espèces qui le peuplent, mais aussi de ceux engendrés par l’activité humaine. Le producteur Maximes Dangles s’est emparé de ces bruits pour un projet combinant art et science. Une création sonore qu’il nous raconte dans ce dernier épisode de notre série consacrée aux océans.


Les océans recouvrent près de 71 % de la surface de notre planète. Ils nous nourrissent, ils régulent la température et le climat de la Terre. Mais ils sont menacés.

Pour ce cinquième et dernier épisode de notre série “Les Océans, sanctuaires ou eldorado ?”, nous avons donné la parole à Maxime Dangles, producteur de musique électronique.

Depuis quatre ans, cet artiste originaire de Valence, en France, participe à Sonars, un projet qui combine art et science, en partenariat entre La Carène, salle des musiques actuelles de Brest métropole, et le laboratoire franco-québécois BeBEST.

À partir des bruits enregistrés sous l’eau par les chercheurs – en particulier dans les régions arctiques –, il produit des œuvres et lives en son spatialisé. Pour lui, il ne s’agit pas seulement de rendre compte des paysages sonores sous-marins perturbés par le dérèglement climatique, mais aussi de provoquer des émotions. C’est sa mission, nous dit-il.


Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L’homme qui aimait la mer, avec Haïdar El Ali
Des océans sous acide, par Sam Dupont

Des océans sous acide, par Sam Dupont

15 avril 2022· 13:51

Pour ce troisième épisode de notre série “Les océans, sanctuaires ou eldorado ?”, nous avons donné la parole à Sam Dupont. Ce biologiste marin, coauteur du dernier rapport du Giec, est professeur à l’université de Göteborg, en Suède. Il étudie les effets du réchauffement climatique sur les milieux marins. Et notamment l’acidification des océans.


Selon les dernières études, un tiers environ du CO2 émis par l’homme depuis le début de l’ère industrielle a été absorbé par les océans. Un service qui a un prix : la chimie des océans change profondément, ils deviennent plus acides… Avec des conséquences sur de nombreux organismes, comme les mollusques ou les coraux.


Peut-on encore lutter contre ce phénomène ? Quelles sont les solutions ? Sam Dupont nous répond.


Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dans les yeux d’une seiche, avec Laure Bonnaud-Ponticelli

Dans les yeux d’une seiche, avec Laure Bonnaud-Ponticelli

11 avril 2022· 9:45

L’étude des animaux marins est indispensable pour apprécier leur intelligence, leur sensibilité, et respecter leurs conditions de vie. Certaines espèces sont bien connues des scientifiques, mais n’en demeurent pas moins mystérieuses. C’est le cas de la seiche, Sepia officinalis, un céphalopode aux capacités cognitives surprenantes, comme les pieuvres et les calamars. Que peut bien nous apprendre la rencontre avec une seiche sur la protection des océans et de ceux qui l’habitent ?

Dans ce deuxième épisode de notre série, la biologiste Laure Bonnaud-Ponticelli nous parle de ses recherches pour appréhender les capacités d’apprentissage et de mémorisation des seiches. Mieux connaître leurs capacités implique aussi une plus grande responsabilité vis-à-vis de leur bien-être, dit-elle. Une connaissance indispensable alors que, dans les océans, les pollutions d’origine humaine se multiplient. C’est notamment le cas de la pollution sonore, à laquelle les céphalopodes sont particulièrement sensibles.

Bonne écoute !


Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Plongeon dans les grands fonds, avec Roberto Danovaro

Plongeon dans les grands fonds, avec Roberto Danovaro

4 avril 2022· 13:32

Les océans recouvrent près de 71 % de la surface de notre planète. Ils nous nourrissent, ils absorbent une bonne partie du CO2 produit par les activités humaines, ils régulent la température et le climat de la Terre, ils regorgent de ressources. Pourtant, ils sont menacés.

Comment protéger nos océans ? Doivent-ils devenir un sanctuaire ? Pour cette saison 2, ce sont ces questions que nous avons choisi de mettre au cœur de notre première série, intitulée “Les océans, sanctuaires ou eldorado ?”

Et pour ce premier épisode, nous plongeons dans les abysses avec Roberto Danovaro. Depuis plus de trente ans, ce biologiste, aujourd’hui président de la station zoologique Anton Dohrn, près de Naples, en Italie, explore les grands fonds. Il s’intéresse en particulier aux régions situées au-delà de 200 mètres de profondeur, qui abritent entre 90 et 95 % de la biosphère.

Mais ces profondeurs représentent aussi une autre opportunité : à 4 000, 5 000 mètres de profondeur se trouvent des minerais et des métaux précieux qui pourraient répondre à nos besoins grandissants en ressources minérales. De quoi susciter des convoitises…


Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Balades sonores à Tokyo, avec Francesco Tristano

Balades sonores à Tokyo, avec Francesco Tristano

7 février 2022· 12:30

Pianiste, compositeur et producteur luxembourgeois, Francesco Tristano est un amoureux des grandes villes. Il a conçu son album Tokyo Stories comme un hommage personnel à la capitale nippone. Une ville immense, faite de contradictions, traditionnelle et archaïque, tout en étant technologique. Toutes les villes sont sonores, nous dit-il. D’ailleurs, l’architecture et la musique sont intimement liées. Mais lorsque les sons urbains deviennent assourdissants, et les villes inabordables, la campagne peut offrir un refuge et du silence. Le modèle des grandes villes serait-il à bout de souffle ?

Bonne écoute.



Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jakarta sous les eaux, par Christine Cabasset

Jakarta sous les eaux, par Christine Cabasset

31 janvier 2022· 12:02

Demain, à quoi ressembleront les villes ? Sont-elles vouées à durer des siècles ou disparaîtront-elles dans quelques décennies, submergées par les eaux ?

Pour ce quatrième épisode de notre série consacrée aux villes de demain, nous partons en Indonésie, et plus précisément à Jakarta, une gigantesque mégapole de 35 millions d’habitants, qui va bientôt perdre son statut de capitale du pays. Notre guide : Christine Cabasset. Cette géographe est la directrice adjointe de l’Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporaine. Elle nous explique pourquoi et comment Jakarta s’enfonce peu à peu sous l’eau. Et comment lutter contre ce phénomène de subsidence, qui concerne bien d’autres villes à travers le monde.


Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les favelas de Rio, vivantes et créatives, avec Rafael Soarez Gonçalves

Les favelas de Rio, vivantes et créatives, avec Rafael Soarez Gonçalves

24 janvier 2022· 10:51

Dans ce troisième épisode de notre série consacrée aux villes du futur, l’historien brésilien Rafael Soarez Gonçalves nous emmène à Rio, dans les favelas, où, nous dit-il, l’informalité peut aussi être une ressource. Délaissés par l’État, les habitants des favelas ont pris l’habitude de s’auto-organiser. Ils innovent pour garantir un accès aux services, et entretiennent des réseaux de solidarité qui se sont révélés essentiels pour lutter contre le Covid-19. Les favelas sont aussi vivantes culturellement, et militent maintenant pour préserver la mémoire de leur histoire. En un mot, résume-t-il, elles sont créatives et devraient être mieux reconnues comme actrices de la ville de demain.

Bonne écoute.


Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Des villes pour toutes et tous, par Corinne Luxembourg
De Paris à Bruxelles, les folles utopies de François Schuiten

De Paris à Bruxelles, les folles utopies de François Schuiten

10 janvier 2022· 8:57

“Quelles villes pour demain ?” Après le vivant et l’eau, cette troisième série de notre podcast scrute les défis que les villes devront relever pour être plus accessibles, vivantes, vivables, et résilientes face au changement climatique.

Dans ce premier épisode, nous voyageons à Bruxelles avec le dessinateur et scénographe belge François Schuiten. Avec son comparse Benoît Peeters, il met en scène dans ses bandes dessinées des villes futuristes, mystérieuses et fascinantes. Le fil rouge de son œuvre : travailler l’imaginaire, et utiliser la fiction pour se projeter dans des villes désirables et propices au rêve.

Les voitures volantes n’ont pas encore été inventées, nous dit-il, mais l’utopie urbaine est nécessaire. Tout comme la dystopie, qui permet de voir toutes la complexité de l’espace urbain. Il est urgent de donner envie aux enfants de vivre en 2050.

Bonne écoute.


Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dans les jardins d’Ispahan, avec Azadeh Nilchiani
Quand São Paulo était à sec, par Peter Gammeltoft
À Brazzaville, un combat pour l'eau potable, par Emmanuel Dongala
Spéculation sur l'or bleu, par Nicolas Mesly
Le Nil, ma ligne de vie, avec Alaa El-Aswany
Le chasseur de sons et de silences, avec Marc Namblard
Ré-ensauvager le monde, avec Béatrice Kremer-Cochet
L’expérience Souza, avec Marème Malong Samb
Passion micro-organismes, avec Patrick Mavingui
Repenser le vivant, avec Vinciane Despret
Bande-annonce