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Par JINS Podcast
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150 épisodes · page 4 sur 5

ÉP 59 : Islam, arabité et séropositivité (hors-série)
Ce 4ème mini-épisode hors-série entend combiner l’identité arabo-musulmane en France et la séropositivité au VIH. C’est un sujet qui me tient très à cœur et pour lequel il est indispensable d’effacer les stéréotypes. Selon l'ONU, 1,7 million de personnes ont contracté le VIH l'an dernier et plus de 40 millions de personnes vivent avec actuellement. Je ne vais pas vous faire un exposé sur les trithérapies, les sarcomes de Kaposi, l’inhibiteur de protéase ou l’épidémiologie historique de la maladie. Je vais plutôt vous montrer en quoi il est insoutenable de vivre avec son symptôme le plus persistant : la sérophobie.
On m’a dit « elle je la touche pas avec un bâton, ça s’voit elle a l’DAS ». On a dit « regarde sa gueule à lui, il prend tellement cher qu’on dirait un zombie sidatique ». On m’a dit que « si j’avais le SIDA, ce serait de ma faute et qu’on viendra pas me soutenir à l’hôpital. ». On dit « si t’as le SIDA, c’est que t’es sûrement pédé ».
Toutes ces remarques odieuses, c’est purement et simplement de la sérophobie, c'est-à-dire le rejet et la discrimination des personnes séropositives. Il existe une réelle discrimination sociale de la part de l’entourage, de l’employeur, du corps médical et des institutions… comme c’est bizarre, on dirait qu’on parle de ce que subissent certaines personnes musulmanes ou racisées ! Rappelons que Jean-Marie Le Pen voulait créer des « sidatoriums » pour isoler les porteurs du VIH et les traiter hors du cadre médico-hospitalier, des camps qui rappellent d’autres camps de la mort. En Égypte, plusieurs personnes porteuses du virus ont été incarcérées arbitrairement depuis 2007 pour la simple raison qu’elles étaient séropositives…
Alors oui, il faut parler de l’intersectionnalité entre islam, culture arabe et cette sérophobie latente dont souffre les personnes qui vivent avec le VIH ou le SIDA.
En France, 173 000 personnes vivent avec le VIH. 24 000 ignorent qu’ils sont porteurs.
1/4 découvrent leur séropositivité trop tard. Un quart des 15-24 ans (24%) pensent encore que le virus du Sida peut se transmettre par un baiser (ce qui est faux), selon un sondage mené en 2021 par l'Ifop.
Bon alors, comment déconstruire la peur du VIH ? Comment éviter les conséquences psychologiques de la sérophobie sur les personnes concernées : rejet, exclusion, moqueries, discriminations ? Est-ce qu’il y a des similitudes entre sérophobie, islamophobie et racisme ? Est-ce Allah qui nous punit de nos actes de fornication ?
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Santé LGBT : les minorités de genre et de sexualité face aux soins (2020) – Arnaud Alessandrin, Gabrielle Richard, Anastasia Meidani, Marielle Toulze, Johanna Dagorn
- Jeunesse, Sida et Islam au Maroc (2008) d’Abdessamad Dialmy
- Révoltes extraordinaires (2011) de Ludovic-Mohamed Zahed
- Positif (2017) de Camille Genton
- Sociologie du Sida (2002) de Claude Thiaudière
- Le Sida et ses métaphores (1989) de Susan Sontag
- Sida 2.0 (2012) de Didier Lestrade & Gilles Pialoux
- À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie (1990) d’Hervé Guibert
- Eve (2000) de Guy Hocquenghem
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- 120 battements par minute (2017) de Robin Campillo
- Asmaa (2011) de Amr Salama
- N’oublie pas que tu vas mourir (2017) de Xavier Beauvois
- Dallas Buyers Club (2013) de Jean-Marc Vallée
- Les nuits fauves (1992) de Cyril Collard
- Bohemian Rhapsody (2018) de Bryan Singer
- L’immeuble Yacoubian (2006) de Marwan Hamed
- Philadelphia (1993) de Jonathan Demme
- Jeanne et le garçon formidable (1998) de Jacques Demy
- Les témoins (2007) d’André Téchiné
- Positius (2007) de Judith Colell
Si vous voulez mater des séries 🎬🎥🎞️
- It’s a sin (2021) sur My Canal
- Pose (2018) sur Netflix
- Shameless (US) (2018) sur Amazon Prime
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ÉP 58 : Sexualités et islam turc (hors-série)
Ce 3ème mini-épisode hors-série aborde la sexualité, le genre et le féminisme dans le contexte de l’islam… turc. Oui, il s’agit d’une drôle d’expression, je vous l’accorde. L’islam n’a pas de nationalité. Pourtant, quand on parle de musulmans en France, on pense systématiquement aux Arabes. Et puis sans compter celles et ceux qui pensent que les Turcs sont aussi Arabes. Or, ils ne parlent pas arabe mais turc et ils descendent des dynasties ottomanes. D’une part, les amalgames se multiplient dans l’imaginaire collectif. D’autre part, les courants de pensée islamique en Turquie rencontrent de nouvelles variations interprétatives du texte coranique et de la façon de l’appliquer. Dans ce fascinant pays qu’est la République de Turquie, dont la population est très majoritairement musulmane, l’islam n’est pas religion d’État. Le sunnisme est majoritaire mais il existe des minorités chiites alévies et duodécimaines. Néanmoins, avant la dernière décennie, la Turquie était un pays complètement sécularisé. Le droit de vote des femmes était accordé en 1934, dix ans avant la France. L’homosexualité n’y est pas illégale malgré les difficultés imposées aux activistes par le gouvernement actuel.
Qu’en est-il de la diaspora turque en France ? À l’heure des obsessions séparatistes dans les partis politiques et de la peur d’un islam turc qui prend trop de place en France, quel est le vécu des personnes turques musulmanes de France dans leur identité, dans leur sexualité, dans leur genre et dans les valeurs qu’ils, elles et iels portent ? Estimées à 700 000 personnes en France issues de l’immigration turque, comment peut-on encore se permettre d’invisibiliser leurs identités complexes, pétries de contradictions et de désirs nouveaux ?
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- L’Homme croûte (2012) d’Aslı Erdoğan
- Soufi, mon amour (2010) d’Elif Shafak
- Trois filles d’Eve (2018) d’Elif Shafak
- Turquie : entre islam et Europe (2007) de Michel Bozdémir
- Musulmanes et modernes. Voile et civilisation en Turquie (2003) de Nilüfer Göle
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Mustang (2015) de Deniz Gamze Ergüven
- Turcs en Normandie (2019) d’Ali Badri
- Koğuştaki mucize (2019) de Mehmet Ada Öztekin
- Yol, la permission (1982) de Yilmaz Güney
- Sommeil d’hiver (2014) de Nuri Bilge Ceylan
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ÉP 57 : Corps gros en contextes arabo-musulmans (hors-série)
Ce 2ème mini-épisode hors-série concerne les relations qu’entretiennent le racisme, l’islamophobie, le sexisme et … la grossophobie !
La grossophobie, c’est le rejet, le dégoût et la haine des corps gros. Les corps gros dégoûtent, répugnent quand d’autres en raffolent et les vénèrent. Pourtant, il y a 2 siècles, les femmes grasses étaient toujours synonymes de grâce. Les poètes arabes comme Ibn Hazm dans Le Collier de la colombe ont aussi loué les corps de femmes en embonpoint. Mais aujourd'hui, les corps gros ne sont jamais juste des corps. Leur sexualité est difficilement envisageable. Pourquoi coucher avec une femme grosse quand on pourrait avoir le choix ? disent-ils. Même quand certaines femmes grosses ont eu le courage de s’avancer pendant les vagues #MeToo, il y avait une mise en doute de leurs paroles du fait de leur grosseur. Quand on couche avec une femme grosse, on en fait une case à cocher, comme une expérience à avoir dans une vie. On couche avec, mais on ne la présent pas à ses amis. Surtout pas.
Pour certaines femmes arabes, obésité rime avec beauté. Les femmes noires musulmanes d’Afrique de l’Ouest sont réputées pour être bien en chair, puisque ce serait là le code d’une femme belle et en bonne santé. Les femmes Maures prennent 12 kgs en moyenne entre les fiançailles et le mariage, à cause de cérémonies de gavage. Les femmes arabes dans les pays arabes sont belles différemment des femmes arabes en France, que la pornographie a labellisé comme des beurettes. Les unes veulent grossir et se blanchir la peau, alors que les autres sont imaginées comme minces, épilées et basanées.
Bref, tout le système de pensée actuel hétéropatriarcal capitaliste blanc est comme d’habitude discriminant, ici envers les personnes de poids différent de la norme.
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- On ne naît pas grosse (2017) de Gabrielle Deydier
- Le corps dans la tradition du Maghreb (1984) de Malek Chebel
- T’es bonne bébé ! (2019) de Juliette Katz
- Grossophobie. Sociologie d’une discrimination invisible (2021) de Solenne Carof
- Beauté fatale (2012) de Mona Chollet
- Fearing the Black Body : the Racial Origins of Fat Phobia (2019) de Sabrina Strings
- Voracisme (2021) de Nicolas Kayser-Bril
- « Gros » n’est pas un gros mot (2018) de Daria Marx & Eva Perez-Bello
- The Racial Origins of Fat Phobia (2019) de Sabrina Strings
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- La grosse vie de Marie (2012) de Marie de Brauer
- Le mariage de Vérida (2019) de Michela Occhipinti
- Precious (2009) de Lee Daniels
- Moi, grosse (2019) de Murielle Magellan
- Dumplin’ (2018) d’Anne Fletcher
- Tamara (2016) d’Alexandre Castagnetti
- On achève bien les gros (2020) de Gabrielle Deydier
- I Feel Pretty (2018) d’Abby Kohn & Marc Silverstein
- Isn’t it romantic (2019) de Todd Strauss-Schulson
Si vous voulez mater des séries 🎬🎥🎞️
- Dietland (2018) de Marti Noxon
- Girls (2012) de Lena Dunham
- En infiltré.e.s (2021) d’Océan – S2 E6 : Médecine et grossophobie
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ÉP 56 : Intersexe, Arabe et musulman.e (hors-série)
Ce 1er mini-épisode hors-série entend combiner l’identité arabo-musulmane en France et l’identité intersexe. Les personnes intersexes sont celles dont les caractéristiques physiques ou biologiques, telles que l’anatomie sexuelle, les organes génitaux, le fonctionnement hormonal ou le modèle chromosomique, ne correspondent pas aux définitions classiques de ce qui est mâle et femelle. Ces caractéristiques peuvent se manifester à la naissance ou plus tard dans la vie, souvent à la puberté.
Jusqu’à il y a peu, les personnes intersexuées étaient de l’ordre de la monstruosité, de l’incomplétude, de l’hybridation non-désirée, de l’anomalie, de la malformation, d’un désordre sexuel. Tant de termes abjects qui définissent les intersexes. Selon qui ? En tous cas, pas le Dieu du Coran, ni même son Prophète. Alors pourquoi le monde a décidé de se ranger du côté d’un binarisme totalitaire qui n’accepte pas les corps humains complètement mâles ou complètement femelles ? Les mutilations sont encore faites par des médecins aujourd'hui en France pour « corriger » ce qu’ils appellent l’anomalie génitale à la naissance, qui s’écarte de la fameuse échelle de Prader qui dicte à partir de quelle taille on parle de clitoris ou de pénis. Un micropénis, un clitoris hypertrophié, des testicules non descendus… toute variation devient une anomalie de la nature. Alors, l’excision est un crime en France, mais ça le corps médical peut le faire ! En plus, 40% des personnes intersexes ne s’identifient pas au sexe qui leur a été assigné à la naissance. Écoutez bien : on estime qu’il y a jusqu’à 1,7% de la population mondiale qui serait intersexuée.
Ça veut dire 120 millions de personnes, c’est autant que la population du Japon !
Autant qu’il y a de personnes rousses !
En France, 1 enfant sur 100 000 naît intersexué.
Bref, il y a tellement de faits révoltants et inhumains que l’idéologie scientiste et les paradigmes de la société d’aujourd'hui font perdurer et endurer aux personnes intersexes. Cet épisode n’entend pas pleurer la condition des personnes intersexes du fait de leur intersexuation, car ce n’est ni une malédiction divine, ni une malformation corporelle. Il ne s’agit pas de les infantiliser ou de les faire victimes. Il s’agit de visibiliser la violence que leurs corps et identités subissent du fait d’un système hétérocispatriarcal autour d’elleux, en examinant ça d’encore plus près au croisement de l’identité arabe et musulmane.
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Entre les jambes (2021) de Huriya
- Les cinq sexes (2013) d’Anne Fausto-Sterling
- Je suis né ni fille, ni garçon (2011) de Dany-Salomé Gillis
- Corps trans / Corps queer (2013) de Karine Espineira
- Homosexualité et transidentités en islam (2017) de Ludovic-Mohamed Zahed
- Ambre ou les métamorphoses de l’amour (2006) de Mohamed Leftah
- Harrouda (1973) de Tahar Benjelloun
- Messaouda (1983) d’Abdelhak Serhane
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Entre deux sexes (2017) de Regine Abadia
- Ni d’Ève, ni d’Adam : Une histoire intersexe (2019) de Floriane Devigne
- Being impossible (2018) de Patricia Ortega
- Arianna (2015) de Carlo Lavagna
- XXY (2017) de Lucía Puenzo
- Noor (2012) de Çagla Zencirci & Guillaume Giovanetti
- Intersexion (2012) de Grant Lahood
- En infiltré.e.s (2021) série documentaire d’Océan
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ÉP 55 : Musulmane et féministe - avec Malika HAMIDI
Salam et bonjour à toustes ! Aujourd'hui, pour l’avant-dernier épisode de la saison, je voudrais en profiter pour graver les choses dans le marbre et surtout dans vos têtes. L’islam et le féminisme ne sont pas étanches l’un à l’autre. Avant l’avènement de l’islam, dans l’Arabie pré-islamique, les femmes n’avaient aucun statut juridique, aucun droit. Elles étaient victimes d’infanticides, elles étaient enterrées vivantes, données en mariage. L’avènement de l’islam élève la femme, lui donne un statut et une dignité. Il lui donne le droit à la parole politique, publique, à l’héritage, au témoignage, à des droits fondamentaux dans le cadre du mariage… Et ce, il y a 14 siècles déjà, quand d’autres régions du monde comme l’Europe faisaient subir des sorts abominables et ignominieux aux femmes. C’est après la mort du Prophète, grand adorateur des femmes qui l’entouraient, savantes et puissantes, que tout a volé en éclats. Les hommes au pouvoir, les mauvaises interprétations du Coran, les systèmes patriarcaux dominants… tout présage dès lors un avenir lugubre pour les femmes musulmanes. C’est au cours du XVIIe siècle qu’on va assister aux premières décadences de la vie politique et économique et à la dégradation du droit des femmes.
Le but du féminisme musulman, on va le voir, c’est de se réapproprier la mémoire et le patrimoine (ou devrais-je dire, le matrimoine) de ces femmes qui ont construit et produit de nouvelles interprétations, ou en tous cas d’autres interprétations qui n’ont pas à être bien moins légitimes que les interprétations dominantes ou celles qui n’arrangent que trop les despotes pseudo-érudits dans les pays dits musulmans.
Pour nous éclairer sur ce sujet, surtout en ce moment, qui d’autre que Malika Hamidi ? Malika Hamidi est docteure en sociologie de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) de Paris. Spécialiste du féminisme musulman en Europe, elle a publié aux Éditions de l’Aube un ouvrage tiré de sa thèse doctorale intitulé Un féminisme musulman, et pourquoi pas ?. Elle a par ailleurs co-écrit Des féminismes islamiques (La Fabrique, 2012) et contribué à de nombreux ouvrages collectifs comme celui sur les Afro-féminismes et féminismes qu’elle coordonne avec Fabienne Brion, Françoise Vergès et Christine Delphy. Elle co-dirige le projet européen « European Values for Primary School » dans le cadre du Programme Erasmus. Malika Hamidi nous éclaire sur l’impact de la religion islamique sur la vie des musulmanes, à travers des portraits de femmes féministes avant l’heure. Des femmes à la fois religieuses, indépendantes, revendicatrices, à contrecourant de l’image de la croyante exclue du débat public. Hâte de vous faire part de sa sagesse.
« Le mouvement féministe musulman est le fruit d’un long processus de réflexion et d’action de militantes et d’intellectuelles de par le monde qui considèrent que l’islam est source de justice, d’égalité et de dignité pour l’ensemble des êtres humains. » --- Malika Hamidi
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Un féminisme musulman : et pourquoi pas ? (2017) de Malika Hamidi
- Le prophète de l’islam et les femmes de sa vie (2020) d’Asma Lamrabet
- Le Coran et la femme (2019) d’Amina Wadud
- Feminism in Islam: Secular and Religious Convergences (2009) de Margot Badran
- Islam et femmes (2017) d’Asma Lamrabet
- Féminismes islamiques (2012) de Zahra Ali
- Croyantes et féministes (2016) d’Asma Lamrabet
- La féministe et l’imam (2017) de Marie-Françoise Colombani & Tareq Oubrou
- Par-delà le voile (2000) de Nadine Weibel
- Fichu voile ! (2010) de Nadia Geerts
- Bas les voiles ! (2003) de Chahdortt Djavann
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Millefeuille (2012) de Nouri Bouzid
- Caramel (2007) de Nadine Labaki
- Dégradé (2016) d’Arab Nasser & Tarzan Nasser
- À mon âge je me cache encore pour fumer (2016) de Rayhana Obermeyer
- Femmes du Caire (2010) de Yousry Nasrallah
- Les femmes du bus 678 (2011) de Mohamed Diab
- Amours voilées (2008) de Aziz Salmy
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ÉP 54 : Stéréotypes sur les Arabes et/ou musulmans dans la pornographie - avec Tanguy DUFOURNET
Re-bonjour à toustes ! Cet épisode de JINS est corollaire à l’épisode précédent. Il était crucial pour moi, comme d’habitude, de ne pas adopter un point de vue uniquement hétérosexuel dans l’analyse nous ramène aussi à des problématiques de classe sociale, de race, de sociologie du travail et d’orientation sexuelle.
Les prédicateurs musulmans disent que la pornographie est la forme de zina (« la fornication ») la plus répandue aujourd'hui. Commettre la zina est une des choses les plus condamnées par la religion. Mais regarder un porno peut aussi entrer dans le terme de fahisha, un « acte honteux », comme rapporté dans la Sourate 7 verset 33 du Coran : « Dis : Les choses que mon Seigner a en effet interdites sont des actes honteux, qu’ils soient ouverts ou secrets ».
Bon, admettons que mater du porno, c’est interdit en islam. Pourtant, même si certains pays musulmans prohibent la pornographie, d’autres n’arrivent pas à juguler les flux énormes de vidéos en libre accès (notamment grâce aux VPN). D’aucuns distribuent même des DVDs piratés de porno. Les jeunes Saoudiens regardent du porno gay après minuit. Les Marocains en 2020 étaient dans le top 5 des visionneurs de contenus porno avec des personnes trans. Les Égyptiens raffolent des contenus vidéos lesbiens. Le Pakistan, la Malaisie, le Nigeria apparaissent en tête des pays qui réalisent le plus de recherches sur les mots « porno » et « porno gratuit ». La Turquie et l’Algérie dépassent la France dans consommation et dans la diversité de catégories pornographiques.
Mais aujourd'hui on va s’attarder sur les stéréotypes et les archétypes formés par les imaginaires pornographiques en France, et vous allez voir, ça vaut le détour pour mieux comprendre les enjeux de domination genrée, raciale et postcoloniale encore en 2021.
Pour cet épisode, j’ai le plaisir d’interroger Tanguy Dufournet. Tanguy est sociologue du travail. Il vient de soutenir sa thèse de doctorat intitulée « Le Travail pornographique gay : jouissance et aliénation » et de publier un article, en libre accès dans la revue « Recherches Sociologiques et Anthropologiques », intitulé « Performer pour durer : la beauté corporelle au prisme du travail pornographique gay ». Il est également enseignant à l’INSPÉ de Reims au sein de l’Université de Reims où il co-pilote l’ouverture d'un master, accessible partout en France et à l’international, nommé « Inégalités, Discriminations et Territoire » (IDT).
« L. » --- Tanguy Dufournet
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Cultures pornographiques : Antholofie des porn studies (2015) de Florian Vörös
- Homo exoticus : race, classe et critique queer (2010) de Maxime Cervulle & Nick Rees-Roberts
- Les usages sociaux du film pornographique gay : la consommation de pornographie au prisme de l’homo/hétérosexualité (2008) de Florian Vörös
- Introduction aux porn studies (2014) de François-Ronan Dubois
- Gay porn (2002) de René-Paul Leraton
- Queer zones (2018) de Sam Bourcier
- Santé LGBT : les minorités de genre et de sexualité face aux soins (2020) – Arnaud Alessandrin, Gabrielle Richard, Anastasia Meidani, Marielle Toulze, Johanna Dagorn
- [Thèse] Dufournet T., 2021, Le travail pornographique gay : jouissance et aliénation - Pour une sociologie située du travail (homo-)sexuel des corps
- Séhili D., 2017, Pour une sociologie intersectionnelle du travail, Habilitation à diriger des recherches, Lyon, France, Université Lumière Lyon 2.
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- La Première marche (2016) de Hakim Atoui & Baptiste Etchegaray
- Le Soleil assassiné (2003) de Abdelkrim Bahloul
- Malik (2018) – court-métrage de Nathan Carli
- Homme au bain (2010) de Christophe Honoré
- Herculanum (2016) – d’Arthur Cahn
- Banlieue gay (2006) de Mario Morelli di Popolo
- Enter (2018) de Manuel Bili & Benjamin Bodi
- La Traction des pôles (2018) de Marine Levéel
- Jours de France (2016) de Jérôme Raybaud
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ÉP 53 : Vers une pornographie féministe et antiraciste - avec Olympe DE G.
Bonjour à toustes ! Bienvenue dans ce nouveau double épisode de JINS ; aujourd'hui c’est chaud, c’est hot, c’est skhoune, c’est caliente… on va parler de porno. Oui bien sûr, tout le monde regarde du porno sauf toi chère auditeur·ice. Mais oui, mais oui. Il y a 115 millions de visiteurs chaque jour uniquement sur PornHub. C’est le 8ème site le plus visité dans le monde. Dans les pays arabes comme en France, il est exploré par des millions de personnes en quête de plaisir. Surtout avec le confinement, les Français ont été très coquins : Marc Dorcel, Jacquie & Michel, YouPorn, PornHub et consorts ont vu leurs statistiques exploser. L’âge moyen en France des visiteurs est de 38 ans. Plus de 2/3 sont des hommes. La France est le 5ème pays le plus consommateur de porno. Et les Français adooooorent les vidéos sur les « beurettes ». Ils et elles sont de plus en plus excité.e.s par les scénarios en banlieue. La sexiness et le potentiel de séduction des hommes arabes est de plus en plus ouvertement admis.
Aujourd'hui, on va tenter de décortiquer une fois de plus les stéréotypes pour nuancer le propos. Alors, est-ce qu’un porno féministe ça existe vraiment ? Comment s’éloigner des représentations classiques du porno et arriver à un porno plus équitable en termes de contenus, dans un respect total de la femme ? Est-ce qu’il pourrait exister une pornographie pour les femmes musulmanes ?
Pour ce premier épisode du jour, j’accueille Olympe de G. Les féministes aguerries savent qu’une autre Olympe de G. a vécu il y a plus de 2 siècles. Elle est considérée comme la pionnière du féminisme français. Femme de lettres, elle est l’autrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne et avait laissé de nombreux écrits en faveur de l’abolition de l’esclavage des Noirs. Évidemment, elle est morte guillotinée en 1793, exécutée par le patriarcat dominant. Héritière de ces principes universels, notre Olympe de G. moderne, elle, est autrice féministe, mais aussi réalisatrice. Elle a tourné plusieurs court-métrages et contenus vidéos à caractère érotique ou pornographique, notamment pour les productions d’Erika Lust, la célèbre pornographe féministe suédoise. Olympe de G. est notamment à l’initiative des contenus audios érotiques que l’on retrouve dans le podcast VOXXX.
« L. » --- Olympe de G.
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Jouir est un sport de combat (2021) d’Olympe de G.
- Porn Valley (2018) de Laureen Ortiz
- Libres ! (2017) d’Ovidie & Diglee
- Sexpowerment (2016) de Camille Emmanuelle
- King-Kong Théorie (2006) de Virginie Despentes
- Le sexe selon Maïa : au-delà des idées reçues (2020) de Maïa Mazaurette
- Féminismes et pornographie (2017) de David Courbet
- Les usages sociaux du film pornographique gay : la consommation de pornographie au prisme de l’homo/hétérosexualité (2008) de Florian Vörös
- Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791) d’Olympe de Gouges
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Une Dernière fois (2020) d’Olympe de G.
- Don’t call me a dick (2017) d’Olympe de G.
- Hot girls wanted: turned on (2017) de Jill Bauer, Ronnad Gradus & Rashida Jones
- Les travailleu(r)euses du sexe (2010) de Jean-Michel Carré
- Viva la Vulva ! (2019) de Gabi Scheiger
- Libres ! (2019) d’Ovidie
- Vivante (2019) d’Anoushka
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ÉP 52 : Sexualité des Chrétiens d'Orient - avec Bernard HEYBERGER
Re-bonjour ! En complément de l’interview avec la sociologue Marion Maudet, je voulais dans ce second épisode du jour plonger dans la spécificité des personnes Arabes et chrétiennes.
On parle beaucoup de ce que l’islam interdit et on dit maintenant de plus en souvent que les autres monothéismes, « c’est pas beaucoup mieux hein ».
Loin de vouloir faire de la concurrence victimaire entre christianisme et islam, pour savoir qui est le plus tolérant, le plus laxiste en termes de sexualité, le plus en phase avec la modernité, il s’agit plus de savoir si l’identité chrétienne et l’identité arabe se sont co-construites de ce qu’on appelle l’Orient à ce qu’on appelle l’Occident.
En tant que première et deuxième religions de France, qu’est-ce que l’identité proche-orientale ajoute au rapport qu’on a au religieux, au culturel, au linguistique, au corporel et au sexuel ? Qui sont les Chrétiens d’Orient qui constituent beaucoup de groupuscules minoritaires dans les Églises de France aujourd'hui ? Comment ces Chrétiens d’origine proche-orientale se sont construits dans leur identité multiple, peut-être même hybride depuis les croisades jusqu’au 21ème siècle ?
Il me semblait important de poser la question à un spécialiste des Chrétiens d’Orient, il s’agit de Bernard Heyberger. Il est historien et agrégé d’arabe, directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales et à l’École pratique des hautes études. Ses recherches portent sur les chrétiens et sur les relations islam/christianisme au Proche-Orient. Il a écrit un ouvrage nommé Les Chrétiens d’Orient, il a remis au goût du jour la complexité des relations religieuses en Syrie, au Liban, en Palestine à l’époque ottomane et aussi abordé l’érudition orientaliste depuis ses premières heures. On peut difficilement trouver mieux pour parler du sujet du jour.
« Le mariage a comme principal but la procréation dans toute la tradition chrétienne aussi bien en Orient qu’en Occident. Les Chrétiens d’Orient s’alignent sur les consignes morales du pape mais leurs affaires sexuelles et de mariage sont aussi soumises au regard des musulmans. » --- Bernard Heyberger
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Les Chrétiens d’Orient (2020) de Bernard Heyberger
- Les identités meurtrières (1998) d’Amin Maalouf
- Les Fils de la médina (1959) de Naguib Mahfouz
- L’Égypte copte : les chrétiens du Nil (2000) de Christian Cannuyer
- Maronites dans l’histoire (2018) de Youssef Mouawad
- Bible et sexualité (2005) de Paul Wells
- Chrétiens d’Orient: voyage au bout de l’oubli (2013) de Marie De Varney
- Métamorphoses catholiques (2015) de Céline Béraud et Philippe Portier
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- La fin des Chrétiens d’Orient ? (2016) de Didier Martiny
- La Vierge, les Coptes et moi… (2012) de Namir Abdel Messeeh
- L’Insulte (2018) de Zied Doueiri
- Et maintenant… on va où ? (2011) de Nadine Labaki
- Grâce à Dieu (2018) de François Ozon
- La Mauvaise Éducation (2004) de Pedro Almodóvar
- Femmes du Caire (2009) de Yousry Nasrallah
- Enquête sur la sexualité (1964) de Pier Paolo Pasolini
- Les Deux Papes (2019) de Fernando Meirelles
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ÉP 51 : Sexualités comparées entre catholicisme et islam de France - avec Marion MAUDET
Bonjour à toutes et à tous, ravi de vous retrouver après cette petite pause estivale. Le double épisode de ce jeudi parle du rapport entre genre, sexualité et deux religions monothéistes qui coexistent maintenant intrinsèquement en Occident : le catholicisme et l’islam.
Le contexte religieux français est marqué par la perte d’influence institutionnelle de la religion catholique et par la diminution des appartenances catholiques, par l’importance croissante des individus ne déclarant aucune appartenance religieuse, ainsi que par l’affirmation de l’islam. Il s’agit en effet d’une religion jeune, dynamique, et souvent socialement minorée et racialisée.
Est-ce qu’on peut établir un parallèle entre l’évolution de la sexualité et l’évolution de la religion en France depuis les années 1970 jusqu’à aujourd'hui ? Le sujet du jour est donc de pointer du doigt que par-delà le rapport à la sexualité en islam, il y a aussi un rapport à la sexualité dans le catholicisme en France.
Pour mieux comprendre ces phénomènes, on va questionner l’articulation entre genre, sexualité et religions en France depuis les années 1970, en s’appuyant sur les pratiques et représentations sexuelles des catholiques et des musulman·e·s. Je reçois pour ce faire une jeune et brillante sociologue, Marion Maudet, spécialiste de cette question de la quête de sens pour les deux religions majoritaires de France. Elle est partie de trois grandes enquêtes de population sur la sexualité en France et une sur la conjugalité, ainsi que des entretiens biographiques auprès de personnes se déclarant catholiques ou musulmanes. Dans une perspective comparative, l’évolution des conduites sexuelles des femmes et des hommes selon leur religiosité nous éclairera beaucoup.
« La famille hétéroparentale reste la norme, même indépendamment des religions. Même si on a une diversité de personnes catholiques qui entretiennent une double identité avec leur homosexualité ; ce qui pose plus problème, c’est la question de la filiation, de la procréation, de la famille homoparentale. » --- Marion Maudet
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- L’Église catholique et la sexualité (2017) de Germanos Germanos
- La Bible, le sexe et nous : libérer la parole (2019) de Jean-Pierre Rosa
- Un féminisme décolonial (2019) de Françoise Vergès
- L’homme, le sexe et Dieu : pour une sexualité plus humaine (2011) de Michel Aupetit
- La sexualité dévoilée (2017) de Nadia El Bouga
- Bible et sexualité (2005) de Paul Wells
- Homosexuels catholiques, sortir de l’impasse (2012) de Claude Besson
- Les Jeunes et l’amour dans les cités (2008) d’Isabelle Clair
- Mâle Décolonisation. L'homme arabe et la France, de l'indépendance algérienne à la révolution iranienne (2017) de Todd Shepard
- Conversions à l'islam (2015) d’Amélie Puzenat
- Métamorphoses catholiques (2015) de Céline Béraud et Philippe Portier
Articles
Maudet M., 2017, « Religion et sexualité en France des années 1970 aux années 2000. Évolution des pratiques et attachement à la famille hétérosexuelle », Population, 72, 4, p. 701‑728.
Maudet M., Thomé C., 2021, « S’arranger avec l’Eglise ? Pluralité contraceptive chez les pratiquant.e.s en France », Emulations. Revue de sciences sociales, 38, p. 69‑85.
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Qu’Allah bénisse la France (2014) d’Abd Al Malik
- Musulmans de France (2009) de Karim Msiké, Emmanuel Blanchard & Mohamed Joseph
- Homothérapies, conversion forcée (2019) de Bernard Nicolas
- Boy erased (2018) de Joel Edgerton
- Grâce à Dieu (2018) de François Ozon
- Benedetta (2021) de Paul Verhoeven
- L’Esquive (2003) d’Abdellatif Kechiche
- Une fille facile (2019) de Rebecca Zlotowski
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ÉP 50 : Sexualité, islam et handicap - avec Charlotte PUISEUX
Bonjour à toustes ! L’épisode du jour aborde les questions autour de la sexualité, du genre, de la parentalité, de l’ethnicité, de la religion et… du handicap ! Il peut s’agir de personnes atteintes de tétraplégie sur un fauteuil, de personnes qui ont connu l’amputation d’un de leur membre, de personnes nées avec une trisomie 21, de personnes qui se situent dans le spectre autistique, de personnes malentendantes ou sourdes. 12 millions de personnes sont touchées par un handicap en France. L’Islam considère le handicap comme faisant partie de la condition humaine : il n’est ni signe d’élection ni signe de malédiction mais doit être pris en charge par la société au nom de la solidarité. Mais l’on risque de tomber dans une relation d’extrême dépendance, dans un lien social où l’autonomie de la personne à handicap n’existe plus, où l’infantilisation est de mise et où évidemment, l’intimité n’existe plus. Alors comment font-elles pour vivre leurs amours et leur sexualité malgré la désexualisation qu’on leur inflige ? Ont-elles le droit au plaisir ? Sont-elles désirantes et désirables ? Qu’est-ce que l’islam dit de leur sexualité ?
Quelques précisions avant de commencer : à l’expression « les handicapés », je préférerais toujours l’expression « personnes à handicap » ou « personnes en situation de handicap ». On n’est pas handicapé, on a un handicap. Une personne se définit par plus que son handicap.
Les discours, les attitudes et les représentations discriminants envers les personnes à handicap relèvent de ce que l’on nomme le « validisme » ou le « capacitisme ». C’est tout le système actuellement qui est pensé pour et par les personnes capables, sans handicap, dites « valides », pour imposer leur norme sociale et l’organisation de leur environnement de vie.
Pour pouvoir discuter de toutes ces notions autour du handicap, de sexualité et de la culture arabo-musulmane, j’ai la chance de pouvoir accueillir Charlotte Puiseux dans l’épisode d’aujourd'hui. Elle est docteure en philosophie et psychologue clinicienne diplômée de l’Université Paris 7. Elle est elle-même une femme en situation de handicap, elle est spécialiste des « disability studies » et du mouvement CRIP qui mêle la théorie queer aux études sur le handicap. Elle est aussi maman. Elle est handiféministe. Elle a récemment publié des articles sur le coronavalidisme ainsi que sur les histoires de domination menant au viol de personnes vulnérables. Charlotte va donc nous parler de la convergence des luttes féministes, anti-validistes, anti-LGBTphobies et anti-racistes.
« La société est façonnée par un tas d’idéaux régulateurs qui sont hétéropatriarcaux, cisgenres, racistes et validistes. En particulier, les personnes à handicap intériorisent cette dévalorisation et se trouvent indésirables. » --- Charlotte Puiseux
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Je veux faire l’amour (2012) de Marcel Nuss
- Mister T & moi (2020) d’Élisa Rojas
- La Différence invisible (2016) de Julie Dachez
- Sexualité et handicaps : entre tout et rien… (2013) de Catherine Agthe Diserens
- Sexualité et handicap mental : l’ère de la santé sexuelle (2017) de Lucie Nayak
- Leur sexualité n’est pas un handicap (2014) de Jean-Luc Letellier
- Continuum (2021) de Chella Man
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Sexe, amour et handicap (2010) de Jean-Michel Carré
- 37 Seconds (2019) de Hikari
- Hasta la vista (2011) de Geoffrey Enthoven
- The Sessions (2012) de Ben Lewin
- De rouille et d’os (2012) de Jacques Audiard
- Yes, We Fuck! (2015) d’Antonio Centeno & Raúl de la Morena
- Étreintes brisées (2009) de Pedro Almodóvar
- Yo, también (2010) de Álvaro Pastor & Antonio Naharro
- Indésirables (2015) de Philippe Barassat
- ZERO (2012) de Nour-Eddine Lakhmari
- We Could Be Heroes (2018) de Hind Bensari
Si vous voulez mater des séries 🎬🎥🎞️
- Atypical (2019) sur Netflix
- Special (2020) sur Netflix
- Love on the Spectrum (2020) sur Netflix
- It’s gonna be okay (2021) sur BrutX
- En infiltré.e.s (2021) sur France TV – Saison 2 Épisode 7
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ÉP 49 : Corps noirs, afroféminisme & islam - avec Maboula SOUMAHORO
Aujourd'hui dans JINS, nous allons parler d’un sujet qu’on a déjà un peu évoqué auparavant mais qui mérite une grande attention : c’est le croisement de l’identité noire en France avec les luttes féministes et la religion musulmane. Nous ne pouvons pas poursuivre les discours sur l’identité française sans rappeler l’histoire impérialiste et coloniale de la France, au moins dans une reconnaissance des traumatismes et des horreurs causées.
Dès lors, comment les corps noirs se sont redéfinis grâce aux luttes afroféministes ? Comment l’islam s’est installé dans les terres africaines et s’est répandu selon des mouvements de diaspora ? Comment le corps, le genre et la sexualité des personnes noires ont été influencées par l’histoire coloniale, les replis identitaires ou l’esclavage ?
J’ai le plaisir immense de discuter de ce sujet dans l’épisode du jour avec une grande universitaire, Maboula Soumahoro. Elle est une angliciste française, d’origine ivoirienne, plus précisément dioula, donc élevée dans l’islam. Maboula Soumahoro s’identifie comme une femme afropéenne, c'est-à-dire comme une femme noire née et élevée en Europe. Elle travaille notamment sur les diasporas africaines aux États-Unis. Maître de conférence à l’Université de Tours, elle écrit en 2020 Le Triangle et l’Hexagone, qui expose ses réflexions sur l’identité noire à la lumière de sa propre expérience. Elle est une figure forte de l’antiracisme, elle est même à l’origine de l’association Black History Month qui promeut la connaissance et la passion pour les mondes noirs et l’histoire des Noirs de France.
« Je décide d’être noire. Non pas de la manière dont l’histoire m’a définie et façonnée sur la base de mon corps. Je suis noire de la manière dont les corps qui ressemblent au mien ont réagi, combattu, contesté, résisté et se sont soustraits à ces tentatives anciennes, répétées et organisées d’infériorisation. » --- Maboula Soumahoro
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Le Triangle et l’Hexagone (2020) de Maboula Soumahoro
- Sexe, race et colonies (2018) de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Christelle Taraud, Dominique Haas & Gilles Boëtsch
- Le corps noir (2017) de Jean-Claude Charles
- Le racisme expliqué à ma fille (1998) de Tahar Ben Jelloun
- Un féminisme décolonial (2019) de Françoise Vergès
- Les Impatientes (2020) de Djaïli Amadou Amal
- La Bible, le Coran et l’esclavage (2008) de Guillaume Hervieux
- L’esclavage en terre d’islam (2007) de Malek Chebel
- Le Maroc noir, une histoire de l’esclavage, de la race et de l’islam (2019) de Chouki El Hamel
- La Fragilité blanche (2018) de Robin DiAngelo
- Les Damnés de la terre (1961) de Franz Fanon
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Le Père de Nafi (2021) de Mamadou Dia
- Rengaine (2012) de Rachid Djaïdani
- Ghofrane, et les promesses du printemps (2021) de Raja Amari
- Tu mourras à 20 ans (2019) de Amjad Abu Alala
- Timbuktu (2014) de Abderrahmane Sissako
- Qu’Allah bénisse la France (2014) de Abd Al Malik
- Malcolm X (1992) de Spike Lee
- Soleil O (1973) de Med Hondo
- Regard noir (2021) d’Aïssa Maïga
- Ouvrir la voix (2014) d’Amandine Gay
- Bilal, le muezzin du Prophète (1953) de Ahmed Al Toukhi
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ÉP 48 : Le corps des femmes arabes - avec Joumana HADDAD
Aujourd'hui, on va encore et encore parler de corps et de sexualité, cette fois-ci du côté du Proche-Orient. Dans le monde arabe, qu’il soit musulman ou pas, le corps des femmes est vécu comme dangereux car tentateur par nature. Il doit donc être caché, enfermé pour éviter que les hommes ne cèdent à des pulsions sexuelles plus fortes que leur volonté. "C’est pas de leur faute ! Elle n’avait qu’à pas s’habiller comme ça ! Et puis qu’est-ce qu’elle vient faire dans la rue aussi tard ? Elle ne respecte ni les traditions ni elle-même en se baladant comme ça, n’attendant que de se faire siffler par des mecs. C’est elle qui l’a cherché, son corps a transgressé l’espace public". De toutes façons, au-delà de ces mecs, ce sont les patriarcats d’État qui peinent à céder des droits à égalité et qui préfèrent garder le contrôle des corps, de la reproduction et de la sexualité des femmes. Certes, en France, la sécularisation progressive (bien que partielle) de la société a permis des avancées indéniables. Mais la domination masculine est partout et l’écrasante majorité des femmes françaises, où qu’elles soient, qui qu’elles soient, ont subi une forme d’harcèlement de rue au cours de leur vie. Pour en savoir plus là-dessus, je vous recommande à toustes mes auditeur·ice·s, de suivre le collectif féministe Nous Toutes @noustoutesorg.
Pour l’occasion, j’avais envie de me tourner vers celle qui représente une des grandes figures du combat féministe dans le monde arabe, c’est Joumana Haddad. Elle est une écrivaine, journaliste et poétesse libanaise, militante pour les droits des femmes. Avec toutes ses distinctions en tant que brillante journaliste et ses nombreux essais à propos de la femme moyen-orientale, Joumana Haddad s’est érigée au rang des femmes arabes les plus influentes au monde. En 2010, elle écrit J’ai tué Shéhérazade. Confessions d’une femme arabe en colère. En 2013, Superman est arabe. En 2016, Le Troisième Sexe. Elle organise aussi des activités sociales et culturelles dans son JHFC : le Joumana Haddad Freedoms Center @jhfreedomscenter, où l’on discute d’égalité des genres, d’inclusion des personnes LGBT+ et de sécularisme.
« C’est l’homme arabe, qu’il en soit conscient ou non, qui est en train de payer le prix de cette vision tellement toxique de ce qu’est un homme « vrai ». Le féminisme est bénéfique autant aux hommes qu’aux femmes. Les hommes doivent être des alliés dans ce combat. » --- Joumana Haddad
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Superman est arabe (2013) de Joumana Haddad
- J’ai tué Shéhérazade : confessions d’une femme arabe en colère (2010) de Joumana Haddad
- Foulards et hymens : Pourquoi le Moyen-Orient doit faire sa révolution sexuelle (2015) de Mona Eltahawy
- La révolution du plaisir – Enquête sur la sexualité dans le monde arabe (2013) de Shereen El-Feki
- Sexe et mensonges – La vie sexuelle au Maroc (2017) de Leïla Slimani
- Le Harem politique (2010) de Fatima Mernissi
- Une femme en colère (2009) de Wassyla Tamzali
- Corps des femmes et espaces genrés arabo-musulmans (2017) de Corinne Fortier & Safaa Monqid
- Hshouma (2016) de Zainab Fasiki
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Papicha (2019) de Mounia Meddour
- Caramel (2007) de Nadine Labaki
- Les femmes du bus 678 (2010) de Mohamed Diab
- À mon âge je me cache encore pour fumer (2017) de Rayhana Obermeyer
- The Perfect candidate (2020) de Haifaa Al-Mansour
- Dégradé (2016) d’Arab Nasser & Tarzan Nasser
- 143, Rue du Désert (2021) de Hassen Ferhani
- Femmes du Caire (2010) de Yousry Nasrallah
- Rachida (2002) de Yamina Bachir
- Beyrouth Hotel (2011) de Danielle Arbid
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ÉP 47 : Sexualité des personnes arabes et/ou musulmanes âgées - avec Isabelle WALLACH
Bonjour à toutes et à tous ! Aujourd’hui on va casser les codes et déconstruire encore plus de stéréotypes, en abordant le sujet délicat des séniors et de leur sexualité. On va tenter de croiser ça avec les préceptes islamiques et les idées préconçues des cultures arabes. Les gens disent :
La sexualité des vieux, c’est dégueuuuuuu. Pourtant, en France, dans les EHPAD, ça joue pas qu’au Scrabble. Les vieux d’aujourd'hui ont connu mai 68… et les 69.
On dit : Les vieux n’ont pas d’activité sexuelle, n’y pensent pas, c’est plus pour eux, ça n’a plus d’intérêt, ça ne marche plus de toutes façons. Ils n’ont plus que de l’affection, au mieux, ils se caressent. De toutes façons ils sont séniles, malades, rabougris.
Voilà, toutes ces pensées traversent nos esprits parce qu’on évolue dans une société âgiste, discriminante face à l’âge. On invente les humains immortels et on lutte contre la mort avec des crèmes et des bras bioniques. Mais alors la nique, non. Les vieux seraient périmés pour avoir une sexualité performante, dans une société qui voue un culte à la jouissance.
Alors, est-ce qu’il y a des places pour des corps marqués par la vie ? Et si on se disait justement que les femmes qui ont passé la période difficile de leur ménopause sont justement libérées du poids de la natalité ? Est-ce qu’au lieu d’imaginer les personnes âgées comme perverses parce qu’elles n’ont plus le droit à la sexualité après l’andropause ou la ménopause, on peut se dire que la sexualité fait partie de leur épanouissement ?
Pour en discuter, j’ai l’honneur d’accueillir dans JINS une spécialiste absolue de la question qui nous vient d’outre atlantique, c’est Isabelle Wallach. Elle est Professeure au Département de Sexologie à l’Université du Québec à Montréal. Elle a un PhD d’Ethnologie obtenu à Paris Diderot en 2006. Elle fait partie d’un institut de recherche et d’études féministes, elle enseigne tout ce qui tourne autour de la sexualité, du genre, de l’ethnicité, du capacitisme et bien sûr, du vieillissement. Elle est une experte de la sexualité et relations amoureuses des personnes âgées. Elle a aussi travaillé sur l’expérience du vieillissement chez des femmes et des hommes vivant avec le VIH. On va donc aborder ensemble toutes les facettes de cette sexualité.
« Avec l’âge, arrivent certaines limitations physiques, mais il y a une redéfinition de l’expression sexuelle et une certaine inventivité. Ça peut amener à décentrer la sexualité de la génitalité et du coït. » --- Isabelle Wallach
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Amours de vieillesse (2010) de Marick Fèvre & Nicolas Riguidel
- Sexualité et vieillissement (2014) de Gérard Ribès
- Penser la sexualité des personnes âgées (2020) d’Alexander Maria Leroy
- La sexualité des personnes âgées (2011) d’Alexandre Manoukian
- La sexualité ne prend pas sa retraite ! (2019) de Sébastien Landry
Si vous voulez lire les publications de l’invitée 🤓📘📚
- 2018. «Le VIH/Sida ne concerne pas les aînés : origines et conséquences d'une fausse croyance» sous la dir. de Véronique Billette, Patrik Marier et Anne-Marie Séguin.
- 2014. «La sexualité des âgés : déconstruire les mythes pour mieux accompagner», L'animation sociale avec les personnes âgées
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Les Invisibles (2012) de Sébastien Lifschitz
- Harold et Maud (1971) de Hal Ashby
- Gérontophilia (2014) de Bruce LaBruce
- Parcours d’amour (2015) de Bettina Blümner
- Amour (2002) de Michael Haneke
- Septième ciel (2009) de Andreas Dresen
- Les plus belles années d’une vie (2019) de Claude Lelouch
- Les Coming Out (2021) de Angeles Reiné
- A Secret Love (2020) de Chris Bolan
- À la recherche du mari de ma femme (1993) de Mohamed Abderrahmane Tazi
- Lhajjates (2017) de Mohamed Achaouar
- Viva Laldjérie (2004) de Nadir Moknèche
- La Débandade (1999) de Claude Berri
Si vous voulez mater des séries 🎬🎥🎞️
- Grace & Frankie sur Netflix
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ÉP 46 : Libérer le corps et la sexualité - avec Bebe MELKOR-KADIOR
Dans notre épisode du jour, je vais parler de corps et de sexualité. On va essayer ensemble de comprendre comment braver l’interdit de la sacralisation absolue du corps, qui n’est scientifiquement qu’un tas d’os et d’organes, voué à périr. Contrairement à l’esprit, qui tisse notre rapport à la spiritualité, le corps est immanent, temporaire, fugitif, changeant et éphémère. Il est amené à se modeler, à s’éprouver, à se vivre avant de s’étioler dans une mort certaine. Il est donc profane et non pas sacré. Et si le corps était si sacré, pourquoi alors avoir rendu sale, bestial et vicieux le sexe qu’il porte ? Pourquoi avoir fait de la sexualité un péché originel ?
Entre deux personnes éprouvant du désir l’un envers l’autre, il y a une limite spatiale (hududu Allah) qui tracent une frontière empêchant l’introduction du désir. Le corps est un territoire qui appartiennent à soi et à Dieu. En arabe, il y a plusieurs mots pour indiquer le corps. Cette frontière s’adresse au jassad جسد et non pas au jism جسم (qui est un corps masse, forme et substance) et au badn بدن (qui n’est que l’enveloppe, la cuirasse corporelle dans ses transformations physiques). Le jassad tend à désigner le corps dans sa dimension sensorielle, esthétique et affective. C’est le terme utilisé pour désigner le corps dans l’amour, où le sensible serait le siège de la volupté et de la jouissance.
NB : on va aussi parler de TDS, c'est-à-dire de Travail Du Sexe, ou des travailleur·euse·s du sexe.
Mon invitée du jour est connue sur Instagram elle se nomme @thepainproofpriestess, mais son vrai nom, celui qu’elle a décidé d’incarner, c’est Bebe MELKOR-KADIOR. Bebe est une afroféministe pro-sexe queer. Elle se définit aussi comme une femme noire, autrice, tantôt performeuse pornographique, tantôt fakir, parfois artiste & modèle, souvent comme travailleuse du sexe et fièrement comme « salope ». Oui, Bebe scande haut et fort la nécessaire réappropriation des corps des femmes et de leurs sexualités, départis des injonctions du patriarcat et des masculinités toxiques. C’est ce qu’elle écrit notamment dans son manifeste Balance ton corps, publié en 2020 aux éditions La Musardine.
« Personne d’autre que moi ne peut me dicter comment vivre ma relation avec mon corps. Les choix de vie que je fais pour lui relèvent de l’intime. » --- Bebe Melkor-Kadior
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Balance ton corps (2020) de Bebe Melkor-Kadior
- Le corps enchaîné (2018) de Mohammed Ennaji
- Le corps en islam (2013) de Malek Chebel
- La fin du tapin. Sociologie de la croisade pour l’abolition de la prostitution (2014) de Lilian Mathieu
- Sexe, race et colonie (2012) de Pascal Blanchard
- King-Kong Théorie (2006) de Virginie Despentes
- Le noir est une couleur (1974) de Grisélidis Réal
- Carnet de bal d’une courtisane (2005) de Grisélidis Réal
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Les travailleu(r)euses du sexe (2010) de Jean-Michel Carré
- Vivante (2019) d’Anoushka
- Viva Laldjérie (2004) de Nadir Moknèche
- Much Loved (2015) de Nabil Ayouch
- Mamma Roma (2004) de Pier Paolo Pasolini
- Les Yeux Secs (2004) de Narjiss Nejjar
- Les Bois dont les rêves sont faits (2016) de Claire Simon
- L’immeuble Yacoubian (2006) de Marwan Hamed
- L’Apollonide : Souvenirs de la maison close (2011) de Bertrand Bonello
- J’ai tant aimé (2008) documentaire de Dalila Ennadre
- Belle-de-jour (1967) de Luis Buñuel
- Sauvage (2018) de Camille Vidal-Naquet
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ÉP 45 : Être une femme arabe légitime en France - avec Nesrine SLAOUI
Bienvenue dans ce 3ème et dernier épisode de la trilogie du jour portant sur la parole de femmes issues de l’immigration maghrébine qui ont rebattu les cartes et ont pu redéfinir leur place dans la société française. Le sujet de cet épisode est en effet celui de la trajectoire de vie, du parcours, de la carrière, de la réussite d’une femme en France aujourd'hui quand elle est d’origine arabe ou d’obédience musulmane. Se revendiquer féministe, c’est super, mais encore faut-il que ce féminisme s’applique à toutes les femmes, y compris les femmes issues de l’immigration maghrébine, y compris les femmes musulmanes non pratiquantes, y compris les femmes pieuses qui portent le voile (là où elles ont encore le droit de le porter). L’ascension sociale, le capital culturel, la méritocratie, l’accent, le fait de parler vite, le travail d’arabe, le CV, la chance, les rencontres amoureuses… C’est de toutes ces notions qu’on va parler aujourd'hui pour voir si l’on peut se sentir légitime dans la société française d’aujourd'hui en tant que personne d’origine maghrébine.
J’ai le plaisir de discuter de ce sujet avec une jeune femme qui a fait sensation cette année, il s’agit de Nesrine Slaoui. Elle est issue d’une famille modeste, d’origine marocaine et a toujours été poussée vers l’excellence académique. Elle a été la première de sa famille à obtenir le baccalauréat mais elle finit aussi par intégrer les rangs de Sciences Po Paris. Elle parle d’elle-même comme une transfuge de classe mais Nesrine est surtout une journaliste émérite, elle a travaillé pour le Bondy Blog, LCI, C-News, RMC. Elle travaille maintenant chez France 24 et le nouveau média Loopsider. Elle est l’autrice d’un bouquin superbe, Illégitimes, aux éditions Fayard, qui est venu conforter toute une génération de personnes à qui on a ôté le mérite ou la légitimité, du simple fait de ses origines. Aujourd'hui, elle va nous expliquer sa façon à elle de ne plus se sentir illégitime.
« À partir du moment où je suis rentré à Science Po, la race ne s’est plus jamais effacée. Je n’ai plus eu de répit par rapport aux questions raciales. Tous les jours on me renvoyait le fait que j’étais une femme maghrébine. C’était mon identité, point. C’est à ce moment-là que j’ai le plus entendu le mot ‘beurette’. » --- Nesrine Slaoui
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Illégitimes (2020) de Nesrine Slaoui
- Des beurettes (2003) de Nacira Guénif-Souilamas
- Le Pays des Autres (2020) de Leïla Slimani
- Le grand détournement (2017) de Fatiha Agag-Boudjahlat
- La discrétion (2020) de Faïza Guène
- Bleu, blanc, vert (2006) de Maïssa Bey
- La petite dernière (2020) de Fatima Daas
- L’Art de perdre (2017) d’Alice Zeniter
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- On nous appelait beurettes / Nos mère, nos daronnes / Meufs de (la) cité de Bouchera Azzouz
- Aïcha (2009) de Yamina Benguigui
- Mémoires d’immigrés, l’héritage maghrébin (1997) de Yamina Benguigui
- La Crème de la crème (2014) de Kim Chapiron
- 9/3, mémoire d’un territoire (2008) de Yamina Benguigui
- D’une pierre deux coups (2016) de Fejria Deliba
- Neuilly sa mère ! (2009) de Gabriel Julien-Laferrière
- Incha’allah dimanche (2001) de Yamina Benguigui
- Les Visages de la Victoire (2020) de Lyèce Boukhitine
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ÉP 44 : La puissance des mères arabes et/ou musulmanes - avec Fatima OUASSAK
Dans ce 2ème épisode de la trilogie du jour, nous allons parler de la figure vénérée de la mère. De la maman. De la daronne quoi. On va voir le rôle qu’elle a à jouer dans l’éducation, dans les discussions autour de la sexualité, dans la société et dans la défense des droits de ses enfants face à l’institution républicaine. On va voir pourquoi les luttes des mères arabes et/ou musulmanes doivent être des luttes de reconquête territoriale.
Dans les films, vous voyez souvent la mère arabe ou africaine hurler contre son fils devant le proviseur, honteuse de ne pas avoir assez bien répondu à l’impératif républicain d’avoir éduqué son fils à la hauteur des vraies valeurs françaises. Laisse pas traîner ton fils. Sinon ce sera de votre faute s’il tourne mal. Est-ce que les mères immigrées des banlieues n’ont pas d’autre choix que d’assigner leurs enfants à résidence ? C’est en établissant les liens entre classe, genre et race qu’on s’aperçoit que les inégalités se creusent. Pourquoi le combat des mères est un angle mort du féminisme ? C’est quoi la différence entre une mère et une maman ? Quel est ce pouvoir que les mères ont qui changera le monde ?
J’ai le plaisir de discuter de ce sujet avec Fatima Ouassak. Elle est politologue, consultante en politique sociale et politique publique. Elle est cofondatrice du collectif Front des Mères, syndicat de parents d’élèves qui œuvre, dans les quartiers populaires, pour plus de justice sociale, et Présidente du Réseaux Classe Genre Race qui se bat contre les discriminations que subissent les femmes issues de l'immigration post-coloniale. Fatima Ouassak est une militante, elle a aussi participé au Mouvement des Indigènes de la République ; Fatima Ouassak est une mère. Elle vient de publier un essai aux éditions La Découverte, intitulé La puissance des mères - pour un nouveau sujet révolutionnaire dans lequel elle propose de politiser la figure des mères des quartiers populaires pour faire basculer l'ordre établi qui menace, attaque, voire tue leurs enfants.
« Lorsque le système dominant regarde nos enfants, il ne voit pas des enfants, il voit des menaces pour sa survie, il les désenfantise. » --- Fatima Ouassak
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- La puissance des mères (2020) de Fatima Ouassak
- Ne nous libérez pas, on s’en charge (2020) de Bibia Pavard, Florence Rochefort & Michelle Zancarini-Fournel
- Le grand détournement (2017) de Fatiha Agag-Boudjahlat
- La discrétion (2020) de Faïza Guène
- Le ventre des femmes (2017) de Françoise Vergès
- Nouvelle mère (2020) de Cécile Doherty-Bigara
- Mort pour la France (2013) de Latifa Ibn Ziaten
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- D’une pierre deux coups (2016) de Fejria Deliba
- Neuilly sa mère ! (2009) de Gabriel Julien-Laferrière
- Les Visages de la Victoire (2020) de Lyèce Boukhitine
- Bonne mère (2021) de Hafsia Herzi
- Fatima (2016) de Philippe Faucon
- Divines (2016) de Houda Benyamina
- Latifa, le cœur au combat (2017) de Cyril Brody & Olivier Peyon
- Entre les murs (2008) de Laurent Cantet
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ÉP 43 : Déterminisme social et sexuel des Français.e.s issu.e.s de l’immigration maghrébine - avec Faïza GUÈNE
Hello tout le monde ! Dans ce premier épisode de la trilogie, je vais aborder le concept difficile de déterminisme social, voire sexuel pour les populations issues de l’immigration maghrébine ou proche-orientale en France. On rentre ici dans la sociologie des rapports sociaux de sexe. Depuis la petite enfance, on raconte aux enfants issus de cette immigration comment complaire aux genres qui leurs sont assignés. La violence des jeunes de banlieue va être rapportée à leur culture étrangère, voire à leur nature, « c’est dans leur sang, c’est dans leurs veines » disent-ils. Cette naturalisation dangereuse et le déterminisme identitaire des habitants de banlieue est basée sur la croyance que les nouvelles générations issues de l’immigration sont fainéants, n’en veulent pas assez, n’en ont que faire de l’égalité des sexes, qu’ils vivent encore au siècle dernier, qu’ils sont par nature homophobes, que s’ils voulaient, ils pourraient. Sauf qu’il y a un racisme systémique qui fait que même si on veut beaucoup, on peut très peu. Et que si on arrive à se frayer un chemin dans la société, on doit lutter contre une multitude de discriminations, qu’elles soient sociales, culturelles, professionnelles ou… sexuelles.
J’ai le plaisir d’en parler aujourd'hui avec une femme géniale, qui a toujours élevé sa voix et mis sa plume à contribution sur ces questions cruciales : il s’agit de Faïza Guène. Faïza Guène est une romancière et scénariste française d’origine algérienne. Elle est née à Bobigny et grandit dans un quartier populaire de Pantin. Elle s’oriente d’abord vers la sociologie avant de commencer à écrire sa première œuvre en 2004, Kiffe-Kiffe demain, qui a connu un succès planétaire puisque vendu à 400 000 exemplaires et traduit en 26 langues. Elle écrit Un homme, ça ne pleure pas et puis son dernier roman à succès La Discrétion, paru en 2020 aux éditions Plon. Elle a aussi à son actif plusieurs réalisations de court-métrages ainsi qu’un rôle au cinéma dans le film Sœurs de Yamina Benguigui. Elle s’est toujours engagée contre les stéréotypes, pour l’éducation dans les quartiers populaires et pour la représentation des femmes. Elle s’est battue pour la diversité, pour les identités mêlées et pour l’intégration au travers de phrases caustiques, avec l’usage d’un humour bien à elle et une légitime utilisation du verlan et de l’arabe. Elle revendique une écriture proche du peuple, pas destinée aux élites. Ensemble, on va voir comment il est possible de lutter contre le déterminisme social et sexuel des populations arabes de France.
« On nous francise de manière violente. On doit faire nos preuves, montrer patte blanche. On nous enlève ce qui nous constitue pour qu’on soit considérés comme des citoyens français. Mais même quand on fait ça, on n’est pas tout à fait des citoyens. » --- Faïza Guène
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Kiffe kiffe demain (2004) de Faïza Guène
- Du rêve pour les oufs (2006) de Faïza Guène
- Un homme, ça ne pleure pas (2014) de Faïza Guène
- La discrétion (2020) de Faïza Guène
- L’Art de perdre (2017) d’Alice Zeniter
- Ethnicity & equality: France in the Balance (2007) d’Azouz Begag
- Garçon manqué (2000) de Nina Bouraoui
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Les Visages de la Victoire (2020) de Lyèce Boukhitine
- Sœurs (2020) de Yamina Benguigui
- Mauvaises herbes (2018) de Kheiron
- L’esquive (2003) d’Abdellatif Kechiche
- Chouf (2016) de Karim Dridi
- Jusqu’ici tout va bien (2019) de Mohamed Hamidi
- Haramiste (2014) d’Antoine Desrosières
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ÉP 42 : Couples binationaux et migrations du Maghreb & Moyen-Orient - avec Manuela SALCEDO ROBLEDO
Bonjour à toustes et bienvenue dans ce nouvel épisode de JINS. Aujourd'hui, on va parler d’un sujet un peu complexe, il s’agit des migrants Arabes et/ou musulmans qui arrivent en France et aux rapports qu’ils entretiennent avec leur identité de genre et leur identité sexuelle une fois en France. La politique d'immigration de la France ne se contente pas de contrôler les étrangers, elle vise aussi des Français(es) qui choisissent de se marier ou de se pacser à un(e) étranger(e). En migrant en France, on s’expose donc quasi-systématiquement voire systémiquement, à une xénophobie, un racisme, une islamophobie, une homophobie ou à des violences sexuelles.
Pour prouver l'authenticité de leur amour, ils reproduisent ainsi la distinction entre intérêt et amour au centre des normes conjugales dominantes. Quelle est la place de la culture et de la nationalité des personnes migrantes dans tout ça ? Quelle est la sociologie des couples binationaux aujourd'hui ? Est-ce que ce sont tous des escrocs sentimentaux qui ne cherchent qu’à tromper l’instance étatique pour obtenir des papiers précieux ? Est-ce que les couples hétérosexuels sont égaux en France face à cette problématique binationale ? Le mariage mixte est-il toujours simulé ; sinon pourquoi il reste suspect ?
Pour aborder ces questions complexes, j’accueille aujourd'hui Manuela Salcedo Robledo. Elle est sociologue, spécialiste des questions de la migration, du genre et de la sexualité. Elle était chargée de mission « Éradication des violences faites aux femmes » pour les Nations Unies en Colombie. Elle était chercheuse au CNRS en France pour comprendre l’impact du coronavirus sur les groupes sociaux précaires et les migrants. Elle a travaillé sur le droit d’asile pour les minorités sexuelles mais elle travaille aujourd'hui pour AIDES, 1ère association française de lutte contre le VIH, le SIDA et les hépatites virales.
« Le processus de régularisation contraint les couples binationaux à exposer leur vie intime pour que l’administration publique reconnaisse l’authenticité de leur union. Pour les couples homosexuels, ce procédé est d’autant plus intrusif, sachant que certains viennent de pays qui pénalisent l’homosexualité ou de familles qui ne l’acceptent pas. » --- Manuela Salcedo Robledo
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Sexe, race et colonies (2018) de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Christelle Taraud, Dominique Haas & Gilles Boëtsch
- La république mise à nu par son immigration (2006) de Nacira Guénif-Souilamas
- La France interdite (2018) de Laurent Obertone
- De l’indigène à l’immigré (1998) de Pascal Blanchard
- Un féminisme décolonial (2019) de Françoise Vergès
- Terrorist Assemblages : Homonationalism in Queer Times (2007) de Jasbir Puar
- La révolution du plaisir – Enquête sur la sexualité dans le monde arabe (2013) de Shereen El-Feki
- La Matrice de la race. Généalogie sexuelle et colonial de la nation française (2006) d’Elsa Dorlin
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Corps étranger (2019) de Raja Amari
- Épouse-moi mon pote (2017) de Tarek Boudali
- Samba (2014) d’Olivier Nakache & Éric Toledano
- Inch’Allah dimanche (2001) de Yamina Benguigui
- Paris à tout prix (2013) de Reem Kherici
- Fronteras (2013) de Mikel Rueda
- Retour à Bollène (2017) de Saïd Hamich
- Le Passé (2013) d’Asghar Farhadi
- Chouchou (2003) de Merzak Allouache
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ÉP 41 : Être Arabe, musulmane et drag queen - avec Khookha McQUEER
Aujourd'hui, je vous propose un épisode hors du commun, comme on les aime dans JINS. Il va s’agir de croiser le contexte arabo-musulman avec une figure devenue essentielle dans les sociétés modernes : la drag queen. Une drag queen est un homme qui construit une identité féminine de manière exagérée, le temps d’un jeu de rôle. Il s’agit de forcer les traits féminins de façon théâtrale, par le maquillage, le costume, le chant, la danse, l’imitation de toutes les caractéristiques que le monde moderne accorde au féminin. Il ne s’agit que d’un travestissement, et non pas d’une indication sur l’orientation sexuelle de l’homme en question. Il ne s’agit pas non plus de son identité de genre car une drag queen n’est pas forcément une personne trans. Pour reprendre grossièrement les mots de Judith Butler, il s’agit plutôt d’une performance de genre, c'est-à-dire d’une manière d’exprimer le genre qui est mise en scène, avec des gestes, des postures, des mouvements, des paroles.
Les drag queens ont toujours fait partie de la sous-culture gay que les historiens de l’art ont appelé camp. Le camp est un humour espiègle, une autodérision qui permet aux hommes gays de rire des difficultés de leur condition dans une société homophobe. L’exagération du féminin, la théâtralité de la gestuelle, la vénération d’icônes féminines comme Mylène Farmer, le voguing comme danse identitaire ou l’engouement autour du concours de drags RuPaul’s Drag Race sont autant d’éléments qui se rapportent au style camp. Lorsque ce sont les femmes qui deviennent des personnages hyper masculins, le temps d’un spectacle, on parlera alors de drag kings. À l’inverse du camp, on trouvera le style butch qui renforcera les conventions masculines rigides et le virilisme.
Aujourd'hui, j’ai l’honneur d’accueillir une personnalité extraordinaire. Ielle s’appelle Khookha McQueer. Khookha est une militante LGBTQIA+, féministe et artiste tunisienne. Iel est l’une des plus grandes figures de la transidentité en Tunisie et s’identifie comme une personne non-binaire. Iel est certifié pour former et éduquer autour des questions d’identité et d’expression de genre, d’orientation sexuelle. Iel écrit, dessine, pose pour des photos, prend des photos, réalise des performances et construit des univers visuels envoûtants.
« Si on a peur que les drag queens ou que les personnes queer influencent le reste de la population, il faut se dire que cette population n’est pas uniquement en train d’influencer les personnes queer, mais plutôt de les contraindre. » --- Khookha McQueer
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Life as a unicorn (2019) d’Amrou Al-Kadhi
- Drag queens – la folle histoire illustrée des vraies queens (2019) de Simon Doonan
- Trouble dans le genre (1990) de Judith Butler
- Queer zones (2018) de Sam Bourcier
- Homosexualité et transidentité en islam (2017) de Ludovic-Mohamed Zahed
- Desiring Arabs (2007) d’Edward Saïd
- Professing Selves : Transsexuality and same-sex desire in contemporary Iran (2017) d’Afsaneh Najmabadi
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Chouchou (2003) de Merzak Allouache
- Queendom, 3 histoires de drag (2021) sur France TV
- Certains l’aiment chaud (1959) de Billy Wilder
- Cherry pop (2017) d’Assaad Yacoub
- La Cage aux folles (1978) d’Édouard Molinaro
- Personne n’est parfait(e) (2000) de Joel Schumacher
- Paris is burning (1990) de Jennie Livingstone
- Pose (2020) sur Canal +
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ÉP 40 : Être Arabe, musulmane et lesbienne en banlieue - avec Salima AMARI
Cet épisode de JINS est corollaire à l’épisode précédent où j’étais en compagnie Brahim Naït-Balk pour parler d’amours homosexuelles dans le contexte de la cité ou des banlieues. Il était crucial pour moi, comme d’habitude, de ne pas adopter un point de vue uniquement masculin dans l’analyse déjà assez inédite de l’homosexualité, de la classe sociale, de la race, de l’islam en France, mais aussi de croiser ces identités avec le genre féminin. Je le rappelle une énième fois en guise d’introduction, le Saint Coran ne fait jamais mention de l’homosexualité féminine. Et encore moins d’une quelconque condamnation.
Aujourd'hui, on va tenter de déjouer cette pensée stéréotypée. Alors, comment se construire et garder ses relations familiales si on est une femme lesbienne maghrébine migrante ou d'ascendance maghrébine en France, qui plus est en banlieue ? Est-ce que les femmes homosexuelles sont visibles dans les cités ?
C’est une sociologue qui va nous permettre aujourd'hui d’y voir plus clair sur la question des lesbiennes de l’immigration, il s’agit de Salima AMARI. Docteure en sociologie, Salima Amari entend repenser l’articulation des questions de genre, de racialisation et de classe à travers les parcours des femmes lesbiennes d’Afrique du Nord. Elle a réalisé une enquête inédite avec des femmes se définissant comme lesbiennes (ou bisexuelles), primomigrantes ou d’ascendance maghrébine (nées en France de parents tunisiens, algériens ou marocains). Elle enseigne aujourd'hui à la faculté de théologie et de sciences des religions à l’Université de Lausanne, abordant la thématique du genre, de la sexualité et des pratiques transgressives en islam.
« Pour les jeunes femmes lesbiennes issues de l’immigration nord-africaine, la contrainte au mariage hétérosexuel, et ensuite à la maternité, est très forte. Certaines vont céder à cette pression patriarcale. » --- Salima Amari
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Lesbiennes de l’immigration : construction de soi et relations familiales (2018) de Salima Amari
- La petite dernière (2010) de Fatima Daas
- Garçon manqué (1984) de Nina Bouraoui
- Sister Outsider (1984) d’Audre Lorde
- Trajectoires et origines (2016) de Christelle Hamel, Cris Beauchemin & Patrick Simon
- Peau noire, masques blancs (1952) de Frantz Fanon
- Dire les homosexualités d’une rive à l’autre de la Méditerrannée (2013) de Sonia Dayan-Herzbrun & Tassadit Yacine
- Le génie lesbien (2020) d’Alice Coffin
- Parias : Gays et lesbiennes dans le monde arabe (2008) de Brian Whitaker
- Le corps lesbien (1973) de Monique Wittig
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Divines (2016) de Houda Benyamina
- En secret (2011) de Maryam Keshavarz
- Bande de filles (2014) de Céline Sciamma
- Je danserai si je veux (2017) de Maysaloun Hamoud
- Polygraph (2020) de Samira Saraya
- Three Centimetres (2017) de Lara Zeidan
- La Première marche (2016) de Hakim Atoui & Baptiste Etchegaray
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ÉP 39 : Être Arabe, musulman et gay en banlieue - avec Brahim NAÏT-BALK
Re-bonjour à toustes ! Ce deuxième épisode du jour sera orienté vers l’élucidation d’un problème dont on parle depuis deux décennies, celui de l’homosexualité masculine dans les banlieues. Au commencement, c’est l’insulte. Ensuite, il y a les attouchements, les menaces, les ruées de coups, l’exclusion, l’excommunication et bien sûr, les violences sexuelles.
Une fois de plus, un homme arabe homosexuel, c’est la honte de la communauté. Et du coup tout le monde autour en fait une affaire personnelle, un problème à régler. Parfois même, d’après ce que disent certains, « casser du pédé devient une fierté ». La discussion d’aujourd'hui est difficile parce que je ne voudrais pas qu’on continue à véhiculer des idées trop ancrées dans les esprits sur la violence inhérente à la cité ou à aggraver la stigmatisation des quartiers dits « chauds » ou de ce que beaucoup ont appelé des « ghettos », mais il ne s’agit pas non plus de faire un déni complet de du sexisme et de l’homophobie en banlieue. Il faut juste rappeler, comme l’a très justement dit Fatima Daas dans le 8ème épisode de JINS, que la banlieue n’a pas le monopole de l’homophobie. S’ils, elles et iels sont rejetés par leur entourage dans la cité, les homos ne s’intègrent pas pour autant à la communauté LGBT+ parisienne. Les cités françaises sont-elles les bastions de l’homophobie ?
Pour échanger sur ce sujet, j’ai décidé d’inviter un homme courageux et bienfaisant, Brahim Naït-Balk. Brahim est l’aîné d’une famille marocaine, il grandit en banlieue parisienne, dans un bloc HLM. Éducateur sportif, son truc c’est le foot. En 2003, il a pris le rôle de directeur départemental Handisport des Hauts-de-Seine pour accompagner des personnes à handicap. Il est surtout l’auteur d’une biographie très remarquée "Un Homo dans la Cité" aux Éditions Calman-Lévy où il parle de sa vie rocambolesque. Car oui, Brahim est homosexuel. Il a du vivre dans la peur et la solitude, dans le rejet et l’incompréhension, mais a réussi à créer des nouveaux chemins de vie, notamment par ses récits et sa bienveillance envers celleux qu’il coach. On va essayer de comprendre ensemble si les cités françaises sont vraiment les seuls bastions de l’homophobie… et en quoi elles sont désignées comme telles.
« Être homosexuel alors qu’on a la même confession et la même culture, c’est salir la communauté. En permanence, on est dévisagé, on est rejeté de la cité. » --- Brahim Naït-Balk
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Un homo dans la cité (2009) de Brahim Naït-Balk
- Homo-ghetto (2009) de Franck Chaumont
- La petite dernière (2010) de Fatima Daas
- Trajectoires et origines (2016) de Christelle Hamel, Cris Beauchemin & Patrick Simon
- Dire les homosexualités d’une rive à l’autre de la Méditerrannée (2013) de Sonia Dayan-Herzbrun & Tassadit Yacine
- Lesbiennes de l’immigration : construction de soi et relations familiales (2018) de Salima Amari
- Mimi (2011) de Sébastien Marnier
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- La Première marche (2016) de Hakim Atoui & Baptiste Etchegaray
- Homme au bain (2010) de Christophe Honoré
- Malik (2018) – court-métrage de Nathan Carli
- Les Charbons ardents (2019) d’Hélène Milano
- Herculanum (2016) – d’Arthur Cahn
- Banlieue gay (2006) de Mario Morelli di Popolo
- Divines (2016) de Houda Benyamina
- Mario (2018) de Marcel Gisler
- The Pass (2016) de Ben A. Williams
- Esprit d’équipe (2006) de Robert I. Douglas
- T’as pécho ? (2019) d’Adeline Picault
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ÉP 38 : Sexualité et amour en banlieue - avec Isabelle CLAIR
Ce 1er épisode du jour est le premier d’une trilogie sur la sexualité dans les banlieues. Pourquoi centrer le discours sur les banlieues ? Tout simplement parce que quand on dit banlieue on imagine tout de suite des jeunes maghrébins en jogging Sergio Tacchini sur leur scoot qui sifflent des jeunes filles voilées. On se le dit toustes dans un coin de notre tête : le machisme, l’homophobie et les violences sexuelles sont légion dans les couches populaires ghettoïsées, composées de populations immigrées d’Afrique du Nord et de l’Ouest. Depuis les 20 dernières années, les médias ont pollué nos esprits d’un imaginaire à feu et à sang dans les banlieues. Alors, du coup, est-ce que les banlieues n’y comprennent rien à la sexualité ? Est-ce que le sexe s’arrête vraiment au périphérique ? Est-ce que les banlieues sont hermétiques à l’amour et à la sexualité ? Quelle est la place des jeunes filles dans les dynamiques de séduction dans les quartiers populaires ? Comment on dit et on fait l’amour dans les cités ?
J’ai l’honneur d’accueillir une sociologue émérite pour commencer cette trilogie, il s’agit d’Isabelle Clair. Isabelle Clair est une sociologue, chargée de recherche au CNRS. Elle est autrice d'une thèse de doctorat intitulée "Amours sous silence : la socialisation amoureuse des jeunes de milieux populaires", soutenue en 2005 à Paris 5. Isabelle Clair mène des recherches sur l’entrée dans la sexualité et la conjugalité de jeunes appartenant à différents groupes sociaux ; et elle a proposé divers retours rétrospectifs sur les études de genre. Elle a écrit la Sociologie du genre en 2012 et Les Jeunes et l’amour dans les cités en 2008. Elle est membre du comité de lecture de Genre, Sexualité & Société. Elle a écrit beaucoup d’articles traitant de la question de l’amour et de la sexualité en banlieue.
« Comme on n’a pas accès à la pratique sexuelle des jeunes de banlieue, alors on la fantasme. » --- Isabelle Clair
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Sociologie du genre (2012) d’Isabelle Clair
- Les Jeunes et l’amour dans les cités (2008) d’Isabelle Clair
- Un homo dans la cité (2009) de Brahim Naït-Balk
- Homo-ghetto (2009) de Franck Chaumont
- La petite dernière (2020) de Fatima Daas
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Mignonnes (2019) de Maïmouna Doucouré
- La Squale (2000) de Fabrice Genestal
- L’esquive (2003) d’Abdellatif Kechiche
- Tout ce qui brille (2009) de Géraldine Nakache & Hervé Mimran
- Khamsa (2008) de Karim Dridi
- Goût Bacon (2016) d’Emma Benestan
- Bye-Bye les puceaux (2017) de Pierre Boulanger
- Guy Moquet (2014) de Demis Herenger
- La Journée de la jupe (2009) de Jean-Paul Lilienfeld
- Black (2015) d’Adil El Arbi & Bilall Fallah
- Haramiste (2014) d’Antoine Desrosières
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ÉP 37 : Déconstruire les tabous de l'islam - avec Malik BEZOUH
Au cours de l’histoire, les musulmans et les non-musulmans ont criblé l’islam de chimères, de stéréotypes, d’interdits, de tabous et d’interprétations qui l’ont sclérosé. C’est pourquoi dans JINS, je prône pour les croyants musulmans une théologie de la libération. Sinon on retombe dans les stéréotypes constants et les tabous. L’homme doit être viril au lit et la femme doit garder son hymen jusqu’au mariage. Un homme doit arborer sa barbe, une femme doit oublier sa trousse de maquillage. Il ne faut pas invoquer le nom de Dieu aux toilettes. Toute représentation est un blasphème. L’homosexualité est une déviance. La masturbation dilapide la semence divine. L’athéisme est le passe-droit pour l’enfer. Les tabous tuent la religion musulmane et l’écartent de sa substance spirituelle pour chaque croyant. Aujourd'hui, l’islam doit entamer un profond examen de conscience pour ne pas agoniser dans des conservatismes qui le rendent politique. Et ce, surtout sur la question du corps, de la sexualité et du genre.
Pour aborder ces questions de réforme de la pensée islamique, j’ai le plaisir d’accueillir Malik Bezouh. Physicien de formation, spécialiste de l’islam de France, de ses représentations sociales dans la société française ainsi que des processus historiques à l’origine de l’émergence de l’islamisme, Malik Bezouh a lui-même été charmé par les discours des Frères Musulmans avant de s’en éloigner radicalement. Il est l’auteur de France-islam : le choc des préjugés (Plon, 2015) et Crise de la conscience arabo-musulmane (Fondapol, 2015). En 2020, il publie un nouvel essai incroyablement intéressant qui s’intitule Ils ont trahi Allah. Il vient de publier il y a quelques semaines Je vais dire à tout le monde que tu es juif.
« Il n’y a rien de pire que la combinaison culpabilité-névrose-foi ; parce que ça vous plonge dans le côté obscur de la foi. » --- Malik Bezouh
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- France-Islam : le choc des préjugés (2015) de Malik Bezouh
- Crise de la conscience arabo-musulmane (2015) de Malik Bezouh
- Ils ont trahi Allah (2020) de Malik Bezouh
- Je vais dire à tout le monde que tu es juif (2021) de Malik Bezouh
- Mort pour la France (2013) de Latifa Ibn Ziaten
- L’orientalisme (1997) d’Edward Saïd
- Islam et Occident (1993) de Norman Daniel
- Attention, travail d’arabe (2020) d’Ali Guessom
- Le racisme expliqué à ma fille (1998) de Tahar Ben Jelloun
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Fatima (2016) de Philippe Faucon
- Musulmans de France (2016) de Mohamed Joseph & Karim Msiké
- Ramdam (2020) de Zangro
- La Désintégration (2012) de Philippe Faucon
- Cherchez la femme (2017) de Sou Abadi
- L’amitié est plus forte que la haine (2003) de Daniel Kupferstein
- Latifa, le cœur au combat (2017) de Cyril Brody & Olivier Peyon
- Les Visages de la Victoire (2020) de Lyèce Boukhitine
- Pierre et Djemila (1987) de Gérard Blain
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ÉP 36 : Transidentités arabes et/ou musulmanes - avec Corinne FORTIER
Cet épisode est jumelé avec le précédent pour que vous soyez presque incollables sur la question transidentitaire en islam. Je le rappelle encore : la transidentité est le fait pour une personne trans d’avoir un genre différent de celui assigné à la naissance, contrairement à une personne dite cisgenre, en grande majorité statistique. J’espère que ça arrivera aux oreilles de celleux qui en ont besoin pour leur propre construction identitaire, histoire d’en savoir plus sur la coexistence de ce qu’on leur a toujours dépeint comme inexistant ou non-coexistant : transidentité, religiosité et/ou ethnicité.
Suite à notre super épisode avec Karine Espineira, j’ai voulu encore plus plonger dans la question transidentitaire pour lui donner une couleur plus intersectionnelle et j’ai eu pour cela le privilège d’interroger une autre chercheuse impressionnante, il s’agit de Corinne Fortier. Elle est diplômée en psychologie et formée en psychanalyse, réalisatrice de films, mais elle est surtout chargée de Recherche 1ère Classe au CNRS, anthropologue Médaille de Bronze 2005 du CNRS ; elle travaille dans son laboratoire d’anthropologie sociale sur toutes les thématiques du corps, du genre et de la filiation avec pour terrain d’étude la France mais aussi les pays musulmans comme la Mauritanie ou l’Égypte. Spécialiste du troisième genre en islam, elle va nous expliquer tout un tas de faits passionnants sur ces genres qui ont toujours existé mais qui n’ont pas toujours été montrés au grand jour.
« On retrouve des caractéristiques communes propres aux figures du 3ème genre dans les contextes arabo-musulmans : le fait d’être imberbe, le travestissement, la pratique du chant et de la danse, le rôle social de médiateur entre hommes et femmes dans des sociétés où la ségrégation spatiale entre hommes et femmes est importante. » --- Corinne Fortier
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Corps des femmes et espaces genrés arabo-musulmans (2017) de Corinne Fortier & Safaa Monqid
- Transsexuelle et convertie à l’islam (2010) d’Alexandra Cerdan
- Un appartement sur Uranus (2019) de Paul B. Preciado
- Homosexualité et transidentité en islam (2017) de Ludovic-Mohamed Zahed
- Harrouda (1973) de Tahar Benjelloun
- La nuit sacrée (1987) de Tahar Benjelloun
- Messaouda (1983) d’Abdelhak Serhane
- The Effeminates of early Medina (1991) de Everett K. Rowson
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Une femme iranienne (2011) de Negar Azarbayjani
- La Nuit Sacrée (1992) de Nicolas Klotz
- Parvana, une enfance en Afghanistan (2017) de Nora Twomey
- Lola vers la mer (2019) de Laurent Micheli
- Tomboy (2011) de Céline Sciamma
- Petite fille (2020) de Sébastien Lifschitz
- Une femme fantastique (2017) de Sébastián Lelio
- Océan (2019) de Océan
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ÉP 35 : Transidentité et intersectionnalité - avec Karine ESPINEIRA
Aujourd’hui on va attaquer un sujet extrêmement complexe et à la fois pas tant, puisqu’il ne s’agit pas de décortiquer l’identité pour la vider de son sens mais tout simplement de la respecter en tant qu’elle est vécue par un être humain. Cette identité dont je parle, c’est la transidentité. Kézako ? Ce n’est ni une pathologie, ni un choix, ni un drame, ni un châtiment divin. Ce n’est pas une perversion, ce n’est pas une préférence, ce n’est pas un dérèglement hormonal et ce n’est pas un trouble psychique.
Être trans, ce n’est pas un choix. Et donc il n’y a pas de débat. Là où il y a débat en revanche, qui que vous soyez, c’est quand on choisit la discrimination, l’irrespect, la violence ; en particulier islamophobes, racistes et transphobes envers les personnes trans Arabes et/ou musulmanes. Il y a des féministes occidentales qu’on appelle TERFs qui excluent les femmes trans de leur lutte. Il y a des hommes gays blancs en France qui n’aiment tout simplement pas les personnes trans. Il y a des personnes trans qui se font tabasser dans les rues des villes du Moyen-Orient. De normativité en normativité, essayons de voir ensemble aujourd'hui comment démêler l’écheveau de ces identités complexes, plurielles, intersectionnelles, pour converger vers un point de rencontre où toutes ces identités coexistent.
Dans cet épisode, j’accueille une universitaire émérite, elle est franco-chilienne et elle est une des plus grandes spécialistes mondiales de la question trans. J’ai nommé Karine Espineira. Elle est docteure en sciences de l’information et de la communication, diplômée de l’université Nice-Sophia-Antipolis puis membre associée à l’Université Paris 8. Elle est membre du comité scientifique de la DILCRAH (la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Haine anti-LGBT). Ses recherches portent majoritairement sur les constructions médiatiques des transidentités, sur les transféminismes et sur les corps vulnérables. Elle est l’autrice de nombreux ouvrages, dont ce qu’elle a appelé la Transyclopédie.
« On ne peut pas lutter contre la transphobie au prix du racisme. La transphobie est partout ; ce n’est pas réservé à un peuple ou à une religion. » --- Karine Espineira
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Transsexuelle et convertie à l’islam (2010) d’Alexandra Cerdan
- Corps trans / Corps queer (2013) de Karine Espineira
- Sociologie de la transphobie (2015) de Karine Espineira & Arnaud Alessandrin
- Un appartement sur Uranus (2019) de Paul B. Preciado
- Homosexualité et transidentité en islam (2017) de Ludovic-Mohamed Zahed
- Harrouda (1973) de Tahar Benjelloun
- La nuit sacrée (1987) de Tahar Benjelloun
- Messaouda (1983) d’Abdelhak Serhane
- Le livre du sang (1979) d’Abdelkébir Khatibi
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Une femme iranienne (2011) de Negar Azarbayjani
- La Nuit Sacrée (1992) de Nicolas Klotz
- Parvana, une enfance en Afghanistan (2017) de Nora Twomey
- Lola vers la mer (2019) de Laurent Micheli
- Tomboy (2011) de Céline Sciamma
- Petite fille (2020) de Sébastien Lifschitz
- Une femme fantastique (2017) de Sébastián Lelio
- Océan (2019) de Océan
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ÉP 34 : Biologie de la sexualité - avec Jacques BALTHAZART
Bonjour à toutes et à tous ! Bienvenue dans ce nouvel épisode de JINS, où l’on va parler de la biologie de la sexualité. Qu’est-ce que ça veut dire au juste ? Ça veut dire qu’avant de parler de comment les Arabes sont des personnes racisées ou comme les musulmans font ci ou ça, il s’agit de comprendre comment le corps humain se différencie dans les multiples versions de sa morphologie sexuelle. On va tenter l’expérience périlleuse pour les auditeur·ice·s de comparer biologiquement l’homme et la femme, de rentrer dans la biologie de la non-binarité, de l’intersexuation, de la fabrique du sexe, de la sexualisation du cerveau et bien sûr essayer de comprendre ce qui se joue physiologiquement en nous pour comprendre notre orientation sexuelle. Quels sont les mécaniques corporelles et hormonales qui règlent et dérèglent nos processus de différenciation sexuée ? Qu’est-ce qui rentre en jeu dans les variations du développement sexuel ? Est-ce qu’il y a un gène pour expliquer tout comportement ou attirance sexuelle ? Accrochez-vous bien, parce qu’il y a beaucoup de concepts scientifiques mais qui vont vous éberluer sur les mystères que la science tente d’élucider de nos jours sur la sexualité.
Aujourd'hui, j’ai l’honneur de parler à une très grande pointure : il s’agit du biologiste belge Jacques Balthazart. Spécialiste en neuroendocrinologie du comportement, il est un des plus grands experts de la question de l’homosexualité, entre l’inné et l’acquis. Il est chargé de cours émérite à l’Université de Liège en Belgique. Toute sa carrière il s’est intéressé aux mécanismes biologiques contrôlant l’orientation sexuelle chez les animaux et les humains. Il va donc souvent à l’encontre des premières théories psychanalytiques et des théologies conservatrices qui soulignent l’impact de l’éducation et de l’environnement dans la génération d’individu non hétérosexuels. En 2019, il publie Quand le cerveau devient masculin aux éditions HumenSciences. En 2010 déjà, il publie l’ouvrage Biologie de l’homosexualité. véritable séisme dans la sphère scientifique, qu’il vient de rééditer sous le nom On naît hétéro ou homosexuel, on ne choisit pas de l’être.
« Il y a des déterminants biologiques de l’homosexualité qui sont assez forts, à savoir les hormones, la génétique, l’épigénétique… mais chacun d’entre eux n’expliquent encore qu’une partie des homosexualités. » --- Jacques Balthazart
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Quand le cerveau devient masculin (2019) de Jacques Balthazart
- On naît hétéro ou homosexuel, on ne choisit pas de l’être (2021) de Jacques Balthazart
- Biologie du couple (2015) de Jean-Didier Vincent
- Féminin Masculin : Mythes et idéologies (2006) de Catherine Vidal
- XY : De l’identité masculine (1994) d’Élisabeth Badinter
- Les secrets du cerveau féminin (2006) de Dr Louann Brizendine
- Celui qui est digne d’être aimé (2017) d’Abdellah Taïa
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- L’armée du salut (2013) d’Abdellah Taïa
- Petite fille (2020) de Sébastien Lifshitz
- Madame (2019) de Stéphane Riethauser
- La Mauvaise Éducation (2004) de Pedro Almodóvar
- Moonlight (2016) de Barry Jenkins
- Call me by your name (2017) de Luca Guadinigno
- Come as you are (2018) de Desiree Akhavan
- La sociologue et l’ourson (2016) d’Étienne Chaillou & Mathias Théry
- Le Fil (2009) de Mehdi Ben Attia
- Boy erased (2018) de Joel Edgerton
Si vous voulez mater des séries 💻💿👀
- Masters of Sex (2013) sur Prime Video
- Sex education (2019) sur Netflix
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ÉP 33 : Les travailleur.euse.s du sexe Arabes et/ou musulman.e.s - avec Mériam CHEIKH
Bonjour à toustes ! Bienvenue dans ce nouvel épisode de JINS, votre podcast sur la sexualité des personnes Arabes et/ou Musulmanes de France ! Aujourd'hui, on va aborder une question complexe mais qui tend, comme d’habitude dans JINS, à réfléchir sur l’inclusion. Mais avant toute chose, je préfère déjà préciser que tous les mots insultants, argotiques et péjoratifs employés auparavant sont à oublier, je leur préférerais toujours le terme « travailleur·euse·s du sexe ». Car oui, il s’agit d’un travail. Au Maroc, l'expression « filles qui sortent » désigne celles qui fréquentent les night-clubs et les bars la nuit pour gagner leur vie. Au-delà du fait prostitutionnel, le « sortir » renvoie aussi plus largement aux distances qu’une partie de la jeunesse féminine des classes populaires prend avec les normes, la moralité et la respectabilité. Loin d’être confiné à la marginalité, le sortir joue sa partition dans les métamorphoses de l’ordre sexuel et intime dans un contexte d’essor de l’économie du divertissement et d’accroissement des inégalités. Y émergent de nouvelles valeurs qui remettent en cause les régimes moraux et juridiques tout en réaffirmant l’ordre hétérosexuel.
Pour tenter d’y voir plus clair sur la très épineuse question de la prostitution, dans un contexte arabo-musulman, colonial et postcolonial, j’ai réussi à parler à une très grande pointure, spécialiste de ce sujet, il s’agit de Mériam CHEIKH. Membre du département des études arabes de l’INALCO, Mériam est une anthropologue spécialisée dans la dissidence morale des jeunes des classes populaires au Maroc. Son travail se concentre sur les processus de transformation de la sexualité, de l'intimité et des rapports de genre à l'œuvre au sein des contre-cultures juvéniles marocaines. Cohabitant avec une dizaine de jeunes femmes engagées dans le sortir à Tanger, Mériam Cheikh a mené une ethnographie longitudinale sur sept ans. À l’intersection de la génération, du sexe et de la classe, elle analyse des trajectoires où se succèdent socialisations familiale et scolaire, élaboration de la sexualité et insertions professionnelle et matrimoniale. Les Filles qui sortent. Jeunesse, sexualité et prostitution au Maroc revient sur l’expérience du « sortir ».
« Pour les travailleuses du sexe, il y a une double injonction morale à se débrouiller économiquement et socialement ; et en même temps, se débrouiller pour rester respectable. » --- Mériam Cheikh
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Les Filles qui sortent. Jeunesse, sexualité et prostitution au Maroc (2020) de Mériam Cheikh
- Prostitution coloniale et post-coloniale (2012) sous la direction de Christelle Taraud
- Amour interdit. Prostitution, marginalité, colonialisme (2012) de Christelle Taraud
- La fin du tapin. Sociologie de la croisage pour l’abolition de la prostitution (2014) de Lilian Mathieu
- Sexe, race et colonie (2012) de Pascal Blanchard
- King-Kong Théorie (2006) de Virginie Despentes
- Le noir est une couleur (1974) de Grisélidis Réal
- Carnet de bal d’une courtisane (2005) de Grisélidis Réal
- Le sexe et l’argent des trottoirs (2006) de Catherine Deschamps
- La dangereuse (2016) de Loubna Abidar
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Viva Laldjérie (2004) de Nadir Moknèche
- Much Loved (2015) de Nabil Ayouch
- Secrets d’oreiller (2013) de Jilali Ferhati
- L’immeuble Yacoubian (2006) de Marwan Hamed
- L’Apollonide : Souvenirs de la maison close (2011) de Bertrand Bonello
- Sex Doll (2016) de Sylvie Verheyde
- Madame Claude (2021) de Sylvie Verheyde
- J’ai tant aimé (2008) documentaire de Dalila Ennadre
- Belle-de-jour (1967) de Luis Buñuel
- Joy (2018) de Sudabeh Mortezai
- Sauvage (2018) de Camille Vidal-Naquet
- Les Nuits de Cabiria (1957) de Federico Fellini
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ÉP 32 : Le sexe et la hchouma - avec Zainab FASIKI
Très chèr·e·s auditeur·ice·s, bienvenue dans ce nouvel épisode de JINS. Aujourd'hui on va se concentrer un peu plus sur le Maroc comme un référentiel pour comprendre les dynamiques de honte, d’interdits, de tabous et de transgressions qui traversent la société. Car oui, la hchouma, c’est cette pudibonderie limitative, cette honte, ce jugement désapprobateur de la communauté. La hchouma ça vient avec une part de gêne, une part de culpabilité, une part d’humiliation. Faire honte à sa famille est un fardeau insoutenable. Porter la honte parce qu’on se sent différent des autres dans notre orientation sexuelle est une blessure de l’âme. Mais la honte est aussi paradoxalement un lien social, c’est ce qui fait tenir toute un système où les gens se jugent entre eux pour condamner les personnes. En plus, le sexe et tout ce qu’il implique en termes de corporalité et de sexualité est affublé d’injonctions extérieures, qui l’enveniment. Alors ça suffit, il faut faire en sorte que la honte change de camp, où qu’elle disparaisse tout court !
J’ai l’immense plaisir d’accueillir une personnalité qui perce depuis quelques années grâce à son talent fou, c’est Zainab Fasiki. À la base elle est ingénieure mécanique, maintenant elle est bédéiste, illustratrice et une des plus grandes figures de la jeunesse féministe marocaine. Elle fait partie du collectif Women Power qui soutient des jeunes artistes marocaines. Elle a publié l’ouvrage Fairuz Versus the World, du nom de la diva libanaise. Mais c’est surtout depuis la parution en 2019 de Hshouma, qui a bouleversé les milieux littéraires bienséants et bien rangés, que Zainab Fasiki s’est affirmée comme ce qu’elle appelle elle-même une « artiviste ». Via son art, elle contribue fortement à créer des espaces de résistance pour dénoncer la société patriarcale, pour déconstruire les masculinités toxiques et célébrer l’amour et la sexualité libre. Tout ce qu’on adore dans JINS.
« Je ne veux plus que ce soit hchouma de voir la nudité artistique, de chanter, de danser, de faire l’amour hors mariage, d’être homosexuel.le, de s’embrasser dans la rue ou à la télé. » --- Zainab Fasiki
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Hshouma (2019) de Zainab Fasiki
- Feyrouz Versus the World (2019) de Zainab Fasiki
- Sexe et mensonges – La vie sexuelle au Maroc (2017) de Leïla Slimani
- Superman est arabe (2013) de Joumana Haddad
- Foulards et hymens : Pourquoi le Moyen-Orient doit faire sa révolution sexuelle (2015) de Mona Eltahawy
- Paroles d’honneur (2017) de Leïla Slimani & Laetitia Coryn
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Sofia (2018) de Meryem Benm’Barek
- Noura rêve (2019) de Hind Boujemaa
- Les trois singes (2008) de Nuri Bilge Ceylan
- Shame (2011) de Steve McQueen
- La Hchouma (2019) de Achraf Ajraoui
- Halal Love (2019) d’Assad Fouladkar
- À genoux les gars (2018) d’Antoine Desrosières
- Hchouma (2011) de Zouhair Chebbale
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ÉP 31 : Hétérocarnisme en contexte musulman - avec Martin PAGE
Bonjour à toutes et à tous ! Bienvenue dans ce nouvel épisode de JINS ! Aujourd'hui, on va parler d’hétérocarnisme en contexte musulman. Hétéro quoi ? Alors le carnisme, c’est à la base le fait de consommer de la viande, mais maintenant on utilise ce concept pour parler du rapport de domination entre l’être humain et les animaux, qui tend à justifier la consommation de viande.
Ce qui se cache donc derrière le carnisme, c’est une sous-idéologie ce qu’on appelle le spécisme, qui accorde donc plus d’importance et qui hiérarchise les intérêts des humains au-dessus de ceux des animaux. Face à ça, on peut être vegan, c'est avoir la conviction que l'être humain ne doit pas asservir et tuer les animaux pour manger, se vêtir ou se divertir. Et bien sûr, les vrais mâles aiment la viande. La viande devient un booster de testostérone, une « mâle bouffe ». Comment inventer un monde égalitaire entre humains et animaux ? Quelle place l’homme doit-il remettre en question dans la chaîne alimentaire, dans l’univers culinaire, dans la sphère sexuelle, dans la dimension culturelle et dans la pensée religieuse ? Qu’est-ce que la viande a de sexuel et qu’est-ce que le sexualité a de carniste, d’autant plus dans un contexte islamique ?
Pour essayer de comprendre les jonctions qu’on peut établir entre hétérocarnisme et sexisme, j’ai le plaisir d’accueillir Martin Page. Il a étudié la sociologie, la linguistique, la psychologie, la philosophie, l’histoire de l’art et l’anthropologie et pourtant son premier roman, publié en 2001, est intitulé Comment je suis devenu stupide. Martin est un génial écrivain, illustrateur et éditeur qui a collectionné les publications d’ouvrages depuis deux décennies, dont beaucoup sont à destination des enfants, mais aussi deux livres emblématiques de ses combats qui m’ont beaucoup marqué Au-delà de la pénétration en 2019 et par rapport au sujet du jour, Les Animaux ne sont pas comestibles en 2017.
« Je ne veux pas d’un monde où la domination masculine serait la même mais dominé par des hommes hétérocis vegan, il faut penser tout le système de domination. » --- Martin Page
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Les Animaux ne sont pas comestibles (2017) de Martin Page
- La politique sexuelle de la viande (1990) de Carol Adams
- Why we love dogs, eat pigs and wear cows (2009) de Melanie Joy
- Faiminisme. Quand le sexisme passe à table (2017) de Nora Bouazzouni
- L’Homnivore (1990) de Claude Fischler
- Morceaux de Choix (2003) de Mohamed Nedali
- Le Mythe de la virilité (2017) d’Olivia Gazalé
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Les Ailes de l’amour (2011) d’Abdelhaï Laraki
- Bêlons (2016) d’El Mehdi Azzam
- Roujoula (2017) d’Ilias El Faris
- Des moutons et des hommes (2017) de Karim Sayad
- La graine et le mulet (2007) d’Abdellatif Kechiche
- Le Chocolat (2000) de Lasse Hallström
- Caramel (2007) de Nadine Labaki
- Les Épices de la passion (1992) d’Alfonso Arau
- Mad Max : Fury Road (2015) de Goerge Miller
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ÉP 30 : Éthique sexuelle en islam - avec Nadine WEIBEL
Hello tout le monde ! L’épisode du jour est un poncif dont je ne pouvais pas ne pas parler. Nous savons toustes que porter le voile aujourd'hui en France n’est pas un acte neutre. Nous savons aussi que la doxa, l’opinion publique, la presse écrite, les journaux télévisés, les débats, la radio… ça fait 30 ans que le sujet n°1 en France est le voile.
La France brandit la laïcité et fait pourtant une obsession sur l’éthique corporelle ou sexuelle des femmes musulmanes. Le débat public sur le voile revient sous diverses formes : il y a quelques jours, la loi votée contre le port du voile dans l’espace public pour les mineures et les mères accompagnatrices, une étudiante syndicaliste voilée à l’Assemblée nationale qui provoque le départ de députés LR en septembre 2020, l’image de la mère voilée Fatima réconfortant ce petit garçon qui a dû quitter la salle suite à la remarque du député RN Julien Odoul en 2019, le burkini en 2017, et on remonte dans le temps jusqu’à l’affaire des foulards de Créil en 1989. Rappelons qu’il y a 17 ans, le 15 mars 2004, était votée la loi sur les signes ostentatoires à l’école, qui bannit le foulard des établissements scolaires secondaires et, par la même occasion, les jeunes filles qui le portent. Ce « dévoilement à la française » rappelle aussi le temps des colonies, comme en mai 1958 où des femmes à Alger portant le haïk (le foulard algérien) étaient dévoilées en place publique. Essayons de comprendre aujourd'hui pourquoi la France a toujours été obsédée par l’éthique corporelle en islam, presque autant que les patriarches musulmans. Dépassons la question du voile pour voir ce que ça nous dévoile sur le féminin. Voyons en quoi l’éthique corporelle n’est pas un enfermement dans la soumission mais aussi un voie de libération dans le cadre d’une théologie féministe.
Pour parler de ce sujet aujourd'hui, j’ai le plaisir d’accueillir une grande dame du nom de Nadine Weibel. Elle est anthropologue et anciennement Maître-assistante en Science des religions à l’Université de Fribourg en Suisse. Elle a travaillé toute sa carrière sur les théologies féministes dans les monothéismes et les religions d’Asie avec une perspective comparative. Elle a travaillé longuement sur les rapports intrinsèques entre genre et religion, jusque détailler les rapports entre le corps et la religion (pratiques alimentaires, vestimentaires et sexuelles). Il y a plus de 20 ans déjà, elle publiait son ouvrage Par-delà le voile : femmes d’islam en Europe. C’est avec elle que j’ai voulu parler d’éthique corporelle en islam et de la question du port du voile.
« Les religions ne sont jamais nées ex nihilo. Elles sont nées dans des terreaux qui étaient patriarcaux. Elles ont codifié, normalisé ; mais elles ont surtout repris ce que les cultures humaines véhiculaient. C’est hélas ce qu’on observe à l’échelle planétaire. » --- Nadine Weibel
Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚
- Par-delà le voile (2000) de Nadine Weibel
- Fichu voile ! (2010) de Nadia Geerts
- L’une voilée, l’autre pas (2003) de Dounia Bouzar & Saïda Kada
- Religions d’hommes, regards de femmes (2008) de Nadine Weibel
- Lettre aux femmes voilées et à ceux qui les soutiennent (2019) de Jeannette Bougrab
- Bas les voiles ! (2003) de Chahdortt Djavann
- La sexualité féminine dans la doctrine freudienne (1976) de Moustafa Safouan
- Corps réel, corps imaginaire (1984) de Sami Ali
- Des voix derrière le voile (2015) de Faïza Zerouala
Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️
- Millefeuille (2012) de Nouri Bouzid
- Où je mets ma pudeur (2015) de Sébastien Bailly
- Cherchez la femme (2017) de Sou Abadi
- Je danserai si je veux (2016) de Maysaloun Hamoud
- Haramiste (2016) d’Antoine Desrosières
- Les femmes du bus 678 (2011) de Mohamed Diab
- Soumaya (2020) de Waheed Khan & Ubaydah Abu-Usayd
- Noces Éphémères (2011) de Reza Serkanian
- Amours voilées (2008) de Aziz Salmy
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