Les mots des autres
News

Les mots des autres

Par Courrier international

Réseau : Courrier International

74 épisodes

Quels nouveaux mots la pandémie a-t-elle fait naître en néerlandais, en japonais ou en espagnol ? Comment se traduisent les combats féministes et les luttes LGBT d’un continent à l’autre ? Comment le vocabulaire du foot, populaire et rassembleur, voyage-t-il par-delà les frontières ? Dans le podcast “Les mots des autres”, vous entendrez chaque mois une collection de curiosités linguistiques qui racontent nos sociétés, leur évolution et leur actualité.

Surprenants et parfois sans équivalent en français, les mots étrangers que nous décortiquons expriment avec une myriade de nuances l'esprit du temps, d'une culture ou d'une langue. Explorez tous ces sens tout en vous régalant les oreilles des accents natifs, pour un dépaysement sonore garanti.

“Les mots des autres” est animé par les traductrices Caroline Lee et Leslie Talaga, avec la journaliste Mélanie Chenouard.



Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Épisodes

Les mots voyageurs - L’étranger d’ici à là-bas (5/5)
Les mots voyageurs - La météo tous azimuts (4/5)
Les mots voyageurs - Quand le langage fleurit (3/5)
Les mots voyageurs − Vous avez dit franglais? (2/5)
Les mots voyageurs − L’envers du vêtement (1/5)
Bulle apéritive : lâcher les chevaux (10/10)
Bulle apéritive : des lendemains qui tanguent (9/10)
Bulle apéritive : trinquez, parlez ! (8/10)
Bulle apéritive : éméché, dans la dignité (7/10)
Bulle apéritive : petits verres et petits plats (6/10)
Bulle apéritive : inspirations bouchonnées (5/10)
Bulle apéritive : qu’importe la coquille, pourvu que ça croque (4/10)
Bulle apéritive : la bière, boisson d’extérieur (3/10)
Bulle apéritive : l’art des conversations nocturnes (2/10)
Bulle apéritive : quand la fête espagnole joue les prolongations (1/10)
Bestiaire linguistique − Du coq à l’âne (5/6)
Bestiaire linguistique − Les vilains petits canards (4/5)
Bestiaire linguistique − Comme chiens et chats (3/5)
Bestiaire linguistique − Les noms d’oiseaux (2/5)
Bestiaire linguistique − Appeler un chat un chat (1/5)
Ukraine, les mots de la guerre (5/5) : un nouveau soft power
Ukraine, les mots de la guerre (4/5) : l’esprit de résistance
Ukraine, les mots de la guerre (3/5) : les armes intellectuelles
Ukraine, les mots de la guerre (2/5) : sur le front
Ukraine, les mots de la guerre (1/5) : les frères ennemis
Les langues imaginaires (bonus). Dans la vraie vie : les langues construites
Les langues imaginaires (5/5). La plus magique : Harry Potter et les trouvailles linguistiques
Les langues imaginaires (4/5). La plus terrifiante : la novlangue de George Orwell
Les langues imaginaires (3/5). La plus télégénique : le haut valyrien du Trône de Fer
Les langues imaginaires (2/5). Le klingon de Star Trek
Les langues imaginaires (1/5). La plus aboutie : l’elfique de Tolkien
Les règles dans toutes les langues, jour 5 : la délivrance !
Les règles dans toutes les langues, jour 4 : vivons réglées, vivons cachées !

Les règles dans toutes les langues, jour 4 : vivons réglées, vivons cachées !

22 septembre 2022· 3:34

Dans “Les Mots des Autres”, notre podcast sur les langues étrangères, nous explorons cette semaine le tabou des menstruations. Si certaines sociétés ostracisent les femmes pendant leurs règles, de nombreuses langues, à l’inverse, associent ce moment du cycle à la visite d’un proche. C’est tout le paradoxe que raconte ce quatrième épisode de notre série.


Voici la liste des mots et expressions évoqués dans cet épisode :


  • "Chaupadi" (छाउपडी) : pratique rituelle au Népal consistant à exclure les femmes et les jeunes filles du village pendant leurs règles. Celles-ci doivent passer ces jours dans un abri à l’extérieur de la communauté.
  • "Aunt Flow" : à l’oreille, il pourrait s’agir de "tante Flo", diminutif de Florence, mais à l’écrit, on comprend l’on parle ici de "flot", d’écoulement – c’est-à-dire des règles. En Chine aussi, d’ailleurs, les femmes reçoivent la visite d’une "grande tante".
  • "Ciocia z Moskwy" : quand elles ont leurs règles, les femmes de Russie peuvent dire qu’elles reçoivent la visite de leur "tante de Moscou".
  • "Mon chef est là" : au Bénin, on peut utiliser cette expression dans un autre contexte que celui du travail, pour désigner l’arrivée des règles.
  • "Andrés el que viene cada mes" : en espagnol
  • "Estou com Chico" : au Brésil, "je suis avec Chico" est aussi une manière discrète de dire qu’on a ses règles, tandis qu’en Finlande, c’est un certain Kalle, qui désigne leur arrivée imminente, quand on dit "En mä voi kun kalle tulee", "Kalle va arriver".
  • "Tchervoni dni kalendaria" (червоні дні календаря) en ukrainien, ou "krassnyïé dni kaliendaria" (красные дни календаря) en russe : ces "jours rouges du calendrier", en russe comme en ukrainien, correspondent à la période des règles.
  • "Palkan nal" (빨간 날) : en Corée du sud, où on appelle les jours fériés les "jours rouges", les femmes disposent d’un jour non travaillé par mois – non rémunéré – pendant leurs règles.

Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les règles dans toutes les langues, jour 3 : la métamorphose

Les règles dans toutes les langues, jour 3 : la métamorphose

21 septembre 2022· 4:48

Dans "Les Mots des Autres", notre podcast sur les langues étrangères, nous explorons cette semaine un tabou qui perdure par-delà les frontières : celui des menstruations. Cette visite mensuelle a mille et un surnoms, qui confinent parfois au mystique : dans ce troisième volet de notre série de podcasts, embarquez pour une curieuse métamorphose.


  • Voici la liste des mots et expressions évoqués dans l’épisode 3 :

"Gekkei" (月経) : en japonais, cette expression signifie littéralement “les jours de la lune”.

"Datang bulan" : en Indonésie, on dit que “la lune est arrivée”.

"Bloody Mary" : avec cette expression, les Canadiennes mélangent une image “Marie ensanglantée” – avec une envie peut-être aussi forte de s’offrir le cocktail du même nom pour se détendre.

"I got the curse" : en anglais, “je suis maudite”. Ici, les règles sont littéralement comparées à une “malédiction” – et on comprend assez aisément pourquoi.

"To be in season" : en Irlande, l’expression “être dans la saison” est habituellement utilisée pour parler des périodes de chaleurs des animaux femelles. Par un rapprochement plus ou moins heureux, on l’utilise parfois pour parler d’une femme qui a ses règles.

"Gadavoye" (годовой) : certaines femmes russes aimeraient tellement que leurs règles arrivent seulement une fois par an, qu’elles les surnomment – ironiquement – “l’annuel”.


Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les menstruations dans toutes les langues, jour 2. C’est la guerre ! (2/5)

Les menstruations dans toutes les langues, jour 2. C’est la guerre ! (2/5)

20 septembre 2022· 3:21

Dans "Les Mots des Autres", notre podcast sur les langues étrangères, nous explorons toute la semaine, à raison d'un épisode par jour, un tabou qui perdure par-delà les frontières : celui des menstruations, qu’on rechigne toujours à nommer même si elles concernent une grande partie de l’humanité. Ce deuxième épisode de notre série est à l’image du deuxième jour des règles : une vraie lutte, qui a inspiré tout un imaginaire guerrier.


Voici la liste des mots et expressions évoqués dans l’épisode 2 :

  • "Les Anglais ont débarqué" : Au début du 19e siècle, lorsque Napoléon est vaincu à Waterloo, les Anglais débarquent avec leurs uniformes rouges et occupent la France. Cet épisode douloureux de l’histoire française, ainsi que la couleur de l’habit militaire britannique, marque les esprits au point qu’on y associe un autre épisode de douleur, celui des menstruations.
  • "The Russians are coming", ou "The reds are coming" : “Les Russes arrivent”. Pendant une bonne moitié du 20e siècle, cet appel met en alerte les populations européennes face au “péril rouge” que constitue la Russie communiste. Et par extension, le sang menstruel.
  • "Arsenal are playing at home tonight" : en anglais, “Arsenal joue à domicile ce soir” peut être un dialogue entre supporters du club de foot londonien, mais aussi un nom de code pour désigner l’arrivée des menstruations – leurs maillots et leur emblème étant reconnaissables à leur couleur rouge.
  • "O benfica joga em casa" : en portugais, “Benfica joue à domicile”. Là aussi, il s’agit d’une référence à la couleur rouge des maillots du club de foot portugais.
  • "La Semaine sanglante" : une référence au massacre perpétué par les Versaillais dans les derniers jours de la Commune de Paris – et une image très forte pour parler des règles.
  • "Une scène de crime dans ma culotte" : cette expression a-t-elle vraiment besoin d’explications ?

Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les menstruations, celles dont il ne faut pas prononcer le nom (jour 1)

Les menstruations, celles dont il ne faut pas prononcer le nom (jour 1)

19 septembre 2022· 3:24

Les Mots des Autres, notre podcast sur les langues étrangères, est de retour pour une saison 2. En cette rentrée, nous explorons un tabou qui perdure par-delà les frontières : celui des menstruations. Bien qu’elles concernent une grande partie de l’humanité, on rechigne toujours à les nommer. Et ça laisse des traces dans les langues étrangères, qui fourmillent d’expressions pour les désigner : tantôt prudes, tantôt crues, et bien souvent étonnantes. Nous vous proposons d’explorer toute la semaine cette inventivité linguistique, à travers notre série en cinq épisodes – sur cinq jours, soit… la durée moyenne des menstruations.


Voici la liste des mots et expressions évoqués dans cet épisode :

  • Katamênia (καταμηνια) : en grec ancien, c’est ainsi que l’on appelait les menstrues. Le terme a donné en français le mot “catimini”, qui signifie “en cachette, discrètement”.
  • Me cantó el gallo : à Porto Rico, quand une femme a ses règles, on dit que “le coq a chanté”.
  • De rode bieten zijn overgekookt : aux Pays-Bas, les “betteraves ont débordé” – une image très parlante.
  • Hosti z Tchervonohrada (гості з Червонограда) : en ukrainien, cette expression signifie “les invités de Tchervonohrad”, une cité surnommée la “ville rouge”.
  • De rode zee is overstroomd : en néerlandais, “la mer Rouge déborde”.
  • De dam van de Rode Zee is gebroken : aux Pays-Bas, nation de digues et de polders, c’est “le barrage de la mer Rouge a sauté”.



Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Langue et politique (4/4). “Alternative facts” et “conspiritualité”, aux frontières de l’irréel

Langue et politique (4/4). “Alternative facts” et “conspiritualité”, aux frontières de l’irréel

23 avril 2022· 6:09

En avril, Les mots des autres, notre podcast sur les langues étrangères, se met à l’heure de la présidentielle. Découvrez nos quatre épisodes spéciaux sur la politique, garantis sans langue de bois ! Dans ce dernier épisode, on retrace l’itinéraire d’un mot - “alternatif” - qui nous emmène aux confins de la réalité. 


Quoi de plus naturel dans le combat politique que de mettre en avant “d’autres” arguments que ceux avancés par nos adversaires? Nos conceptions et analyses du monde ne sont pas les mêmes. Sauf qu’à force de vouloir voir les choses différemment, on finit parfois par perdre de vue des réalités objectives.

Pour terminer notre série sur la langue et la politique, on se penche sur des mots qui peuvent être des tremplins vers des mondes parallèles et des théories du complot.


Les mots étranger de cet épisode :

Alternative facts” : les “faits alternatifs”, une expression popularisée par une conseillère de Donald Trump au début de son mandat, servent régulièrement à défendre des thèses nettement incompatibles avec les faits avérés et ne sont généralement rien d’autre que des contre-vérités.

Alt-right”: la « droite alternative » désigne aujourd’hui les militants les plus radicaux de l’extrême-droite américaine. Elle regroupe des partisans racistes, antisémites, antiféministes et conspirationnistes.


Querdenken”: Ce mouvement apparu en Allemagne rassemble des « penseurs non conformistes », d’abord opposés aux restrictions des libertés liées à la pandémie, et aujourd’hui largement noyautés par des militants conspirationnistes d’extrême-droite.


“Conspiritualité” : Ce terme qui existe en anglais (« conspirituality ») ou en suédois (« Konspiritualitet ») est une association des mots « complotisme » et « spiritualité ». Il désigne la confluence des milieux conspirationnistes et ésotériques. 


Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Langue et politique (3/4). “Opérations militaires spéciales”, “35 mai” : la censure et comment la contourner

Langue et politique (3/4). “Opérations militaires spéciales”, “35 mai” : la censure et comment la contourner

22 avril 2022· 5:13

En avril, Les mots des autres, notre podcast sur les langues étrangères, se met à l’heure de la présidentielle. Découvrez nos quatre épisodes spéciaux sur la politique, garantis sans langue de bois ! Dans cette troisième partie, on vous parle de ce dont il ne faut pas parler : la censure - et les moyens de la contourner.


Dans le discours politique, les mots pèsent lourd. Et tandis que certains reviennent ad nauseam dans la bouche des représentants officiels, d’autres brillent surtout... par leur absence. Ainsi se révèle, en creux, le travail de la censure et des idées dont-on-ne-dit-pas-le-nom.

Alors comment parle-t-on de la censure dans un État qui ne défend pas la liberté d’expression? Et quels mots permettent de dire l’interdit? Dans cet épisode, on vous fait découvrir quelques mots prohibés pour jouer au chat et à la souris avec les autorités.


Les mots de cet épisode:


- 和谐 (héxié) : ce verbe signifie « harmoniser ». C’est ainsi que la censure chinoise décrit son propre travail.

- 草泥马 (cǎonímǎ) : c’est le mot chinois pour désigner un alpaga, c’est-à-dire un lama des Andes. La prononciation est très proche de celle d’une expression très grossière, correspondant à notre NTM. Elle est aujourd’hui un moyen détourné de désigner la censure elle-même.

- 肏你 妈 (cào nǐ mā): littéralement, « nique ta mère ». Une expression automatiquement censurée en raison de son caractère grossier.


Un grand merci à Zhang Yutao pour son aide précieuse. 


Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Langue et politique (2/4). Du “dog whistling” au “kompromat” , tous les coups sont permis

Langue et politique (2/4). Du “dog whistling” au “kompromat” , tous les coups sont permis

21 avril 2022· 6:24

En avril, Les mots des autres, notre podcast sur les langues étrangères, se met à l’heure de la présidentielle. Découvrez nos quatre épisodes spéciaux sur la politique, garantis sans langue de bois ! Dans ce second volet, on décortique les techniques et stratégies des hommes et femmes politiques pour arriver à leurs fins. 


Ce deuxième volet contient huit termes dans trois langues différentes. En voici la liste, avec leur prononciation et leur définition :

- « Astroturfing » : le terme est dérivé d’AstroTurf, une marque américaine de gazon artificiel. C’est un jeu de mot lié à l’expression « grassroot movement », qui désigne un mouvement politique avec un ancrage populaire, venu « d’en bas ». En effet, « grassroot » en anglais signifie littéralement « les racines d’herbe » - en français, on pourrait dire « la base ». L’astroturfing est une pratique qui consiste à faire croire qu’un mouvement politique a des racines populaires, alors que ce n’est pas le cas. Un exemple : « l’alliance nationale des fumeurs » créée par les industriels du tabac, avec l’objectif affiché de défendre les droits des fumeurs - mais surtout leurs parts de marché.


- « Dog-whistling » : en anglais, un « dog whistle » est un sifflet émettant des ultrasons que seuls les chiens peuvent entendre. En politique, le « dog-whistling » consiste à envoyer des messages très précis aux partisans de certaines idées de manière déguisée, en utilisant des mots qui peuvent paraître anodins aux non-initiés, mais revêtent une signification bien précise pour d’autres. Par exemple, lorsqu’un politicien ultranationaliste utilise le terme « globalist » (ou cosmopolite en français) pour parler d’une personne, ce peut être une manière discrète de décrier ses origines ethniques. En France, il a récemment été reproché au ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, d’avoir pratiqué le « dog-whistling » en lançant à une journaliste : « calmez-vous, ça va bien se passer ». Cette phrase est un « mème » célèbre sur les réseaux sociaux, fréquemment utilisé à l’égard des femmes par les internautes masculinistes et antiféministes.


- « Kompromat » : ce terme russe qui signifie « matériel compromettant » est une technique bien connue depuis l’époque soviétique, lorsque le KGB montait des dossiers compromettants sur des personnalités politiques pour mieux les faire chanter.


« Xiao fen hong » (小粉红) : en chinois, ce sont « les petits roses » ou « l’armée rose ». C’est ainsi qu’on désigne les internautes chinois, généralement plutôt jeunes, qui relaient le discours officiel de Pékin sur les réseaux sociaux. Leur couleur « rose » est un « rouge doux », une façon d’évoquer le « soft power » qu’ils exercent pour le compte de Pékin.


« Wu mao » (五毛党) : en Chine, « le parti des 50 centimes », ce sont les internautes chinois rémunérés par le régime pour soutenir sa propagande. Chaque publication ou commentaire sur les réseaux sociaux en soutien à Pékin leur est payé 50 centimes de yuan. Il s’agit généralement d’étudiants ou de travailleurs précaires.


« Zi gan wu » (自干五) : les internautes chinois qui relaient la propagande de Pékin gratuitement, pour l’amour de l’art (par opposition à ceux qui le font pour arrondir leurs fins de mois).


Un grand merci à Françoise Lemoine, Chenxi Zhang et Yutao Zhang pour leur aide sur le chinois dans cet épisode. 



Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Langue et politique (1/4). Des Bisounours aux “champagne socialists” : désigner l’adversaire

Langue et politique (1/4). Des Bisounours aux “champagne socialists” : désigner l’adversaire

20 avril 2022· 5:39

En avril, Les mots des autres, notre podcast sur les langues étrangères, se met à l’heure de la présidentielle. Découvrez nos quatre épisodes spéciaux sur la politique, garantis sans langue de bois ! En ce jour de débat télévisé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, découvrez comment les adversaires politiques sont désignés dans les autres langues...


La politique, c’est le terrain d’affrontement des idées. Et comme dans toute bataille, il convient d’identifier l’adversaire. Pour ça, rien de plus pratique qu’un petit surnom ou épithète bien senti. Voici la liste des mots cités dans cet épisode :


“Champagne socialists” : équivalent de la “gauche caviar” en France, cette expression est utilisée au Royaume-Uni pour moquer ceux qui se revendiquent des idées de gauche, mais qui vivent en réalité très loin des réalités des couches populaires. En Australie, on les appelle “Chardonnay socialists”, en Suisse, les “Cüpli-Sozialists” - “Cüpli” désigne une coupe de champagne - et au Danemark, ce sont les “Rødvinssocialist”, c’est-à-dire des “socialistes vin rouge”.


“Limousine liberals” : une autre variante de la “gauche caviar”, associée à un véhicule de luxe plutôt qu’à une boisson raffinée. Il existe aussi les “latte liberals”, en référence aux cafés latte très populaires ces dernières années. On peut y voir des cousins de nos “bobos”, bourgeois-bohèmes. 


“Baizuo” (白左) : en chinois, ce terme péjoratif qui signifie “gauche blanche” est une insulte à l’égard de ceux qui défendent des idées progressistes comme la paix, l’égalité ou les droits humains, soit par excès de naïveté, soit par hypocrisie, en ayant surtout envie d’afficher sa supériorité morale. 


“Boba liberals” : une expression inspirée des “boba”, perles de tapioca du “bubble tea”, cette boisson d’Asie du Sud-Est très prisée de la génération Z. Aux États-Unis, un “progressiste bubble tea”, c’est généralement un ou une métis(se) avec des origines asiatiques, qui professe des idées progressistes mais dont l’identité asiatique ou l’engagement politique reste très superficiel. En résumé, c’est être militant de gauche et membre d’une minorité - mais pas trop. 


“Slacktivist” : un mot construit sur le verbe “to slack” qui signifie “tirer au flanc” et qu’on pourrait donc traduire par “militant paresseux”. C’est une personne qui défend des causes sociales ou politiques, mais uniquement avec quelques clics sur les réseaux sociaux, sans engagement concret.


“Coxinha” : au Brésil, ce beignet de poulet est devenu une façon de désigner les membres de la police militaire, apparemment très friands de ces snacks qu’on trouve à tous les coins de rue. Par extension, cela fait aussi référence aux partisans de l’ordre social et de la sécurité, c’est-à-dire les conservateurs. 


“Mortadella” : au Brésil, cette charcuterie (italienne) a donné son nom à un sandwich très prisé des classes populaires. Au point de devenir un marqueur idéologique, un peu comme notre merguez CGT. 


“Palianytsia” : un pain traditionnel ukrainien qui peut aussi être un nom de code pour reconnaître les Russes, car ces derniers ne savent, en général, pas le prononcer avec le bon accent.


“Raïta” : en Inde, une sauce à base de yaourt réputée un peu fade, qui sert donc à se moquer d’une forme de mollesse en politique. Un peu comme ceux qu’on appelle parfois des “bisounours” en français.


Abonnez-vous à notre podcast sur votre application d’écoute préférée.








Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Ploucs, chics et romantiques : les Français vus par le reste du monde

Ploucs, chics et romantiques : les Français vus par le reste du monde

24 mars 2022· 9:50

La France, sa langue et sa culture exercent souvent une sorte de fascination à l’étranger. Pourtant, les autres pays entretiennent une relation pour le moins ambiguë avec les Français, et parfois, comme en témoignent les surnoms qu’ils nous donnent, c’est un peu l’amour vache. À l’approche de l’élection présidentielle, au moment où le reste du monde s’intéresse à ce qui se passe au pays de Molière et du camembert, on vous propose de tendre une oreille pour découvrir comment on parle des Français dans les autres langues. 


Cet épisode contient 28 mots dans 15 langues :

“Excuse my french” : “excusez mon français”, dit-on en anglais lorsqu’on a employé une tournure grossière. L’expression existe aussi en russe : “prastitié za moï frantsouzski” (“Простите за мой французский”). 

“Fransız kaldım” : en turc, “je suis resté français” signifie qu’on ne comprend rien. 

“Leben wie Gott in Frankreich” : “vivre comme Dieu en France”, disent les Allemands pour exprimer l’idée que quelqu’un vit bien.

“Pièce de résistance” : le terme apparaît fréquemment sur les menus anglophones des restaurants raffinés à l’étranger. Tout comme “l’entrée”, qui désigne curieusement le plat principal. Quand aux desserts dits “à la mode”, ce sont ceux qui sont servis avec une boule de glace à la vanille.

“Pain riche” : c’est ainsi qu’on désigne la traditionnelle baguette en Suède. 

“Franponais” : ce sont les emprunts à la langue française au Japon. La chaîne de boulangeries “Vie de France”, celle de cosmétiques “musée de peau” à Yokohama, en sont des exemples. Idem pour le restaurant nippon nommé “Belle Touffe”. 

“Matik” (ماتیک) : en persan, ce mot désigne le rouge à lèvres. C’est une contraction du terme français “cosmétique”. 

“Nasino alla francese” : en italien, le “petit nez à la française”, un petit nez retroussé très demandé aux chirurgiens esthétiques qui pratiquent la rhinoplastie. 

“French bun” désigne en anglais les chignons, coiffure associée aux femmes françaises, tout comme le “french twist”, une coiffure torsadée. 

 “French kiss” : le “baiser français” qu’on ne présente plus, c’est-à-dire, en anglais, le baiser avec la langue, qui a aussi son verbe, “to french someone” (“embrasser quelqu’un avec la langue”). 

“Kudeta” : une version phonétique du “coup d’État”, employé dans plusieurs langues, parmi lesquelles le finnois et l’indonésien.

“Fatigue” : c’est ainsi qu’on désigne l’habit militaire en anglais. Un terme qui serait dérivé de l’expression “habit de fatigue”, qu’on employait autrefois pour désigner les tenues de travail réservées aux activités quotidiennes et aux tâches pénibles.

“Take the french leave” : une expression anglaise qui en dit long sur notre relation d’amour-haine avec nos voisins britanniques, puisqu’elle est l’exact opposé de notre “filer à l’anglaise”, utilisée pour dire qu’on s’est éclipsé en douce. Mais le portugais se range du côté des Britanniques, puisqu’on dit aussi “sair a francesa” dans cette langue, soit “filer à la française”. 

“Frogs” et “liagouchatniki” : en anglais et en russe, les Français sont surnommés “grenouilles” et “mangeurs de grenouilles”. 

 “Csiga zabáló” : en hongrois, cela signifie “bouffeurs d’escargots”, et c’est ainsi qu’on surnomme les Français. 

“Fransquilloner” : nos amis belges utilisent ce verbe qui signifie “faire le français”, pour moquer le snobisme de notre accent et une forme d’arrogance.

“Al-oum el-hanon” (الأم الحنون) : “tendre mère”, une expression qui désigne la France en arabe libanais. Elle peut aussi être utilisée de manière ironique pour critiquer la France. 

“Francach” : en Irlande, ce mot désigne à la fois les Français et… les rats. 

“Gabachos”, un terme péjoratif utilisé au sujet des Français en espagnol, et qu’on pourrait traduire par “plouc”.


Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

“Speedrun”, “tilt”, “cheese” : l'étonnant abécédaire du jeu vidéo

“Speedrun”, “tilt”, “cheese” : l'étonnant abécédaire du jeu vidéo

24 février 2022· 9:33

Dans Les Mots des autres, notre podcast sur les langues étrangères, nous vous présentons chaque mois une collection de curiosités linguistiques qui racontent nos sociétés, leur évolution et leur actualité. Cet épisode est consacré à un langage d’initiés, souvent inventif et imagé : celui des jeux vidéo ! 


En ce moment, on cumule les raisons de sortir les manettes, de rebrancher les consoles et de faire chauffer les PC. Parce qu’entre le creux de l’hiver et le Covid-19, les jeux vidéos restent un excellent moyen de se distraire, de sociabiliser et de s’évader. Enfin, de s’évader, il faut voir… Parce qu’il y a aussi pas mal de situations du quotidien qui semblent tout droit sorties d’un jeu vidéo et que certains mots de gamers nous racontent à merveille. Alors une fois n’est pas coutume, on vous parle dans cet épisode d’un vocabulaire principalement anglophone, adopté par les joueurs du monde entier pour se comprendre dans le casque. 



Exceptionnellement, l’intégralité du script de l’épisode est disponible sur notre site car un “Easter Egg” (“œuf de Pâques”) y est caché ! Si vous pensez l’avoir trouvé, participez à notre jeu concours en envoyant votre réponse dans ce formulaire et tentez de remporter un abonnement numérique à Courrier International.



Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

“Queer”, “hijras”, “muxes” : les identités et le genre ailleurs dans le monde

“Queer”, “hijras”, “muxes” : les identités et le genre ailleurs dans le monde

27 janvier 2022· 8:52

Dans Les Mots des autres, notre podcast sur les langues étrangères, nous vous présentons chaque mois une collection de curiosités linguistiques qui racontent nos sociétés, leur évolution et leur actualité. Les remous provoqués par l’arrivée du pronom non genré “iel” dans un dictionnaire français nous ont donné envie de raconter comment les autres langues parlent des identités de genre. 


Cet épisode contient treize mots et locutions, dans six langues différentes. Voici la liste complète avec leur définition :


Hen : en suédois, ce pronom de la 3e personne du singulier non genré a été introduit en 2015, pour s’ajouter aux pronoms “han” et “hon”, qui correspondent à nos “il” et “elle”. 


Hän : le pronom personnel non genré finnois qui existe depuis 1543, et dont les autres langues scandinaves se sont inspirées pour créer les leurs. 


Elle : le pronom non genré espagnol, qui complète les pronoms “ella” et “ello” (“elle” et “il”). 


Hijras : communauté présente dans tout le sous-continent indien, correspondant aux personnes du troisième genre – ni masculin ni féminin – officiellement reconnu par la loi indienne depuis 2014. 


Muxes : dans l’État d’Oaxaca, au sud du Mexique, ce mot de la langue zapotèque, désigne des personnes assignées hommes à la naissance, qui endossent l’identité et les rôles sociaux traditionnellement associés aux femmes. Le terme serait un dérivé du mot espagnol “mujer”, qui signifie “femme”.


Makkunrai : dans le sud de l’Indonésie, sur l’île de Sulawesi, ce terme désigne l’un des cinq genres reconnus par le peuple des Bugis. Les “makkunrai” désignent les femmes cisgenres, c’est-à-dire en accord avec le genre qu’on leur assigné à la naissance. Les “oroani” sont les hommes cisgenres. 


Calalai et calabai : toujours dans la culture des Bugis, en Indonésie, les calalai sont des personnes nées avec un corps de femme mais qui assument un rôle social traditionnellement masculin, tandis que les calabai naissent dans un corps d’homme et assument un rôle social traditionnellement féminin. 


Bissu : cinquième genre reconnu par les Bugis en Indonésie, les bissu sont la synthèse parfaite du masculin et du féminin, et sont à cet égard considérés comme des êtres spirituels, qui transcendent littéralement les notions de genres.


Queer : ce terme anglais qui signifie “étrange” était à l’origine un terme insultant pour décrire toutes les personnes dont la sexualité ou l’identité s’écartaient des normes hétérosexuelles. Ces dernières décennies, les militants ont repris le terme à leur compte pour revendiquer leurs droits, et celui-ci est même ajouté au sigle LGBT, qui comprenait au départ seulement les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres.


Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Calendrier de l’Avent, jour 24
Calendrier de l’Avent, jour 23
Calendrier de l’Avent, jour 22
Calendrier de l’Avent, jour 21
Calendrier de l’Avent, jour 20
Calendrier de l’Avent, jour 19
Calendrier de l’Avent, jour 18