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Pourquoi le peuple des Cagots fut-il maudit ?

Pourquoi le peuple des Cagots fut-il maudit ?

3 mars 2022· 1:59

Il existait, dans certaines régions de la France d'Ancien Régime, une population contrainte de vivre à l'écart et victime d'une véritable ségrégation. Ses membres étaient appelés des "cagots".


Des préjugés à l'origine incertaine


Les "cagots" se rencontraient dans une région comprise entre le sud de la Garonne et le nord de l'Ébre, en Espagne. Il est difficile de connaître l'origine des préjugés dont furent victimes ces populations, surtout entre les XIIIe et XIXe siècles.


Pour certains, ils seraient les lointains descendants des Wisigoths, un peuple d'origine germanique installé en Aquitaine dès le IVe siècle. L'étymologie du mot "cagot", en béarnais, suggérerait une telle explication.


Pour des raisons obscures, les Wisigoths, ainsi que d'autres peuples d'origine germanique, seraient considérés comme les représentants d'une race maudite.


On voyait souvent dans les cagots les descendants de communautés de lépreux, suspectés, sans la moindre preuve, de transmettre cette terrible maladie.


De véritables parias


Les cagots étaient victimes d'une ségrégation multiforme. Ils étaient contraints de vivre à l'écart, dans des quartiers réservés, parfois d'anciennes léproseries. De nombreux métiers leur étant interdits, ils se consacraient au travail du bois ou de la pierre. Ils étaient souvent charpentiers ou charrons.


On les obligeait à porter un signe distinctif, cousu sur leurs vêtements. Cet insigne avait le plus souvent la forme d'une patte d'oie. Dans certaines régions, les cagots devaient être chaussés et habillés de rouge.


Ils n'avaient pas non plus le droit de posséder du bétail ou de labourer un champ. La ségrégation les attendait même à l'église, où ils entraient par une discrète porte latérale. Et le prêtre ne leur tendait l'hostie qu'au bout d'une petite planche. Leurs enfants n'étaient baptisés qu'à la tombée de la nuit, sans que les cloches annoncent la bonne nouvelle.


En 1683, Louis XIV veut mettre fin à cette ségrégation. Mais les préjugés ont la vie dure, et il faut attendre la Révolution française pour que les cagots deviennent des citoyens à part entière.


Dès lors, ils se fondent dans la population, même si le terme de "cagot" demeure une insulte dont on ignore le plus souvent l'origine.


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Pourquoi dit-on une victoire à la Pyrrhus ?

Pourquoi dit-on une victoire à la Pyrrhus ?

2 mars 2022· 1:56

L'expression "victoire à la Pyrrhus" signifie qu'une telle victoire s'assimile plutôt à une défaite ou à un échec. Mais quelle est son origine ?


Des batailles peu décisives


Pour comprendre l'expression "victoire à la Pyrrhus", il faut remonter au IIIe siècle avant notre ère. Pyrrhus Ier, souverain d'Épire, royaume de la Grèce continentale, doit alors affronter les Romains, lancés à la conquête de la région.


Il parvient à les battre à deux reprises, à Héraclée d'abord, en 280 avant J.-C., puis, un an plus tard, à Ausculum. Mais, à ses généraux, qui le félicitent de l'issue de ces deux batailles, Pyrrhus aurait répondu, d'après Plutarque : "Encore une victoire comme celle-là, et il serait complètement défait".


En effet, les deux batailles avaient fait beaucoup de victimes. Ce n'était pas un problème pour les Romains, qui n'avaient aucune peine à combler les vides en recrutant de nouveaux soldats.


En revanche, les ressources humaines du petit royaume d'Épire étaient presque épuisées. D'où la remarque désabusée de son souverain, pour lequel une telle victoire équivalait à une défaite.


D'autres victoires à la Pyrrhus


Au cours de l'Histoire, les généraux eurent à déplorer bien d'autres "victoires à la Pyrrhus". Parmi de nombreux exemples, on peut citer la bataille de Malplaquet, en 1709. Cet affrontement oppose, pendant la guerre de Succession d'Espagne, les Français aux troupes anglaises, autrichiennes et hollandaises.


Ces dernières finissent par l'emporter, mais au prix de pertes beaucoup plus importantes que celles de l'armée française. Par ailleurs, le territoire français est sauvé de l'invasion.


Le maréchal de Villars, qui commandait l'armée française, aurait dit à Louis XIV que ses ennemis seraient défaits si "Dieu nous fait la grâce de perdre encore une pareille bataille".


Autre "victoire à la Pyrrhus", la bataille d'Eylau, qui, en 1807, oppose les Français aux Russes. Napoléon en est bien le vainqueur, mais au prix de telles pertes qu'il n'en retire aucun véritable bénéfice.


Le lendemain, le maréchal Ney, parcourant le champ de bataille, où gisent tant de morts et de blessés, s'exclamera d'ailleurs : "Quel massacre ! Et tout cela pour rien !".


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Qu'est-ce que le duel judiciaire ?

Qu'est-ce que le duel judiciaire ?

28 février 2022· 2:06

Le droit de l'Ancien Régime prévoyait des pratiques spécifiques, comme le duel judiciaire. Il était réservé à certains cas précis et son déroulement était fixé par la tradition.


Une pratique issue du droit germanique


Le duel judiciaire est mentionné, dès le début du VIe siècle, dans le droit des royaumes germaniques issus des invasions barbares qui ont déferlé sur l'Europe à partir de la fin du IVe siècle.


Cette pratique est encore courante dans l'Empire carolingien et au début du Moyen-Âge. Après quoi on a de moins en moins recours à cette épreuve rituelle. Même si saint Louis l'interdit en 1260, il faudra attendre la fin du XVIe siècle pour voir le dernier duel judiciaire.


Il fait partie de ce qu'on appelait alors les "ordalies". Il s'agissait d'imposer aux deux parties une épreuve, dont l'issue serait décidée par Dieu. Le duel n'en était d'ailleurs pas la seule forme. Ainsi, les personnes concernées pouvaient aussi tenir un fer rouge pendant quelques instants.


Une victoire donnée par Dieu


Le duel judiciaire était réservé aux affaires les plus graves, notamment les crimes. On ne pouvait y recourir que si chacune des deux parties se déclarait innocente. Un serment solennel, et répété, était nécessaire pour appuyer cette affirmation.


Le méfait en question ne devait pas non plus avoir de témoins. S'il était impossible de parvenir à un compromis, un duel judiciaire pouvait être organisé.


Il avait lieu dans une enceinte bien délimitée, sous le contrôle des juges. Avant le début du combat, chacun devait jurer, sur la Bible, que son récit des faits correspondait à la vérité.


L'effusion de sang n'était pas toujours recherchée. En effet, les duellistes étaient souvent armés d'un simple bâton, le vaincu étant assommé par son adversaire. Mais certains étaient mieux armés, et le duel pouvait se terminer par la mort de l'un des combattants.


Quoi qu'il en soit, le vainqueur était censé être désigné par Dieu, qui montrait ainsi son innocence aux yeux de tous. Il est à noter que l'accusateur ou l'accusé pouvaient demander à un champion de combattre à leur place.


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Pourquoi le naufrage du Titanic a-t-il sauvé un autre paquebot ?

Pourquoi le naufrage du Titanic a-t-il sauvé un autre paquebot ?

27 février 2022· 2:09

En 1912, le Titanic sombre dans les eaux glacées de l'Atlantique Nord, entraînant la mort de 1.500 passagers. De façon a priori paradoxale, cette tragédie permit d'en éviter une autre, deux ans plus tard.


Des erreurs humaines


On sait aujourd'hui que le naufrage du Titanic est dû en partie à des erreurs humaines. Certaines ont été commises par le capitaine du navire, Edward Smith. En effet, il ne semble pas avoir tenu compte des avertissements donnés par d'autres bateaux, qui avaient signalé la présence d'icebergs dérivant sur la route du paquebot.


Compte tenu de ce danger potentiel, la vitesse du Titanic, manifestement excessive, avait été maintenue sur l'ordre du capitaine.


Par ailleurs, l'officier aux commandes, le soir du naufrage, fit exécuter une manœuvre qui est sans doute pour beaucoup dans la catastrophe finale. Il fit en effet virer le navire sur bâbord, tout en faisant arrêter les machines.


Ce qui entraîna un long frottement du bateau contre l'iceberg et la rupture de plusieurs caissons étanches. Enfin, la structure même de la coque ne semblait pas d'une grande solidité.


Les enseignements d'une tragédie


Mais, de ces erreurs, certains vont tirer des enseignements qui, deux ans plus tard, vont éviter une catastrophe similaire. En mars 1914, en effet, le paquebot britannique "Royal Edward", qui navigue au large de Terre-Neuve, se retrouve face à un iceberg. Le géant de glace n'est qu'à 300 mètres.


La tragédie du Titanic va-t-elle se reproduire ? Le commandant du navire saura l'éviter en décidant d'une manœuvre qui sauvera le navire du naufrage. En effet, il ne cherche pas à éviter la collision.


Il ordonne seulement de réduire la vitesse du bateau, qu'il laisse percuter l'iceberg. Ainsi, seul le compartiment avant, qui comporte des cloisons étanches, est inondé. Le reste du navire n'étant pas touché, le bâtiment reste à flot.


Une commission d'enquête conclura d'ailleurs que cette collision frontale était préférable à une manœuvre latérale. Il semble bien que, au moment de prendre sa décision, le capitaine du "Royal Edward" se soit souvenu de l'erreur fatale commise par son collègue du Titanic.


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Pourquoi Bass Reeves est-il célèbre ?

Pourquoi Bass Reeves est-il célèbre ?

24 février 2022· 2:08

Les États-Unis ont longtemps connu, même après la fin de la guerre de Sécession, une ségrégation raciale qui fait encore sentir ses effets aujourd'hui. Cela n'a pas empêché l'Afro-Américain Bass Reeves de devenir, dès la fin du XIXe siècle, l'un des premiers shérifs noirs du pays.


Un esclave chez les indiens


Bass Reeves voit le jour en 1838, en Arkansas. Il est né dans une famille d'esclaves et travaille, lui aussi, dans les champs de coton. Mais il est apprécié par le maître, qui lui confie une mission de confiance.


La guerre de Sécession venant d'éclater, il le charge d'y accompagner son fils et de veiller sur lui. Compte tenu de sa position d'esclave, Bass Reeves a cependant le sentiment de se trouver du mauvais côté.


Il fausse donc compagnie au jeune soldat et s'installe dans le Territoire de l'Oklahoma. De nombreuses tribus amérindiennes y vivent, ainsi que dans le Territoire indien voisin.


Durant des années, Bass Reeves apprend à les connaître et se familiarise avec leurs langues et leurs coutumes.


L'un des premiers shérifs noirs


Bass Reeves finit par s'installer en Arkansas, où il s'occupe de son ranch. En vertu du 13e amendement qui, en 1865, met fin à l'esclavage, il devient un homme libre.


En 1875, le marshal fédéral en charge du Territoire indien doit recruter de nombreux adjoints. Il a entendu parler de la réputation de tireur de Bass Reeves et de sa connaissance approfondie des indiens.


Il fait donc appel à lui. Cette nomination en fait le premier shérif noir à l'ouest du Mississipi. Bass Reeves exerce ses fonctions durant plus de 30 ans. Durant ce long mandat, il aurait arrêté plus de 3.000 personnes, dont son propre fils, accusé du meurtre de sa femme.


Et il en tue 14, dans des duels où il pouvait revendiquer la légitime défense. Ce sont sans doute ses dons de tireur d'élite, et aussi sa prudence, qui ont lui permis d'exercer ses dangereuses fonctions aussi longtemps sans jamais être blessé. Il mourra en 1910, peu de temps après avoir pris sa retraite.


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Qu'est-ce que la révolte des paysans de 1381 ?

Qu'est-ce que la révolte des paysans de 1381 ?

23 février 2022· 2:01

En 1381, une grave révolte éclate en Angleterre, qui mobilise des dizaines de milliers de paysans et d'artisans. Cette émeute qui, comme toutes les émotions populaires, avait surtout des causes fiscales, menaça un temps la capitale.


Des salaires bloqués et des impôts en hausse


Les causes de la révolte de 1381 sont d'abord à rechercher dans les bouleversements économiques qui, au XIVe siècle, perturbent, en Angleterre comme ailleurs, les sociétés du temps.


Ainsi, la terrible épidémie de peste noire de 1348 terrasse une partie de la population et se traduit notamment par une forte augmentation des salaires. Les mesures prises pour en freiner la progression, comme l'ordonnance des travailleurs, adoptée en 1349, sont mal acceptées par la population.


Par ailleurs, depuis le début de la guerre de Cent Ans, en 1337, les dépenses militaires, liées aux expéditions sur le continent et au maintien de garnisons en France, n'avaient cessé d'augmenter.


Cette situation conduit la monarchie à alourdir la fiscalité. Cette pression fiscale, et l'apparition de nouveaux impôts, calculés non sur les biens, mais par rapport aux personnes, étaient très impopulaires.


La Tour de Londres prise d'assaut


Ce sont donc ces raisons, et principalement la résistance à l'impôt, qui déclenchent les événements de 1381. Plusieurs foyers de révolte se déclarent. En juin, des émeutes éclatent dans l'Essex et le Kent.


Les paysans s'arment et s'organisent. Ils prennent le château de Rochester, puis décident de marcher sur Londres, pour faire part de leurs revendications au Roi.


C'est sans doute à ce moment-là qu'un paysan du nom de Wat Tyler rejoint le mouvement et en prend bientôt la tête. Résidant alors à Windsor, le jeune Roi Richard II regagne la capitale et s'enferme dans la Tour de Londres, protégée par ses soldats.


Le Roi sort alors de la forteresse et, monté sur une barge, descend la Tamise à la rencontre des rebelles. Mais les discussions n'ont finalement pas lieu. Un peu plus tard, la Tour de Londres est prise d'assaut par les révoltés.


Au cours d'une rencontre avec le Roi, Wat Tyler est tué et les troupes royales reprennent la situation en mains peu à peu.


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Comment le chirurgien Voronoff a-t-il fait fortune ?

Comment le chirurgien Voronoff a-t-il fait fortune ?

21 février 2022· 2:19

Le docteur Voronoff connaît une certaine célébrité, dans les années 1920, pour avoir pratiqué des greffes de testicules de singes sur des hommes d'un certain âge. Déjà à son époque, les opérations pratiquées par ce chirurgien sont très critiquées.


Un spécialiste des greffes


Serge Voronoff naît en Russie en 1866. Il s'installe en France et 1884, pour poursuivre ses études de médecine, puis obtient la nationalité française onze ans plus tard.


Il vit un temps en Égypte, où il s'intéresse à la castration des eunuques, puis revient en France dans les années 1910. C'est alors que Voronoff va se spécialiser dans les greffes. Il en devient même un spécialiste renommé.


Ses opérations portent autant sur les animaux que sur les hommes. Il consacre une partie de son activité à la xénogreffe, dont la pratique était alors en vogue. Elle consiste à greffer sur un être humain des tissus appartenant à une autre espèce, autrement dit à un animal.


Des travaux rapidement contestés


Dans les années 1920, le docteur Voronoff commence à greffer des tissus provenant de testicules sur ses patients. Le but était de redonner un peu de vigueur, tant sexuelle que physiques, à des hommes un peu fatigués.


Au début, il obtient l'autorisation d'utiliser les testicules de criminels condamnés à mort et exécutés. Mais le succès de ces opérations est tel que le chirurgien doit rechercher d'autres donneurs potentiels.


C'est alors qu'il jette son dévolu sur des chimpanzés. L'animal est opéré en même temps que le patient qui doit recevoir la greffe. De minces fragments de pulpe testiculaire sont alors prélevés et implantés à l'intérieur des bourses.


Et, à première vue, les résultats semblent très concluants. Tel vieillard chenu retrouve la verdeur de sa jeunesse, tel autre se remet au tennis et ainsi de suite. Mais les travaux de Voronoff ne tardent pas à être contestés, provoquant finalement la disgrâce du médecin.


Aujourd'hui, ils provoquent un scepticisme encore plus grand. Pour les spécialistes, de telles greffes ne pourraient que se traduire par le rejet immédiat d'un tissu étranger qui, sans apport sanguin, ne pourrait pas subsister dans son nouvel environnement.


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L'histoire des 47 ronins est-elle pure fiction ?

L'histoire des 47 ronins est-elle pure fiction ?

20 février 2022· 2:21

L'histoire des 47 ronins fait partie de la mémoire collective japonaise. Reprise dans le théâtre traditionnel et de nombreux récits, elle s'inspire pourtant de faits réels.


Une rencontre qui se termine mal


L'histoire des 47 ronins débute en 1701. Un seigneur japonais, du nom d'Asano Naganori, doit se rendre à Edo, où réside le shogun, un haut dignitaire qui gouverne le Japon, sous la tutelle symbolique de l'Empereur.


Asano doit y rencontrer Kira Yoshinaka, un maître de cérémonie qui est son supérieur. Il doit lui enseigner divers préceptes, dont l'art d'accueillir l'Empereur. Mais la relation entre les deux hommes est difficile et Kira aurait fini par insulter Asano.


Selon une autre version, Kira aurait répandu des rumeurs malveillantes sur le compte d'Asano, qui serait venu à Edo pour lui demander raison. Quelle que soit la cause de la mauvaise humeur d'Asano, il en vient à blesser le maître de cérémonie d'un coup de sabre.


Les coutumes de l'époque ne tolèrent pas l'usage de la violence en un tel lieu et aux dépens d'un personnage aussi considérable. Aussi Asano Naganori est-il condamné au suicide rituel. Il se fait donc hara-kiri.


La vengeance des ronins


La condamnation et le châtiment d'Asano plongent ses samouraïs dans le désarroi. En effet, dans ce monde féodal, où la relation d'homme à home est cruciale, un vassal sans seigneur (ou "daimyo") se retrouve dans une situation peu enviable.


En effet, ce "ronin", autrement dit ce samouraï sans maître, est exclu de la société japonaise. Aussi les 47 samouraïs d'Asano, qui deviennent donc des ronins, décident-ils de se venger.


Ils se débrouillent pour se faire intégrer, comme serviteurs ou artisans, dans la maison de Kira Yoshinaka. Ils en profitent pour repérer les lieux et ourdir leur complot.


En décembre 1702, les ronins décident de passer à l'attaque. Ils investissent la demeure de Kira, qui essaie de se cacher. Découvert, il refuse de se suicider et l'un des assaillants le décapite d'un coup de sabre.


Les 47 ronins seront condamnés au suicide. Depuis lors, cette histoire, interprétée comme un symbole de loyauté, est devenue un véritable mythe national.


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Comment a t-on distingué les SS des simples soldats ?

Comment a t-on distingué les SS des simples soldats ?

17 février 2022· 1:59

On sait que les SS ont eu une responsabilité particulière dans l'extermination des Juifs et la traque des résistants et des autres opposants au régime nazi. Aussi, à la Libération, les Alliés ont-ils eu soin de les distinguer des soldats de la Wehrmacht. Mais comment s'y sont-ils pris ?


Un tatouage particulier


Les SS étaient une unité d'élite, chargée des basses œuvres du régime. Hitler savait qu'il pouvait compter sur ses membres fanatisés. Aussi Himmler, qui dirigea cette police politique de 1929 à 1945, chercha-t-il un moyen de protéger ses hommes.


Il imagina alors de faire tatouer sur leur peau leur groupe sanguin. Le tatouage porte d'abord des signes gothiques, puis des lettres romaines. Seules les lettres étaient mentionnées, le facteur Rhésus, avec ses symboles "plus" ou "moins", n'étant découvert que plus tard.


Les SS portaient ce tatouage sous l'aisselle, alors que les membres de la Waffen-SS, qui était une formation armée dépendant aussi de Himmler, étaient tatoués sur un de leurs biceps.


Ainsi, quand un SS était blessé, il suffisait de consulter son tatouage pour connaître son groupe sanguin. Ce qui permettait de lui faire une rapide transfusion sanguine.


Un moyen pour reconnaître les SS


Ce qui, pendant la guerre, sauva la vie de nombreux SS causa leur perte à la fin du conflit. En effet, les Alliés avaient été informés de l'existence du tatouage réservé aux SS. Ils connaissaient aussi son emplacement.


Aussi, quand, à la fin de la guerre, ils firent de nombreux prisonniers allemands, ils leur demandèrent de se mettre torse nu et de défiler devant eux en tenant les bras levés. Ils pouvaient ainsi repérer le tatouage et faire le tri entre les SS et les autres militaires.


Cette technique de reconnaissance fut particulièrement utile au moment de la libération des camps de concentration. Elle permit d'identifier rapidement les SS qui, en tant que responsables de ces camps, étaient les principaux exécutants de la solution finale.


Mais ce tatouage ne trahit pas le véritable statut du sinistre docteur Mengele, qui se livra à d'atroces expériences sur les déportés. Le tatouage n'étant pas obligatoire, il ne le demanda pas.


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Qui sont les béguines ?

Qui sont les béguines ?

16 février 2022· 2:11

Les béguines sont apparues au XIIe siècle dans les pays flamands et le mouvement s'est rapidement étendu dans l'Europe du Nord. Par certains aspects, il présente des similitudes avec un ordre religieux, tout en en différant sur certains points.


Un mode de vie original


Les béguines sont des célibataires ou des veuves. Ce sont des femmes très pieuses qui, pour beaucoup d'entre elles, auraient voulu devenir religieuses.


Mais à cette époque, c'est-à-dire au XIIe siècle, de nombreux couvents, déjà très peuplés, ne peuvent accueillir de nouvelles moniales. Aussi ces femmes décident-elles de s'installer dans certains quartiers, où elles fondent des béguinages.


Elles y vivent un peu comme des religieuses. En effet, elles forment une communauté de femmes prônant le célibat et la chasteté. De même, elles se livrent à l'étude et pratiquent la charité, visitant notamment les hôpitaux et les quartiers pauvres.


Mais elles ne forment pas pour autant un ordre religieux. En effet, elles ne prononcent aucun vœu et ne suivent pas de règle stricte.


Des femmes qui se passent de la tutelle masculine


Ces femmes vivent dans des lieux à l'architecture spécifique, appelés béguinages. Il s'agit d'un ensemble de maisonnettes, reliées les unes aux autres et organisées, le plus souvent, autour d'une cour plantée d'arbres. Une chapelle est également prévue.


Ces béguinages forment comme une sorte de village autonome à l'intérieur de la ville. Les femmes y vivent ensemble ou y habitent seules si elles en ont les moyens. Mais nombre d'activités communes les amènent à se retrouver tout au long de la journée.


La "maîtresse", appelée parfois "grande dame", qui est placée à leur tête, n'a pas l'autorité absolue d'une abbesse ou d'une mère supérieure. Les béguines vivent donc entre elles et mènent une existence indépendante, loin du contrôle des hommes.


La mentalité médiévale ne pouvait tolérer longtemps un tel comportement. Aussi, dès 1139, le concile du Latran dénonce-t-il ces femmes vivant en communauté sans être encadrées par une règle monastique.


De nombreuses béguines seront même accusées d'hérésie et certaines seront brûlées vives. En 1311, le concile de Vienne les condamne de manière encore plus nette.


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Pourquoi les londoniens ont-ils désapprouvé les parapluies ?

Pourquoi les londoniens ont-ils désapprouvé les parapluies ?

14 février 2022· 2:08

Le parapluie fait partie de notre vie quotidienne et nous semble un accessoire bien utile. Mais il n'en a pas toujours été ainsi. En effet, les Anglais du XVIIIe siècle lui trouvaient bien des défauts.


L'usage progressif du parapluie


Le voyageur et écrivain anglais Jonas Hanway aurait été le premier Anglais à utiliser un parapluie de manière régulière dans les rues de Londres. Il aurait ramené cet objet, vers 1750, d'un de ses voyages en France, où le parapluie était déjà d'un usage courant.


Dès le XVIIe siècle, cependant, les Anglaises se protégeaient du soleil en utilisant des sortes de parasols. Au siècle suivant, elles se servaient parfois de parapluies huilés pour se préserver de la pluie.


Selon certaines sources, il semble même que quelques hommes se soient enhardis, avant Jonas Hanway, à sortir avec un parapluie.


Un objet décrié mais finalement adopté


Ceci étant, Jonas Hanway est sans doute le premier homme, en Angleterre, à avoir osé faire du parapluie un accessoire familier. En effet, pour les Anglais de cette époque, un homme se rendait ridicule en se servant d'un objet aussi efféminé.


Dans l'un de ses livres, Jane Austen raconte un épisode dans lequel l'un de ses personnages se retrouve, au cours d'une soudaine averse, dans une posture si fâcheuse, que même un homme doit se résoudre à lui porter secours, un parapluie en main.


Une telle attitude était alors considérée, en Angleterre, come la marque d'une faiblesse de caractère. Et puis le parapluie, qui venait du continent, n'était qu'un objet d'importation.


Enfin, le parapluie était décrié par certaines corporations, comme celles des cochers ou des porteurs de chaises. Pour eux, il était synonyme de ruine. Si les Anglais pouvaient s'abriter sous un parapluie, pourquoi iraient-ils, en cas d'averse, se réfugier dans un fiacre ou une chaise à porteurs ?


Mais Jonas Hanway resta stoïque sous les quolibets et continua d'utiliser son parapluie jusqu'à sa mort, en 1786. À cette date, la plupart de ses compatriotes l'avaient imité. Son opiniâtreté de précurseur avait fini par payer : grâce à lui, les Anglais avaient adopté le parapluie.


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Qu'est-ce que le “krach de 1720” ?

Qu'est-ce que le “krach de 1720” ?

13 février 2022· 2:11

La crise boursière de 1929 est sans doute la plus connue dans notre histoire contemporaine. Mais, dès le début du XVIIIe siècle, la spéculation boursière produit un krach retentissant au Royaume-Uni.


Un accord qui arrange tout le monde


Pour comprendre le krach boursier de 1720, il faut d'abord remonter à la création de la Compagnie anglaise des mers du Sud, en 1711, qui se voit confier le monopole du commerce avec les colonies espagnoles d'Amérique.


Ses dirigeants acceptent le principe de l'échange d'un certain nombre d'actions de la Compagnie contre des bons du trésor, c'est-à-dire des titres de la dette publique anglaise.


En cédant ces bons à des actionnaires de la Compagnie, l'État diminue sa dette. De leur côté, les actionnaires ont l'assurance de recevoir un revenu régulier, sous forme de rente.


L'éclatement de la bulle spéculative


Le problème est que la valeur de l'ensemble des actions, autrement dit la capitalisation boursière, dépasse très largement le revenu de la Compagnie des mers du Sud.


En effet, tout est mis en mis en œuvre pour pousser les gens à acheter des actions. On va jusqu'à leur consentir des prêts pour le leur permettre. Aussi la valeur des actions de la Compagnie est-elle multipliée par sept entre janvier et août 1720.


Cette spéculation effrénée accroît sans cesse le décalage entre cette capitalisation boursière et les ressources réelles de la Compagnie des mers du Sud. Contrairement aux attentes, celle-ci ne se voit accorder par l'Espagne qu'une petite partie du fructueux commerce entre l'Amérique latine et l'Europe. Un seul navire anglais reçoit l'autorisation d'entrer dans un port de l'Amérique espagnole pour faire du commerce.


Aussi cette "bulle" spéculative, comme nous dirions aujourd'hui, ne tarde-t-elle pas à éclater. La faillite d'une société lancée dans ce commerce américain, en septembre 1720, entraîne une réaction en chaîne.


L'action de la Compagnie des mers du Sud voit alors sa valeur divisée par huit. D'autres actions sont entraînées dans la même débandade. Pour la première fois, cette crise boursière sanctionne une totale déconnexion entre la spéculation boursière et la vie réelle.


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Pourquoi Nietzsche fut-il interné ?

Pourquoi Nietzsche fut-il interné ?

10 février 2022· 1:51

En 1889, le philosophe Friedrich Nietzsche est interné dans un asile suisse. Il sombre peu à peu dans une folie dont il ne sortira plus. Les causes de ce déclin mental ont fait l'objet de nombreuses hypothèses.


Une crise de folie


Durant toute sa vie, Nietzsche a dû composer avec une santé chancelante. Il est la proie de nausées et de violentes migraines. Durant une certaine période, il est victime d'une attaque de paralysie, et il aurait même contracté la syphilis.


Mais, en janvier 1889, c'est sa raison qui vacille. De passage à Turin, il voit un cocher fouetter son cheval. Pris d'une impulsion subite, il s'élance alors et entoure le cou de l'animal de ses bras. Il est en larmes.


Des passants s'approchent alors, mais il les menace et leur crie de reculer. La crise est telle qu'il faut interner le philosophe dans un asile de Bâle. Au début, il tient des propos exaltés et incohérents, se prenant pour une réincarnation du Christ et même de Dionysos, le dieu grec de la démesure.


Puis, peu à peu, Nietzsche se mure dans un silence qu'il ne rompra plus jusqu'à sa mort, en août 1900.


Une origine incertaine


Depuis le décès du philosophe, bien des hypothèses ont été échafaudées pour essayer de comprendre l'origine de sa folie. Certains l'ont attribué aux conséquences de la syphilis.


Mais il n'est pas prouvé que le philosophe ait contracté cette maladie. Des médecins ont parlé d'une tumeur au cerveau. Le père de Nietzsche en aurait souffert. Une autre maladie du système nerveux central a également été évoquée.


Il se peut aussi que l'auteur de "Ainsi parlait Zarathoustra" ait souffert d'une affection psychiatrique, de nature plus ou moins héréditaire. De fait, son père aurait été atteint, à la fin de sa vie, de troubles mentaux qui lui auraient ôté l'usage de la parole.


D'après la sœur de Nietzsche, la folie de son frère serait due aux effets des drogues que le philosophe aurait prises pour soulager ses migraines. On le voit, la question de l'origine de la démence de l'écrivain demeure largement ouverte.


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Pourquoi Richard Sorge a-t-il changé le cours de l'Histoire ?

Pourquoi Richard Sorge a-t-il changé le cours de l'Histoire ?

9 février 2022· 2:02

Attiré très tôt par le marxisme et recruté par les services secrets soviétiques, Richard Sorge, très introduit dans les milieux diplomatiques nazi et nippon, recueillera des informations capitales, susceptibles de modifier le cours de la guerre.


De la Russie au Japon


Né en 1895, Richard Sorge vit d'abord dans l'Asie centrale soviétique, puis s'installe en Allemagne avec ses parents. La grave blessure qu'il reçoit durant la Première Guerre mondiale lui laissera une claudication à vie.


Dans les années 1920, le jeune Richard Sorge est séduit par les thèses marxistes. Aussi adhère-t-il au parti communiste allemand en 1920, très peu de temps après sa création.


Puis ce sont les Soviétiques qui s'intéressent à ce brillant sujet, dont, au surplus, la mère est russe. En 1930, Sorge intègre les services secrets soviétiques. On l'envoie en Orient, d'abord en Chine puis au Japon.


Brillant et volontiers mondain, il se sert de son entregent pour entrer en contact avec l'ambassade d'Allemagne à Tokyo. Il en devient bientôt un hôte assidu et, dès lors, a accès à de précieuses informations.


De très précieux renseignements


C'est en profitant de sa position privilégiée que Richard Sorge recueille deux informations essentielles, toutes deux susceptibles de modifier le déroulement du conflit.


Il est ainsi le premier espion soviétique à apprendre, dès mai 1941, l'imminence de l'invasion de l'URSS par l'armée allemande. Il en informe aussitôt Moscou. Mais Staline n'accorde pas foi à ce renseignement.


Courroucé contre un espion aussi peu fiable, il critique Sorge pour ses frasques et sa vie débridée, peu en rapport avec l'existence austère que doit mener un agent russe. On connaît la suite...


La seconde information, en revanche, sera prise au sérieux. Sorge révèle en effet que le Japon, poussé par son allié allemand à intervenir, a l'intention de porter le combat dans le Pacifique, donc contre les États-Unis.


L'Empire nippon ne songe donc pas à attaquer l'URSS. C'en est fini de la hantise d'être pris entre deux feux. Staline peut dès lors concentrer l'essentiel de ses forces sur le front occidental, ce qui lui permettra finalement de l'emporter sur la Wehrmacht.


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Qui a dénoncé Anne Franck ?

Qui a dénoncé Anne Franck ?

7 février 2022· 1:55

Anne Frank est morte des suites du typhus dans le camp de concentration de Bergen-Belsen, en février ou mars 1945. Son journal a ému des millions de lecteurs. Aujourd'hui, on en sait davantage sur celui qui aurait dénoncé la jeune fille juive et sa famille.


Une jeune Juive dans la tourmente


Anne Frank naît en 1929 dans une famille juive aisée. Le père est un industriel qui, tout en étant sensible aux valeurs de la religion juive, n'en observe pas tous les préceptes. Sa femme et lui-même, ainsi que leurs deux filles, fréquentent d'ailleurs des catholiques et des protestants.


En 1933, les Frank, qui vivent à Francfort, quittent l'Allemagne, désireux d'échapper aux persécutions contre les Juifs. Ils s'installent alors à Amsterdam.


En juillet 1942, les Allemands commencent à déporter les Juifs des Pays-Bas. Le 6 de ce mois, la famille prend possession d'un appartement situé dans l'entreprise de fabrication de confiture que possède le père.


C'est là qu'Anne Frank va écrire l'essentiel de son journal. Elle y parle de sa famille et de ses amis, puis, à partir de juillet 1942, de la vie qu'elle mène, avec ses parents et sa sœur, dans l'appartement où ils se sont réfugiés.


L'identité du délateur découverte


Le 4 août 1944, les Allemands font irruption dans la cachette des Frank. Anne et sa famille sont alors déportés à Bergen-Belsen, où la jeune fille et sa sœur Margot trouveront la mort.


Mais qui les a dénoncés ? C'est à cette lancinante question que répondent les conclusions d'une longue enquête internationale. Après avoir interrogé, durant cinq ans, des dizaines de personnes et compulsé des centaines de milliers de documents, les enquêteurs croient savoir qui est le dénonciateur.


Il s'agirait d'un certain Arnold van den Bergh, Juif lui-même et notaire de son état. Cette dénonciation aurait été le prix à payer pour sauver sa famille de la déportation.


Une lettre anonyme en aurait d'ailleurs averti Otto Frank, le père d'Anne, revenu de Bergen-Belsen. Mais il n'en fit jamais état, refusant sans doute d'accabler un homme lui aussi en butte aux persécutions des nazis.


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Pourquoi le Kremlin échappa aux bombardements pendant la seconde guerre mondiale ?

Pourquoi le Kremlin échappa aux bombardements pendant la seconde guerre mondiale ?

6 février 2022· 2:06

En juillet 1942, peu après le début de l'invasion de l'URSS par l'Allemagne, des vagues de bombardiers ennemis commencent à larguer leur cargaison meurtrière sur Moscou. Mais ces bombardements n'ont guère été couronnés de succès et les principaux objectifs, dont le Kremlin, n'ont pas été atteints.


Des raids peu efficaces


Après avoir, en juin 1941, déclenché l'opération Barbarossa, le nom de code donné à l'invasion de l'URSS, Hitler ordonne à ses pilotes de détruire la capitale de la Russie.


Aussi, à partir du 22 juillet, des milliers d'avions allemands commencent à paraître dans le ciel moscovite. Les bombardements, menés par près de 8.000 avions, durent neuf mois. Malgré un tel déploiement militaire, les résultats sont plutôt maigres.


Les Allemands perdent 1.500 bombardiers et détruisent à peine une vingtaine d'entreprises. Surtout, le Kremlin, centre de commandement et symbole du pouvoir soviétique, échappe à leurs attaques.


Les pilotes allemands trompés


Comment les pilotes allemands ont-ils pu manquer une cible aussi évidente ? Si cet objectif essentiel n'a pas été atteint, c'est tout simplement qu'il a "disparu". Plus précisément, un groupe d'architectes a réussi à le camoufler.


Tout a été fait pour maquiller les bâtiments historiques de ce centre ville en immeubles ordinaires. Ainsi, les croix des grandes églises du Kremlin, comme la cathédrale de la Dormition ou le clocher d'Ivan le Grand, ont été démontées.


De leur côté, les bulbes dorés de ces édifices religieux, si visibles depuis le ciel, ont été enduits d'une peinture noire. Quant aux murs de la forteresse, leurs créneaux sont dissimulés et ils sont recouverts de peintures en trompe l'œil, qui dessinent portes et fenêtres.


Tous les toits sont recouverts d'une peinture sombre, qui les fait ressembler aux autres toitures de Moscou. Les façades sont également repeintes et, sur le sol du Kremlin, reconnaissable à ses pavés, on répand du sable.


Situé sur la place Rouge voisine, le mausolée de Lénine prend, quant à lui, les allures d'une maison traditionnelle en bois. Les pilotes allemands, trompés par ces leurres, n'ont plus aucun moyen de repérer le Kremlin. Ce camouflage est donc l'une des causes de l'échec de leur mission.


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Quelle est la tragédie du Laconia ?

Quelle est la tragédie du Laconia ?

3 février 2022· 2:21

Le 12 septembre 1942, le paquebot britannique Laconia est coulé, au beau milieu de l'Atlantique Sud, par un sous-marin allemand. Si cette tragédie est restée dans les annales, c'est aussi en raison de la manière dont certains passagers ont été secourus.


Un navire torpillé


Le Laconia transporte de nombreux militaires britanniques et polonais, plus d'une centaine d'hommes d'équipage et 1.800 prisonniers de guerre italiens. Mais il a aussi des civils à bord, environ 80 personnes, des femmes et des enfants.


Le 12 septembre 1942, alors qu'il croise au large de l'île de l'Ascension, dans l'Atlantique Sud, le paquebot est repéré par un sous-marin allemand.


Deux torpilles sont alors lancées dans la direction du Laconia. La première provoque une explosion meurtrière, qui tue 450 personnes, tandis que la seconde achève de couler le navire. Son capitaine ordonne alors l'évacuation des passagers, qui s'entassent dans les canots de sauvetage.


Des rescapés secourus


Quand le commandant du sous-marin se rend compte que des civils figurent parmi les rescapés du naufrage, il décide de leur venir en aide. Il prévient d'abord ses supérieurs, qui avisent les autorités françaises.


Ne voyant aucun bateau de secours arriver, le commandant du sous-marin lance un appel à tous les navires susceptibles de recueillir les passagers. En attendant leur arrivée, il organise lui-même le sauvetage des rescapés.


Deux autres sous-marins allemands arrivent alors sur les lieux, arborant des pavillons de la Croix-Rouge, et embarquent d'autres naufragés. Mais, repérés par un avion américain, les sous-marins sont bombardés.


Conformément aux ordres reçus, l'un des sous-marins plonge alors, abandonnant les rescapés à leur sort. Mais un autre refuse de les suivre et poursuit les opérations de sauvetage.


Près de 1.000 naufragés seront encore sauvés par des bateaux français. Au total, 1.658 personnes périssent dans la catastrophe.


Il s'agit d'un exemple très rare de suspension momentanée des hostilités et de sauvetage de ressortissants d'un pays ennemi, peut-être motivé en partie par la présence de prisonniers italiens, alliés des Allemands.


Informé de la situation, Hitler donna l'ordre de privilégier la sécurité des sous-marins qui, en cas d'attaque, devaient plonger sans en être empêchés par la présence de rescapés sur leur pont.


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Pourquoi la mort d'Henri II fut-elle tragique ?

Pourquoi la mort d'Henri II fut-elle tragique ?

2 février 2022· 1:58

En 1559, le roi Henri II, fils de François 1er, meurt au cours d'un tournoi, dans des circonstances particulièrement dramatiques.


Des fêtes pour célébrer la paix


En ce 30 juin 1559, le Cour de France a tout lieu de se féliciter. Le récent traité du Cateau-Cambrésis, signé en avril dernier, venait de mettre fin aux hostilités qui, depuis tant d'années, opposaient la France et l'Espagne.


La France n'en tire pas grand bénéfice, mais Henri II tient à célébrer la paix revenue. Comme il était de tradition à l'époque, l'entente entre les souverains est scellée par des mariages, notamment celui qui unit Philippe II d'Espagne à la fille aînée du roi de France.


Comme de coutume, des festivités sont prévues. Henri II, féru de chevalerie, tient à organiser un tournoi, bien que ce type de divertissement soit un peu tombé en désuétude.


Un tournoi tragique


Le tournoi se déroule à paris, devant l'hôtel des Tournelles, d'où le nom qui lui est resté. Malgré la chaleur torride, le roi tient à y participer. Il veut montrer sa vaillance à sa maîtresse, Diane de Poitiers, dont il arbore les couleurs.


La journée s'achève et les joutes arrivent à leur terme. Toujours superstitieuse, la reine Catherine de Médicis, mue par un mauvais pressentiment, adjure son époux d'annuler sa participation au tournoi.


Mais le souverain, qui vient de s'illustrer dans une première manche, décide de persévérer. D'ailleurs, il ne lui reste plus à affronter que le jeune comte de Montgomery, le capitaine de sa garde écossaise.


Des deux extrémités de la lice, les deux hommes s'avancent, la lance en avant. Mais voilà que celle de Montgomery se brise sur l'armure du roi. L'un des morceaux se glisse au travers du heaume et se fiche dans l'œil.


Henri II, qui souffre le martyre, est transporté à l'hôtel des Tournelles tout proche. Les chirurgiens les plus réputés du temps, dont le célèbre Ambroise Paré, s'empressent à son cheveu. Malgré leurs soins, le roi meurt quelques jours plus tard, dans d'atroces souffrances. Il laisse un fils de 15 ans, qui prend le nom de François II.


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Qui est Nicolas Rémy, l'ennemi des sorciers ?

Qui est Nicolas Rémy, l'ennemi des sorciers ?

31 janvier 2022· 2:07

C'est au tournant des XVIe et XVIIe siècles, alors que la chasse aux sorcières connaissait son apogée en Europe, qu'un certain Nicolas Remy se fait connaître par son zèle à poursuivre ceux qu'il considère comme des suppôts de Satan.


Un livre contre les sorcières


Né en 1525 ou 1530 et issu d'une famille de magistrats, Nicolas Remy étudie lui aussi le droit, et la littérature, et fait toute sa carrière au service du duc de Lorraine.


Si cet avocat et procureur général a laissé une trace dans l'Histoire, c'est surtout en tant qu'auteur de la "Démonolâtrie", en 1592, un traité consacré aux sorcières. Au fil des centaines de procès en sorcellerie qu'il décrit, l'auteur enseigne, avec un grand luxe de détail, la manière de démasquer un sorcier, ou, plus souvent, une sorcière.


Parmi ces moyens, figure, en bonne place, les tortures raffinées que, selon l'usage du temps, on infligeait aux malheureuses suspectées de frayer avec le Diable.


Un impitoyable bourreau


Quel que soit leur degré de culture, les gens du Moyen-Âge croyaient souvent dur comme fer à l'existence du Diable et à la possibilité, pour un mortel, de pactiser avec le démon.


C'est bien le cas, semble-t-il, de Nicolas Remy. Il a donc consacré sa vie à une cause qu'il croyait juste. Et, sans l'ombre d'un remords, il décrit par le menu, dans son traité, les supplices chinois qu'il préconise d'infliger aux personnes accusées de sorcellerie.


Il disserte ainsi sur les tourments qui, à son avis, provoquent les douleurs les plus intenses. Et il se vante d'avoir pu ainsi confondre plus de 800 sorciers et sorcières. Aucune circonstance atténuante ne trouve grâce à ses yeux.


Ainsi, le corps d'une femme a fort bien pu rester auprès de son mari, durant la nuit, alors que son âme allait danser le sabbat avec le Diable. Même les enfants ne sont pas épargnés par la hargne vengeresse de ce bourreau sans pitié.


Alors que, selon un usage déjà barbare, ils étaient fouettés devant le bûcher où brûlait leur mère, Nicolas Remy, lui, demandait leur mise à mort.


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Comment un courtier en bourse sauva des centaines de juifs ?

Comment un courtier en bourse sauva des centaines de juifs ?

30 janvier 2022· 2:08

On connaît l'action de l'industriel allemand Oskar Schindler pour sauver, durant la Seconde Guerre mondiale, des centaines de Juifs d'une mort certaine. Quoique moins connu, le Britannique Nicholas Winton fit sortir de la Tchécoslovaquie occupée par les nazis au moins 669 enfants juifs.


Des Juifs menacés


Nicholas Winton est né en 1909 à Londres, où ses parents, des Juifs d'origine allemande, s'étaient installés deux ans auparavant. Travaillant dans diverses banques, il devient courtier en bourse.


Son action en faveur des Juifs commence un peu par hasard, même si, du fait de la présence d'une partie de sa famille en Allemagne, le sort de cette communauté, en butte à des persécutions qu'il n'ignore pas, le préoccupe.


C'est à la demande d'un de ses amis, en poste à l'ambassade britannique à Prague, avant l'occupation nazie, qu'il commence à agir. Il lui parle des conditions de vie déplorables des Juifs, et notamment des enfants, entassés dans des camps de réfugiés surpeuplés.


Il s'en aperçoit lui-même en en visitant un. Dès avant le déclenchement de la guerre, il prend donc conscience du danger qu'ils courent.


Le sauvetage des enfants juifs


De retour dans son pays, Nicholas Winton organise le sauvetage des enfants juifs, dans le cadre d'un dispositif mis en place par la Grande-Bretagne, qui lui permettra de rapatrier des milliers d'enfants juifs, menacés par les nazis.


Mais la tâche n'est pas facile, car il faut trouver des familles d'accueil pour les enfants. Il faut aussi rassembler de l'argent, une caution devant être versée pour chaque enfant.


Le courtier, qui travaille avec plusieurs organisations de secours, parviendra à constituer huit trains qui, partant de Prague, emmèneront à Londres des centaines d'enfants juifs.


Le dernier convoi, au début septembre 1939, sera bloqué par le déclenchement de la guerre. L'action de Nicholas Winton restera ignorée jusqu'à la fin des années 1980.


Dès lors, de nombreux hommages lui sont rendus. Anobli par la Reine, en 2002, il recevra, en 2010, alors qu'il est centenaire, le titre de Héros britannique de l'Holocauste. Nicholas Winton décède en 2015, à l'âge de 106 ans.


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Quelle était la particularité du bataillon sacré de Thèbes ?

Quelle était la particularité du bataillon sacré de Thèbes ?

27 janvier 2022· 1:57

Dans la Grèce antique, le bataillon sacré était un corps d'élite de la cité de Thèbes. Cette unité militaire, à la formation particulière, a contribué à de nombreuses victoires.


Des couples de soldats


Le bataillon sacré de Thèbes n'était pas, à proprement parler, composé d'individus, mais de couples. Chacun était formé d'un homme, l'éraste, et d'un adolescent, l'éromène. À ce titre, le bataillon de Thèbes est l'un des nombreux exemples de ces relations pédérastiques qui étaient une véritable institution dans la Grèce ancienne. Ainsi, à Sparte, ce lien était même inscrit dans la loi.


Son but premier était de faire profiter le jeune homme du savoir et de l'expérience de son aîné. En principe, les relations entre les deux partenaires devaient rester platoniques.


En réalité, l'éraste et l'éromène devenaient souvent des amants. Ce lien charnel ne choquait guère les mentalités de l'époque, car le rapprochement qu'il supposait favorisait la formation de l'adolescent.


Une troupe d'élite


Très soudé, de par sa composition, le bataillon sacré doit servir de modèle aux autres troupes, dont il doit relever le courage. C'est pour cette raison que le bataillon est placé à l'avant de la ligne de combat.


Le bataillon sacré se distingue en effet dans plusieurs batailles contre les Spartiates, l'ennemi héréditaire de Thèbes. Il joue ainsi un rôle notable dans les victoires de Leuctres, en 375 avant J.-C., et de Tégyres, quatre ans plus tard.


Le bataillon forme ensuite la garde du stratège Pelopidas. Puis il est décimé à la bataille de Chéronée, en 338 avant notre ère, qui opposait une coalition des cités grecques, menée par Athènes et Thèbes, à l'armée du roi de Macédoine Philippe II.


L'appellation du bataillon thébain et sa nature de troupe d'élite, mais pas nécessairement sa composition particulière, se retrouvent, tout au long de l'Histoire, dans d'autres formations militaires.


C'est notamment le cas de la légion sacrée carthaginoise ou du bataillon sacré de l'Épire du Nord, qui combat durant la Première Guerre mondiale. Durant la guerre de 1939-1945, des Grecs exilés en Égypte fondent un bataillon sacré, uniquement composé d'officiers.


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Avec quel esclave Néron s'est-il marié ?

Avec quel esclave Néron s'est-il marié ?

26 janvier 2022· 2:12

Même si, en tant que dirigeant, Néron tend à être réhabilité par certains historiens, sa conduite privée trouve moins de défenseurs. Et ce n'est pas son "mariage" avec un jeune esclave, qu'il aurait fait castrer, qui pourra redorer son blason.


Une nouvelle "épouse" pour Néron


Au moment où Néron fait la connaissance de l'esclave Sporus, il semble déjà être uni, par ce qu'on peut appeler les liens du mariage, à un autre homme, Pythagoras. Celui-ci se serait d'ailleurs plutôt comporté comme le "mari" de l'empereur, alors que Sporus fut considéré comme son "épouse".


Sans doute un peu après la mort de la femme de Néron, Poppée, donc en 65 ou 66 de notre ère, l'empereur fait la connaissance d'un jeune esclave, du nom de Sporus.


Néron tombe aussitôt sous son charme, car le jeune homme ressemble étrangement à sa défunte épouse. Peut-être cette relation était-elle aussi empreinte d'un certain sentiment de culpabilité, car c'est l'empereur lui-même qui aurait fait périr sa femme enceinte à coups de pied.


Néron fait alors castrer Sporus et l'épouse, au cours d'une cérémonie qui, de fait, a toutes les apparences d'un mariage. L'empereur exhibe partout sa nouvelle "épouse" et veut l'avoir à ses côtés pour assister à son suicide, en 68.


Un destin tragique


Après la mort de Néron, le statut de Sporus ne change guère. Il passe en effet sous la protection de Nymphidius Sabinus, un haut fonctionnaire qui avait conspiré contre Néron.


Lui aussi considère Sporus comme sa "femme" et l'appelle même Poppée, comme l'épouse de Néron. Au cours de l'année 69, il a les mêmes relations avec l'un des successeurs de Néron, Othon.


Les empereurs romains se succédant alors très vite, c'est l'un d'entre eux, Vitellius, qui va indirectement provoquer la mort de Sporus, toujours en 69. Il lui demande en effet de jouer, à l'occasion d'un combat de gladiateurs, le rôle de Coré, fille de Zeus, enlevée par Hadès, maître des Enfers.


Plutôt que de se produire ainsi dans un spectacle qu'il trouvait humiliant, Sporus préféra se suicider. Le jeune homme n'avait sans doute pas plus de 20 ans.


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Le vase de Soissons a-t-il existé ?

Le vase de Soissons a-t-il existé ?

24 janvier 2022· 2:01

La fameuse anecdote du vase de Soissons, dont on peut penser qu'elle comporte au moins un fond de vérité, est l'un des épisodes les plus célèbres du règne de Clovis.


Un vase précieux en question


L'épisode du vase de Soissons est rapportée par Grégoire de Tours, évêque de la ville et auteur d'une "Histoire des Francs". Il se place en 486, à l'issue de la bataille de Soissons, qui voit la victoire de Clovis, roi des Francs saliens, sur le général gallo-romain Syagrius, qui contrôlait le nord de la Gaule.


À l'issue de la bataille, Clovis rassemble ses hommes dans un lieu de la ville de Soissons, dont il a fait un de ses camps de base. Il s'agit, comme le veut la coutume, de partager le butin amassé.


En principe, chacun doit recevoir la part que le sort lui assigne. En plus de cette part, le roi demande à ses soldats de lui attribuer un vase précieux. Il avait l'intention de le rendre au dignitaire religieux qui le lui avait demandé, sans doute saint Remi, évêque de Reims. Tous les hommes acceptent, sauf l'un d'eux, qui conteste à Clovis le droit de recevoir davantage que les autres.


Sur le moment, le roi ne proteste pas. Mais, un an plus tard, à l'occasion d'une cérémonie, il reconnaît le soldat récalcitrant et lui fend le crâne d'un coup d'épée.


Une anecdote exemplaire


D'après les historiens, il n'y a pas lieu, a priori, de mettre en doute l'authenticité du fait qui constitue le cœur de l'anecdote. Par contre, il est probable que, conformément à la logique de ce type de récit, Grégoire de Tours l'ait enjolivé pour en faire une histoire exemplaire.


Car l'anecdote, telle qu'elle est rapportée, n'est pas neutre. Elle met en évidence la volonté de Clovis d'imposer un pouvoir monarchique plus fort, à l'opposé des traditions plus égalitaires qui régnaient dans les tribus germaniques.


Elle illustre aussi le désir du roi de s'appuyer sur l'Église. Cette politique de collaboration aboutira à son baptême, qui se serait déroulé en 496 ou en 498.


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Pourquoi dit-on une “armée mexicaine” ?

Pourquoi dit-on une “armée mexicaine” ?

23 janvier 2022· 2:04

L'expression "armée mexicaine" est parfois employée pour désigner une organisation un peu anarchique où les responsables sont plus nombreux que les exécutants. Mais quelle est son origine ?


Des armées très mal organisées


Cette expression d'"armée mexicaine" remonte à la révolution mexicaine du début du XXe siècle. Centrée notamment sur la question agraire, elle a vu la division du pays en plusieurs factions, dont celles dirigées par Emiliano Zapata et Pancho Villa.


Or, les troupes rassemblées par ces deux révolutionnaires sont commandées par des officiers rapidement promus et aussi nombreux que mal formés. Ils ont sous leurs ordres des paysans au nombre assez réduit, dont l'instruction militaire est tout aussi rudimentaire.


Les consignes données sont souvent contradictoires, les nouveaux officiers n'ayant qu'une notion très vague de la hiérarchie. Il en résulte une véritable désorganisation dans la transmission et l'exécution des ordres, encore accrue par le fréquent changement des titulaires des principaux commandements.


Une expression synonyme de mauvaise organisation


Trouvant son origine dans la révolution de 1910-1920, l'expression "armée mexicaine" est depuis lors usitée de temps à autre. Elle désigne une situation anarchique, dans laquelle les donneurs d'ordres sont légion et les exécutants en nombre plus réduit.


L'expression est donc utilisée, de manière péjorative, pour montrer du doigt une organisation où une pléthore de décideurs tend à diluer les responsabilités. Ce qui est dénoncé ici c'est donc une conception erronée de la hiérarchie, qui se traduirait par une moindre efficacité.


On a souvent parlé d'"armée mexicaine", à partir des années 1970-1980, pour désigner l'administration. On voulait dénoncer par là une organisation opaque, dans laquelle il devenait difficile de distinguer les responsables des exécutants.


Cependant, l'expression a été utilisée plus tôt en France, alors même que la révolution mexicaine n'était pas encore achevée. Pour les linguistes, c'est un exemple rare, sinon unique, de l'emploi, dans une expression, du terme "armée" dans un sens péjoratif.


En règle générale, en effet, ce mot confère un sens valorisant aux expressions qu'il sert à forger. C'est le cas, par exemple, de la "Grande armée" formée par Napoléon.


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Que sont les “crieurs des morts” ?

Que sont les “crieurs des morts” ?

20 janvier 2022· 2:07

La France d'autrefois regorgeait de métiers pittoresques qui, pour la plupart, ont disparu avec la fonction qu'ils remplissaient. La profession de "crieur des morts" n'est pas le moins insolite de ces métiers du passé.


Des annonces macabres


Les "crieurs" ont été créés sous le règne de Philippe-Auguste, au XIIIe siècle. Ils n'étaient pas seulement chargés d'annoncer les décès, mais aussi les mariages, le prix des marchandises ou encore la vente des maisons.


Dans une société où peu de gens savaient lire et où les services administratifs étaient encore embryonnaires, cette méthode était la seule capable d'assurer une publicité suffisante aux actes officiels et à certains événements.


Au XVIe siècle, ces agents communaux deviennent des "crieurs des morts", chargés d'annoncer les seuls décès et enterrements. Ils sont organisés au sein d'une corporation spécifique.


Ils attiraient l'attention des habitants par le tintement d'une clochette ou le roulement d'un tambour. Du fait de leurs instruments de travail, ils étaient parfois appelés "crieurs clocheteurs".


Ceci fait, ils précisaient à haute voix, et à intervalles réguliers, le nom du trépassé et les horaires de ses funérailles. Les crieurs portaient de grands tabliers, ornés de têtes de mort. Leurs bonnes mœurs et leur qualité d'enfant légitime étaient vérifiées.


L'organisation de la cérémonie funèbre


Mais le rôle des "crieurs des morts" ne se bornait pas à l'annonce publique des décès. Ils devaient également veiller au transport du cercueil jusqu'à l'église. Ils l'accompagnaient aussi vers le cimetière.


Au XVIIe siècle, les crieurs reçoivent le monopole des fournitures mortuaires. En échange de cet avantage, ils devaient, chaque année, payer une certaine somme à l'État.


Il leur appartenait donc de veiller à l'organisation de la cérémonie funèbre. Ainsi, ils s'occupaient des tentures et de la marche du convoi funéraire. Et ils recevaient une part de ce que la cérémonie avait rapporté à la corporation des crieurs.


Propre à l'Ancien Régime, ce métier, comme tant d'autres, disparaît avec la Révolution française. Peu à peu, les annonces du crieur des morts sont remplacées par les faire-part, apportés au domicile des destinataires, puis envoyés par la poste.


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Que sont les “chats de navire” ?

Que sont les “chats de navire” ?

19 janvier 2022· 1:40

Les chats ont été domestiqués dès la plus haute Antiquité. Compagnons de l'homme, ces petits félins lui ont aussi rendu des services, notamment en chassant les rats qui infestaient les bateaux. On les appelait d'ailleurs des "chats de navire".


Des rongeurs indésirables


Les chats étaient très utiles à bord d'un navire. Ils y faisaient en effet la chasse aux rats et souris qui y élisaient volontiers domicile.


Or, ces rongeurs représentaient un danger permanent pour l'équipage. En effet, ils s'attaquaient aux cordages et à l'étoupe qui servait à calfeutrer la coque. Ainsi endommagée, elle prenait l'eau plus facilement.


Les rats s'en prenaient aussi aux vivres destinés aux marins. Dans les longues traversées, cette diminution des rations alimentaires pouvait avoir de graves conséquences.


Par le biais de cette nourriture souillée, ou par leurs parasites, rats et souris transmettaient aussi de graves maladies aux membres de l'équipage. Enfin, ils détérioraient souvent les cargaisons.


Un rôle essentiel


La meilleure manière d'éviter la présence des rats dans les bateaux était donc d'inviter un ou plusieurs chats à bord. C'est ce que firent les Égyptiens quand ils descendaient le Nil, voilà 10.000 ans environ.


Quand le grand commerce maritime se développe, au XVIIe siècle, et que des navires marchands sillonnent le monde, ils embarquent des chats pour préserver leur cargaison et protéger la santé des équipages.


L'importance de ces félins domestiques est telle que, dès le XVe siècle, certains assureurs, à Gênes notamment, refusent de se porter garants de la cargaison si des chats ne sont pas embarqués à bord des navires.


Le ministre Colbert, qui avait la charge de la marine, était du même avis. Pour lui, la présence de chats était un gage de sécurité pour les bateaux. Sur certains d'entre eux d'ailleurs, un membre de l'équipage était spécialement chargé de prendre soin des chats du bord.


En plus de leur rôle de chasseurs, les "chats de navire" sont restés, jusqu'à nos jours, de fidèles compagnons des marins. Ils en ont souvent fait des mascottes, censés leur porter chance et assurer le succès de la traversée.


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Pourquoi l'éléphant Abul-Abbas est-il célèbre ?

Pourquoi l'éléphant Abul-Abbas est-il célèbre ?

17 janvier 2022· 2:13

En 802, Charlemagne reçoit du calife de Bagdad, Haroun-al-Rachid, un impressionnant cadeau. Son envoyé ramène en effet d'Orient un éléphant blanc, baptisé Abul-Abbas. Cet animal fut très célèbre en son temps.


Une ambassade pour le calife de Bagdad


En 797, Charlemagne, soucieux d'étendre le réseau de ses alliances, avait envoyé une ambassade au calife abbasside Haroun-al-Rachid, qui régnait à Bagdad depuis 786. Elle est conduite par un négociant juif du nom d'Isaac.


Il doit sans doute cette promotion à sa connaissance de la langue arabe. Dans les conditions de circulation de l'époque, le périple est très long. Il faudra cinq ans à cette mission diplomatique pour arriver à Bagdad et en revenir.


Isaac en était d'ailleurs le seul membre, puisque ses compagnons avaient péri en route.


Un animal légendaire


Parmi les riches présents que, en gage de bonne amitié, le calife envoyait à Charlemagne, l'un d'eux fascina l'empereur et son entourage. Il s'agissait d'un éléphant entièrement blanc.


On l'appela Abul-Abbas, ce qui, en arabe, veut dire "le père d'Abbas". Ce spécimen albinos étant extrêmement rare, on lui attribuait des pouvoirs surnaturels. En effet, on le croyait d'essence divine. Aussi un tel animal, à l'origine fabuleuse, ne pouvait-il appartenir qu'aux grands de la terre, princes et rois.


Charlemagne en était très fier et le montrait volontiers à ses visiteurs. Peut-être pour les impressionner, il l'envoya même guerroyer contre les Danois.


Mais l'éléphant blanc, déjà âgé, supporte mal le climat de son pays d'accueil et succombe à une pneumonie, en 810. Il semblerait que l'animal ait pris froid après avoir nagé dans le Rhin. Charlemagne ne lui survivra que quatre ans. Quant à Haroun-al-Rachid, il était déjà mort au moment du décès de l'éléphant.


Mais son souvenir ne se perdit pas. Dans le somptueux trésor de la cathédrale d'Aix-la-Chapelle, résidence de l'empereur d'Occident, on trouve un cor qu'on disait façonné dans l'une des défenses d'Abul-Abbas.


De même, il arrive que, dans un jeu d'échecs, le fou soit remplacé par un éléphant. Dans ce cas, il prend le nom du mythique éléphant blanc de Charlemagne.


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Quel philosophe fut une des plus grandes fortunes de Rome ?

Quel philosophe fut une des plus grandes fortunes de Rome ?

16 janvier 2022· 2:07

Adepte des idées stoïciennes, le philosophe Sénèque célèbre la vertu, qui, pour lui, doit être au centre de la vie. Mais ce sage Romain fut aussi le précepteur de Néron et amassa une immense fortune.


Un philosophe stoïcien...


Né autour de l'an 4 avant J.-C., et mort en 65 de notre ère, Sénèque est un disciple de l'école stoïcienne. Pour lui, le sage doit avant tout rechercher la vertu. Elle ne peut être trouvée dans la quête du plaisir, qui est une passion vile et méprisable.


Cette vertu doit inciter le sage à supporter sans crainte les épreuves de la vie. En les mettant à l'écart, il ne leur permet pas d'entamer sa sérénité. Par ce détachement des choses de ce monde, le sage est l'égal des dieux.


Le stoïcien qu'est Sénèque regarde aussi la mort en face. On ne doit pas la rechercher, car il faut savoir profiter de la vie. Mais si, avec l'âge et les infirmités, elle devient un fardeau trop lourd à endurer, le sage a le droit de s'en évader en se donnant la mort.


...Mais très riche


La vie de Sénèque fut quelque peu en contradiction avec ses idées. En effet, ce sage, qui accordait en principe peu d'importance aux réalités sensibles, toucha de près au pouvoir et devint très riche.


En effet, Sénèque entame, en 31, une carrière politique prestigieuse. Devenu questeur, puis sénateur, il est l'un des principaux orateurs de l'assemblée. En 54, il devient le précepteur et le conseiller de Néron, qui n'a que 17 ans.


La faveur impériale lui permet de se constituer l'une des plus importantes fortunes du temps, estimée à environ 300 millions de sesterces, la monnaie alors en cours. Une telle aisance n'était guère en accord avec ses principes stoïciens.


Mais il y fut davantage fidèle dans la mort. Compromis dans un complot, en 65, il reçoit l'ordre de se suicider. Le philosophe choisit alors de s'ouvrir les veines. Durant son agonie, longue et pénible, il ne se départ pas d'une fermeté plus conforme à l'image qu'il se faisait du sage.


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A quoi les poupées “Rupert” ont-elles servi ?

A quoi les poupées “Rupert” ont-elles servi ?

13 janvier 2022· 2:55

Pour découvrir le podcast Complément d'Histoire: https://www.chosesasavoir.com/podcast/complement-dhistoire/


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Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les deux camps, et notamment celui des Alliés, ont souvent eu recours à des techniques d'intoxication pour tromper l'adversaire. Les poupées "Rupert" en font partie.


Des mannequins parachutistes


Durant le dernier conflit, des mannequins furent utilisés pour faire croire à l'ennemi que des soldats étaient parachutés sur ses arrières ou sur une zone stratégique.


Les poupées confectionnées par les Alliés furent baptisées "Rupert". Leur forme était assez sommaire; faites de toile de jute, et remplies de paille ou de sable, elles évoquaient, de loin, une silhouette humaine, mais aucun réalisme ne présidait à leur conception.


Rien à voir, par conséquent, avec les mannequins très élaborés qu'on aperçoit dans le film "Le jour le plus long". De près comme de loin, ils ressemblaient, en effet, à de vrais parachutistes.


Le parachute était placé dans le ventre de la poupée. Les mannequins étaient pourvus de dispositifs simulant des coups de feu ou même des éclats de voix. Certaines unités étaient chargées de parfaire cette sonorisation. Comme les poupées étaient censées exploser au sol, les Allemands ne devaient pas retrouver grand chose.


Un stratagème efficace


Ce sont les Allemands qui ont recours, les premiers, à de faux parachutistes. En effet, ils les utilisent dès le début de la guerre, en mai 1940.


Mais les Alliés emploient ce stratagème de manière plus systématique. Ils y ont recours lors du débarquement de Provence, à partir du 15 août 1944. Des mannequins sont aussi largués au-dessus des Philippines ou de la Nouvelle-Guinée.


Mais l'utilisation la plus connue des poupées "Rupert" a lieu à l'occasion du débarquement de Normandie. En effet, l'opération "Titanic" prévoyait, dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, celle qui précédait le débarquement, le largage de 500 poupées au-dessus de la Normandie.


Et la ruse semble fonctionner au-delà des espérances. En effet, une division SS tout entière est lancée à la recherche des prétendus parachutistes. Une partie d'une division de réserve reçoit la même mission.


Autant de troupes qui, détournées de leur objectif initial, ne pourront s'opposer à l'avance des Alliés.


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Comment un “faux Soir” a-t-il ridiculisé les nazis ?

Comment un “faux Soir” a-t-il ridiculisé les nazis ?

12 janvier 2022· 2:16

Durant la Seconde Guerre mondiale, la résistance à l'occupant nazi prit des formes diverses. Ainsi, la Résistance belge utilisa l'arme de l'humour pour ridiculiser les Allemands.


Un journal collaborateur


En Belgique, comme dans tous les pays qu'ils occupaient, les Allemands ont su s'entourer de personnes acceptant de collaborer avec eux.


Ils trouvent ainsi des complicités dans la presse. En effet, ils persuadent des journalistes et diverses personnalités de reprendre le journal "Le Soir", qui avait cessé de paraître le 18 mai 1940.


Il s'agissait du journal de langue française le plus lu en Belgique. Animée par des personnalités favorables aux Allemands, cette nouvelle version du journal est appelée "Le Soir volé" par une partie de la population.


Ce qui ne l'empêche d'ailleurs pas d'atteindre des tirages confortables et de demeurer l'un des organes de presse les plus influents du pays.


Un numéro très particulier


Les milieux de la Résistance belge ont alors une idée originale : faire paraître un numéro du journal en tous points comparable aux autres numéros mais avec, bien entendu, un contenu tout différent.


Le but est de narguer les Allemands, en faisant preuve de cet humour typiquement bruxellois, que les autochtones appellent le "zwanze".


L'idée est surtout venue du Front de l'Indépendance, un mouvement de résistance cherchant à rassembler des hommes et des femmes de toutes opinions, résolus à s'opposer à l'occupant nazi.


La réalisation de ce numéro est un véritable tour de force. En effet, les comploteurs réussissent à trouver, en très peu de temps, l'imprimeur et le matériel nécessaires à la parution de ce "faux Soir".


Ils réussissent à tirer 50.000 exemplaires du journal, dont 5.000 sont écoulés dans le circuit officiel. Ils ont choisi, pour le faire paraître, la date symbolique du 11 novembre 1943.


Et les Belges, qui s'arrachent le numéro, lisent, avec hilarité, des articles très critiques à l'égard des nazis et imitant en tous points la présentation et le ton pompeux du journal collaborateur.


La première surprise passée, les Allemands réagissent très vite. Ils arrêtent quinze responsables de ce numéro satirique, dont plusieurs mourront en déportation.


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