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Par Choses à Savoir
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1515 épisodes · page 31 sur 51

Dorothy Eady s'est-elle réincarnée ?
Certaines personnes ont l'impression d'avoir vécu des vies antérieures. À cet égard, l'un des cas les plus curieux est celui d'une Anglaise, Dorothy Eady, qui prétendait être la réincarnation d'une prêtresse de l'Égypte antique.
Un comportement étrange
Née à Londres, en 1904, dans un milieu modeste, Dorothy Eady manifeste très tôt un comportement étrange. Très jeune, elle est victime du "syndrome de l'accent étranger"; elle s'exprime bien dans sa langue, mais comme le ferait une étrangère.
Toute petite, elle demande à "rentrer à la maison", comme si elle ne se sentait pas chez elle. L'Égypte ancienne prend très vite une grande place dans sa vie. Devant ses camarades d'école, elle compare le christianisme à la religion égyptienne.
Lors d'une visite au British Museum, avec ses parents, elle est fascinée par la photographie du temple du pharaon Séthi Ier, le père de Ramsès II. Elle prétend que c'est là qu'elle vécut, dans une autre vie, mais qu'on a fait disparaître les jardins qui entouraient le temple.
Plus tard, la jeune femme, victime de cauchemars récurrents, est internée à plusieurs reprises. En 1931, elle commence à travailler pour un magazine égyptien.
Une prêtresse d'Isis
Cette même année 1931, elle s'installe en Égypte avec son mari. Un fils naît bientôt, qu'on nomme Séthi, comme le pharaon. Dorothy Eady continue à avoir un comportement étrange.
Elle prétend sortir parfois de son corps et recevoir la visite nocturne d'un personnage qu'elle appelle Hor-Ra. Celui-ci lui révèle alors l'existence qu'elle aurait vécue dans l'ancienne Égypte.
Elle se serait appelée Bentreshyt. D'humble origine, elle perd sa mère très tôt. Elle est alors élevée dans un temple, pour devenir prêtresse. Mais, remarquée par Séthi Ier, elle a une liaison avec le pharaon et tombe enceinte.
Pour éviter le déshonneur et même la mort, elle se suicide. Telle est le récit qu'Hor-Ra aurait lui-même dicté à Dorothy Eady. Quoi qu'on puisse penser d'une telle histoire, il est indéniable que cette femme, qui se faisait appeler "Omm Sety", avait acquis une réelle compétence en égyptologie, alors qu'elle n'avait pas fait d'études en ce sens.
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Qui a construit le canal de la mer Blanche ?
Achevé en 1933, le canal reliant la mer Blanche à la mer Baltique, appelé le "Belomorkanal", fut construit par des détenus du Goulag, dont beaucoup y laissèrent la vie. Jusqu'à nous jours, l'utilité de ce canal demeure assez problématique.
Un projet pharaonique
En 1931, Staline demande qu'un canal soit creusé pour relier la mer Blanche à la mer Baltique. Ce projet gigantesque n'était pas pourtant pas prévu par le dernier plan quinquennal.
On ignore les motifs qui ont poussé le dictateur soviétique à se lancer dans une telle entreprise. Il se peut que, dans ce domaine aussi, le "petit père des peuples" ait voulu rivaliser avec l'un de ses modèles, le tsar Pierre le Grand, qui fit creuser en deux mois, dans la même région, une route de 180 kilomètres de long.
Ce canal lui aurait aussi permis de transférer sa flotte de la mer Baltique à la mer de Barents et, de là, dans l'océan Pacifique, sans passer au large de la Norvège.
Un véritable enfer
Pour Staline, la main-d'œuvre nécessaire est toute trouvée. En effet, les prisonniers politiques, les paysans victimes de la collectivisation et les populations déplacées ont rempli les camps du Goulag, dont la direction est confiée à la police politique, la sinistre Guépéou.
On estime qu'environ 170.000 détenus ont creusé ce canal, dans des conditions épouvantables. Durant le long hiver régnant dans ces régions, ils devaient travailler par un froid polaire.
Par ailleurs, la ration de nourriture était conditionnée au travail effectué. Enfin, les outils sont rudimentaires, ce qui rend le travail encore plus épuisant.
On ne s'étonne pas que, dans de telles conditions, au moins 30.000 prisonniers aient péri durant le creusement du canal. Cet ouvrage long d'environ 225 mètres et comportant 19 écluses et 5 barrages est pourtant achevé en un temps record.
En juillet 1933, Staline inaugure le canal, mais il n'est pas satisfait. Il le trouve trop étroit et pas assez profond. Malgré des travaux accomplis dans les années 1970, ce canal transporte aujourd'hui à peine 500.000 tonnes de marchandises par an. Les détenus du Goulag étaient vraiment morts en vain !
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Qu'est-ce qu'un mot “ultraconservé” ?
Depuis longtemps, les spécialistes du langage essaient de retrouver les racines des langues parlées aujourd'hui dans le monde. La découverte faite par une équipe de chercheurs anglais devrait apporter de l'eau à leur moulin.
Des mots très anciens
Ces chercheurs auraient en effet identifié 23 mots un peu différents des autres. Ils seraient si anciens que les hommes préhistoriques les auraient déjà utilisés voilà plus de 15.000 ans.
Jusque ici, les linguistes pensaient qu'un mot ne pouvait être utilisé plus de 8.000 ou 9.000 ans. Si l'hypothèse des chercheurs anglais se vérifie, il faudrait donc réviser ce postulat.
En raison de leur exceptionnelle longévité, ces vocables ont été appelés des mots "ultraconservés". Parmi eux, on trouve les mots "tu", "mère", "cendre", "homme" ou encore "vieux".
Une proto-langue commune ?
Si ces mots étaient employés par les hommes du Paléolithique, voilà plus de 15.000 ans, cela voudrait dire qu'ils étaient utilisés avant même la formation des grandes familles de langues eurasiatiques.
Et, de fait, on trouve ces mots, sous des formes assez proches, aussi bien dans les langues indo-européennes, parlées surtout en Europe, altaïques, qu'on trouve au Japon ou en Corée, dravidiennes, pour le sud de l'Inde, ou encore tchouktches-kamtchadales, parlées dans le Nord-Est de la Sibérie.
Ainsi "tu" serait présent, sous la forme "tu" ou "te", dans les langues indo-européennes, sous la forme "t'i" dans les langues altaïques, et sous la forme "turi" dans les langues tchouktches.
Les chercheurs auraient retrouvé ces mots très anciens dans au moins quatre des sept grandes langues eurasiatiques parlées encore aujourd'hui. S'ils ont vu juste, cela signifie qu'une langue commune aurait existé avant que ne se forment les grandes familles de langues que nous connaissons aujourd'hui.
Mais tous les spécialistes du langage ne sont pas convaincus par l'hypothèse de cette proto-langue eurasiatique, qui serait en quelque sorte l'ancêtre des langues parlées actuellement en Europe comme en Asie.
Ils signalent d'abord le petit nombre de ces mots très anciens. Ensuite, il leur semble qu'il existe au moins autant de probabilités pour que l'existence de ces mots soit due au hasard.
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Qui est “Césarion” ?
Fils de Jules César et de Cléopâtre, Ptolémée XV, familièrement surnommé "Césarion", unissait dans sa personne l'Orient et l'Occident. Mais sa vie reste très mal connue.
Un fils pour César et Cléopâtre
Après sa victoire, à Pharsale, en 48 avant J.-C., César pénètre en Égypte. Cléopâtre VII, chassée du pouvoir par son jeune frère Ptolémée XIII, demande l'appui du vainqueur. César accepte, et la rétablit sur son trôle, en compagnie d'un autre de ses frères, qui prend le nom de Ptolémée XIV.
La Reine égyptienne et le dictateur romain deviennent amants et, sans doute en 47 avant notre ère, Cléopâtre donne naissance à un garçon, qu'on surnomme aussitôt "Césarion", en référence à son illustre père.
Dans les années suivantes, l'enfant accompagne sa mère au cours des deux voyages qu'elle fait à Rome, à l'invitation de César. Mais la venue de la souveraine est mal vue.
En effet, César est déjà marié et les Romains ne plaisantent pas avec la morale. Il ne peut donc reconnaître l'enfant et se résout à adopter son petit-neveu Octave.
Un destin funeste
Mais voilà qu'en 44 avant J.-C., César, victime d'une conjuration, périt assassiné. Cléopâtre, qui n'est déjà pas la bienvenue à Rome, retourne aussi tôt en Égypte. Dès son arrivée, elle se débarrasse de Ptolémée XIV, et le remplace par son fils qui, sous le nom de Ptolémée XV, règne avec elle.
Après la mort de César, Octave, bientôt connu sous le nom d'Auguste, partage le pouvoir avec Marc-Antoine et un autre triumvir. Il ne reconnaît pas la nouvelle situation en Égypte.
Mais la Reine réussit à séduire le nouveau proconsul pour l'Orient, Marc-Antoine, qui associe bientôt son destin au sien. En 34 avant notre ère, il reconnaît Cléopâtre comme Reine d'Égypte et donne à Césarion le titre de "Roi des Rois". Qui plus est, il voit dans Césarion le fils légitime de César.
C'est plus que n'en peut tolérer Auguste, qui déclare la guerre à Marc-Antoine et Cléopâtre. Ils sont battus à Actium, en 31, et se suicident tous deux. Quant à Césarion, il est probable que, l'année suivante, il ait été exécuté sur l'ordre d'Auguste.
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Qu'est-ce que l'attaque Taran ?
Les kamikazes japonais ne furent pas les seuls pilotes à accepter de se sacrifier pour s'assurer de la victoire. D'autres aviateurs eurent recours à un autre mode de combat aussi périlleux, l'"attaque Taran".
Une attaque directe
Cette attaque "Taran" vient d'un mot russe signifiant "bélier". Elle consiste, pour un pilote, à aborder directement un autre avion, dans le but de l'endommager et de provoquer sa destruction.
Ce mode de combat aérien peut se dérouler de plusieurs manières. Le pilote peut d'abord placer une des ailes de son avion sous une de celles de l'appareil ennemi. Ceci fait, il lui donne une impulsion qui le déséquilibre et lui fait perdre de l'altitude.
Le pilote peut aussi détruire, avec les pales de son hélice, des parties vitales d'un autre avion, comme le gouvernail. Il peut encore simplement précipiter son avion sur celui de son adversaire, sans user d'une tactique bien définie.
Il va sans dire qu'une telle attaque se soldait souvent par la mort de l'assaillant.
Un mode de combat souvent utilisé
Si ce type de combat aérien a été baptisé d'un nom d'origine russe, c'est qu'il a été utilisé pour la première fois, pendant la guerre de 1914-1918, par un pilote de cette nationalité.
Durant la Seconde Guerre mondiale, nombre d'aviateurs lancèrent leurs avions contre ceux de leurs ennemis. Et d'abord les pilotes soviétiques. Ils furent en effet des centaines à utiliser l'"attaque Taran" pour abattre les avions adverses.
Ce mode de combat ne dénotait pas forcément, de leur part, un esprit suicidaire. En effet, les Soviétiques avaient remarqué la vulnérabilité de certaines parties des avions allemands, comme les ailerons de direction, qui étaient en bois.
En exploitant cette fragilité, les pilotes russes parvenaient, avec beaucoup d'habileté, à éperonner les appareils allemands sans forcément y perdre la vie.
Durant ce conflit, d'autres pilotes eurent recours à l'"attaque Taran". Ainsi, des aviateurs grecs, allemands ou polonais l'utilisèrent avec succès pour abattre leurs adversaires.
En 1973, un pilote soviétique ayant échoué à détruire un avion iranien soupçonné d'espionnage, décida de l'attaquer directement, ce qui provoqua sa mort.
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Quel fut le siège le plus long de l'histoire ?
Les Turcs assiègent la ville de Candie, en Crète, de 1648 à 1669. Ce siège de 21 ans, qui oppose les Ottomans aux Vénitiens et aux troupes envoyées par plusieurs puissances catholiques, est sans doute le plus long de l'Histoire.
L'avancée turque en mer Égée
Il faut d'abord replacer ce siège dans le contexte de l'avancée turque en Occident, et notamment en mer Égée. Entre autres succès, les Ottomans ont repris aux Vénitiens certaines de leurs possessions du Péloponnèse et ils s'attaquent à la Crète, qui appartient également à Venise.
Entre 1645 et 1648, l'ensemble de l'île passe aux mains des Ottomans, sauf certaines cités, comme Candie, l'actuelle Héraklion.
Les Turcs commencent même à occuper Chypre. Le pape Pie V ne parvient pas à les en déloger, mais il réussit à conclure une Sainte Ligue, qui regroupe des pays catholiques comme l'Espagne ou plusieurs États italiens.
En 1577, cette coalition remportera la bataille navale de Lépante, qui met fin, du moins pour un temps, à l'avance turque.
Pourquoi un siège si long ?
C'est dans ce contexte que se déroule le siège de Candie. On peut trouver plusieurs explications à son exceptionnelle durée.
En premier lieu, les Ottomans sont aux prises avec une guerre dans les Balkans, qui les empêche, jusqu'en 1664, d'envoyer à Candie les renforts qui auraient pu amener la supériorité, du moins numérique, des assiégeants.
Et les troupes turques sont d'autant moins suffisantes à assurer leur succès que les Ottomans perdent environ 20.000 hommes dans les premiers mois du siège.
Si ce siège a traîné en longueur, c'est aussi en raison des troupes qu'envoient sur place plusieurs pays. En effet, la République de Venise a réussi à les intéresser à sa cause.
Ilo est vrai qu'elles n'ont pas plus intérêt que Venise à voir se poursuivre l'expansion turque. Ainsi, l'Espagne envoie des navires et la France des milliers d'hommes.
Malgré tout, il faut attendre août 1669 pour voir les négociations débuter entre les deux camps. Les assiégés se rendent le mois suivant et la population chrétienne est autorisée à quitter la ville. Désormais, Venise ne possède plus que quelques places mineures en Crète.
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Quel roi faillit mourir au Bal des Ardents ?
Le 28 janvier 1393, un bal organisé à la cour de Charles VI se termine par la mort tragique de plusieurs personnes. Le Roi lui-même en réchappe par miracle.
Un bal qui tourne mal
En cette fin de janvier 1393, la Reine Isabeau de Bavière a décidé de donner un bal à l'occasion du mariage de l'une de ses dames d'honneur. L'événement doit avoir lieu à l'hôtel Saint-Pol, l'une des résidences parisiennes préférées des souverains.
Mais le Roi, qui, à 25 ans, aime s'amuser, et son entourage de jeunes seigneurs, ont décidé d'organiser un charivari. Ce rituel festif, un peu comparable au carnaval, accompagne souvent le remariage des veufs ou des veuves, comme c'est le cas ici.
Au cours de la soirée, voilà que font irruption dans la pièce le Roi et ses compagnons, déguisés en bêtes fauves. Le masque et le costume très ajusté, qui est cousu sur eux, évoquent en effet des sortes de "sauvages".
Mais, quand le duc d'Orléans, le jeune frère du Roi, s'approche, avec sa torche, pour reconnaître l'un des participants, il met le feu à son costume très inflammable. Et l'incendie se propage aux autres danseurs déguisés.
Quatre d'entre eux en meurent. Quant à Charles VI, il ne doit d'être sauvé que grâce à la présence d'esprit de la duchesse de Berry, qui l'enfouit sous ses amples jupes.
Un épisode qui impressionne le Roi
Ce "bal des Ardents", comme on l'appela par la suite, ne fut pas sans conséquences, notamment sur la santé du Roi. En effet, elle était déjà fragile. L'année précédente, il avait été pris d'un premier accès de démence.
Cet épisode le marque profondément et fait vaciller un peu plus sa raison déjà chancelante. Terrifié par cette vision de ses compagnons en feu, le Roi a l'impression qu'il est devenu aussi fragile que du verre.
De son côté, la population parisienne se montre très mécontente de l'incident. Elle critique les conseillers du Roi d'avoir exposé sa santé déjà fragile. Pour apaiser la colère, et éviter une possible révolte, Charles VI se rend à Notre-Dame et se montre à la foule, entouré de ses conseillers.
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Comment Ignace Semmelweis sauva-t-il des millions de personnes ?
La pandémie de Covid a rappelé l'importance de certaines mesures d'hygiène, comme le lavage soigneux et régulier des mains. Dès la première moitié du XIXe siècle, un médecin hongrois avait déjà découvert que ce simple geste pouvait éviter de nombreuses infections.
Le lavage des mains contre les infections
En 1847, Ignace Philippe Semmelweis travaille, comme médecin assistant, dans le service d'obstétrique de l'hôpital général de Vienne. Là, il est consterné par le taux de mortalité des femmes enceintes et des nouveau-nés.
En effet, il atteint 18 % en 1847. La fièvre puerpérale, une infection qui atteint certaines femmes après l'accouchement, fait des ravages.
C'est alors que le décès de l'un de ses amis, un médecin qui, au cours de la dissection d'un cadavre, s'était blessé au doigt avec un scalpel, lui ouvre les yeux. Son autopsie révèle en effet qu'il avait été victime d'une infection comparable à celle qui terrassait les femmes en couches.
Semmelweis conseille alors aux médecins devant accoucher des femmes ou pratiquer des autopsies de se laver soigneusement les mais, avec une solution spécifique, et de désinfecter leurs instruments.
Dans la clinique de Budapest où il exerce ensuite, cette méthode fait merveille. Entre 1851 et 1855, seules 8 femmes sur plus de 900 décèdent de la fièvre puerpérale.
Un précurseur incompris
Mais le milieu scientifique de l'époque n'est pas prêt à accepter une avancée médicale qui préfigure la découverte de la théorie microbienne par Pasteur.
Fidèles aux préceptes de la médecine traditionnelle, les médecins de l'époque attribuaient en effet la fièvre puerpérale au déséquilibre de l'une des quatre humeurs qui étaient censées imprégner le corps humain.
L'ensemble du corps médical rejette les idées de Semmelweis et l'institution ne facilite pas le déroulement de sa carrière. Le médecin hongrois attend 1861 pour décrire sa découverte dans un gros volume de 500 pages.
Les critiques acerbes qu'il provoque accroissent encore son amertume. Semmelweis sombre peu à peu dans la dépression. Il est alors interné, en juillet 1865, dans un hôpital psychiatrique. Il y aurait succombé, un mois après, aux mauvais traitements infligés par ses gardiens.
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Qu'est-ce que la “Grande famine” irlandaise ?
Entre 1845 et 1851, beaucoup d'Irlandais meurent littéralement de faim. Une maladie de la pomme de terre provoque en effet ce que les historiens ont appelé la Grande famine.
Une culture exclusive
Du fait notamment du partage des terres entre tous les fils, quand il s'agit d'une famille catholique, beaucoup d'exploitations agricoles ont une faible superficie. Aussi la plupart des paysans irlandais ont-ils adopté la culture de la pomme de terre. Ce tubercule demande en effet peu de place et il est très nourrissant.
Cette culture est également encouragée par les propriétaires de la terre, les agriculteurs irlandais étant surtout des métayers. En effet, ces "landlords", qui vivent souvent en Angleterre, favorisent l'élevage sur leurs domaines, laissant peu de place aux cultures.
La pomme de terre s'est très bien adaptée à la nature de la terre et au climat irlandais. Chaque années, 10 millions de tonnes sont récoltées. Et 3 millions de personnes font de ce tubercule leur aliment principal.
Un million de morts
Sans doute transporté par des navires en provenance d'Amérique du Nord, le mildiou, un champignon parasitaire, commence à s'attaquer aux récoltes de pommes de terre en septembre 1845.
Un tiers de la production est détruit. Les récoltes des années suivantes, et notamment celles de 1846, 1848 et 1849, sont également très faibles. Cette maladie n'étant pas connue à l'époque, les causes de la catastrophe ne sont pas identifiées.
Les autorités se contentent de préconiser des mesures dérisoires, comme la ventilation des récoltes. Le bilan humain est épouvantable : un million de personnes périssent. C'est la faim qui entraîne la mort des deux tiers d'entre eux, les autres succombant au typhus, au choléra ou à la tuberculose.
À ces victimes, il faut ajouter les deux millions d'Irlandais qui fuient le pays. Fidèle au "laissez faire", le gouvernement anglais refuse d'intervenir directement, de peur de fausser les lois du marché.
Le Premier ministre se borne à acheter secrètement du maïs américain. En pleine famine, l'Irlande continue d'exporter des denrées alimentaires. Peuplé de 8,5 millions d'habitants en 1845, le pays n'en a plus que 4,4 millions en 1911.
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Pourquoi le stakhanovisme est-il né d'un mensonge ?
Méthode de propagande mise au point durant l'ère stalinienne, le stakhanovisme conduit à une forte augmentation de la production, tout en ayant des effets pervers. Mais il est probable que l'exploit qui en est à l'origine fut en partie arrangé pour les besoins de la cause.
Les prouesses d'un mineur
Né en 1906, le mineur Alekseï Stakhanov commence à travailler, en 1927, dans une mine de charbon du Donbass. Le 31 août 1935, il aurait extrait, en six heures de travail, 102 tonnes de charbon. Soit environ 14 fois plus que le norme d'extraction fixée pour ce minerai.
Quelques mois plus tard, en septembre, il bat son propre record, en parvenant à extraire, à lui seul, 227 tonnes de charbon. La propagande soviétique s'empare aussitôt de ces prouesses.
Elle encourage l'émulation des autres travailleurs, l'exploit du mineur du Donbass devenant une véritable méthode d'exploitation, le "stakhanovisme".
Des concours sont organisés et, dans tous les secteurs de l'économie, chacun essaie de rivaliser avec Stakhanov. Ces efforts individuels ne sont sans doute pas étrangers à la forte augmentation de la productivité qu'on enregistra à la fin des années 1930.
Fêté par le régime et montré en exemple, Stakhanov est décoré et promu à la direction d'une mine.
Un exploit arrangé
Il apparaît aujourd'hui que l'exploit de Stakhanov doit être relativisé. En effet, il est probable que le régime a monté de toutes pièces cette prétendue prouesse.
De fait, elle ne repose que sur l'action individuelle de Stakhanov. Or, il semble bien qu'il ait été aidé, dans sa tâche, par des mineurs qui soutenaient les parois et d'autres qui ont participé à l'évacuation du charbon.
Pourtant, le travail d'un mineur russe, à cette époque, comportait bien toutes ces tâches. Quoi qu'il en soit, le stakhanovisme n'eut pas que des effets positifs.
Ainsi, le rythme intensif de travail qu'il supposait aurait conduit à une usure prématurée des matériels. Il se serait aussi traduit par une détérioration des conditions de travail, avec des journées plus lourdes et des sanctions pour les travailleurs ne dépassant pas les quotas de production.
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Quel est le scandale des avions renifleurs ?
L'affaire des "avions renifleurs", révélée par "Le canard enchaîné", provoqua, à partir de 1983, un véritable scandale politico-financier, dans lequel furent impliquées des responsables de haut rang.
Un avion qui a du flair
Le stratagème qui donnera naissance à cette affaire est imaginé par un réparateur de télévisions italien, Aldo Bonassoli, et un ingénieur belge, Alain de Villegas. C'est dans le château de celui-ci que les deux hommes mèneront de supposées recherches.
Vers le milieu des années 1970, les deux compères prétendent avoir mis au point un avion d'un genre particulier. En effet, le simple survol d'une zone par cet appareil lui permettrait de repérer les gisements pétrolifères qu'elle pourrait receler.
Le résultat s'afficherait aussitôt sur un tableau. Les deux hommes prétendent que leur avion peut aussi détecter des nappes phréatiques et même des sous-marins.
Aussi ne tardent-ils pas à intéresser le groupe Elf à leur invention. Elle semble très intéressante à ses responsables à un moment où, après le premier choc pétrolier, il devient urgent de trouver d'autres sources d'approvisionnement.
Les deux inventeurs trouvent également des soutiens dans les milieux politique et bancaire. En juillet 1976, un contrat est signé, avec l'aval, semble-t-il, du Président Giscard d'Estaing et du Premier ministre Raymond Barre.
Une supercherie vite éventée
Mais des doutes vont très vite se faire jour. En effet, d'après les indications de Bonassoli et Villegas, Elf entreprend des forages en Afrique du Sud. Mais ils ne révèlent aucune trace de pétrole.
Par ailleurs, on apprendra que les gisements prétendument découverts en survolant la rase de Brest l'auraient été grâce à des renseignements que possédaient déjà les deux inventeurs. En outre, on s'aperçoit que le tableau censé révéler la présence des gisements est truqué.
Le scandale éclate au grand jour en 1983, révélé par un journaliste du "Canard enchaîné". Comme l'affaire semble d'importance, le gouvernement réunit une commission d'enquête.
Elle blanchit Valéry Giscard d'Estaing, mais épingle Raymond Barre, qu'elle accuse d'avoir cherché à étouffer l'affaire. Quant aux inventeurs, ils ressortent ruinés de ce scandale. Aldo Bonassoli reprendra même son activité de réparateur de télévisions.
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Qu'est-ce qu'un carnet de bal ?
Le carnet de bal était l'accessoire indispensable des bals mondains du XIXe et du début du XXe siècle. Devenu, avec le temps, un véritable objet d'art, il a revêtu plusieurs formes.
Un aide-mémoire très utile
Les bals organisés par les grandes familles de l'aristocratie ou de la bourgeoisie étaient des événements mondains où il fallait se montrer. Ils permettaient d'assurer son rang dans la société et de marquer les débuts "dans le monde" des jeunes filles à marier.
Les danseuses ne se séparaient pas de leur carnet de bal. Apparu vers 1820, cet accessoire leur servait en quelque sorte d'aide-mémoire.
Le bal était organisé avec soin, et le programme de danses qui le composait était publié à l'avance, dans l'ordre de leur déroulement. Ainsi, la danseuse pouvait inscrire, en regard de chaque danse, le nom du cavalier qu'elle avait agréé.
Certains carnets de bal avaient une autre utilité pour les danseuses novices. Ils reprenaient en effet les principales figures de certaines danses.
Un véritable objet d'art
Au début, le carnet de bal n'est pas vraiment un accessoire en soi. En effet, la danseuse se sert de son éventail, au dos duquel elle inscrit le nom de son cavalier.
Mais, au fil du temps, le carnet de bal devient un véritable objet d'art, fabriqué et décoré avec beaucoup de soin. Il est confectionné dans des matières précieuses, comme la nacre, l'argent, l'ivoire ou l'écaille.
Ce petit carnet est souvent orné de tableautins ou de délicates miniatures. S'il prend cette forme de carnet, il comporte alors autant de feuillets que de danses. Sur chacun d'eux, la danseuse inscrit le nom de son cavalier au moyen d'un petit crayon relié au carnet par un fin cordon.
Mais ce "carnet" de bal se réduit souvent à un carton imprimé, où sont précisés l'ordre des danses et les engagements pris, pour chacune d'entre elles, par la danseuse.
À l'époque de la Monarchie de Juillet et du Second Empire, ce carton de bal prenait la forme d'une carte de porcelaine, qui devint l'accessoire indispensable des bals à la mode.
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Qu'est-ce que le massacre de Katyn ?
Le massacre, en 1940, de milliers d'officiers polonais par les Soviétiques, dans la forêt de Katyn, a longtemps été nié par l'URSS. Il s'inscrit sans doute dans la politique de soviétisation menée par les dirigeants russes dans ces territoires de l'Ouest.
La Pologne doublement envahie
En août 1939, l'Allemagne nazie et l'URSS signent un pacte de non agression. Ce pacte germano-soviétique contient une clause secrète, selon laquelle les Russes pourront envahir la partie orientale de la Pologne, après que l'Allemagne lui aura déclaré la guerre.
Le 17 septembre, alors que les troupes allemandes progressent depuis deux semaines dans le pays, les Soviétiques entrent à leur tour en Pologne. Ils ne lui déclarent pas la guerre, mais motivent leur intervention par la nécessité de protéger les minorités ukrainienne et biélorusse vivant en Pologne.
Déjà décimée par l'attaque allemande, l'armée polonaise décide de n'opposer aucune résistance aux Russes. Les Polonais se rendent donc, et les Soviétiques capturent environ 250.000 hommes.
Le massacre des officiers polonais
Les prisonniers sont regroupés dans de vastes camps. Les simples soldats sont relâchés assez rapidement. Mais le sort des officiers est plus tragique. Plus de 20.000 sont aux mains des Soviétiques.
Dans la première quinzaine de mai 1940, une partie de ces officiers est transférée depuis les camps de détention jusqu'à la forêt de katyn, près de Smolensk. Là, les militaires sont emmenés devant des fosses communes et exécutés d'une balle dans la nuque.
En 1943, plus de 4.000 corps sont retrouvés par l'armée allemande, qui a déclaré la guerre à la Russie et progresse alors sur son territoire. Les Allemands accusent les Russes d'avoir perpétré ce massacre. Il faudra attendre 1990 pour que l'URSS reconnaisse son implication dans ces crimes.
Si Staline a ordonné l'exécution de ces officiers, c'est sans doute pour éliminer les membres d'une élite polonaise peu réceptive à la propagande soviétique et susceptible d'organiser une éventuelle résistance à l'invasion russe.
Dans le but de justifier ces meurtres auprès de la population russe, ces officiers étaient présentés comme des aristocrates, exploiteurs du peuple et imbus de leurs privilèges.
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Pourquoi parle-t-on du guerre des Gaules ?
Ce que nous appelons la guerre des Gaules, d'après le titre du livre que Jules César lui-même consacra à ce conflit, désigne une série de batailles et de conquêtes, entre 58 et 51 avant J.-C., qui étendent la domination romaine sur l'ensemble de la Gaule.
Les Gaules avant César
On peut dire que c'est en l'unifiant sous la férule romaine que César créa ce qu'on peut dès lors appeler la Gaule. Avant lui, il est plus conforme à la vérité historique de mettre le mot au pluriel.
Et, bien avant César, ces Gaules, dont le territoire ne se limite d'ailleurs pas à celui de la France actuelle, avaient déjà subi le joug ou l'influence des Romains.
C'est d'abord le cas de la Gaule cisalpine, qui s'étend sur une partie de l'Italie du Nord. Elle est dominée par les Romains dès le début du IIe siècle avant notre ère.
Conquise entre 122 et 118 av. J.-C., mais ne devenant une composante de la République romaine que vers 70 avant notre ère, la Gaule transalpine, appelée aussi Gaule narbonnaise, correspond à une partie du sud de la France actuelle.
Les étapes d'une guerre
Les causes de la guerre des Gaules sont diverses : volonté de contenir la progression des peuples germaniques au-delà du Rhin, parfois à l'appel de tribus alliées des Romains, mais aussi ambition personnelle de Jules César.
À la fin de son consulat, qui avait débuté en 59 av J.-C., César se fait nommer proconsul de la Gaule. Dans une première phase de la guerre des Gaules, qui débute en 58, César lance ses légions contre le peuple des Helvètes, qui se dirige vers la Gaule.
Il les défait lors de la bataille de Bibracte. De 57 à 53, le proconsul romain mène des campagnes contre les Belges, réputés trop proches des Germains, ou contre les Bretons.
Chef des Arvernes, Vercingétorix essaie de fédérer les peuples gaulois contre les Romains. Après sa victoire de Gergovie, en 52, le chef gaulois est vaincu à Alésia quelques mois plus tard. César devient alors le maître de la Gaule.
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Qu'est-il arrivé durant le Printemps de Prague ?
Le Printemps de Prague désigne la tentative de libéralisation menée en Tchécoslovaquie, entre janvier et août 1968, et réprimée par les troupes du pacte de Varsovie.
Le "socialisme à visage humain"
Le 5 janvier 1968, Alexandre Dubcek devient Premier secrétaire du parti communiste tchécoslovaque, autrement dit le dirigeant principal du pays. En avril, il annonce un programme de réformes, qui doit introduire dans le pays un "socialisme à visage humain". Son but est d'assouplir le fonctionnement de l'État et de la société.
Les Tchécoslovaques obtiennent des droits supplémentaires, notamment en matière de libertés d'expression et de réunion. La censure est assouplie et les habitants ont même le droit de se rendre à l'étranger, y compris dans les pays de l'Ouest.
Dubcek souhaite également renoncer au régime du parti unique et légaliser d'autres formations politiques, ouvrant ainsi la voie à une véritable démocratisation du pays. Préconisant la décentralisation, il fait encore inscrire dans la Constitution la reconnaissance des nations tchèque et slovaque.
Dans le domaine économique, d'autres mesures de libéralisation sont prises, qui visent notamment à desserrer l'étreinte du dirigisme économique prévalant dans toutes les démocraties populaires.
La répression du Printemps de Prague
Ni Leonid Brejnev, Secrétaire général du parti communiste d'URSS, ni les membres de l'appareil dirigeant, ne pouvaient tolérer l'expérience tentée par Dubcek. En effet, cette tentative de démocratisation aurait pu faire tache d'huile.
Or, la contestation du système politique inspiré par les Soviétiques et des principes de l'économie socialistes pouvaient déboucher sur une remise en cause de la tutelle de l'URSS.
Pour éviter les risques d'une telle contagion, Brejnev édicte la doctrine qui porte son nom, selon laquelle l'autonomie des pays d'Europe de l'Est doit être limitée.
En application de cette doctrine, Brejnev ordonne aux troupes du pacte de Varsovie, qui rassemble les armées de l'URSS et des démocraties populaires, d'envahir la Tchécoslovaquie dans la nuit du 20 au 21 août 1968.
Prague, le principal objectif de cette campagne, est prise en quelques heures. Toute opposition est violemment réprimée. On estime que cette invasion, et la répression qui l'a suivie, ont fait entre 70 et 90 victimes, auxquelles s'ajoutent des centaines de blessés.
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Qui est “la Sorcière de Buchenwald” ?
Ilse Koch était la femme du commandant du camp d'extermination de Buchenwald. Sa cruauté envers les détenus lui vaut les surnoms de "sorcière" ou de "chienne de Buchenwald".
L'épouse d'un officier nazi
Née à Dresde, en 1906, Ilse Koch est issue d'un milieu assez modeste. Son père est chef d'atelier et elle-même devient sténotypiste. Elle adhère au parti nazi dès 1932 et, en 1937, épouse un officier SS, Otto Koch.
Dès l'année suivante, celui-ci est nommé à la tête du camp de Buchenwald. Créé en 1937, il devait d'abord enfermer des opposants au IIIe Reich, avant de devenir plus tard un des principaux lieux d'extermination des Juifs.
Le couple se fait construire à proximité une luxueuse villa, qui aurait été financée en partie par des fonds destinés au fonctionnement du camp et détournés par son commandant.
Le couple Koch y vit sur un grand pied, donnant des repas plantureux et des soirées bien arrosées.
Une criminelle de guerre
À Buchenwald, Ilse Koch était réputée pour sa cruauté envers les détenus. D'après les témoignages, elle aurait eu l'habitude de se promener à cheval dans le camp, revêtant des tenues volontairement provocantes.
Elle signale ensuite les prisonniers qui la regardent, afin qu'ils soient sévèrement punis. Elle aurait également fait tuer les détenus arborant des tatouages qui l'intéressaient.
Elle en aurait fait faire des abat-jours. Ilse Koch aurait d'ailleurs volontiers montré, à des invités choisis, cette "collection" d'objets en peau humaine.
Arrêtée peu après la guerre, Ilse Koch est déférée devant le tribunal militaire international de Dachau, constitué pour juger les criminels de guerre moins connus que ceux qui ont comparu devant le tribunal de Nuremberg.
La femme du commandant du camp de Buchenwald est condamnée à la prison à vie. Mais elle bénéficie, dans le contexte particulier de la Guerre froide, d'une remise de peine et sort de prison en 1949.
Arrêtée aussitôt par les autorités d'Allemagne de l'Ouest, elle est à nouveau condamnée, en janvier 1951, à l'emprisonnement à perpétuité. Mais Ilse Koch finira, en septembre 1967, par se pendre dans sa prison.
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L'expérience de Philadelphie est-elle un mensonge ?
Certains événements sont entourés d'un halo de surnaturel qui excite les imaginations. C'est le cas de l'"expérience de Philadelphie" qui, en 1943, concerne l'étrange disparition d'un navire de guerre américain.
L'étrange disparition d'un navire
En 1943, des marins présents sur le destroyer américain Eldridge, amarré dans le chantier naval de Philadelphie, prétendent avoir assisté à un curieux phénomène. Ils devaient installer sur le navire des appareils devant le rendre invisible aux yeux de l'ennemi.
Pendant que ce travail s'accomplissait, une lumière d'une teinte verte tirant sur le bleu aurait entouré le bâtiment, puis celui-ci aurait disparu. Certains membres de l'équipage auraient signalé des nausées et des phénomènes étranges.
En effet, des marins seraient passés à travers les murs ou le plancher durant la disparition du navire. Bien loin de là, à Norfolk, en Virginie, d'autres témoins affirment avoir vu apparaître le navire, de façon subite. Puis il aurait à nouveau disparu, avant de réapparaître à Philadelphie.
Un appliquant certaines théories, comme celle des champs unifiés, défendue par Einstein, les scientifiques américains auraient réussi à téléporter le navire d'un endroit à l'autre.
La version officielle
Bien entendu, la marine américaine défend une autre version. L'USS Eldridge n'aurait jamais été présent à Philadelphie. Il aurait été basé à New York puis aurait tout simplement rejoint Norfolk par la mer.
Les autorités rappellent que cette histoire fantastique n'est fondée sur aucune preuve formelle. Aussi s'agit-il, d'après la version officielle, d'une simple légende. Alimentée, comme souvent, par les adeptes de la théorie du complot, qui voient dans cette histoire une volonté délibérée du gouvernement de cacher la vérité sur des découvertes révolutionnaires.
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Qu'est-ce que la crise des sudètes ?
La crise des Sudètes, qui éclate en 1938, est liée à une région de la Tchécoslovaquie peuplée en majorité de populations germanophones et revendiquée par l'Allemagne nazie.
Des populations germanophones
Créée, à l'issue de la Première Guerre mondiale, sur les décombres de l'Empire austro-hongrois, la Tchécoslovaquie est peuplée en partie, comme son nom l'indique, de Tchèques et de Slovaques.
Certains auteurs des traités de paix, comme le Président américain Woodrow Wilson, voulaient faire respecter le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Mais ce principe est mal respecté, et des pays comme la Tchécoslovaquie accueillent sur leurs territoires des minorités qu'on n'a pas consultées.
C'est notamment le cas des populations germanophones peuplant la région des Sudètes. Elle s'étend au nord du pays et borde les frontières de l'Allemagne et de l'Autriche.
Les revendications d'Hitler satisfaites
En 1938, Hitler revendique la région des Sudètes, dont il réclame l'annexion par l'Allemagne. Il poursuit ainsi une politique pangermaniste, consistant à regrouper dans une grande Allemagne tous les territoires peuplés majoritairement de populations germanophones.
C'est en raison de ces visées pangermanistes qu'il a déjà réalisé l'Anschluss, autrement dit l'annexion de l'Autriche, en mars 1938.
Le dictateur nazi affirme qu'il s'agit là de sa dernière revendication et, qu'après l'annexion des Sudètes, il aura réalisé l'ensemble de ses objectifs. Hitler compte sur la passivité des démocraties.
Et il réussit son pari. En effet, l'Angleterre n'est pas décidée à se battre pour défendre l'intégrité de la Tchécoslovaquie. Pourtant liée à ce pays par un traité, conclu en 1924, la France, de son côté, ne veut pas s'engager dans un possible conflit sans le soutien anglais.
Aussi, à l'initiative de Mussolini, une conférence diplomatique se réunit-elle à Munich, les 29 et 30 septembre 1938. Le Premier ministre anglais, Neville Chamberlain et le Président du Conseil français, Édouard Daladier, y participent, en compagnie des dictateurs allemand et italien.
Mais les Tchèques n'ont même pas été invités. La conférence donne satisfaction à Hitler, dont les troupes entreront dans les Sudètes en octobre 1938. Et le dirigeant nazi envahira le reste du pays dès le mois de mars suivant.
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Pourquoi le général Subotai devrait être plus célèbre ?
Fondateur de l'un des plus vastes Empires jamais conquis, Gengis Khan se fit aider, dans cette entreprise démesurée, par des hommes en qui il avait toute confiance. Ce fut notamment le cas du général Subotai.
L'un des quatre "chiens féroces"
Subotai est né, vers 1175, dans une tribu du nord-est sibérien. Cette naissance n'en fait donc pas un Mongol à proprement parler. La confiance dont il jouit auprès de Gengis Khan vient d'abord de la précocité de son engagement auprès du célèbre conquérant.
En effet, il s'intègre à son entourage alors qu'il n'est encore qu'un adolescent et que Gengis Khan lui-même n'est encore connu que sous le nom de Temujin, fils du chef d'un des clans qui composent alors les tribus mongoles.
N'étant pas Mongol, Sobutai n'a donc pas reçu la formation militaire propre à ce peuple, et notamment l'art de monter à cheval et de manier l'arc.
Cela ne l'empêcha pas de devenir le meilleur général de Gengis Khan et d'être considéré, avec d'autres guerriers mongols, comme l'un des quatre "chiens féroces" qui montaient une garde vigilante auprès du célèbre conquérant.
Le stratège de Gengis Khan
Les talents militaires de Sobutai se manifestent très tôt. Aussi Gengis Khan en fait-il son bras droit, chargé d'organiser les opérations militaires incessantes qui ponctuent son règne.
Subotai se révèle donc un excellent stratège, capable de concevoir des plans de bataille de grande envergure et d'imaginer les manœuvres complexes d'armées immenses. C'est également un chef de guerre pragmatique, qui n'hésite jamais à emprunter à ses ennemis des tactiques ou des armements qui lui paraissent efficaces.
C'est sans doute l'une des raisons qui expliquent la supériorité des armées placées sous sa direction. Mais une bonne connaissance du terrain, liée aux habitudes nomades de ces combattants, et la qualité de la transmission des instructions, ne sont pas non plus sans importance à cet égard.
Après la mort de Gengis Khan, en 1227, Subotai convainc son successeur, Ogedei, d'élargir le champ des conquêtes mongoles vers l'Europe. Ilo donnait ainsi la mesure de son ambition et d'une vision qui dépassait largement l'Asie.
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Quel était l'objectif de la 4ème croisade ?
Parmi les huit croisades organisées par la chrétienté pour délivrer la Terre sainte, la 4e croisade occupe, du fait de l'objectif qu'elle se fixa, une place à part.
Délivrer les Lieux saints
En 1187, Jérusalem avait été reconquise par les musulmans, qui avaient repris possession d'une partie de la Terre sainte. Après l'échec de la 3e croisade, qui se déroule de 1189 à 1193, le pape Innocent III en prêche une nouvelle dès 1198.
Contrairement à ce qui s'était passé pour l'expédition précédente, les Rois de la chrétienté refusent leur participation à la nouvelle entreprise. C'est donc le comte de Flandres, Beaudoin IX, qui en prend la direction, secondé notamment par le marquis de Montferrat, Boniface II.
On requiert l'aide de Venise pour transporter les troupes. Le doge Dandolo l'accorde, moyennant une très forte somme d'argent et une part du butin escompté.
Le but de la croisade était de reprendre les Lieux saints, conquis par les infidèles. Comme objectif annexe, les croisés devaient s'emparer de certains ports égyptiens pour affaiblir les musulmans de Palestine.
Le sac de Constantinople
Mais les croisés n'arrivèrent jamais à destination. Ne pouvant réunir la somme demandée par le doge de Venise, ils acceptent de s'emparer d'une ville de la côte dalmate, que la Sérénissime ambitionnait de conquérir.
Les croisés et le doge se partagent alors les biens des habitants, ce qui leur vaut d'être excommuniés par le pape. Mais ils ne s'arrêtent pas en si bon chemin.
Sur la côte dalmate, ils reçoivent une ambassade de l'empereur du saint-Empire. Celui-ci leur demande de se rendre à Constantinople, pour défendre les droits de l'Empereur byzantin Alexis IV Ange, détrôné par son oncle.
En échange, l'Empereur déchu promet de se montrer généreux et d'aider les croisés à s'emparer des ports égyptiens. Une partie des chevaliers accepte le marché. En 1203, Constantinople est prise d'assaut, et Alexis IV est reconnu Empereur.
Cependant la population se rebelle contre les chevaliers chrétiens. En avril 1204, la ville est de nouveau assiégée. Mais, cette fois, les croisés la mettent à sac et massacrent 2.000 habitants, ce qui provoque un immense scandale.
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Pourquoi le SS Baychimo est-il un cargo fantôme ?
Les bateaux fantômes, qui nourrissent l'imaginaire collectif, font partie des légendes de la mer. Mais, parfois, il s'agit bien d'une réalité. C'est le cas du SS Baychimo, un cargo à la dérive dont le sort demeure mystérieux.
Un navire pris dans les glaces
Au départ, il s'agit d'un navire allemand, qui sort du chantier naval en 1914. On lui donne le nom de "SS Angermanelfven". Il convoie alors des marchandises entre l'Allemagne et la Suède.
Mais le bateau est endommagé durant la Première Guerre Mondiale. Il est alors racheté par la compagnie britannique de la Baie d'Hudson et rebaptisé "SS Baychimo". La nature de sa cargaison change, puisqu'il achemine de la nourriture destinée aux populations du nord du Canada qui, en échange, lui fournissent des peaux.
Le 1er octobre 1931, le navire est pris dans les glaces au large de la ville de Barrow, au nord de l'Alaska. Le bateau repart, puis s'immobilise à nouveau une semaine plus tard.
Seule une partie de l'équipage reste sur place, dans l'espoir de regagner un navire dégagé des glaces à la belle saison. Mais, le 24 novembre, après une journée très venteuse, le SS Baychimo a disparu.
Qu'est devenu le SS Baychimo ?
Dans un premier temps, les marins pensent que le navire, brisé par la glace, a dû sombrer. Mais ils croisent bientôt la route d'un habitant du pays, un Inuit, qui prétend avoir vu le cargo dériver.
Dès lors, on ne cherche pas à récupérer le vaisseau fantôme, qui, au gré des vents et des courants, poursuit sa route solitaire. Dans les années 1930, le SS Baychimo est aperçu pas moins de 12 fois, dérivant toujours dans les aux du nord de l'Alaska.
En 1969, toujours dans les mêmes régions, le bateau est encore aperçu, une nouvelle fois pris par les glaces. Personne ne l'a vu depuis. Et on n'a retrouvé aucune épave. En 2006, les autorités locales ont tenté une dernière fois de le retrouver. En vain.
Plus de 90 ans après le début de sa dérive, le SS Baychimo continue-t-il d'errer sur ces mers septentrionales ?
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Pourquoi Augustina d'Aragon est-elle une héroine ?
Comme la France eut Jeanne d'Arc, l'Espagne eut Agustina de Aragon. Cette jeune héroïne s'illustra durant la guerre d'indépendance espagnole qui, au début du XIXe siècle, opposa l'Espagne et ses alliés aux troupes de napoléon.
La pasionaria de Saragosse
Agustina Domenech, mieux connue sous le nom d'Agustina de Aragon, est née en 1786 en Catalogne. on sait peu de choses de cette femme du peuple, sinon qu'elle s'est mariée à un militaire et qu'elle aurait très tôt fait preuve d'un esprit très indépendant.
Quoi qu'il en soit, elle va révéler ses talents au cours du siège de Saragosse par les soldats français. Il s'agit d'une des rares villes du nord de la péninsule qui ne soit pas tombée dans leurs mains.
Ils en entament le siège en juin 1808. Mais la bataille semble perdue d'avance. En effet, les défenseurs de la ville sont peu nombreux et mal préparés à ce type d'affrontement.
Les Espagnols cèdent du terrain et semblent près de se rendre quand une jeune femme s'empare d'un des canons laissés par les assiégés. Elle le charge et coupe net l'élan d'un groupe de soldats français montés à l'assaut. Cette femme, c'est Agustina de Aragon.
Cette action téméraire, qui plus est accomplie par une femme, galvanise les assiégés, qui reprennent leurs postes et repoussent l'assaut.
Une héroïne très célèbre en son temps
Agustina parvient à s'échapper de Saragosse et poursuit sa carrière militaire. Au départ, il semble qu'elle ait combattue sur d'autres théâtres, mais en tant que civile. Selon certaines sources, elle aurait été, par la suite, intégrée dans l'armée et serait même devenue officier.
De nombreuses légendes courent à son sujet. L'une d'elles prétend qu'un jour, assaillie par des brigands, elle en tue deux et s'en tire avec une simple égratignure. En tous cas, sa bravoure lui vaut plusieurs décorations.
Agustina de Aragon devient dès lors une héroïne nationale et sa célébrité dépasse les frontières de son pays. Lord Byron fait son éloge dans un de ses livres et Goya la peint. Un autre tableau la représente auprès de son canon. Et elle inspire même des chansons populaires.
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Pourquoi Fidel Castro demanda 10 dollars à Roosevelt ?
Dès son arrivée au pouvoir, en 1959, et plus encore après l'opération manquée de la baie des Cochons, deux ans plus tard, les relations entre Fidel Castro et les États-Unis furent marquées, c'est le moins qu'on puisse dire, par une grande tension. Et pourtant le leader cubain n'a pas toujours montré de l'animosité envers les Américains.
La lettre d'un jeune garçon
Nous sommes en novembre 1940. Fait unique dans l'histoire des États-Unis, le président Roosevelt brigue un troisième mandat. Parmi les nombreux messages de soutien reçus à cette occasion, figure la courte missive d'un jeune garçon de 14 ans.
Il s'appelle Fidel Castro. En attendant de devenir un célèbre révolutionnaire, l'adolescent fréquente l'école, comme tous les jeunes de son âge. La lettre adressée à Roosevelt est écrite dans un anglais scolaire mais correct dans l'ensemble.
Le jeune Castro indique à son destinataire qu'il lui écrit en anglais, car il pense qu'il parle sans doute mieux cette langue que l'espagnol.
le jeune garçon n'observe pas une déférence excessive envers l'illustre homme d'État, puisqu'il l'appelle tout bonnement "mon bon (ou mon cher) ami" ("my good friend").
Une singulière demande
Le jeune Fidel Castro écrit au président américain pour se réjouir qu'il se représente à nouveau. Il lui parle aussi de ses goûts (il aime écouter la radio) et se vante de réfléchir beaucoup.
Mais il a aussi une demande à lui faire. Comme il n'a jamais vu de billets de 10 dollars, il demande à Roosevelt, avec la naïveté de l'enfance, de lui en envoyer un.
En échange, l'adolescent s'engage à désigner à l'attention du président les principales mines de fer de son pays. Un minerai qui lui serait très utile pour fabriquer des bateaux.
La lettre a bien été envoyée, puisque Fidel Castro recevra un accusé de réception officiel. Mais aucun billet de 10 dollars ne lui sera adressé. Il ne recevra donc pas de réponse de la part de Roosevelt.
Peut-on imaginer que l'animosité qui marqua les relations entre le Lider Maximo et les Américains puisse trouver son origine dans cette rancœur d'enfant ?
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Qu'est-ce que “le tunnel des espions” de Berlin ?
Dans les années 1950, une opération d'espionnage, lancée conjointement par les services secrets américain et britannique, s'est traduite par le creusement d'un tunnel passant sous Berlin-Est. Bien qu'ayant été en service à peine un an, ce dispositif de surveillance a permis de récolter de nombreuses informations.
Un tunnel voué à l'espionnage
L'idée de creuser un tel tunnel, pour épier les conversations des Soviétiques et des Allemands de l'Est, a été envisagée dès 1951. Le projet a alors été placé sous la direction conjointe de la CIA et du M16 britannique, le service de renseignement extérieur des Anglais.
Mais les travaux ne commencent qu'en janvier 1954 et ne sont achevés qu'un an plus tard, en février 1955. Pour creuser ce tunnel, il aura fallu enlever plus de 3.000 tonnes de terre et poser un millier de blocs de béton.
Le matériel installé dans le tunnel permettait d'enregistrer, en principe à leur insu, les conversations des Soviétiques et des Allemands de l'Est. Mais le dispositif ne sera vraiment opérationnel que durant 11 mois, entre mai 1955 et avril 1956.
Un véritable jeu de dupes
Si cette installation ne fonctionne pas plus longtemps, c'est que les Soviétiques en connaissaient l'existence. Si le KGB est aussi bien informé de ce qui se passe dans les sous-sols de Berlin-Est, c'est qu'une personne bien placée les renseigne.
En effet, les services secrets soviétiques ont réussi à retourner un agent travaillant pour le M16. Cet agent double les a donc avertis de tous les détails de l'opération, depuis l'ébauche du projet jusqu'à sa mise en service.
Mais en démontant trop tôt cette opération d'espionnage, les Soviétiques auraient risqué d'exposer une source qu'ils ne tenaient pas à perdre. C'est pourquoi l'écoute peut se poursuivre un certain temps.
Les Soviétiques n'y mettront fin qu'en avril 1956. L'opération n'est pas un échec pour les services secrets occidentaux, car les Soviétiques, soucieux de ménager leur agent double, ont laissé passer nombre d'informations, sur la situation tendue en Pologne ou les tiraillements entre l'URSS et l'Allemagne de l'Est. Au total, près de 450.000 conversations auraient été enregistrées.
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Que nomme-t-on le “Grand jeu” ?
Expression forgée par les Anglais, le "Grand Jeu" désigne la rivalité traditionnelle qui, au XIXe siècle, oppose le Royaume-Uni et la Russie, désireux de renforcer leur influence en Asie centrale. Il se terminera par un accord diplomatique au début du siècle suivant.
Deux Empires s'affrontent
Cette expression de "Grand Jeu" est née vers 1840, sous la plume d'un officier britannique. Elle dénote une idée de compétition, qui vit s'affronter deux nations soucieuses de protéger et d'étendre leurs Empires.
Cette rivalité entre le Royaume-Uni et la Russie a pour cadre l'Asie centrale au sens large. La première lorgne vers la Perse et l'Afghanistan, dans le but de mieux protéger le flanc droit de la route des Indes, une artère vitale qui lui permet de communiquer avec le joyau de son Empire colonial.
Quant à la Russie des tsars, elle a toujours voulu s'étendre vers le Sud, en partie pour accéder à la mer Noire, et, de là, à la Méditerranée.
La fin du "Grand Jeu"
Cette lutte séculaire a parfois vu les deux pays s'affronter sur le champ de bataille. On se souvient ainsi que la guerre de Crimée, entre 1853 et 1856, dans laquelle l'Angleterre avait entraîné la France et l'Empire ottoman, avait pour pour cause essentielle l'expansionnisme ruse.
Mais l'affrontement se déroule le plus souvent à fleurets mouchetés et emprunte la voie diplomatique. Ces discussions finissent par aboutir à un important accord, en 1907, qui met fin au "Grand Jeu".
Il réussit en effet à délimiter les zones d'influence respectives des deux puissances. Les Anglais, intéressés un temps par le Tibet, finissent par y renoncer. En échange, la Russie laisse à l'Angleterre la voie libre en Afghanistan.
Quant à la Perse, l'ancien nom de l'Iran, elle est divisée en trois secteurs, dont deux seront contrôlés par la Russie et l'Angleterre.
Pour les Anglais de ce temps, le "Grand Jeu" symbolise toute une époque. Celle d'un Empire colonial qui s'étendait jusqu'aux confins de la terre. Elle évoque aussi les fastes du "Raj", ces Indes britanniques dont le souvenir nostalgique devait obséder l'esprit de générations d'écrivains et d'hommes politiques britanniques.
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Pourquoi Charles IX a-t-il fait un grand tour de France ?
En 1564, sur l'initiative de Catherine de Médicis, qui fut officiellement Régente jusqu'en 1563, un grand voyage dans les provinces de France est organisé pour montrer son Royaume au jeune Roi Charles IX.
Restaurer l'unité du pays et renforcer l'autorité royale
Nous sommes en 1564. La première des huit guerres de religion s'est terminée deux ans plus tôt. Le Royaume est plus divisé que jamais entre catholiques et protestants, dont les chefs tiennent des provinces et groupent autour d'eux une importante clientèle.
En outre, l'autorité royale est sortie affaiblie de cette guerre civile où certaines régions se comportent de manière très autonome. Certaines n'hésiteront d'ailleurs pas à faire appel à l'étranger.
Dans un tel contexte, la seule manière de renforcer le pouvoir du Roi est de le montrer à ses sujets, l'allégeance allant alors à une personne, et non à une institution abstraite.
Ce grand tour de France est aussi une tentative pour restaurer l'unité d'un pays divisé en factions. Le succès de ce périple royal est incontestable, même dans les régions d'obédience protestante.
Une impressionnante procession
Si le voyage a duré aussi longtemps, de janvier 1564 à mai 1566, c'est qu'il a permis à la Cour de parcourir environ 4.000 kilomètres. Durant ce périple, le Roi a pu se rendre jusqu'en Gascogne et en Provence, remontant jusqu'aux frontières de l'Est et visitant tous les recoins de son Royaume;
Il s'agit d'une véritable expédition. En effet, c'est une cortège de 15.000 personnes qui s'avance le plus souvent sur de mauvais chemins, où les fondrières et la boue font s'enliser les carrosses.
Car c'est toute la Cour, ainsi que les ministres et les ambassadeurs qui accompagnent le Roi et la Reine. La machine gouvernementale, en effet, continue à fonctionner durant le voyage.
Et tout ce beau monde ne s'aventure pas sur les routes sans bagages. En effet, les souverains emportent meubles, vaisselle et tapisseries. Chaque soir, le logement de ces milliers de personnes est un véritable casse-tête.
Le Roi et sa mère logent souvent chez de riches sujets, qui se font un honneur de les héberger. Mais ils doivent plus d'une fois se contenter de l'auberge !
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Pourquoi le guide Michelin a participé au succès du Débarquement ?
Le guide Michelin demeure l'un des guides touristiques les plus réputés, en raison, notamment, de la valeur de ses informations gastronomiques et de la précision de ses cartes. Mais on sait moins que, durant la Seconde Guerre mondiale, les militaires surent en tirer profit.
Un véritable guide touristique
Le guide Michelin voit le jour en 1900. Alors gratuit, il renseigne les rares automobilistes sur les garages qu'ils trouveront sur leur route ou sur quelques monuments à visiter.
Dès cette époque, il comporte les plans de certaines villes. En ouvrant leur guide, les voyageurs peuvent trouver, à partir de 1909, un hôtel où passer la nuit. Les restaurants apparaissent un peu plus tard, avec des informations fournies par les clients de Michelin, mais aussi par des professionnels, chargés de tester la qualité de la cuisine et de l'accueil.
Peu à peu, ce petit livre à couverture rouge s'impose comme l'un des guides touristiques les plus appréciés.
Montrer le chemin aux soldats
Si le guide Michelin est renommé, c'est notamment en raison de la précision de ses cartes et de ses plans de ville. Elle ne fait pas seulement le bonheur des civils. En effet, les militaires ne sont pas les derniers à se servir du guide.
Au début du second conflit mondial, en effet, l'armée française utilise certaines cartes parues dans le guide, notamment celles où figurent les frontières du Nord-Est, où se situe la ligne Maginot.
La précision du tracé des cartes Michelin attire même l'attention des Allemands, qui en reproduisent un certain nombre pour leur usage propre.
Et le guide trouve une nouvelle utilité en juin 1944, à la veille du débarquement en Normandie. En effet, les panneaux de signalisation ayant souvent été détruits dans les bombardements, les indications fournies par le guide Michelin, et notamment les plans des villes, ont permis aux soldats de se repérer plus facilement.
Les états-majors avaient pris leurs précautions, en demandant à Michelin, un an auparavant, de rééditer la dernière édition de son guide, qui datait de 1939. Pour ne pas éveiller l'attention, l'accord avait été conclu dans le plus grand secret.
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A quoi les “bâtons de comptage” ont-ils servi ?
Parmi toutes les techniques de paiement imaginées par l'homme, le "bâton de comptage", prévu encore par le Code civil, est bien oublié de nos jours. Et pourtant ce mode de paiement, malgré son aspect un peu archaïque, comporte des avantages notables.
Le bâton de comptage simple...
Il existe plusieurs sortes de bâtons de comptage. Sous sa forme simple, il permet surtout à des personnes illettrées de se souvenir d'un nombre. Ce bâton est souvent composé d'un morceau de bois, mais certains de ces objets sont en ivoire ou en os.
Prenons l'exemple d'un meunier ne sachant ni lire ni compter. Il doit pourtant savoir de combien de sacs de farine il dispose. Pour y parvenir, il s'arrête devant chaque sac et fait une encoche sur son bâton de comptage.
En passant ensuite le doigt sur chacune des encoches, qui correspond à un sac, il pourra vérifier qu'aucun de ses sacs ne manque à l'appel. Une telle technique remonte à la Préhistoire et était utilisée aussi bien dans l'Empire romain que dans la Chine ancienne.
...Ou partagé
Comme son nom l'indique, le bâton de comptage partagé, ou bâton de taille, n'était pas utilisé par une seule personne. Ce bâton, souvent composé d'une branche de noisetier, est incisé, sur toute sa largeur, par des encoches.
Chacune correspond à une transaction. Puis le bâton est fendu en deux, dans le sens de la longueur, de manière à constituer deux parties de taille inégale. Le vendeur conserve la partie la plus grande, la souche, et l'acheteur garde la partie la plus petite, qu'on appelle l'échantillon.
Pour chacune des deux parties, les encoches représentent des traces concrètes des transactions. C'est donc une sorte de pense-bête très pratique pour le créancier comme pour le débiteur.
Le moment venu, celui-ci viendra payer ses dettes avec de l'argent ou un autre mode de paiement. Et il est toujours possible d'ajouter une nouvelle transaction.
Le bâton de comptage était mentionné dans le Code civil et on en retrouve la trace en haute Provence jusque dans les années 1930. Et il serait encore utilisé dans certaines régions de la Suisse.
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