
Choses à Savoir ART
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472 épisodes · page 15 sur 16

Comment un âne a-t-il réussi à surprendre la critique d’art ?
Il est parfois difficile d’arriver à formuler une critique consistante des enjeux liés à l’art contemporain sans se perdre dans une certaine subjectivité. Mais quand les mots ne viennent pas, alors on leur préfère les actes. Et c’est exactement de là que part la démarche mise en place par l’artiste Roland Dorgelès. Ce dernier est un écrivain et journaliste français, ayant, entre autres, écrit le roman nommé Les Croix de bois, inspiré de son expérience de guerre, qui le rendra célèbre. Accompagné de ses camarades du cabaret du Lapin Agile, ils vont défrayer la chronique dans le Paris du début du 20ème siècle.
Mais alors quelle est cette histoire fomentée par Dorgelès et ses camarades ?
Le 10 mars 1910, dans la salle 22 du Salon des Indépendants de Paris, une exposition d’art annuelle, le public et la critique découvrent une huile sur toile de 81 centimètres de long sur 54 centimètres de large dénommée “ Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique “. Il s’agit d’un paysage, dont la partie haute est recouverte de vives teintes rouges-orangées et dont la partie basse est peinte en bleu vert, le tout formant un coucher de soleil marin relativement abstrait. L'œuvre est signée Joachim-Raphaël Boronali, un peintre qui serait né au 19ème siècle à Gênes, en Italie. Quelque temps plus tard, cet artiste; jusqu’alors inconnu; publie dans les journaux le manifeste d’un parti dont il souhaite être le chef de file, le parti de l’excessivisme. Les critiques d’art s'intéressent au tableau, et les avis semblent partagés, certains le trouvant singulier, quand d’autres se montraient plus sceptiques, comme Guillaume Apollinaire, bon témoin de la vie artistique de l’époque, qui je cite, écrivit que “Boronali ne mystifia personne”. Une fois la curiosité des journalistes et du public attirée, la supercherie est dévoilée par Roland Dorgelès. Huissier à l’appui, il révèle au directeur du journal l’Illustration, que le tableau Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique est une œuvre peinte par un âne dénommé Aliboron dit “Lolo”. Le nom de l’artiste Boronali n’est que l’anagramme du surnom de l’âne. Dorgelès explique avoir emprunté l'âne au tenancier du cabaret, le célèbre père Frédé, et en présence d'un huissier de justice, maître Brionne, avoir fait réaliser un tableau par Lolo à la queue duquel on avait attaché un pinceau.
Chaque fois que l’on donnait une carotte à Lolo, il remuait vivement la queue, et par la même occasion, peignait la toile qui sera ensuite exposée. Dorgelès explique avoir construit ce coup d’éclat pour, je cite, « montrer aux niais, aux incapables et aux vaniteux qui encombrent une grande partie du Salon des indépendants que l'œuvre d'un âne, brossée à grands coups de queue, n'est pas déplacée parmi leurs œuvres. » Plusieurs photographies retracent de bout en bout cette histoire et sont disponibles en ligne. L'œuvre de l’âne Lolo restera néanmoins bien plus fréquentée après les révélations de Dorgelès qu’avant, et sera exposée à plusieurs reprises ces dernières années, dont une fois en 2016 au Grand Palais de Paris dans le cadre de l'exposition Carambolages.
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Comment Hokusai a-t-il fait connaître le mot manga en Occident ?
Sans doute avez vous déjà vu l’une des œuvres les plus populaires du peintre japonais Katsushika Hokusai, la fameuse estampe de La Grande Vague de Kanagawa, qui représente une immense vague écumante s’abattant sur des barges avec en fond le mont Fuji. Loin de ne se réduire qu'à cette création, l'œuvre prolifique de l’artiste Hokusai compte plus de 1000 tableaux et 3000 dessins réalisés au long de ses 70 ans de carrières. La découverte de son travail par les peintres européens tels que Monet ou Van Gogh, constituera à la fin du 19ème siècle un véritable choc esthétique. Mais, en plus de transmettre en Occident ses fameuses estampes, des images réalisées à l’aide d'une planche préalablement gravée, Hokusai va également y introduire une autre forme d’art bien connue aujourd’hui : le manga.
A l’origine, le manga n’a pas la signification moderne que nous lui connaissons et veut littéralement dire “image dérisoire” ou “dessin non abouti''. A la fin du 18ème siècle, le terme devient courant au Japon grâce à des artistes et poètes comme Kyōden Santō ou Kankei Suzuki qui le font apparaître dans leurs ouvrages. Mais en 1814, celui qui se surnomme “le fou de dessin” publie le 1er des 15 volumes de ces Hokusai Manga, nommé en français les Carnets de croquis d’Hokusai. Vaste recueil de dessins variés, on peut retrouver dans cette œuvre des croquis du surnaturel, de la faune, la flore, et des scènes de la vie quotidienne du Japon de cette époque, toutes ces estampes ayant un point en commun, le fait d’avoir été captées sur le vif. Le mot manga aurait été alors choisi pour titrer les œuvres d’Hokusai en raison de sa ressemblance avec un terme ancien qui désignait la conservation de proies dans les becs des pélicans.
Quel rapport avec son travail ?
Ce mot aurait permis de mettre l’accent sur les scènes représentées dans ses croquis, prises sur le vif, comme l'oiseau fonçant sur sa proie. En 1854, le commodore Perry, un officier de marine américain fait un voyage au Japon, ce après quoi, les Hokusai Manga furent largement diffusés en Europe. La première utilisation du mot “manga” en Français est faite par l’écrivain Edmond de Goncourt en 1894, qui l'emploie alors au féminin. La Manga est nommée dans une étude artistique dédiée à Hokusai. Le terme sera utilisé au féminin jusqu’aux années 1990 ou manga désigne alors la bande dessinée tant populaire aujourd’hui; qui sera alors employé au masculin, notamment dans les médias.
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Qu'est-ce que le “cri de Wilhelm” au cinéma ?
Quand certains l’entendent sans y prêter réellement attention, d’autres spectateurs le reconnaissent dès qu’il retentit, tant il est devenu un élément récurrent du 7 ème art. Et même si vous ne connaissez pas son nom, vous-même l’avez sûrement déjà entendu dans un long-métrage. Je parle ici du cri de Wilhelm, “Wilhelm scream” en anglais. Ce bruitage est devenu l’un des plus célèbres de la culture populaire et cela grâce notamment à sa singularité qui le différencie des autres.
Alors quelle est l’histoire de ce bruitage sonore, qui a été répertorié en 2020, sur le site INTERNET MOVIE DATABASE, comme étant présent dans plus de 512 films ?
L’aventure de cet enregistrement d’un cri répandu dans le cinéma, mais qui s’est également immiscé dans les jeux vidéos ou la télévision, démarre en 1951. Il apparaît pour la première fois dans le film d’aventure américain Les Aventures du capitaine Wyatt, réalisé par Raoul Walsh. Dans une des scènes du film, un soldat joué par l’acteur de westerns Sheb Wooley, se fait mordre à la jambe par un alligator dans un marais et tombe dans l’eau en poussant un cri. En 1951, les voix et effets sonores sont enregistrés après le tournage en studio. Ce bruitage reste donc après ce film utilisé exclusivement par Warner Bros, qui produisait le film d’aventure jusque dans les années 1970. A ce moment, le designer sonore des films Stars Wars qui se nomme Ben Burtt va retrouver l’enregistrement sous le nom d’« Homme se faisant dévorer par un alligator ». Il va alors contribuer à le populariser en l’intégrant dans chaque épisode de la trilogie Star Wars.
Mais alors pourquoi ce bruitage se nomme t-il le Cri Wilhelm ?
Ben Burtt, va le renommer « Cri Wilhelm » d'après le western La Charge sur la rivière rouge (1953), dans lequel le soldat Wilhelm pousse ce cri lorsque sa jambe est transpercée par une flèche indienne. Cela correspond au troisième film qui utilise ce bruitage. L’application du cri au montage va rapidement devenir une blague entre les différents techniciens collaborant avec Ben Burtt qui vont faire en sorte de l’incorporer dans chacun des long métrages auxquels ils travaillaient, bien évidemment quand cela était approprié, donc essentiellement sur des films d'action. La tradition est lancée, et on peut entendre le Cri Wilhelm par la suite dans la saga des Indiana Jones, mais également dans les productions de Quentin Tarantino, chez qui son utilisation est presque un rituel, et Peter Jackson. Malgré la promesse de Ben Burtt de ne plus utiliser ce son à la mort de l’acteur l’ayant créé, Sheb Wooley, en 2003, il continue à être employé très régulièrement . Vous le retrouverez le plus généralement lorsqu’une personne est abattue, projetée dans une explosion ou bien encore lorsqu’un personnage tombe d’une grande hauteur. Voilà, vous en savez un peu plus sur le Cri de Wilhelm, dont vous pouvez retrouver des compilations de ses apparitions dans des films cultes très facilement sur la plateforme Youtube.
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Comment Jane Poupelet a-t-elle contribué à la réinsertion des soldats de la Première Guerre mondiale ?
Née en 1874 à Clauzure, Jane Poupelet fait ses études à l’école des beaux-arts et des arts décoratifs de Bordeaux, où elle est la première femme à être admise. Après avoir obtenu un diplôme de professeur de dessin, elle va suivre une formation auprès du sculpteur français Lucien Schnegg, qui réalisera notamment un de ses plus célèbres portraits. Entre 1899 et 1901, elle expose sous le pseudonyme masculin de Simon de la Vergne au Salon de peinture et de sculpture, et se verra notamment décerner une médaille de la part du Jury sans qu’il ne sache qu’il venait de récompenser le travail d’une jeune fille.
Mais que représente son art?
Jane Poupelet va se faire connaître pour ses nus féminins, emplis de grâce et de sensualité et se spécialise également dans la sculpture animalière stylisée, qui séduit grandement le public et lui permet de vivre de rentes. En bref, au début du 20 ème siècles, Jane est devenue une figure importante de la scène artistique, qui reçoit de nombreuses commandes et qui arrive à vivre de ses créations. Mais en 1918, une nouvelle mission l’attend, bien différente de ce qu’elle connaît et fait jusqu’alors. En cette fin de Guerre, Jane va décider de mettre son talent et son travail au service des soldats revenus du front et plus précisément au service des mutilés de guerre. Ceux que l’on appelaient les “Gueules Cassés” affichaient alors tant mentalement que physiquement leurs séquelles et traumatismes rencontrés au front, si bien qu’il était parfois complexe pour certains de retourner dans leur familles par peur de leurs réactions.
Jane Poupelet rejoint le « Studio for Portrait Mask », un atelier parisien sous l’égide de la Croix-rouge Américaine. Elle y rencontre la sculptrice américaine Anna Ladd, avec qui elle va œuvrer par la sculpture à la reconstitution de l’apparence des visages pour les mutilés de la Grande Guerre. Leurs créations, à mi-chemin entre le moulage médical et la composition artistique, vont reconstituer la partie du visage des blessés et occulter la zone endommagée. Et la tâche n’est pas facile. En effet, les masques faits de plâtres, puis de cuivre recouvert de peinture émaillée qui simulent la peau humaine, demandaient une grande minutie, et une seule prothèse nécessite généralement un mois entier de travail. Elle même détaillera sa mission en disant, je cite, "Mon objectif [est] de mettre dans le masque une part de cet homme, c'est-à-dire l’homme qu'il était avant la tragédie".
Jusqu’en 1920, Jane participe bénévolement à la création de centaines de masques. Bien que les prothèses du « Studio for Portrait Mask » ne soient qu’éphémères et tendent à figer les expressions de leurs porteurs, la reconstruction des visages et des identités par l’art permit à certains soldats de se réinsérer socialement dans la société d’après-guerre. La jeune sculptrice française a réussi à mêler l’art à un rôle structurant dans cette France meurtrie, et a contribué au fil de son travail et de son investissement, à soigner des blessures grâce à sa sculpture et son talent.
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Quelle est la pièce de théâtre la plus jouée sans interruption au monde ?
Le théâtre à pour caractéristique en tant que spectacle vivant de devoir mobiliser moyens humains et techniques pour chaque représentation. Jusqu’aux années 1980, Danielle Mathieu-Bouillon, présidente de l'Association de la régie théâtrale, estime que je la cite, “ les pièces restaient plus longtemps à l'affiche car il n'y avait pas ou peu de télévision, moins de salles et les comédiens acceptaient de jouer longtemps “. Si bien qu’en 2017, le metteur en scène Sébastien Azzopardi affirmait que je cite “La moyenne d'une pièce à Paris est d'à peine 100 représentations” en un an.
Mais alors, quelle est donc cette œuvre qui a réussi à battre tous les records en termes de représentation malgré la conjoncture ?
Il s’agit d’une pièce de théâtre policière écrite par Agatha Christie et qui se nomme La Souricière. Agatha Christie surnommée “la reine du crime” est une des écrivains les plus importantes du 20ème siècle pour le genre policier, spécialisée dans les œuvres à huis clos, qui entraînent les spectateurs à spéculer sur les coupables parmi les personnages qui sont présent . La Souricière, The Mousetrap en anglais, nommée ainsi en référence à une tirade prononcée par Hamlet dans la pièce éponyme de Shakespeare, a donc été créée en 1952 pour le théâtre royal de Nottingham, à Londres. A l’origine, l'œuvre est une pièce radiophonique destinée à être diffusée une seule fois, le 30 mai 1947, mais le destin de cette dernière sera finalement radicalement différent. Depuis 1952, la pièce d’Agatha Christie n’a jamais quitté l’affiche et le 18 novembre 2012, elle passe alors le cap des 25000 représentations faites, établissant le record de longévité d’une œuvre théâtrale. Un transfert du New Ambassador theatre jusqu’au St Martin's Theatre à seulement été effectué en 1974, lieu ou il est encore possible d’aller la voir, dans une mise en scène de David Turner Dans le même sillon, La Cantatrice Chauve et La Leçon, deux pièces d’Eugène Ionesco sont également jouées dans leurs mises en scène d'origine depuis 1957, sans interruption, accueillant 18 000 représentations, soit 7000 de moins que pour la Souricière.
Mais alors finalement, que raconte cette pièce ?
Un groupe de 9 personnes se retrouvent coincées dans une maison à cause des intempéries. Vous vous en doutez, parmi eux se trouve un meurtrier. Le doute règne alors jusqu’au dénouement, et chaque personnage est construit pour faire douter le spectateur. Fait étonnant qui a pu participer à la longévité de la pièce, le public, mis face à la conclusion à surprise de La Souricière, est prié de ne pas ébruiter les révélations finales de l’oeuvre. La dernière réplique de la pièce étant, je cite :« Chers spectateurs, complices du crime, merci d'être venus. Et de ne pas révéler l'identité du meurtrier ». Une œuvre toujours aussi efficace aujourd’hui donc, et qui continue, tant bien que mal, après 65 ans de succès à entretenir le secret sur les rouages de son intrigue.
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Qui a trouvé le fameux titre “J’accuse” à la place d’Emile Zola ?
En 1894, Alfred Dreyfus, officier d’état major de confession juive est accusé à tort d’avoir livré des documents à l'Allemagne, et sera par la suite exilé sur l’ile du diable en Guyane Française. Le véritable coupable est trouvé en la personne du commandant Walsin Esterhazy, fait reconnu par le lieutenant-colonel Georges Picquart. Malgré les tentatives de l’Etat-Major pour étouffer l’affaire, un soutien grandissant pour Dreyfus oblige l’état-major de l’armée à faire comparaître Esterhazy en conseil de guerre. Le 11 janvier 1898, il est néanmoins acquitté. Et c’est ce verdict qui pousse l’écrivain Emile Zola à se positionner de manière assez poussée dans l’affaire en accusant entre autres 10 hommes d’Etat par écrit.
Le 13 janvier 1898, soit deux jours après l’acquittement d’Esterhazy, Emile Zola publie son très célèbre article nommé “J’accuse” dans le journal L'Aurore. Le texte, construit sous la forme d’une lettre ouverte, au président de l’époque Félix Faure, reste encore aujourd’hui un des symboles du pouvoir de la presse et de l’engagement d’un auteur dans la lutte contre l’iniquité. Mais alors, quelle est l’histoire du titre de cet article resté ancré dans les mémoires comme un cri poussé par Zola ? Il n’a pas été imaginé par l’écrivain.
En 1898, Emile Zola est déjà au sommet de sa gloire, ayant terminé sa saga des Rougon-Macquart. Contrairement à ce que dit la légende, il n’écrit vraisemblablement pas son article en deux jours vu la densité de son texte, mais la commence en décembre 1897 selon l’historien Alain Pagès. Écarté du Figaro après son positionnement en tant que dreyfusard, il se dirige vers le journal L’Aurore, jeûne quotidien militant qui mêle actualité artistique et espace d’expression politique, incarné par Georges Clemenceau, son éditorialiste. Emile Zola rencontre alors Ernest Vaughan, le directeur de l’Aurore, un jour après le procès, le 12 janvier, pour présenter son article, à l’origine titré plus prosaïquement “Lettre à M. Félix Faure Président de la République “ . Après la lecture devant toute la rédaction de son pamphlet, l’équipe du journal bute sur le titre, choisi dans la lignée de ces anciens articles comme “Lettre à la jeunesse”. Vaughan et Clemenceau s'emparent du texte et décident d’en changer son intitulé, qui ne correspond pas, selon eux, au format d’un journal. Vous vous en doutez, leurs but était de faire en sorte que le titrage de la une soit visible de loin mais qu’il puisse également se crier dans la rue. En effet, l’information à cette époque dans les grandes villes tout du moins, circule et se transmet en l’extérieur. Il s’agit aussi de reprendre les codes des journaux du soir principalement anti-dreyfusard, contre lesquels Zola se dresse, pour pouvoir attirer une partie de leurs lectorats vers ce coup d’éclat de l’auteur.
Et c’est du futur président du Conseil des ministres français, Georges Clémenceau, que viendra l’idée. Pendant la réunion du journal, il s’écrit alors, je le cite, « Mais Zola vous l'indique, le titre, dans son article : c'est “J’Accuse...!” Ainsi sera validée la mise en place d’un titre qui frappe au premier coup d'œil. L’article, distribué dès 8h du matin en France le 13 janvier 1898, est vendu 200 000 à 300 000 exemplaires en quelques heures à Paris. Habitué à une audience assez modeste, La publication du pamphlet de Zola constituera l'heure de gloire du quotidien l’Aurore.
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Pourquoi les musées de Vienne ont-ils ouvert un compte Onlyfans ?
La cohabitation entre art et réseaux sociaux peut parfois apparaître comme un sujet sensible. Parmi les casse-têtes auxquels font face les musées, la question de l’exposition de nus artistiques et créatifs en ligne reste une des plus grandes problématiques : Comment promouvoir une exposition ou une œuvre sur les réseaux sociaux si ces derniers bloquent systématiquement les œuvres représentant la nudité?
A Vienne en Autriche, l’office de tourisme de la ville a trouvé une solution pour ses musées, en mêlant ingéniosité et provocation. En lançant une opération nommée "Vienna strips on OnlyFans", "Vienne se déshabille sur OnlyFans", la ville compte esquiver la censure des réseaux sociaux dit classiques. Only fans, c’est une plateforme londonienne principalement connue pour proposer des services payants sexuellement explicites et qui compte 150 millions d’utilisateurs. En postant les œuvres d’arts comportant de la nudité sur ce site, Helena Hartlauer, porte-parole de l’office du tourisme de Vienne explique vouloir dénoncer le fait que certaines œuvres majeures de leurs collections, comme l’autoportrait du peintre expressionniste autrichien Egon Schiele de 1910, soient inexploitables sur le web, car censurées dès leurs publications. Elle ajoute, je la cite, que “certaines œuvres de l’exposition actuelle du Musée Albertina, du portraitiste italien Amedeo Modigliani, sont trop explicites pour qu’on en fasse la promotion”. Dans la même logique, la "Vénus de Willendorf", statuette en calcaire symbole de fertilité âgée de près de 30.000 ans a été classée comme contenu pornographique par Facebook. Au delà de l’opération de communication, le but de cette action est, comme l’ explique à l'AFP Norbert Kettner, le directeur de l’office de tourisme de la capitale autrichienne, de pouvoir, je cite, “ouvrir le débat sur le rôle des algorithmes et des géants de la tech dans l'art".
Ce manque de discernement et de jurisprudence dans les décisions prises par les réseaux sociaux tend à toucher de plein fouet les institutions muséales dans un contexte post Covid ou l’exposition médiatique est plus que jamais nécessaire pour attirer les visiteurs entre les murs et les toiles. En attendant de faire bouger les choses, l’office de tourisme de Vienne a promis des réductions et des places pour les abonnés Onlyfans qui leur permettront de venir visiter les expositions en face-à-face, tout en précisant que cette démarche n’a pas vocation à durer.
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Pourquoi Jean-Baptiste Camille Corot est l’un des peintres les plus imités de l’histoire de l’art ?
L’historien de l’art René Huyghe dit de Corot sur le ton de la plaisanterie en 1936, je cite qu’il “ est l’auteur de 3 000 tableaux dont 10 000 ont été vendus en Amérique.”
Jean-Batiste Camille Corot est un peintre français né en 1796 à Paris. Fils de drapier, il se met à la peinture à l'âge de 26 ans, avec une formation artistique relativement légère. Considéré pendant un certain temps comme un peintre amateur, il finira par trouver la reconnaissance des milieux artistiques notamment pour ses retranscriptions de paysages bucoliques qu’adoraient Delacroix et Baudelaire. Voyageant partout en France et également en Italie, il fige sur la toile sa spontanéité picturale qui donne aux cours d'eau et aux arbres qu’il peint une représentation unique. Célèbre pour ses paysages, il peint également de nombreux portraits mis en lumière par une exposition organisée au musée Marmottan-Monet à Paris. Mais Corot est aussi connu pour être devenu la hantise des professionnels tant il a attiré l'intérêt des faussaires. Bien qu’il ne soit pas le seul peintre à les avoir inspirés, il est néanmoins considéré par Vincent Pomarède, conservateur au Louvre comme l’un des artistes les plus copiés de la peinture française.
Mais alors pourquoi et comment en est-on arrivé là ?
De son vivant, des faux Corot circulent déjà. Ces imitations de tableaux se mettent alors rapidement à se multiplier à partir des années 1860, alors que sa renommée commence à être bien établie. Et le trafic était important, si bien que des collectionneurs se sont fait avoir, le Louvre lui-même ayant exposé des faux Corots, ce que confirme Vincent Pomarède. En plus des œuvres réalisées par des faussaires, il faut ajouter à cela le fait que Corot peignait parfois le même motif avec d’autres artistes, créant ainsi des œuvres stylistiquement très similaires les unes aux autres, ce qui venait compliquer la tâche aux spécialistes. De plus, Corot pouvait également peindre des variantes de ces tableaux, travailler en collaboration avec d’autres peintres, ou encore donner aux élèves de son atelier ces œuvres comme modèle, ce qui venait également complexifier l’ensemble du réseau de faux tableaux sur le marché. Plus rarement, il lui est arrivé une fois ou deux selon Pomarède, d’aller jusqu'à signer les œuvres de ces compagnons dans le besoin. Tout cela à contribué à faire circuler sur le marché de l’art énormément de faux tableaux de Corot. Ce trafic est essentiellement concentré sur les paysages de Corot, qui comportaient des éléments récurrents plus simples à recopier pour ceux qui le voulaient. En ce qui concerne les profils des faussaires, cela allait de l’imitateur isolé dans l’entourage du peintre, tel Achille Oudinot, jusqu'à la filière de production industrielle de faux. Dans ces dernières, on composait des tableaux «à la manière de», avant d’y incorporer la signature du maître, l’artiste Fernand Léger ayant par exemple travaillé d’en l’une d’elles à Paris.
En somme, Corot aura été une cible idéale pour les faussaires, de par sa longévité artistique et l’abondance de son œuvre qui semble peu onéreuse à contrefaire.
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Quelle est l’origine de la "saga" ?
Que ce soit à propos de séries télévisées qui se déclinent en milliers d’épisodes, de complexes histoires de familles qui se poursuivent sur plusieurs générations ou encore plus concrètement des différents films Star Wars, on peut constater que la saga est particulièrement présente dans notre paysage artistique. pour de pures intentions financières ou bien pour de réels buts scénaristiques, de nos jours, la saga est utilisée dans le langage courant pour désigner des suites romanesques en plusieurs volets, bien qu’elle ne soit pas uniquement littéraire mais également cinématographique.
Mais savez-vous d'où vient le terme de “saga” et pourquoi l’utilisait-on à ces débuts ?
Hé bien, ce mot fait parti de ceux que nous avons hérité de la littérature médiévale et plus précisément de la littérature islandaise médiévale. En effet, la saga, littéralement “ ce qui se raconte” en islandais, qui est de la même racine que le mot say, dire, en anglais, s’est développée en Islande au 12ème et 13ème siècle, à la fin du Moyen Age. A l’origine, en effet, la saga est décrite par le linguiste Régis Boyer comme, je cite, un récit en prose, rapportant la vie et les faits et gestes d'un personnage digne de mémoire pour diverses raisons, depuis sa naissance jusqu'à sa mort, en n'omettant ni ses ancêtres ni ses descendants s'ils ont quelque importance “. Dans le contenu d’une saga, on retrace l’histoire de folklores païens mêlés à une influence chrétienne. A côté de ce syncrétisme, la saga permet de témoigner des éléments de mœurs et de société de l’histoire viking. Elle demeure encore aujourd’hui une source importante pour l’anthropologie et l’ethnologie, sciences qui étudient l'être humain et les groupes humains sous tous leurs aspects. Il existe au total 5 catégories de sagas , répertoriées par l’écrivain islandais Sigurður Nordal dans Nordisk Kultur VIIIB (1953), qui oscillent alors entre véritables témoignages et sources historiques qui flirtent parfois avec le récit de fiction. On retrouve ainsi les sagas royales, qui traitent des rois danois, norvégiens et suédois, les sagas des Islandais, qui se rapportent aux hauts faits d'un ancêtre d’une famille, les sagas des contemporains, qui sont des narration d'événements s’étant déroulés durant la vie de l’auteur. Les sagas des chevaliers quant à elles, sont des adaptations assez libres de chansons de geste françaises et les sagas légendaires rassemblent des écrits qui s’attachent à donner plus de place aux mythes et au merveilleux. La saga au Moyen-Age contenait déja cette idée d’histoire à perpétuer qui connait de nombreux épisodes et rebondissement, concept qui ne s’est pas détaché du mot dans son utilisation moderne.
Ainsi, le mot saga s’est déplacé sémantiquement au fil des siècles pour être utilisé aujourd’hui parfois uniquement pour faire référence à plusieurs films qui viennent compléter un scénario global, sans qu’on puisse y voir ses origines islandaises médiévales.
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Comment se manifeste "l'effet Mandela" dans l’art ?
Qu’ils s’agissent d'événements historiques, d'architectures, de personnalités réelles ou fictives ou encore d'œuvres d’art, l’effet Mandela n’épargne aucune des strates de notre culture collective. Peut être en avez vous déjà entendu parler, la notion d’effet Mandela en psychologie désigne une fausse croyance ou un faux souvenir partagé par un certain nombre de personnes à travers le monde. Mais pourquoi l’appelle-t-on l’effet Mandela ?
En 2010, l’auteure américaine Fiona Broome qui assiste à une conférence se rend compte que la plupart des participants croyaient comme elle que Nelson Mandela était mort pendant son emprisonnement en 1980, alors même que ce dernier ne mourra que bien plus tard, en 2013. Elle nomme par la suite cet effet du nom de l’homme d'État sud-africain, pour désigner cette confusion de la mémoire collective. Il faut bien noter que les personnes atteintes par cet effet pensent réellement détenir la vérité. Mais notre cerveau n’est pas infaillible, certains de nos souvenirs se transforment ou bien disparaissent tout comme nos représentations mentales.
Alors comment cet effet se caractérise dans l’art ?
Au cinéma, de nombreux films sont concernés, et notamment ceux de la saga Star Wars. Par exemple, contrairement à ce que l’on pense, Dark Vador ne dit pas Luke, je suis ton père mais bien Non, je suis ton père. Ou bien encore le fait que C3PO soit considéré comme entièrement doré, alors qu’il possède une jambe en argent visible lors de ces apparitions à l’écran. Mais l’un des plus célèbres cas d’effet Mandela reste celui d’un film dont certaines personnes se souviennent alors qu’il n’a jamais existé. Le film en question se nomme “Shazam” et serait sorti dans les années 90. Les personnes qui croient se rappeler de ce long-métrage y voient alors l’acteur américain Sinbad dans le rôle d’un génie. Si ce film n’a en réalité jamais existé, il se trouve qu’un film se nommant Kazaam avec Shaquille O’Neal dans le rôle d’un génie pourrait être à l’origine de cette affirmation. En sculpture, on peut parler d’effet Mandela en évoquant le penseur de Rodin, dans quelle position se tient-il ? A-t-il sa main refermée sur son front ? Non, sa main est en réalité posée sur son menton, contrairement à ce que certains auraient tendance à penser. Enfin, en peinture, la célèbre Joconde est également concernée par ce biais. Des visiteurs affirment avoir étés surpris en voyant que Mona Lisa souriait sur le tableau, là où ils pensaient avoir une image inconsciente d’elle avec une expression neutre.
Selon le Dr. Gene Brewer, professeur associé en psychologie cognitive, cet effet, en ce qui concerne les éléments culturels comme le reste, relève de la reconstruction de notre mémoire. En essayant de se rappeler d’un événement, on reconstruit un souvenir en le structurant d'éléments qui font sens, quand bien même si ces derniers sont tirés d’autres circonstances. Un effet qui nous pousse pour le combattre, à retourner voir dès que l’on peut nos œuvres préférées en face à face.
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Pourquoi les clowns ont-ils un nez rouge ?
Parmi les éléments les plus représentatifs pour symboliser l’image d’un clown, il est probable que le nez rouge arrive en première place. En effet dans l’inconscient collectif, le personnage du clown et son nez de couleur rouge ne font qu’un, et nous allons voir que l’histoire de ces derniers reste étroitement liées.
D’abord, d'où vient le clown ?
Tirant ses origines des personnages grotesques, notamment de la commedia dell'arte italienne, le clown que nous connaissons tous reste une invention relativement moderne. Au 18 ème siècle en Angleterre, apparaissent les clowns dans les cirques équestres. Ils sont à ce moment là, engagés par les directeurs de ces établissements, dans le but d’enrichir leurs programmes et d’entrecouper les performances des véritables cavaliers. Leurs puissances comiques venaient alors tant de leurs postures comiques, au début parfois adoptées à leurs dépens, que par leurs costumes. Le personnage va évoluer pour devenir un clown blanc, plus digne et sérieux, et fera duo avec l’Auguste, clown loufoque et grotesque qui nous intéresse plus particulièrement car c’est avec lui qu’arrive le nez rouge. Outre cet attribut caractéristique, l’auguste est le type de clown le plus représenté dans l’imaginaire collectif d’aujourd’hui, qui porte d’immenses chaussures, une perruque et des couleurs vives.
Mais alors, d'où vient ce fameux nez rouge, tant porté par les Augustes ?
Deux légendes qui expliquent son apparition ont survécu jusqu’ici. La première vient d’Angleterre. Elle raconte l’histoire d’Un écuyer ivre n’arrivait pas à tenir sur son cheval pendant un spectacle, ce qui provoqua l'hilarité générale. Selon cette version, cela a contribué à ancrer le nez rouge comme symbole de l’ivresse, en tant qu’attribut du clown. La seconde histoire rapportée vient, elle, d’Allemagne. En 1869, dans un cirque équestre, un garçon de piste maladroit, l'acrobate Tom Belling, se prend les pieds dans un tapis, et s’écrase le nez, qui rougit aussitôt. Le public le traite alors de Dummer August, ce qui en argot berlinois signifie « homme stupide ». Cette version donne également l’origine du mot Auguste pour désigner ce clown. Mais alors, est-ce que le nez rouge à un véritable intérêt pour le clown ? Hé bien oui, en plus de focaliser l’attention sur le visage du clown, le nez rouge vient annoncer d’emblée le décalage de ce dernier. Il symbolise ici l’inadapté, ou encore l’idiot, et annonce en quelques sortes son rôle au milieu d’artistes aux tours plus spectaculaires. C’est un équilibre, entre gestes et déguisement, qui permettra au clown de proposer un jeu plus minimaliste aux spectateurs. Le nez rouge reste encore aujourd’hui important pour le jeu clownesque, Jacques Lecoq, grand formateur de clowns, le considérant comme le «plus petit masque au monde ». Lecoq insiste d'ailleurs sur la dimension universelle du nez : rouge comme le feu, sphérique comme la terre et aérien comme une bulle, il personnifie de fait tous les traits de caractère du clown : passionné, virevoltant, ou encore léger.Voilà, j’espère vous avoir appris quelques éléments sur l’origine du nez rouge des clowns et sur ses fonctions.
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Pourquoi le Fauvisme s’appelle-t-il ainsi ?
Parmi les nombreux mouvements de l’art moderne en peinture que le 20ème siècle ait connu, le fauvisme reste l’un des premiers et des plus importants à voir le jour.
Mais d’abord, que regroupe le mouvement fauviste ?
Sous l’égide des peintres Henri Matisse, André Derain et Maurice de Vlaminck, les fauves vont chercher à travers leurs œuvres à peindre principalement la nature, de la manière la plus dynamique possible. Cela passe par l’utilisation chez les artistes fauves de détails simplifiés et de couleurs vives et fortes, sorties du tube, comme “ un pot de peinture jeté à la face du public “, écrira le critique d’art Camille Mauclair. La peinture est alors appliquée sur le tableau par de rapides touches qui donnent cette impression de représentation brute au fauvisme, par opposition à la douceur de l’art impressionniste. Les fauves sont donc une réunion d’artistes partageant les mêmes préoccupations et les mêmes goûts, mais ce n’est pas une association d’art organisée comme la Brucke en Allemagne, ou encore un groupe lié étroitement par un crédo artistique comme les Nabis. Ainsi, le mouvement fauviste en tant que tel aura été relativement éphémère, actif de 1904 à 1908, quelques années qui auront suffit aux artistes pour laisser une trace dans le paysage pictural de leur époque. Élément qui paraît assez étonnant pour un mouvement d’une telle ampleur, après 1908, les peintres du groupe délaissent progressivement le fauvisme. Si bien que les peintures de Derain faites dans les années 1920 sont beaucoup plus classiques, tout comme les collages de Matisse dans les années 40, qui n’ont plus grand chose à voir avec ces toiles de 1904, au début de la période fauve.
Mais alors, d'où vient cette appellation de fauvisme qui semble dans un premier temps peu en lien avec ce groupe ?
En 1905, est organisé le Salon d'automne qui est un événement artistique qui s'est tenu à Paris, au Grand Palais. On peut y admirer dans différentes salles des artistes dont la reconnaissance est déjà faite, tels que Rodin, Cézanne, Renoir ou encore Bonnard. Mais au centre de tous les regards se trouve alors la salle 7, positionnée au cœur de l’exposition. Que trouve-t-on dans cette pièce ? Vous vous en doutez, ce sont 39 toiles, celles de Matisse, Manguin, Derain, Vlaminck, Marquet ou Camoin, avec leur style qui paraît si brutal aux yeux de la critique. Au centre de la salle, trône entouré de ces peintures, deux bustes du sculpteur Albert Marque, dans un style beaucoup plus traditionnel. Arrive alors dans la salle, Louis Vauxcelles, un critique d’art très influent du 20ème siècle. Il la décrit dans un article publié dans le journal Gil Blas le 17 octobre 1905 en disant je cite : “La candeur de ces bustes surprend au milieu de l'orgie des tons purs : Donatello chez les fauves”. C’est la première fois que le terme fauve est employé , et il restera, adopté tant par la critique que par les artistes eux-mêmes pour désigner leur mouvement. Voilà, vous en savez un peu plus sur l’origine du mot fauvisme et les caractéristiques du mouvement, qui annonçait à l'époque, le commencement d’une nouvelle ère.
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Qu’est-ce que l’art du “Kintsugi” ?
Que doit-on faire d’un objet cassé, doit-on obligatoirement le jeter ? A cette question, un art venu du Japon nous apporte une réponse claire. Dans la culture japonaise, un objet brisé peut avoir plus de valeur qu’un objet neuf, sa réparation étant considérée comme une plus value, un intérêt supplémentaire à ajouter à l’objet en tant que tel. La réparation dans le but de sublimer porte un nom : le Kintsugi, littéralement en japonais la jointure en or. Mais alors en quoi consiste concrètement cet art ? Hé bien, le Kintsugi est une méthode de réparation principalement pratiquée sur des porcelaines ou des céramiques brisées. Que ce soit des bols, des vases ou bien des assiettes, les artisans spécialisés dans cet art vont alors rattacher les morceaux d’un même objet en utilisant de la laque saupoudrée d’or.
Mais alors, d'où vient cette pratique ?
Les premières références faites au Kintsugi remontent à la fin du 15ème siècle. Selon la tradition, un jour, , Ashikaga Yoshimasa, qui est shogun, l’équivalent d’un général d’occident, renvoit un bol de thé endommagé en Chine pour le faire réparer. Le bol lui revient alors quelques temps plus tard, raccommodé avec de vilaines agrafes métalliques. Le shogun a alors protesté et des artisans japonais ont cherché un moyen de réparation plus esthétique, et ont par la suite proposé cette technique faite avec des jointures en laque recouverte d’or, qui reste bien visible sur l’objet. Cela permettait de faire émerger une nouvelle décoration ajoutée à l'œuvre d’art d’origine. Dès lors, les shoguns ont pris l’habitude de ne plus jeter les objets en céramique cassés, mais de leur donner une deuxième vie en mettant en valeur leurs accidents plutôt qu’en les dissimulant.
En plus d’être un véritable symbole de la résilience en psychologie, le Kintsugi est un art qui relève également d’une philosophie de vie dans laquelle est pris en compte le passé de l’objet et son histoire. La casse d’une céramique ne signifie pas sa mise à l’écart, mais bien un renouveau, le début d’un autre cycle et c’est en cela que cette symbolique peut être également appliquée à l’être humain. Vous vous en doutez maintenant, le succès de cet art du Kintsugi fut conséquent. A tel point, que certains collectionneurs qui s’étaient épris de cette pratique furent accusés de briser délibérément certaines de leurs poteries précieuses afin de pouvoir bénéficier des fameuses coutures d’or du Kintsugi. Voilà, j’espère vous avoir fait découvrir cette pratique artistique qu’est le Kintsugi, qui permet de lier à merveille l’art et la philosophie.
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D'où vient l’alexandrin ?
Même s' il se fait rare dans les œuvres littéraires d’aujourd’hui, l’alexandrin reste le vers le plus célèbre et l’un des plus recherché de la poésie française classique. Il est d'ailleurs le seul vers à avoir un nom propre .D’abord, qu’est ce qu’un alexandrin ? Alors, l’alexandrin est un vers de douze syllabes qui, en principe, est parfaitement équilibré. En le prononçant, on marque un temps fort à la sixième syllabe en faisant une pause, qui va scinder le vers en deux parties égales de six syllabes, cette coupe se nomme alors une césure et est particulièrement importante dans la construction de ce genre de vers. On peut citer comme alexandrin célèbre la phrase prononcée dans le Phèdre de Racine, “ Tout m’afflige et me nuit et conspire à me nuire”. On retrouve également des alexandrins dans des œuvres plus contemporaines comme le fameux : “ Je suis, mon cher ami, très heureux de te voir” lancé par Numérobis dans le film d’Alain Chabat Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre.
On répertorie plusieurs formes d’alexandrins, la structure en elle-même ayant beaucoup évolué au fil des siècles et des courants poétiques et littéraires. Mais alors, quelle est l’origine de l’alexandrin, d'où vient-il ?
Utilisé pour la première fois dans une chanson de geste, genre littéraire européen, nommée Pèlerinage de Charlemagne qui fut probablement écrite entre la fin XI et le début XIIe siècle, le nom de l’alexandrin se développe un peu plus tard. On retrouve la mention du terme autour d’un poème écrit par Alexandre de Bernay au 12ème siècle toujours, dans le Roman d’Alexandre, un recueil de Légendes sur les exploits d’Alexandre Le Grand. Dans cette version du recueil, on peut y lire aux alentours de 20.000 vers, tous composés de 12 syllabes. Par la suite, le terme alexandrin qui découle de cette œuvre ne sera véritablement attesté qu’au 15ème siècle, et les spécialistes ne savent pas exactement si le mot évoque Alexandre le Grand, le héros dont les histoires nous sont narrées, ou bien son écrivain, Alexandre de Bernay.
Quoi qu’il en soit, le terme est par la suite adopté dans notre langue, mais reste relativement rare jusqu’au 16ème, date avant laquelle, les vers décasyllabes, de 10 syllabes donc, étaient la référence. La Pléiade, le fameux groupe de poètes français du 16ème siècle va véritablement lancer l’alexandrin. Plus précisément, les poètes Jean-Antoine de Baïf et Pierre de Ronsard l’imposent en même temps que l’ode et le sonnet. Après la poésie, c’est au tour du théâtre d’adopter l’alexandrin, qui va devenir l’un des vers les plus importants au 17ème siècle, utilisé abondamment par Racine pour ses tragédies. Il s’impose ainsi au monde de l’art et devient le vers de référence que nous connaissons aujourd’hui. Voilà, j’espère vous avoir appris quelques éléments sur l’histoire et sur les origines de l’alexandrin.
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Quel a été le plus gros budget maquillage de l’histoire du cinéma ?
Tout comme les techniciens en charge de la lumière et des décors, les maquilleurs font partie des personnes qui œuvrent dans l’ombre pour donner corps à l’histoire qui nous est racontée à travers notre écran. Même si les effets CGI, (Computer Generated Image) et les effets spéciaux se sont imposés dans l’habillage de nos personnages de cinéma préférés, la base permettant à la magie de fonctionner reste encore aujourd’hui le maquillage, accompagnée par le travail des prothésistes. Mais alors quel est donc ce film avec le plus gros budget réservé au maquillage ?
Il s’agit du long métrage du réalisateur américain Franklin Schaffner, La Planète des Singes sorti en 1968, le premier film de la franchise. Adapté du roman du Français Pierre Boulle, le film sera un véritable succès critique et commercial qui ouvrira notamment la voie à d’autres sagas et adaptations plus récentes. Il faut savoir que dans ce film, le maquillage des comédiens représentait 17 pourcents du budget global, soit l’équivalent de 5.8 millions de dollars ! Une grande partie du succès du film repose donc sur le travail réalisé par le maquilleur John Chambers, qui a, avec son équipe, créer les prothèses en latex de tous les habitants de la cité des singes, en plus de ceux personnalisés pour les personnages principaux. Afin de concevoir au mieux ces masques de primates, lui et son équipe s'inspirent de Debbie, la chimpanzé femelle de la série Perdus dans l'espace, réquisitionnée pour l’occasion. Chaque comédien devait passer entre 3 à 6 heures pour être transformé en singe, puis une heure pour ensuite être démaquillé. L’acteur Emmanuel Goldenberg alla jusqu'à refuser son rôle dans le film, car il pensait ne pas pouvoir supporter les nombreuses heures de préparations. Durant le tournage ou certaines scènes ou près de 200 singes étaient présents, la production a fait alors appel à 60 maquilleurs, en plus de 40 perruquiers.
Un travail très précis donc pour John Chambers, qui sera alors récompensé pour son exceptionnelle performance sur le film, par un Oscar d’Honneur décerné par l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences l’année suivant la sortie du film, en 1969. Pour la petite histoire, la production remarqua que, pendant les pauses des comédiens, les acteurs se regroupaient inconsciemment avec ceux maquillés en singes de la même espèce : ainsi, gorilles, orang-outangs et chimpanzés se retrouvaient dans trois groupes distincts à attendre leurs scènes.
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Quelle est la pièce la plus vue de Samuel Beckett, qui dure moins de 30 secondes ?
On connaît l’écrivain et le poète irlandais Samuel Beckett principalement pour son œuvre théâtrale, bien qu’il ait également produit de nombreux poèmes et proses narratives, un terme qu’il utilise pour décrire ses nouvelles et ses romans dans une période donnée. Sa pièce la plus célèbre est certainement En attendant Godot, créée en 1953 considéré comme un chef d'œuvre du théâtre de l’absurde, spécialité de Beckett. Mais sa pièce la plus vue par les spectateurs reste considérablement moins exposée médiatiquement, quand bien même ses caractéristiques soient pour ainsi dire étonnantes.
Mais alors quelle est cette œuvre ?
Il s’agit de la pièce de théâtre nommée Souffle, Breath en anglais, jouée pour la première fois à l’Eden Théâtre à New York, le 16 juin 1969, année particulière pour Beckett qui reçoit alors un prix Nobel de littérature pour sa carrière. Samuel Beckett, dont les pièces de théâtre sont dans l'ensemble assez courtes, réalise tout de même avec Souffle une véritable prouesse. Vous l’avez entendu dans le titre de ce podcast, cette dernière dure au total moins de 30 secondes, et pour être plus précis 24 selon les indications du dramaturge irlandais. Mais, que se passe-t-il sur scène pendant moins d’une minute ?
D’abord, la pièce débute dans l’obscurité, puis une faible lumière vient éclairer la scène qui est jonchée de détritus, qui selon Beckett ne doivent pas être verticaux. On entend ensuite un vagissement, le cri d’un nouveau né, suivi des bruits d'une personne inhalant et exhalant fortement, en synchronicité avec la lumière. La pièce se termine ensuite sur un second cri d’enfant sans aucune présence humaine sur scène. Outre la mise en valeur du désordre de la vie humaine par Beckett, l'œuvre synthétise bien ces obsessions dans l’art, mêlant humour, minimalisme et abstraction. Au total, 85 millions de personnes ont vu 1 314 représentations de Souffle faisant de cette pièce l'œuvre la plus vue de Beckett. Dans la pensée de ce dernier, Souffle permet d’appuyer son point de vue sur la notion de conception artistique, lui qui estime que l'artiste doit créer des pièces , je le cite, “ rebelle à toute intellection, à toute logique, à toute sorte d'ordonnancement”. Voilà, vous en savez plus sur Souffle, une œuvre de Samuel Beckett, qui reste le plus grand succès en termes d’entrées du dramaturge malgré sa relative discrétion due à ses caractéristiques.
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Pourquoi Guillaume Apollinaire a-t-il été emprisonné à la prison de la Santé ?
Fait divers étonnant et authentique survenu à Paris en début des années 1900, l’arrestation d’un de nos plus célèbres poètes français du 20ème siècle aura marqué les chroniques en plus de lui faire ressurgir certaines angoisses profondes . Revenons donc sur cet évènement mouvementé. En 1911, Guillaume Apollinaire, déjà installé à Paris depuis 11 ans, n’est pas encore reconnu comme le grand poète d’avant-garde que l’on sait aujourd’hui, célébré, entre autres, pour sa pratique du calligramme, poème dont la disposition graphique sur la page forme un dessin. Non, il se démarque à l’époque comme journaliste et critique d’art, il tient d’ailleurs une chronique artistique dans l'Intransigeant, l’un des grands journaux de ce temps. Il est également éditeur, et il sera le premier éditeur à sortir en France une anthologie, un recueil de textes thématiques, du Marquis de Sade. Défenseur du cubisme dans un climat d’ébullition créative à Paris, il va se retrouver à défrayer la chronique à partir de septembre 1911.
Comment cela se passe t-il ?
Le 21 août 1911, tombe une nouvelle importante: La Joconde a disparu du Musée du Louvre ! L’affaire va affoler l’opinion publique et les autorités, qui vont enquêter sur toutes les pistes qui s’offrent à elles. Il faut savoir que le milieu du journalisme parisien est à ce moment-là déjà terni par des histoires de vols d’oeuvres d’art. Par dénonciation, Apollinaire se voit questionner sur les liens qu’il entretient avec un certain Géry Pierèt. Cet homme est un déserteur belge, à la personnalité fantasque et ayant un penchant pour la kleptomanie. Il s’avère que Géry Pierèt, qui interessait d’un point de vue littéraire Apollinaire lui avait un jour transmit, non pas des statuettes comme le voudrait la légende, mais des sculptures de têtes ibériques qu’il avait volé au Louvre quelques années plus tôt, dans le but que le poète les revendent, lui qui était connaisseur des milieux artistiques. Résultat final après son interrogatoire, Guillaume Apollinaire est inculpé pour recel. Hé oui, contrairement à ce que la légende populaire, Apollinaire n’est pas accusé pour le vol de la Joconde.
Le 7 septembre 1911, Guillaume Apollinaire est incarcéré à la prison de la santé à Paris, et il y restera 6 jours, jusqu’au 13. Ces quelques jours suffisent à marquer le poète, qui en profitera pour écrire six poèmes réunis sous le titre A la Santé qui paraissent dans le fameux recueil Alcools, deux ans plus tard en 1913. Son arrestation aura suscité de vives réactions de la part du monde littéraire, et il aura pu compter sur le soutien de ses camarades, comme le journal Ruy Blas qui publia un communiqué dans lequel la rédaction invite le juge d'instruction Drioux en charge de l’affaire, à je cite “ne pas oublier que les erreurs les plus courtes sont les meilleures. “
Néanmoins, il faudra attendre l’année 1912 pour que Guillaume bénéficie d’un non lieu dans cette affaire et soit donc innocenté. Une affaire rocambolesque, mais comme le dit si bien Apollinaire, je le cite, “La joie venait toujours après la peine… “
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Pourquoi a-t-on nommé à tort l'œuvre "La Ronde de Nuit" de Rembrandt ?
Le très célèbre peintre néerlandais Rembrandt est une des grandes figures du mouvement baroque. Il a entre autres contribuer à renouveler le genre de l’autoportrait et du portrait de groupe, tout en se démarquant par le traitement qu’il faisait de la lumière dans ses peintures, que l’on nomme “clair-obscur”. D’abord, saviez-vous que Rembrandt n’est pas le nom de l’artiste, mais bien son prénom ? En effet, à sa naissance en 1606, le peintre et graveur de l’école hollandaise, se prénomme Rembrandt Harmenszoon van Rijn. Il gardera par la suite son seul prénom pour signer ses œuvres, ce que l’on peut comprendre, en imaginant le gain de place et de temps fait en abandonnant son nom de famille pour son travail. Parmi son œuvre importante, il ne laisse pas moins de 400 peintures, 300 eaux fortes, un procédé de gravure, et 300 dessins, on peut citer de nombreuses pièces majeures, mais celle qui nous intéresse aujourd’hui est la peinture La Ronde de Nuit.
D’abord, quelle est l’histoire de ce tableau ?
En 1942, Rembrandt reçoit une commande d’une partie de la compagnie de la milice bourgeoise des mousquetaires d'Amsterdam pour décorer une salle de leurs sièges. On lui demande de faire un portrait de groupe représentant une partie de la milice, contre 1200 florins, c’est alors une commande prestigieuse : pour comparer, le salaire annuel d'un ouvrier de l'époque était d'à peu près 250 florins. Utilisant avec maîtrise le clair-obscur, il va ainsi représenter les gardes civils empreints de vives émotions et traduisant une réelle impression de mouvement, deux éléments qui témoignent alors du style baroque. Mais alors, pourquoi a t-on nommé cette toile, La Ronde de Nuit à tort ? Le tableau, de grande dimension, portait à la base un nom tout aussi long que son créateur, il se nommait :La Compagnie de Frans Banning Cocq et Willem van Ruytenburch, du nom des commanditaires au centre du tableau. Mais au 19ème siècle, le tableau reçoit le surnom de La Ronde de Nuit, qu’il gardera au fil du temps à cause de son encrassement.
A la base, l'œuvre est la représentation d’une scène diurne, c'est-à-dire qui se passe en plein jour, mais le vieillissement du vernis et la saleté donnait une impression d’obscurité. De plus, le liant compris dans la peinture contient du bitume, comme dans Le Radeau de la Méduse de Géricault, ce qui à également tendance à l’assombrir avec le temps. Cette obscurité ambiante causée par les matériaux n’étant pas considérée comme incohérente dans l'œuvre de Rembrandt, le nom du tableau fut transmis à la postérité, alors même qu’il constitue un contresens avec la scène représentée. Aujourd’hui, sa restauration en 1947 à permis à la peinture de retrouver sa clarté d’origine que l’on peut admirer au nouveau Rijksmuseum à Amsterdam.
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Quelle est la plus petite sculpture au monde faite à la main ?
Il y a, dans l’art comme ailleurs, des records que l’on aimerait voir réalisés devant nos yeux. Et cela pourrait être le cas de celui établi par l’artiste britannique Willard Wigan. Né en 1957, Willard Wigan n’a pas eu une enfance facile, et cela déclenche très tôt chez lui une envie de créer. Atteint de dyslexie et d’autisme, dont il ne sera véritablement diagnostiqué qu'à l'âge adulte, Willard était moqué dans sa classe par ses professeurs pour les difficultés qu’il rencontre dans son apprentissage. C’est ainsi à l'âge de 5 ans selon ces dires, que Willard Wigan commence à se passionner pour la sculpture, qu’il lui permet de s’évader des moqueries. Une longue histoire d’amour commence donc, mais plus précisément avec la sculpture microscopique. Pourquoi microscopique vous demandez-vous ?
Car l’artiste pensait simplement que si personne ne pouvait voir son art, personne ne serait alors en mesure de le critiquer. A partir de ce moment, Wigan s’est mis à sculpter des œuvres, plus petites les unes que les autres, par exemple dans des chas, des têtes d’aiguilles, qui ne sont visibles seulement qu’au microscope. En 2013, il obtient un record dans le Guiness Book, celui de la plus petite sculpture jamais réalisée par la main humaine. La micro sculpture était une moto en or 24 carats placée dans un de ses poils de barbe. Cela ne lui suffit pas, en 2017, il bat son propre record, en taillant dans du kevlar, une fibre synthétique, une micro sculpture qui semble correspondre à la silhouette d’un bébé humain, toujours placé dans un poil de barbe. Pour donner une échelle, cette œuvre ne dépasse pas la taille d’un globule rouge humain.
Mais alors comment est-il en capacité de réaliser de telles prouesses ?
Vous vous en doutez, un art comme le sien nécessite d’allier minutie, concentration et patience extrêmes. Willard Wigan doit logiquement réaliser ses œuvres au microscope, mais à côté de ceci, il doit aussi nécessairement créer la nuit, pour éviter les ondes provoquées par le trafic, tout cela dans un environnement clos et confiné. Wigan explique que lorsqu’il travaille par exemple sur un grain de sable, ses propres battements de cœur lui servent à tailler sa sculpture, comme un marteau piqueur pourrait le faire. Il ajoute le fait qu’il doit lors de ces sessions de travail se mettre dans un état de transe, qui lui permet alors de réduire le tremblement de ses mains. Reconnu tant par les institutions, l’université de Warwick lui ayant décerné un doctorat honorifique pour sa contribution au monde de l’art en 2018, que par le public, Willard Wigan aura su prendre sa revanche et s’épanouir au cœur de sa passion. On peut considérer qu’il a accompli son objectif, celui de je le cite, “montrer au monde que les choses les plus petites peuvent avoir le plus grand impact”
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Que sont les Razzie Awards ?
Le 27 mars prochain au soir, devra se dérouler la 94ème cérémonie des Oscars pour cette session 2022. Tous les projecteurs commencent à se tourner vers ce célébrissime évènement consacré au 7ème art depuis 1929. Mais peu de gens connaissent l’alter égo un peu particulier des Oscars qui se nomme les Razzie Awards.
Mais alors, que sont les Razzie Awards ?
La ou les oscars célèbrent les meilleurs travaux cinématographiques et tout ce qui gravite autour de cela, les Razzie Awards sont là pour mettre en avant les pires ! En effet, les Goldens Raspberry Awards, souvent abrégés en Razzie Awards, sont une parodie de récompense du cinéma. Mais d'où vient l’idée de cet événement parodique ? Elle fut créée par le rédacteur et publicitaire américain John J. B. Wilson en 1981, pour justement prendre à contre-pied les Oscars. Elle décerne ainsi chaque année des récompenses pour les pires réalisateurs, scénaristes, musiciens mais également pour les pires acteurs et films que le cinéma ait connus. Le nom Razzie vient du mot framboise en anglais, raspberry qui est utilisé ici en référence à l’expression “blowing a raspberry" qui veut dire “faire un bruit de dérision” qui peut alors se rapprocher de celui d’un pet. Construit en opposition aux Oscars, l'événement annonce traditionnellement les nominations un jour avant ces derniers, le 7 février cette année, et la cérémonie se déroule dans la même logique la veille de celle des Oscars, le 26 mars donc, en 2022. Bien qu’il ne faille s’acquitter que d’un droit d’entrée dans l’association pour pouvoir voter, il faut bien préciser que le visionnage des films n’est pas obligatoire pour les membres avant le choix.
On retrouve de nombreux réalisateurs, acteurs et actrices qui ont été nommés, se retrouvant parfois dans des situations étonnantes. En 2010, l’actrice américaine Sandra Bullock remporte ainsi le Razzie Award de la pire actrice dans le film All About Steve. Le lendemain, elle remporte alors l’Oscar de la meilleure actrice dans un rôle principal pour sa performance dans The Blind Side. Si vous vous demandez quel est l’artiste qui cumule le plus de Razzie Awards, il s’agit de Madonna, qui a en tout remporté 9 statuettes dont celle de la pire actrice du siècle. Le Razzie Award se présente donc sous la forme d’une framboise posée sur une bobine de film, l’ensemble peint en jaune et ne dépassant pas les 5 dollars. Mais il existe aussi d’autres types de récompenses comme le Governor’s Award, récompense spéciale, qui a en 2021 a été attribuée à l’année 2020 toute entière en raison de la pandémie de Covid 19 et de son impact sur le cinéma. Évidemment, les motifs de sélection sont remis en question depuis la naissance de l’évènement tant par une partie du milieu cinématographique que par certains cinéphiles. Notamment pour des résultats controversés comme celui de Stanley Kubrick pour la catégorie du pire réalisateur avec le film Shining.
Maintenant, vous en savez un peu plus sur cette cérémonie qui, bien que parodique, a pris une certaine ampleur dans le paysage cinématographique anglophone, souvent prise au second degré plus qu’au premier.
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Que symbolise la sculpture "L'âge mûr" pour sa créatrice Camille Claudel ?
Considérée aujourd’hui comme une figure incontournable de la sculpture réaliste et symboliste, l’artiste Camille Claudel aura, tout au long de sa trop courte carrière, lutté pour imposer son art. Virtuose qui excellait dans la taille du marbre, son talent l'amène à rejoindre l’atelier du célèbre Auguste Rodin en 1882, elle est alors âgée de 18 ans. Rodin, classé comme l’un des pères de la sculpture moderne, va alors faire de Camille sa collaboratrice mais également sa muse. Elle participe à l’élaboration de plusieurs des grandes œuvres du maitre, comme par exemple Les bourgeois de Calais ou La porte de l’Enfer. Rodin dira qu’elle était devenue, je cite “son praticien le plus extraordinaire” qu’il consultait alors en toute chose. Pendant une dizaine d'années, ils vont ainsi allier le travail avec la passion qu’il les anime l’un pour l’autre, pour former un des couples les plus connus de l’histoire de l’art.
Mais alors, que vient faire la sculpture de Camille Claudel L'âge Mûr dans cette histoire ?
En 1892, après plusieurs vaines demandes en mariages, Camille Claudel quitte son amant qui lui préfère sa compagne officielle Rose Beuret. Camille vit très mal la rupture mais va continuer à sculpter et à se forger une indépendance financière. C’est alors en 1895 qu’elle débute L'âge Mûr, qu’elle ne montrera au public que quelques années plus tard. Cette œuvre en bronze correspond à un moment clé de la carrière de Claudel, alors au fait de sa maîtrise artistique et de sa créativité appuyée par un début de reconnaissance officielle qui commence à poindre. On voit sur cette sculpture trois personnages, deux femmes et un homme au centre. L’homme mur tourne le dos à une jeune femme implorante, et s’élance vers une femme qui représente la vieillesse, voire la mort. Cette allégorie fait écho à une dimension autobiographique, celle de la fin de l’histoire d’amour entre Claudel et Rodin. On peut y voir Camille en jeune fille dont l’homme, Rodin, lache la main pour se tourner vers sa femme, Rose Beuret. Son frère, l’écrivain Paul Claudel dira en parlant de l'œuvre qu’on peut y voir ,je le cite ” Camille, implorante, humiliée à genoux, cette superbe, cette orgueilleuse, et savez-vous ce qui s'arrache à elle, en ce moment même, sous vos yeux, c'est son âme” “Mais l'œuvre ne peut pas être réduite à cela, elle représente également le temps qui passe.
Dans une tension accentuée par une puissante diagonale, Claudel va figer des émotions et jouer avec le vide, comme en témoigne l’espace entre la main de l’homme et celle de la jeune femme. A travers cette représentation de la destinée humaine, la sculptrice affirme son autonomie artistique, son symbolisme qui la détache de la technique de Rodin. En 1913, Camille Claudel sera interné en asile psychiatrique sur la signature de sa mère et n’en ressortira pas. Elle mourra dans l’indifférence générale trente ans plus tard à l'hôpital de Montdevergues à Montfavet près d’Avignon. Ainsi, L'âge Mur reste un des témoignages fort que laisse Camille Claudel sculptrice de génie, qui n’aura cessé dans son art comme dans sa vie personnelle de, je la cite, “réclamer la liberté à grand cri”.
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Quel est l'ancêtre du mème de chat ?
Les montages photos ou vidéos de chats pullulent sur Internet depuis de nombreuses années et battent encore aujourd’hui les records de partages et les nombres de vues en ligne. Les mèmes sur les félins, c'est -à -dire, les contenus viraux sur lesquels on retrouve des chats généralement accompagnés de légendes textuelles sont légions sur le web et font partie intégrante de la culture numérique mondiale. Certains spécialistes du phénomène datent d’ailleurs le premier montage avec un chat apparu sur Internet au 11 janvier 2007, avec la photographie d’un chat chartreux à laquelle était assignée une légende disant en anglais : Je veux un cheeseburger. En réalité, l’engouement autour de ces petits greffiers à, de tout temps, était très important.
Mais savez vous quand et comment a t-on commencé à les prendre en photos et à les partager ?
Stéphanie Hochet dans son livre Éloge voluptueux du chat, rend hommage à l’artiste anglais Harry Pointer pionnier de l’art de la photographie qui eut l'ingénieuse idée de se mettre à prendre en photo ses chats. Dans les années 1870, il commence à se faire connaître pour ses nombreux clichés ou il met en scène ses chats de compagnies. D’abord concentré à prendre des photos assez conventionnelles dans lesquelles on peut voir ces chats se reposer, boire du lait ou dormir dans un panier, il se met au début des années 1870 à faire poser ces chats dans des positions plus originales en imitant des habitudes humaines. On peut ainsi voir des clichés de Pointer ou des félins sont derrière un appareil photo, font du tricycle ou encore du patin à roulettes. Harry se rend rapidement compte qu’une image relativement simple peut être enrichie d’une légende écrite, qui vient alors ajouter une dimension attrayante et amusante au tout. Il va alors ajouter des formules de salutations à ces photographies comme par exemple “Bonne année” ou “Très bonne journée à vous” dans l’intention d’augmenter son potentiel de vente. Et cela marche ! Les acheteurs s’envoient alors ces clichés comme cartes de vœux contribuant à la renommée de Pointer et de son studio situé près de Bloomsbury Place, à Brighton en Angleterre. En 1972, Henry Pointer avait ainsi créé plus d’une centaine de photographies légendées de chats, une série de clichés connus sous le nom de “The Brighton Cats”.
Salué à l’époque par la Société photographique de Grande-Bretagne pour son travail, Pointer aura saisi le potentiel photographique et photogénique des chats, qui sera par la suite repris, notamment en France à partir des années 1960 avec notamment l’almanach et ses fameuses photos de chatons, avant d’arriver sur Internet avec les mêmes de félins dont certains sont devenus aujourd’hui cultes.
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Comment s’exprime la terreur du vide dans l’art ?
Nous avons l’habitude dans l’art et plus précisément dans la peinture, d’entendre parler d'œuvres, qui d’une manière ou d’une autre, mettent en scène le vide. Par exemple, certains monochromes peuvent laisser une telle sensation, causée par leur uniformité. Nous nous intéressons aujourd’hui à ce que l’on pourrait caractériser comme l’un des contraire de ce vide dans l’art. Mais alors, de quoi parle t-on exactement ? Nous parlons de ce qu’on appelle l’Horror vacui, une expression venue du latin qui signifie donc littéralement la terreur du vide.
L’Horror Vacui dans les arts visuels, définit le fait de remplir au maximum la surface d’une œuvre avec des détails. Le terme vient d’un critique d’art italien, Mario Praz, qui l’a d’abord employé pour décrire l’atmosphère suffocante qu’il ressentait dans l’ornement des meubles datant de l’époque victorienne.
Les tapisseries de la seconde moitié de 19ème au Royaume-Uni pouvaient par exemple montrer un nombre important de motifs floraux, comme dans le travail de William Morris, qui donnaient une impression de surcharge. Cette pratique ne date pas d’hier puisqu’elle constituait déjà en Grèce antique, pendant la période géométrique, entre 900 à 700 avant notre ère, un élément stylistique important. On retrouve par la suite des exemples d’Horror vacui dans l’art religieux du moyen âge, comme dans le livre de Kells, un manuscrit datant du 9ème siècle illustré de nombreux motifs ornementaux. Ce principe est également utilisé au 16ème siècle comme le montre la très précise gravure de Jean Duvet nommée La chute de Babylone et réalisée en 1955. Plus proche de nous, l’Horror vacui est utilisé de manière importante dans l’art brut, un mouvement qui englobe les productions de personnes exemptes de culture artistique. Le peintre brut suisse du 20ème siècle Adolf Wolfli remplit fréquemment, dans ces peintures, les espaces par des écritures ou des notations musicales. Vous l’avez compris, le principe d’Horror Vacui est donc utilisé de tout temps, par toutes sortes d’artistes.
Sans doute, cette notion de remplissage de l’espace est intrinsèque aux domaines artistiques sous toutes leurs formes, d’autant plus qu'à partir du moment où il y a eu support et activité artistique, il y a également eu envie de combler le vide de la part des humains. La notion d’Horror Vacui est donc très répandue, autant dans l’art que dans la philosophie, car elle désigne également une théorie portée par Aristote selon laquelle je le cite, “la nature évite le vide”. Ainsi, l’horreur du vide à pris des formes très diverses, tantôt abstraites tantôt plus concrètes, et on peut également aujourd’hui la retrouver dans des livres pour enfants. La célèbre bande-dessinée Ou est Charlie ? est sûrement l’un des exemples d’Horror vacui les plus parlant. Chaque page pensée par Martin Handford, où l'on s’amuse à retrouver Charlie est remplie entièrement de minutieux détails et d’histoires indépendantes sur lesquels il faut s’attarder une à une pour les percevoir.
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Qu’est-ce qu'une “bibliopégie anthropodermique” ?
De tout temps, les reliures de livres, c'est-à-dire l’habillage qui donne sa forme définitive à un ouvrage, se sont parés de différents types de matériaux. Qu’elle soit en carton ou en cuir, la reliure reste un élément précieux qui, comme nous allons le voir, peut donner une importante valeur ajoutée à l'œuvre. Seulement, la bibliopégie anthropodermique que je vous présente aujourd’hui est une pratique de reliure un petit peu particulière. Le mot bibliopégie désigne en grec ancien l’art de la reliure et le terme anthropodermique regroupe l’anthropos, l’être humain et le derma, la peau, donc la peau humaine. Vous commencez peut-être à vous en doutez, la bibliopégie anthropodermique est une pratique qui consiste à relier un livre avec de la peau humaine !
Selon Jennifer Kinner, docteure en archéologie préhistorique et funéraire, cette pratique pour le moins originale prend son essor au 19ème et au début du 20ème siècle surtout en France, en grande bretagne et en Amérique. On retrouve néanmoins un ouvrage en peau humaine datant de plus de 7 siècle qui est une bible médiévale du 14ème conservée à la Bibliothèque Nationale de France. Mais alors comment cette pratique étonnante est-elle née et s’est-elle répandue ? Selon Jennifer Kinner, il n y a que 138 volumes fait en 1 siècle de réelle pratique, ce qui en fait quelque chose d’assez rare. Mais, je la cite, “La rareté est le but recherché, puisque cette pratique apparaît dans un mouvement ou l’élite intellectuelle et bourgeoise souhaite montrer au grand jour ses moyens financiers”. Les reliures en peaux humaines se popularisent donc dans un souci de distinction, mais y a t-il un réel intérêt à avoir entre ces mains ce genre d'œuvres ? Le livre Des Destinées de l’âme de l’auteur français Arsène Houssaye, dont la reliure est d’origine humaine, est détenu à l’Université de Harvard. On trouve une note à l'intérieur du livre qui explique ce choix par le fait, je cite, “qu’Un livre sur l’Âme humaine méritait bien qu’on lui donna un vêtement humain: lui avait-on réservé depuis longtemps ce morceau de peau humaine pris sur le dos d’une femme”.
Par cohérence avec le sujet donc, mais également par cohérence avec une iconographie macabre. A quoi ressemble un tel procédé ? Rassurez-vous, la peau humaine est dans cette circonstance tannée, et il est alors difficile de la différencier visuellement d’un cuir animal. Mais il arrive que le relieur ait envie que l’on remarque qu’il s’agit d’une couverture humaine, il va alors prendre une partie significative du torse humain pour faire une reliure, laissant par exemple apparaître un téton. Ce sont fréquemment les peaux de condamnés à mort qui sont utilisées pour relier des livres parfois en lien direct avec leurs situations, comme le compte rendu de leurs procès. Bien que la pratique de la bibliopégie anthropodermique est perdu progressivement de l'intérêt, certaines personnalité du 20ème siècle s’y sont intéressées, c’est le cas de Camille Flammarion, vulgarisateur et astronome français, qui gardait un exemplaire d’un des ses livres, Terres de ciel, relié avec la peau des épaules de l’une de ses admiratrice dont s’était le voeu ultime.
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D'où le film The Truman Show tire-t-il ses origines ?
Porté par un Jim Carrey alors au fait de sa gloire, le film The Truman Show est réalisé par l’australien Peter Weir et sorti en 1998. Il devient très vite un énorme succès commercial et critique, alimenté par un scénario puissant, qui soulève de nombreuses problématiques aussi bien sociales et politiques que philosophiques. Avant toute chose, posons ici les bases de son concept.
Une ville artificielle est construite pour être le décor d’un feuilleton diffusé en continu à la télévision. Tous les habitants de cette ville sont des acteurs, sauf un. Le personnage principal du film, Truman Burbank, interprété par Jim Carrey, est le seul à ignorer cette réalité factice. Vedette inconsciente d’un programme construit sur mesure pour l’unique divertissement des spectateurs qui le regardent, Truman Burbank va se rendre compte de cette fatalité qui le suit jusque dans les moindres détails de son quotidien et tenter d’en sortir.
Le film qui, en apparence, se comprend comme la critique d’une société de consommation prête à tout essayer, cache en réalité plusieurs strates de significations bien plus profondes, détaillées dans de nombreux articles scientifiques. Ainsi, c’est un fait, le scénario d’Andrew Niccol est un véritable succès, appuyé par la mise en image percutante de Peter Weir. Mais le concept du long-métrage était-il original ? Après sa sortie, certains critiques ont souligné des similitudes entre le film et un court métrage réalisé par le scénariste américain Paul Bartel. D’une durée de 30 minutes, produit pour 5000 dollars, The Secret Cinéma est l’histoire d’une femme qui découvre peu à peu que son quotidien est filmé à son insu, avec la complicité de ses proches. Interrogé sur le sujet, Andrew Niccol dira qu’il n’avait jamais entendu parlé du court métrage lors de l’écriture du scénario de The Truman Show. De son côté, Paul Bartel s’avouait flatté si d’aventure son film avait servi d’inspiration.
Mais il existe également deux autres sources potentielles d’inspirations au film. Dans la célèbre série télévisée de science-fiction La quatrième dimension, deux épisodes semblent se rapprocher du synopsis du long métrage de Peter Weir. Le premier, A World différence, sorti en 1960 et scénarisé par le talentueux Richard Mathenson, un homme se rend compte que sa routine était un tournage de cinéma. Dans le second, nommé Special service, un homme découvre que sa vie entière est filmée et regardée en continu par des téléspectateurs. Malgré des ressemblances, ce constat met en valeur une question : comment construire une œuvre à partir d’une idée donnée. Paul Bartel admet que le fait que tout le monde soit au courant dans The truman show sauf le personnage de Jim Carrey se rapproche de son film. Et pourtant, comme le souligne John Powers, critique à Vogue, je cite : “ l'originalité de 'The Truman Show' ne réside pas seulement dans son principe. Elle se forge aussi dans la façon dont ils construisent le film avec l'idée de base, dans le style de tournage, dans l'utilisation de nombreux formats et d’angles différents, dans toute l'élaboration du détail."
Où commence l’emprunt et où se termine l’inspiration, voilà une question complexe et charnière dans le domaine artistique. Quoi qu’il en soit, comme le suggère Paul Bartel, "l'art est affaire d'appropriation et d'élaboration “ et The Truman Show n’échappe pas à la règle.
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Quelle fut l’étonnante histoire de l'œuvre "Le Bateau" d’Henri Matisse ?
Si dans la majorité des cas, les institutions artistiques et culturelles font tout ce qui est en leurs pouvoir pour mettre en avant une œuvre, on retrouve quelques cas particuliers qui peuvent déroger à cette règle. Et c’est précisément ce qui est arrivé fortuitement à l'œuvre d’Henri Matisse nommée Le Bateau. Mais qui est Henri Matisse ? Il serait difficile de résumer une œuvre comme la sienne. Henri Matisse est un peintre et dessinateur touche à tout français. Figure majeure du 20ème siècle, il aura eu une influence considérable sur tout un tas d’autres artistes comme Andy Warhol qui déclare, en 1956 : " Je veux être Matisse “. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de parler d’Henri Matisse plus en détail dans un épisode consacré au fauvisme, un mouvement pictural né en France dont il est le chef de file.
“Laissez la couleur venir en nous, c'est se laisser emplir par la vie” disait Matisse. Outre ses peintures stylisées, Matisse, fortement affaibli dans les 15 dernières années de sa vie, va mettre en place une nouvelle technique de création artistique faite à partir de découpage de papier. Matisse peut ainsi, comme il le dit lui-même, “découper à vif la couleur” depuis son lit et demander à ses assistants de les coller là où il le souhaite sur une toile. Et c’est ici que l’on retrouve la fameuse œuvre Le Bateau qui est une des œuvres finales de Matisse qu’il réalisa un an avant sa mort en 1953. Cette toile est donc un découpage de papiers peints avec de la gouache. Mais alors que voit-on sur l'œuvre ? Sur la partie supérieure, un bateau à voile est représenté par une forme triangulaire bleu, et au-dessus de celui-ci, on aperçoit des nuages peints en violet. La particularité du tableau qui en fera l'intérêt central de son histoire est le fait que ces éléments sont reflétés dans l’eau sur sa partie inférieure, créant une œuvre quasi-symétrique horizontalement. Mais alors, quelle est son histoire si originale? En 1961, Le Bateau est exposé au très important Musée d’art moderne de New York. Mme Geneviève Habert, courtière à Wall Street et grande admiratrice de Matisse vient alors pour la troisième fois contempler l’exposition.
En regardant attentivement Le Bateau, Mme Habert va alors se rendre compte d’une chose étonnante : le tableau semble être à l’envers. Elle s’empresse de regarder le catalogue de l’exposition et son intuition est confirmée. Pendant 47 jours, les visiteurs ont ainsi pu admirer au Moma une peinture d’Henri Matisse qui était positionnée dans le mauvais sens ! Comment Mme Habert s’en est-elle rendue compte ? Grande amatrice de l’art de Matisse, elle ne comprenait pas que ce dernier ait mis le reflet de son bateau en avant sur son tableau, et cela lui a mis la puce à l’oreille.. Après avoir transmis son constat au New York Times, le tableau a été redressé et des excuses de la commissaire adjointe ont été faites publiquement. Aujourd’hui, Le Bateau fait partie de la collection permanente du Musée d’art moderne de New York et, rassurez-vous, si vous vous y rendez, vous pourrez le contempler dans le bon sens, grâce à Geneviève Habert.
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Quelles sont les origines des 7 nouvelles merveilles du monde ?
Il faut bien différencier les 7 nouvelles merveilles du monde à celles du monde antique. Les 7 merveilles du monde antique sont une liste établie à l’origine par les Grecs anciens qui consiste à nommer les œuvres architecturales et artistiques les plus extraordinaires du monde. Considérée pendant l’époque romaine comme un savoir commun et populaire, cette liste est donc établie depuis des milliers d’années. Les 7 nouvelles merveilles du monde ,elles, ont une histoire fondamentalement différente. Elles sont, en effet, le résultat d’une opération médiatique de grande ampleur et d’un vote mis en place par l’homme d'affaires suisse Bernard Weber.
En collaboration avec une entreprise de marketing nommée Deureka, il met en place à partir de 1999 son projet et va arriver le 1er janvier 2006 à annoncer une liste de 21 monuments sélectionnés qui seront soumis aux votes du public. Comment ont-ils été choisis ? Par une commission composée de 6 grands architectes issus des divers continents dont Federico Mayor, ancien directeur général de l’UNESCO. Le choix a ainsi été fait en prenant en compte l'esthétique, mais aussi l'exploit architectural, et la pertinence historique des monuments. Cette liste était censée représenter un large panel d’époques et de civilisations. On retrouve par exemple dans cette dernière la Tour Eiffel qui concourt à côté de l’Acropole d’Athènes ou encore du Site Stonehenge au Royaume-Uni. Après discussions, la liste est réduite à 20 monuments, car on enlève du vote la Pyramide de Khéops, qui était déjà une des 7 merveilles du monde antique, et qui se voit directement décerné le prix de ‘’merveille honoraire”. Les votes se sont ainsi fait par internet et on compte au final plusieurs dizaines de millions de participants notamment dans des pays comme la Chine, le Mexique ou encore l’Inde. Les résultats sont dévoilés, et nous retrouvons la liste actuelle des 7 nouvelles merveilles que vous connaissez peut-être. Ainsi, la grande muraille de Chine, le Christ rédempteur de Rio, le site Petra, Le Taj Mahal, Le Machu Picchu, la Chichén Itzá accèdent au statut de merveilles par le biais d’une opération quasi-marketing.
L’initiative de Bernard Weber à d’ailleurs reçu de nombreuses critiques. Pourquoi ? D’abord, l’UNESCO dans un communiqué de 2007 réaffirme le fait qu’elle n’a rien à voir avec cette, je cite, “initiative privée, ne reflétant que l’opinion d’un public ayant accès à l’Internet, et non celle du monde dans son ensemble.” En effet, le système de vote fut dénoncé également car il était possible de voter plusieurs fois contre paiement, ce qui faussait bien évidemment quelque peu les résultats. De plus, certains gouvernements ont pu ainsi exploiter ce système de vote. Au Brésil par exemple, une campagne nommée « Vote no Cristo », votez pour le christ, fut mise en place, permettant à toute la population brésilienne de voter gratuitement via un téléphone portable. Plus parlant encore, la Jordanie à comptabiliser 14 millions de votes au total, alors qu’elle ne recense que 7 millions d’individus dans le pays en 2007, montrant ainsi la faille du fonctionnement. Voilà, vous en savez un peu plus sur l’histoire de la mise en place des 7 nouvelles merveilles du monde, qui semble, au final, être le fruit d’une démarche médiatique que d’une dynamique de conservation des sites.
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Pourquoi la Tour Eiffel est-elle repeinte tous les 7 ans ?
Symbole mondial de Paris, avec d’autres monuments comme Notre-Dame ou l’Arc de Triomphe, la Tour Eiffel trône depuis maintenant 132 ans sur le champ de mars, dans le 1ème arrondissement de Paris. Le fameux “Brun Tour Eiffel” reste encore aujourd’hui l’un des principaux attributs de la Dame de Fer qui culmine à 324 mètres de hauteur. Mais le saviez-vous ? Le brun n’a pas toujours été la couleur de ce monument. En effet, la Tour Eiffel a, en tout, changer 7 fois de couleur dans son histoire. A sa construction supervisée par l’architecte Gustave Eiffel en 1887 et 1888, c’est d’abord la couleur “rouge Venise” produite dans la célèbre ville italienne, qui est choisie et appliquée en atelier avant son montage.
Sera ensuite ajoutée un an plus tard une couche de rouge plus foncée, appelée brun rouge. En 1899, à l’approche de l’Exposition Universelle de Paris, second évènement du genre auquel la Tour assiste, elle est peinte dans les tons de jaunes. On applique alors un dégradé de jaune orangée à la base et de jaune clair au sommet. Pourquoi un dégradé ? Car depuis le sol, ce procédé assure une vision uniforme de la couleur par les passants. C’est également en 1899 que Gustave Eiffel décide de prescrire des cycles de 7 ans pour repeindre l’édifice. Mais alors, outre l’aspect esthétique, pourquoi la tour nécessite t-elle des retouches tous les 7 ans ? Il faut savoir que la structure est construite en fer puddlé, un matériau très résistant pour l’époque. Seulement, le fer puddlé peut être atteint par la rouille ainsi que par la pollution d’une ville comme Paris. L’une des solutions pour le conserver est donc de peindre le fer à intervalles réguliers, pour lui donner une couche de protection. Gustave Eiffel le disait lui-même, il fallait porter une attention particulière à la peinture qui était je cite “l’élément essentiel de la conservation d’un ouvrage métallique”.
Ainsi, pour garantir la longévité de la Tour, les soins qui y sont apportés doivent être réguliers et minutieux. Ce sont plus de 60 tonnes de peintures qui sont utilisées sur plus de 200 000 m carrés de surface pour rafraîchir le monument. Pour les JO 2024 de Paris, La France a décidé de faire de la Tour Eiffel son porte-drapeau et d'à nouveau changer sa couleur. Exit le Brun Tour Eiffel qui était choisit en harmonie avec le paysage parisien, pour revenir à une couleur historique appliqué en 1907 un jaune brun, qui n’est pas sans rappeler la médaille olympique. La Tour Eiffel est donc précieusement entretenue et cela fait maintenant 20 fois qu’elle est entièrement repeinte à 7 ans d’intervalle depuis 1899, parfois avec une couleur différente, ou parfois seulement pour appliquer une couche supplémentaire de protection.
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Quel est le seul tableau que Van Gogh a officiellement vendu de son vivant ?
Né en 1853 et mort en 1890, le peintre néerlandais Vincent Van Gogh construit son œuvre picturale en s'inspirant, durant sa courte vie, de ses nombreuses et riches recherches artistiques. Cet autodidacte qui voulait à la base être pasteur mais qui échoua au concours de théologie, devint après sa mort l’un des peintres les plus reconnus et admirés du monde pour son art. Il fut exposé, tant en France où il passa une grande partie de sa vie à figer les paysages, qu'à l'international, comme par exemple au MOMA, le très réputé musée d’art moderne de New York.
Pendant la période où il se mit à peindre, entre ces 27 et ces 37 ans, cet artiste prolifique produisit plus de 2000 dessins et toiles. Mais alors, quel est donc cet unique tableau acheté du vivant de Van Gogh ? Tout d’abord, précisons que bien qu’un seul tableau soit officiellement recensé, il se pourrait que Van Gogh en ai vendu d’autres, qui auraient échappé aux listes des ventes de l’époque. Selon Wouter Van der Veen, le directeur scientifique de l'Institut Van Gogh, je cite : “ nous ne savons quasiment rien des échanges réalisés pendant la période parisienne de Vincent (1886-1888)”. Mais à ce jour, il n ' y a pourtant bel et bien qu’une seule toile documentée qui se serait officiellement vendue pendant la vie du peintre et elle se nomme La Vigne rouge. La vigne rouge est une peinture à l’huile réalisée dans la ville d’Arles en novembre 1888 par l’artiste. Le tableau représente les vendanges dans la campagne arlésienne, dans lequel prédomine des teintes de rouge et de jaunes. A ce moment, Van Gogh travaille les effets de couleurs, comme il le dit lui-même dans une lettre, je cite : “je dois aller travailler dans la vigne près de Mont Major. Elle est toute pourpré jaune vert sous le ciel bleu, un beau motif de couleur. “ La vigne rouge a été exposée en 1890 dans un salon à Bruxelles, celui du groupe des 20, cercle artistique d'avant-garde belge. C’est la bas qu’elle sera vendue, et c’est Théo van Gogh, le frère de Vincent, alors marchand d’art qui s’occupe de la transaction faite pour à peine 400 francs, soit environ 800 euros aujourd’hui. Mais, comment se fait-il que Van Gogh n'ait vendu qu’un seul tableau de son vivant ?
Hé bien, selon Mr Van der Veen, Vincent Van Gogh "ne voulait pas vendre car il était persuadé que son œuvre allait un jour prendre de la valeur. Très sûr de lui, il capitalisait sur son travail qu'il voyait comme un tout." Pourquoi a-t-il alors accepté de vendre ce tableau ? Car l’acheteur, ou plutôt l'acheteuse, était la peintre impressionniste et mécène d’art belge Anna Bloch. Anna Bloch était la sœur d’Eugène Boch lui aussi artiste mais également ami de Van Gogh qui avait d’ailleurs réalisé son portrait à Arles qu’il avait nommé Le Peintre aux étoiles. Il n’a ainsi vraisemblablement pas pu refuser cet échange au vu de la proximité qu’ils entretenaient. Ainsi, bien qu’ayant eu peu de visibilité par rapport à certaines de ces sœurs, La vigne rouge reste une œuvre unique qui montre l’étendu du talent de Van Gogh, notamment dans sa représentation des couleurs qui annonce alors le fauvisme et l'expressionnisme, courants dont nous aurons l’occasion de parler plus en détail dans d’autres épisodes. La Vigne rouge est d’ailleurs actuellement visible au Musée des beaux-arts Pouchkine de Moscou.
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Pourquoi Jean Paul Sartre a-t-il refusé un prix Nobel de Littérature ?
Comme vous le savez peut-être, Jean Paul Sartre est un philosophe et écrivain français qui a marqué la vie intellectuelle et politique de notre pays, notamment dans la seconde moitié du 20eme siècle. Célèbre pour son œuvre littéraire, Jean Paul Sartre s’est également imposé comme le représentant du courant philosophique de l’existentialisme. Ce courant, pour résumer grossièrement, considère chaque individu comme un être unique maître de ses actes. Mais Sartre est également connu pour ses engagements politiques se rapprochant dans un premier temps du parti communiste français, puis par la suite de divers courants de gauche. Il reste aussi inscrit dans l’histoire comme le seul écrivain à avoir refusé un prix Nobel de littérature.
Cette distinction suédoise récompense un écrivain qui a rendu de grands services par son œuvre à l’humanité. Elle est considérée comme l’une des plus médiatisées et prestigieuses au monde. Alors, quelles sont les raisons pour lesquelles Jean-Paul Sartre à refusé une telle récompense ? Le 22 octobre 1964, Sartre déjeune avec sa compagne, la très célèbre Simone de Beauvoir. Arrive François de Closets, journaliste à l’AFP qui vient ainsi lui annoncer qu’il est le lauréat du Prix Nobel de Littérature. Sartre lui répond alors ceci : Je refuse le prix, c'est un fait, mais je me dois de réserver mes explications à la presse suédoise” La nouvelle fracassante se répand à Paris et fait sensation. Comment peut-on refuser cet honneur? Selon André Guigot, spécialiste de Jean Paul Sartre, il y a alors deux raisons principales au rejet de l’écrivain de Huis Clos. Premièrement, il ne voulait pas être, je cite André Guigot, “enterré de son vivant avant d'avoir terminé son œuvre.” Ce prix lui aurait collé une étiquette dont il aurait eu du mal à se défaire par la suite, et Sartre craignait cet ensevelissement. La seconde raison émane du fait que Sartre avait construit sa pensée sur la critique des institutions, ce qui le poussait comme il dit lui-même dans la lettre qu’il publie après sa déclaration, à, je cite, “ n’ accepter aucune distinction distribuée par les hautes instances culturelles.” Malgré ce refus, Jean Paul Sartre l’apprendra directement, il s’avère que le règlement du prix Nobel ne permet pas au lauréat de refuser sa récompense. Il reste ainsi le détenteur du Prix Nobel de Littérature de l’année 1964, bien qu’il ait été exempté de la traditionnelle cérémonie officielle et des 273.000 couronnes, soit 300.000 euros promis au gagnant. Sartre avait pourtant envoyé, après avoir lu qu’il était favori, une lettre à l’Académie Nobel annonçant son refus, qui ne semble pas avoir eu beaucoup d’impact.
Ce geste aura fait polémique, certains le considérant comme un signe d’arrogance, quand d'autres trouvaient cette décision cohérente avec les positionnements du philosophe. Pour ne pas avoir voulu rentrer dans l’histoire du prix Nobel de Littérature, Jean Paul Sartre aura assez ironiquement gravé son nom à jamais dans la liste des personnes ayant eu l’honneur d’être lauréats de cette prestigieuse récompense.
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