đŸ‡«đŸ‡· [FRANCESCO LOTORO INTERVIEW] Une vie pour la musique concentrazionaria - LA OU LA MUSIQUE NE S'EST JAMAIS TUE (2/3)
Memento - Explorons l'Histoire oubliée et le devoir de mémoire pour lutter contre l'indifférence

đŸ‡«đŸ‡· [FRANCESCO LOTORO INTERVIEW] Une vie pour la musique concentrazionaria - LA OU LA MUSIQUE NE S'EST JAMAIS TUE (2/3)

19 septembre 2025· 31:25

À propos de cet Ă©pisode

"La musique peut ĂȘtre un phĂ©nomĂšne fonctionnel ou absolu. On peut Ă©crire de la musique parce qu’elle sert Ă  quelque chose, ou Ă  quelqu’un, ou simplement parce qu’elle est musique, un phĂ©nomĂšne artistique en soi. Quand Michel-Ange sculpte la PietĂ , ce n’est pas pour se soulager. Peut-ĂȘtre mĂȘme que peindre le Jugement dernier, la tĂȘte renversĂ©e en arriĂšre, ne lui a pas du tout apportĂ© de rĂ©confort. Un musicien, un artiste, fait de la musique parce que c’est sa voie, sa raison d’ĂȘtre. Il sait que dans sa vie, il fera cela, un point c’est tout. Et si, comme dans ce cas, un musicien est dĂ©portĂ© dans un camp, un ghetto, un goulag, bien sĂ»r, il y a un choc Ă©motionnel, un dĂ©sarroi psychologique, il se pose des questions. Mais dĂšs qu’il s’adapte un tant soit peu Ă  l’environnement, qu’il en perçoit les repĂšres, mĂȘme symboliques ou imaginaires, un besoin irrĂ©pressible renaĂźt : celui de faire de la musique."


La musique, art de l’indicible, a cette capacitĂ© unique Ă  porter l’empreinte d’une Ă©poque, d’un peuple, d’une douleur. Et pourtant, il est une musique que l’Histoire a failli oublier. Une musique nĂ©e derriĂšre les barbelĂ©s, Ă©crite sur des bouts de papiers, des sacs, parfois sur des feuilles de papier toilette. Une musique de survie, de rĂ©sistance, d’humanitĂ© prĂ©servĂ©e au cƓur de l’inhumain. C’est cette musique, la musique concentrazionaria, que Francesco Lotoro a consacrĂ©e sa vie Ă  retrouver, Ă  Ă©tudier, Ă  faire entendre. Depuis prĂšs de quarante ans, ce pianiste, compositeur, chef d’orchestre et chercheur italien consacre sa vie Ă  faire entendre les Ɠuvres musicales nĂ©es dans les lieux les plus sombres de l’histoire : les camps de concentration, les ghettos, les prisons, les goulags.


Dans ce deuxiĂšme Ă©pisode de cette sĂ©rie en trois Ă©pisodes, Francesco Lotoro nous Ă©claire sur le rĂŽle vital de la musique dans ces lieux d’oppression : un chant pour survivre psychologiquement, une arme contre la barbarie, un lien entre les Ăąmes. Nous dĂ©couvrirons aussi l’histoire bouleversante des Ɠuvres inachevĂ©es, ces fragments d’humanitĂ© laissĂ©s par des compositeurs que la mort a fauchĂ©s trop tĂŽt, et le travail d’orfĂšvre nĂ©cessaire pour les reconstituer et leur redonner voix.


Vous pouvez retrouver cet épisode en version originale, enregistrée et réalisée en italien si vous le souhaitez sur le flux de Memento. Le doublage de la voix de Francesco Lotoro a été réalisé par le talentueux Erwin Sailly.


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Bonne écoute !

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