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Rose, apprendre à vivre sans cocaïne

Rose, apprendre à vivre sans cocaïne

27 décembre 2019· 33:06

“Je ne peux plus me passer de la cocaïne. Je ne me sens en éveil que lorsque je suis sous son emprise. Le reste du temps, je ne suis plus sensible, réceptive au monde qui m’entoure. Je me sens presque éteinte avant la première ligne. Cette drogue raccourcit les journées et allonge les nuits. Les descentes me lessivent. Je consomme de plus en plus pour ne pas les ressentir. Elle agit désormais comme un antidépresseur. Je suis dépendante d’elle. Elle maîtrise mes pensées, et j’en ai besoin pour vivre. Je décide à nouveau d’aller consulter, j’envisage cette fois de prendre des médicaments. Je prends rendez-vous pour la première fois avec un psychiatre addictologue à Sainte-Anne. Aidée par les antidépresseurs, je parviens à faire quelques sevrages, alternés de rechutes plus ou moins violentes. La volonté me manque clairement. Je ne veux pas être mise face à mes échecs. Après quelques mois de traitement, je déserte le cabinet du docteur W. Pourtant je continue de croire que je peux arrêter, donc je continue de me droguer. C’est de là que vient toute l’ambiguïté de la chose. Plus je pense que je suis capable d’arrêter quand je veux, plus je continue.” Auteure et interprète connue pour ses tubes La Liste et Ciao Bella, Rose a vendu plus de 800 000 albums. Elle retrouve aujourd’hui le chemin du succès avec Larmes à paillettes, extrait de son nouvel album Kérosène, qui est également le titre du livre témoignage qu’elle publie aux éditions Ipanema (et dont le texte ci-dessus est extrait). Rose y raconte son addiction d’hier à la cocaïne et son long parcours pour en sortir. Nous sommes allés à sa rencontre pour une interview intime, cash et sans fard. Un podcast inédit réalisé par Sydney Klasen. Interview Ariel Kenig. Sur une idée originale de Laurence Vély. 

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Emma Becker, deux ans et demi dans une maison close

Emma Becker, deux ans et demi dans une maison close

6 novembre 2019· 37:50

"J'ai 30 ans, j'ai grandi dans les environs de Paris, entre les Hauts de seine et la Seine et Marne. Je suis écrivaine depuis toujours, j'ai publié mon premier livre à 20 ans. J'ai déménagé à Berlin en 2013 car j'avais l'impression d'avoir fait le tour de Paris. Je voulais tourner une page, voir autre chose.

Puis j'ai eu cette idée, d'écrire sur les bordels, car on n'en a pas en France, alors qu'à Berlin c'est légal. J'ai eu envie de savoir qui étaient ces femmes dont on ne parle pas beaucoup, sauf pour les présenter comme des victimes, des pauvres filles ou des cinglées. Je me doutais bien que dans un pays où la prostitution est autorisée je pourrai rencontrer des travailleuses. Car c'est un statut qu'on retire souvent aux prostituées.


J'éprouve aussi, depuis toujours, une sorte de fascination pour la mécanique du désir. Cela a peut être à voir avec les injonctions que toutes les femmes reçoivent dès le début de leur vie : être désirable, souriante, jolie... Que mon corps, que je connais si bien - et que je ne regarde pas toujours avec bienveillance comme beaucoup de femmes - que ce corps puisse être un objet de désir n'a jamais cessé de me fasciner.


Pour pouvoir intégrer le milieu des maisons closes, je savais bien qu'il fallait que je devienne l'une d'entre elles."


Emma Becker, l'auteure du formidable roman "La Maison" (Flammarion) nous raconte son immersion de deux ans et demi dans une maison close berlinoise. Un témoignage lumineux sur le désir, la soumission, la féminité et la masculinité, à écouter d'urgence sur Soundcloud, iTunes, Pippa...

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Marina Rollman, l'humour comme porte de sortie

Marina Rollman, l'humour comme porte de sortie

1 novembre 2019· 26:50

"Je viens de Genève. C'est une ville paradoxale, à la fois petite et cosmopolite, bourgeoise et dotée d’une vraie une culture de gauche. Ma famille était vaste, éclatée et ouverte d'esprit. Je n’ai jamais dû me battre pour tracer ma propre voie comme si j'avais été issue d'une famille de notaires depuis douze générations. 

Après ma maturité fédérale – c’est le nom de notre Bac - je suis partie un an aux États-Unis ; beaucoup de jeunes Suisses prennent cette année sabbatique – soi-disant pour savoir ce qu’ils vont faire par la suite. Mais ce n’est pas en voyageant que tu vas te dire "Ah, finalement, ce que je veux c’est faire du droit !" En revenant, j’ai commencé une école d'architecture, vite arrêtée. Ensuite j'ai enchainé sur des lettres classiques. Même chose. Tout ça m'a amenée à faire plein de boulots un peu bizarres, dans la production, la communication.

Puis je me suis inscrite à un concours d'humour. C’était la toute première fois que je montais sur scène… je me suis pris un bide sidéral.

Ma prestation a malheureusement été filmée et est restée très longtemps sur Google, on m’en parlait en permanence. Ça m'a refroidie pendant 5 ans : un gros tournant. 

Je n’avais toujours pas envie d'un boulot pour payer les factures et me réjouir de partir en week-end. J’étais déprimée, je pensais que j'étais condamnée à trouver le monde et tous les projets chiants et tristes.

Un jour, un ami m’a asséné : "Les dépressifs chroniques qui ne se soignent pas deviennent des commentateurs du monde". Alors j’ai contacté un psy et ça a changé ma vie. Sortir de dépression c'est extraordinaire. Quand ce nuage s'enlève, tu reprends goût à des choses toutes simples comme aller dîner chez des gens que tu ne connais pas, te lever un dimanche matin tôt sans projet... J’ai compris que je pouvais m'exprimer par la créativité. L'aventure créative permet de mettre un pied devant l'autre, c’est plein de petits échecs accumulés qui font sens.

Un concours de circonstance m’a remis le pied à l’étrier. A ce moment-là, en Suisse Romande, on comprenait qu'il fallait renouveler l'humour dans les médias. Je suis remontée sur scène et c’était tellement dingue que je n’en ai pas dormi de la nuit. Puis tout s’est enchainé. J’ai gagné un concours d'humour qui donnait la possibilité de faire un essai dans une émission de radio publique. Ils m'ont engagée dans la foulée. Entre temps une copine productrice lançait un projet de Web-série et j'ai été prise dessus en tant que scénariste. Et surtout, j’ai rencontré Thomas Wisel, le plus grand humoriste suisse, avec qui je suis devenue amie. Il m’a mise en relation avec son manager, qui m’a trouvé des dates et tout est allé extrêmement vite. 

En ce moment, je délivre une chronique chaque lundi dans La Bande Originale sur France Inter et je joue mon spectacle tous les mardis et mercredis au Théâtre de l’œuvre. Pour la suite, on verra. Je me sens bien dans le stand-up parce que c’est très codé. Plus tard, j'aimerais écrire tous les formats du monde : un roman, des films, des séries, une comédie musicale… La gratification la plus évidente pour moi, davantage que la reconnaissance de mes pairs, c’est quand quelqu’un que tu admires te fait un compliment. A la radio, j’ai fait rire Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui. Ça va me rester longtemps."

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Marie-Clémence: bourgeoise, catho... et mariée avec une femme#2

Marie-Clémence: bourgeoise, catho... et mariée avec une femme#2

26 septembre 2019· 38:39

Marie-Clémence rêvait depuis son enfance de vivre selon le modèle bourgeois et catholique offert par sa famille, et dans lequel elle s’épanouissait « entre messes dominicales et prières quotidiennes ». Ses désirs respectaient en tout point le chemin suivi par ses parents avant elle : rencontrer un homme avec une bonne situation, se marier, avoir des enfants et devenir institutrice… jusqu’à ce qu’une rencontre vienne tout remettre en question. 

Aurore, une collègue, va retourner le monde de Marie-Clémence. « Je sais qu’elle est homosexuelle mais il ne me vient pas à l’esprit que notre relation puisse être autre chose que de l’amitié. Pourtant, je commence à vouloir la séduire, à m’habiller de façon féminine pour la troubler. » Les deux femmes commencent une liaison peu de temps après et Marie-Clémence navigue entre le couple qu'elle forme avec son fiancé et sa relation avec Aurore. « Je n’ai pas l’impression de le tromper, ni même d’être homosexuelle. J’aime Aurore et je ne peux pas me passer d’elle, c’est simple. »

Pas si simple lorsqu’un drame vient bouleverser sa double vie. « Le suicide d’un ami gay a sur moi l’effet d’un électrochoc. Je quitte mon fiancé et décide d’annoncer la vraie nature de ma relation avec Aurore à mes proches. »

Commence alors un combat sans répit pour faire accepter leur amour dans cette « bonne famille », ce qui arrivera petit à petit. On ne choisit pas qui on aime alors pourquoi devrait-on se priver de ses rêves ? Marie-Clémence choisit de les réaliser avec sa fiancée : se marier, avoir une petite fille, la faire baptiser… 


Marie-Clémence a raconté son parcours dans « On ne choisit pas qui on aime », paru en 2019 chez Flammarion

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Marie-Clémence: bourgeoise, catho... et mariée avec une femme

Marie-Clémence: bourgeoise, catho... et mariée avec une femme

26 septembre 2019· 44:48

Marie-Clémence rêvait depuis son enfance de vivre selon le modèle bourgeois et catholique offert par sa famille, et dans lequel elle s’épanouissait « entre messes dominicales et prières quotidiennes ». Ses désirs respectaient en tout point le chemin suivi par ses parents avant elle : rencontrer un homme avec une bonne situation, se marier, avoir des enfants et devenir institutrice… jusqu’à ce qu’une rencontre vienne tout remettre en question. 

Aurore, une collègue, va retourner le monde de Marie-Clémence. « Je sais qu’elle est homosexuelle mais il ne me vient pas à l’esprit que notre relation puisse être autre chose que de l’amitié. Pourtant, je commence à vouloir la séduire, à m’habiller de façon féminine pour la troubler. » Les deux femmes commencent une liaison peu de temps après et Marie-Clémence navigue entre le couple qu'elle forme avec son fiancé et sa relation avec Aurore. « Je n’ai pas l’impression de le tromper, ni même d’être homosexuelle. J’aime Aurore et je ne peux pas me passer d’elle, c’est simple. »

Pas si simple lorsqu’un drame vient bouleverser sa double vie. « Le suicide d’un ami gay a sur moi l’effet d’un électrochoc. Je quitte mon fiancé et décide d’annoncer la vraie nature de ma relation avec Aurore à mes proches. »

Commence alors un combat sans répit pour faire accepter leur amour dans cette « bonne famille », ce qui arrivera petit à petit. On ne choisit pas qui on aime alors pourquoi devrait-on se priver de ses rêves ? Marie-Clémence choisit de les réaliser avec sa fiancée : se marier, avoir une petite fille, la faire baptiser… 


Marie-Clémence a raconté son parcours dans « On ne choisit pas qui on aime », paru en 2019 chez Flammarion

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Autour du changement de vie au féminin : une table ronde Les déviations & Face to face

Autour du changement de vie au féminin : une table ronde Les déviations & Face to face

12 décembre 2018· 1:22:08

Faut-il déconstruire pour construire ? La quête de sens, pourquoi ? Qu’est-ce qu’une jachère fertile ? La business woman est-elle une has been et l’entrepreneuse super happy un mirage ? Le monde du travail est-il le même pour les femmes après #meetoo ? Pourquoi veut-on faire trop tout bien ?

Autour de cette table ronde organisée par Face to Face – entreprise organisatrice de pop ups de créateurs indépendants- sept femmes inspirantes au parcours souvent complexes abordent les thèmes de la création, de la place des femmes dans l’entreprise, de la confiance en soi et de légitimité, de la quête du chemin parfait et bien d’autres sujets.

Autour de Laurence Vély (Les déviations) et de Marianna Szeib (Face to Face) on écoutera : Fiona Schmidt (journaliste et écrivain), Charlotte Husson (fondatrice de la marque Mister K.), Christelle Delarue (fondatrice de l’agence de pub féministe Mad&Women) Laura-Jane Gautier (journaliste et conférencière chez Switch Collective), Karine Piotraut (responsable carrière à l’IFM) Amélie Delacour (co-fondatrice de la marque 17H10 et du podcast Commencer) et Alexandra Jubé (fondatrice du bureau de tendances Alexandra Jubé). Merci à Opale Production pour la réalisation.

 

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Claudine, de la maison de la presse à l'érotisme

Claudine, de la maison de la presse à l'érotisme

18 avril 2018· 19:25

Quand je l’ai connue, Claudine tenait son rang de vendeuse de journaux. La cinquantaine solide, sobre et avenante derrière son comptoir. Une tenancière de maison de la presse, somme toute. Puis un jour, je me suis abonnée à Libération et je l’ai reçu chaque matin dans ma boîte aux lettres. J’ai arrêté d’acheter mon journal chez Claudine. Quelques mois plus tard, en passant dans la rue, j’ai remarqué que sa boutique avait fait place à un magasin de lingerie érotique. Intriguée, j’ai jeté un oeil par la vitre. Claudine était derrière le comptoir. C’était Claudine, mais plus vraiment Claudine non plus. Elle avait fondu, teint ses cheveux, rayonnait comme jamais dans sa boutique boudoir violette, remplie de dentelles, nuisettes, huiles de massage, caches tétons mais aussi de quelques paires de menottes et de martinets. Il m’a fallu du temps pour oser lui demander ce qui s’était passé dans sa vie pour opérer un changement aussi radical. C’est impudique comme question. Mais Claudine a accepté de lever le voile. Voici l’histoire de sa transformation, et c’est aussi le premier épisode podcast des Déviations, des histoires de gens qui ont changé de vie. Extraits musicaux : Dr Frankenstein - Necrfago Stompin Riff Raffs - Wine Wine Wine Dr_Frankenstein - O Crebro do Morto licence Creative Commons freemusicarchive.org

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