
À propos de cet épisode
DEMAIN, QUOI D’AUTRE ?
Huit semaines après le confinement, on assiste à la multiplication des propositions pour la reprise. Beaucoup ont une tonalité écologiste et solidaire. 66 parlementaires à la fibre écologique et sociale issus de plusieurs groupes ont lancé une consultation citoyenne « Le Jour d’après », dont les résultats ont été publiés le 13 mai. Ils rejoignent ceux d’une étude de Viavoice pour Libération publiée le 31 mars : sont appelés de leurs vœux par 70 % à 85 % des sondés la « souveraineté collective », nationale et européenne, le « dépassement de la société de marché » et la défense des biens communs.
Depuis le début de la pandémie, l’État, « joue un rôle d'amortisseur majeur », face à la crise constate le Gouverneur de la Banque de France : « L'intervention publique massive a absorbé au moins les deux tiers du choc, et réduit d'autant son impact pour les ménages et les entreprise ». Pour assurer la sauvegarde de l’emploi, le soutien public se monte à 26 milliards d’euros. Il a permis à près de 6 salariés du privé sur 10, soit plus de 12 millions de Français, de bénéficier de l’allocation d’activité partielle. Le patron du MEDEF demande à l'État la prolongation de ce dispositif. La CGT réclame une augmentation des rémunérations des professions « les plus modestes ». Le secrétaire général de la CFDT, estime qu’« il faudra redistribuer les richesses », et propose de créer « un impôt exceptionnel sur des entreprises liées à des secteurs qui n'ont pas été impactés par la crise, voire qui ont réalisé des bénéfices ».
Ce rôle central de l’État est soumis à plusieurs questions. Sylvain Fort, l'ancienne plume du président, remarque qu’en Europe, l'effort allemand est largement venu de la société civile, c'est-à-dire des entreprises, des hôpitaux et des citoyens, qui n'ont pas attendu les consignes de l'État pour agir. L'Allemagne a en outre bénéficié de l'adaptabilité supérieure que lui donne son organisation fédérale, alors qu'en France, l'administration centrale a, pour lui, un peu trop gardé la main. C’est la pétrification de cette administration que d’autres voix mettent en cause et le président de la République, qui affirmait, le 13 avril, la nécessité de « sortir des sentiers battus, des idéologies » et se « réinventer », s’est entretenu jeudi avec les signataires prestigieux d’une tribune publiée par le Figaro sous le titre « Libérons l’hôpital du fléau bureaucratique ! »
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