
Elles s'attablent
Par Elle
Réseau : CMI France
Épisodes
36 épisodes · page 2 sur 2

Stéphanie Le Quellec, la cuisinière résistante
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S’il fallait citer une cheffe qui incarne la résilience en cuisine, ce serait sans doute elle : Stéphanie Le Quellec.
Il y a deux ans, cette gagnante de Top Chef 2011, se voit décerner deux étoiles Michelin pour son restaurant La Scène dans un palace parisien, alors même que l’hôtel décidait de fermer cet établissement. Certains auraient craqué. Pas elle. Après quelques mois de réflexion, la voici de retour, faisant fi des conseils parfois machistes de ses collègues, bien décidée à lancer un nouveau projet toute seule. Fin 2019, elle ouvre La Scène dans le prestigieux 8e arrondissement de Paris. Décor ultra chic, cuisine ouverte, carte exigeante, bistro au rez-de-chaussée… Les deux étoiles sont au rendez-vous quand le premier confinement. Très vite, elle réagit en lançant un service de livraison 100 % maison, n’hésitant pas déposer elle-même les commandes chez ses clients.
« Mon caractère m’empêche de laisser tomber. Je ne crois qu’à une chose : le travail. Et je me suis aussi découvert l’âme d’une entrepreneuse », confie-t-elle dans son restaurant, entre deux caisses de vin (« il faut soutenir tous nos producteurs ») et une livraison de volaille (« descendez ça en cuisine »). Ce deuxième confinement qui n’en finit plus aurait pu avoir raison de son énergie. « Jamais ! », affirme-t-elle. « J’ai mis toutes mes tripes dans ce projet et les difficultés sont aussi source d’opportunités ».
La preuve avec MAM, son dernier projet. Une fois encore, Stéphanie Le Quellec rue dans les brancards. À quelques semaines de Noël, elle ouvre dans le 17e une épicerie-traiteur où elle va montrer sa « cuisine de cœur, celle que je fais pour les miens, en famille ». D’ailleurs, ce sera sa maman qui va s’en occuper ! Produits d’exception, petits plats à réchauffer, sélection d’épicerie, MAM se veut la maison du bonheur. Mieux, une adresse qui prend en compte les évolutions de la société. « Avec la crise du Covid, on ne va plus consommer de la même façon et nous, artisans, nous devons accompagner ces transformations ».
Au fil de notre entretien, il sera question de travail, d’expression, de notoriété, d’angoisses, de courage, de couple, de liberté, de sociologie, de caractère… De ses fourneaux, entre deux envois de pâté croûte et de curry de légumes, Stéphanie Le Quellec sent le monde changer et a décidé de surfer sur les vagues. Résistante, on vous dit !
Crédits :
Production :
© Décembre 2020 - CMI France : Danièle Gerkens / Olivier Vignot
Invitée :
Stéphanie Le Quellec
Remerciements :
Danièle Gerkens, Claire Fimes, et Jean-Philippe Siourd
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Julie Chapon, la magicienne des étiquettes
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Avez-vous déjà vu dans les rayons des supermarchés des consommateurs prendre un paquet, le scanner avec leur téléphone, puis le reposer, la mine contrariée ? Peut-être d’ailleurs le faites-vous aussi… Si oui, vous êtes l’un des membres de la grande tribu des « Yuka addicts » ! En trois ans, Yuka, l’application à la carotte rigolote, a fédéré tous ceux qui, en Europe, en Australie ou en Amérique du Nord, veulent en savoir ce qu’ils mettent dans leur assiette.
Derrière Yuka, il y a un trio d’amis français qui ont rassemblé 20 millions de fans ! Venue de l’univers du conseil, Julie Chapon a rejoint cette aventure un peu par hasard. Ses passions ? Le goût, la transparence, le « zéro déchets », l’écologie, la salsa et les fromages. Depuis trois ans, le « visage » de Yuka nourrit aussi le blog de Yuka afin que chacun puisse manger bon et plus sain, en évitant les additifs louches.
Loin d’un destin tout tracé, le parcours de Julie est un plaidoyer pour la liberté de penser et de faire, le courage, l’indépendance et l’audace. « Rien ne me prédestinait à être entrepreneuse », affirme-t-elle, heureuse aujourd’hui de changer le monde. Utopique ? Pas du tout tant les industriels se bousculent pour revoir leurs recettes et leurs produits afin de les rendre « Yuka compatibles ».
Dans la cuisine de Yuka où nous avons enregistré cet épisode, nous avons parlé de légumes, de l’impact social, du refus de faire des bénéfices, du regard que l’on pose sur soi, des pois chiches, de la manière dont on gère le succès, de l’industrie agro-alimentaire, du livre publié par Yuka et des recettes de son grand-père… Et demain ? « Dans un monde idéal, j’espère que Yuka aura disparu dans quinze ou vingt ans, car on n’en aurait plus besoin », affirme-t-elle. Reste qu’au vu des chantiers à mener, Yuka n’est pas prêt de disparaître. Julie s’en réjouit car cette suractive a bien d’autres projets en tête pour la carotte qui veut changer le monde !
Crédits :
Production :
© Novembre 2020 - CMI France : Danièle Gerkens / Olivier Vignot
Invitée :
Julie Chapon
Remerciements :
Danièle Gerkens, Claire Fimes, et Jean-Philippe Siourd
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Alexia Duchêne, la cheffe militante
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À 24 ans, la semi-finaliste de Top Chef 2019 est une jeune femme pressée. Pressée de gagner, pressée de se réaliser, pressée de vivre... Contrairement à tant d’autres, Alexia revendique son ambition et son tempérament, tout en constatant que les fourneaux restent des lieux inégalitaires et violents. « À 15 ans, j’ai été violée par trois garçons à l’école. Pendant des années, je me suis tue, malgré un procès. Depuis peu, j’ai décidé de faire savoir ce qui m’est arrivé, y compris à mes équipes en cuisine, en affirmant que je tolérerais plus la moindre violence », déclare Alexia Duchêne.
Dans le quatrième épisode du podcast « ELLEs s’attablent », elle raconte son histoire et analyse ce phénomène en l’attribuant principalement « au manque d’inclusivité de cet univers et aux horaires infernaux de 70 heures par semaine qui empêchent les jeunes de se former, de s’informer, de découvrir d’autres choses et d’autres manières de vivre ». Demain ? « En cuisine, comme ailleurs, il sera féminin », affirme-t-elle, persuadée que le changement en cours est inéluctable.
Au cours de cette conversation libre, il sera question avec Alexia de double culture franco-britannique, de l’importance d’oser, de savoir saisir les opportunités, d’une vue sur la tour Eiffel, d’agilité face à la crise économique et sanitaire, de la force féminine, d’un livre à venir et de son nouveau défi : réinventer « Chez Allard », table mythique parisienne !
Crédits :
Production :
© Octobre 2020 - CMI France : Danièle Gerkens / Olivier Vignot
Invitée :
Alexia Duchêne
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Danièle Gerkens, Claire Fimes, et Jean-Philippe Siourd
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Chef Anto, l’ambassadrice de la cuisine africaine
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Italie, Japon, Chine, Pérou… Au fil des années, la cuisine a digéré toutes les influences, faisant de certains plats typiques (le couscous, les sushis, le guacamole), des basiques de nos assiettes. Tous les pays du monde ? Non. Reste un invité, et de taille : l’Afrique sub-saharienne. Comment changer cela ? En ouvrant l’Europe aux gastronomies africaines et en valorisant auprès des Africains eux-mêmes leurs savoir-faire et leurs produits.
Pour atteindre ces objectifs ambitieux, il y a une (jeune) femme : Chef Anto.
D’origine gabonaise, cette trentenaire pétillante abat un à un les obstacles que la vie a placé devant elle. Venue en France étudier la gastronomie, elle veut revenir ouvrir un restaurant au Gabon. C’est sans compter la misogynie locale qui considère que ce n’est pas un projet sérieux. De retour dans l’Hexagone, elle se réinvente en traiteur, consultante et cheffe à domicile, initiant les Français aux gombos, au mafé, au poisson séché et aux sauces de là-bas. Mieux, elle est aussi la présentatrice d’une émission culinaire sur Canal + Afrique où elle sillonne le continent et met en lumière son patrimoine culinaire.
Au cœur du quartier de Château-Rouge, Chef Anto nous raconte avec humour son parcours étonnant. Il y est question de volonté, de racisme, de combat féministe, de bouillon cube, de lutte contre les stéréotypes, de joie de vivre, de Pygmées, d’adaptation, de viande de crocodile, de mondialisation… Et d’une conviction profonde : l’Afrique, continent de demain, va bouleverser la gastronomie mondiale !
Crédits :
Production :
© Septembre 2020 - CMI France : Danièle Gerkens / Olivier Vignot
Invitée :
Chef Anto
Remerciements :
Danièle Gerkens, Claire Fimes, et Jean-Philippe Siourd.
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Ariane Grumbach, la diététicienne bienveillante
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Et si les femmes faisaient la paix avec leurs assiettes ?
En matière alimentaire, la France cultive le paradoxe. Dans ce nouvel épisode d’« Elles s’attablent », nous nous intéressons au rapport que les Françaises entretiennent avec l’alimentation. Si elles sont les femmes les plus minces d’Europe, les Françaises sont aussi celles qui veulent le plus perdre du poids. 67 % d’entre elles disent faire attention à leur poids et 55 % auraient déjà suivi un régime. Investies dans l’immense majorité des familles de la responsabilité d’une alimentation équilibrée, gourmande, saine, fraîche et, si possible, de saison, les Françaises s’imposent aussi de rester minces. Un paradoxe d’autant plus perceptible que l’on monte dans la hiérarchie sociale…
Loin des « régimes miracle » qui fleurissent chaque printemps, promettant une silhouette mince et tonique, Ariane Grumbach prône au contraire un rapport apaisé à l’assiette et aux saveurs, un regard positif sur soi-même, une prise en charge moins invasive qu’éclairée. D’où lui vient ce talent ? D’un parcours atypique mêlant le conseil, le hasard, Air France, la curiosité… Avec elle, nous évoquons le poids de l’éducation, l’esclavage des injonctions, le paradoxe de « la Maman et la putain » aux fourneaux, la diversité des corps et des âges, ainsi que les concepts d’alimentation intuitive et méditative. Son arme fatale ? Remettre les femmes en cuisine pour les aider à reprendre confiance en elles.
Rendez-vous dans son cabinet dominant les toits parisiens pour un échange incisif, déculpabilisant et gourmand !
Crédits :
Production :
© Août 2020 - CMI France : Danièle Gerkens / Olivier Vignot
Invitée :
Ariane Grumbach
Remerciements :
Danièle Gerkens, Claire Fimes, et Jean-Philippe Siourd.
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Alexia Foucher-Charraire, la fée des petits producteurs
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Héritière d’une dynastie de primeurs, Alexia est née dans les patates !
Son enfance se passe en effet entre les sacs de pommes de terre et d’oignons de ses parents, grossistes à Paris, puis à Rungis. Désireuse de faire tout sauf cela, elle finit pourtant par rejoindre l’entreprise familiale de distribution de fruits et légumes un peu par hasard.
Sauf que, loin de se contenter d’un rôle de princesse des petits pois aux Vergers Saint-Eustache, Alexia imagine au fur et à mesure une autre manière de travailler. Consciente de la fragilité économique des petits producteurs et de la réduction considérable des variétés cultivées, elle développe Le Comptoir des producteurs qui rassemble plus de 150 producteurs de très grande qualité et fournit aujourd’hui l’immense majorité des tables étoilées en France. Sa devise : « respecter la nature, les produits et les hommes » en s’attachant notamment à les rémunérer au prix demandé, sans négociation.
Abricots fondants, figues rares, herbes secrètes… Depuis le confinement, elle permet également au grand public d’avoir, lui aussi, accès à ces trésors via une livraison de paniers hebdomadaires. Assurer un revenu juste aux agriculteurs, raccourcir les circuits, accompagner les chefs sur la voie d’un réel respect des saisons, promouvoir les végétaux raisonnés ou bio, autant d’objectifs que s’est fixé cette travailleuse acharnée, persuadée « qu’on peut changer le monde à sa mesure, comme le colibri ».
Rendez-vous à Rungis, dans les entrepôts réfrigérés des Vergers Saint-Eustache pour un échange chaleureux et sans langue de bois !
Crédits :
Production :
© Juillet 2020 - CMI France : Danièle Gerkens / Olivier Vignot
Invitée :
Alexia Foucher-Charraire
Remerciements :
Danièle Gerkens, Claire Fimes, et Jean-Philippe Siourd.
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