
Choses à Savoir - Culture générale
Par Choses à Savoir
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Épisodes
3354 épisodes · page 45 sur 112

Pourquoi les cartes contiennent-elles une île qui n'existe pas ?
Peter Pan n'est pas le seul à avoir créé un pays imaginaire. Les géographes actuels en ont fait autant, mais, à la différence du personnage de J.-M. Barrie, ils ne pourraient s'y rendre, même en rêve. En effet, ils ont inventé une île dont vous n'avez aucune chance de fouler le sol. Et pour cause, elle n'existe pas !
Cette île imaginaire s'appelle "Null Island". Elle a été créée, en 2011, par une base de données, "Narural Earth". Si l'on en croit les cartes, elle est située dans le golfe de Guinée, à l'intersection de l'équateur et du premier méridien.
Ses coordonnées géographiques suffiraient à semer le doute dans l'esprit du voyageur. En effet, on est censé trouver cette île à 0°N et 0°E ! Malgré tout, on a dessiné une carte pour "Null Island", inspirée d'un jeu vidéo.
Sa population fictive aurait même fondé une République, pourvue d'un drapeau officiel. Les curieux trouveront tous ces renseignements, et d'autres informations, sur le site de l'île.
Une aide pour les géocodeurs
Pourquoi avoir créé cette île imaginaire ? Il s'agissait en fait d'aider les géocodeurs à repérer leurs erreurs. Le géocodage consiste à convertir des adresses en données géographiques, qui servent de base à l'établissement de cartes.
Ainsi, les géographes modernes n'ont plus besoin d'aller sur place pour dresser leurs cartes. Ce qui ne les empêche pas de commettre des erreurs. Dans ce cas, le programme informatique les renvoie vers ces coordonnées "0°, 0°", en affichant en plus le mot "null". Comme son nom le laisse supposer, ce mot signifie que l'élément trouvé n'a aucune valeur.
La création, à cet endroit particulier, d'une île imaginaire, permet donc aux codeurs de mieux localiser leurs erreurs.
Ce qui ne veut pas dire, pourtant, qu'on ne trouve rien à l'emplacement supposé de "Null Island". Le voyageur qui aurait la curiosité de se rendre sur place découvrirait une minuscule station météorologique, composée, pour l'essentiel, d'une bouée et d'un matériel spécifique.
Elle rassemble des données sur le climat et les océans, qui sont ensuite exploitées par les scientifiques.
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BONUS - Pourquoi les sièges sont-ils souvent rouges au cinéma ?
Dans les épisodes bonus, je réponds de façon claire et directe à toutes les questions essentielles, en une minute chrono !
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Pourquoi ne peut-on pas mesurer le littoral ?
À l'heure où l'homme envoie des fusées sur Mars, il n'est toujours pas capable de mesurer avec précision le littoral d'un pays. Pourtant, a priori, la chose ne semble pas impossible : il suffit de mesurer les contours et de faire le total.
Mais ce n'est pas si simple. La preuve, les scientifiques et les organismes officiels eux-mêmes ne s'accordent pas sur une valeur unique. Ainsi, pour la mesure du littoral des États-Unis, il existe au moins quatre chiffres. Et les différences entre eux ne sont pas minces.
Comment expliquer de tels écarts ?
Le paradoxe du littoral
Ces variations, dans la mesure des littoraux, viennent du choix de l'unité de mesure choisie. Pour mieux comprendre, prenons un exemple, celui du Royaume-Uni.
Le littoral de ce pays est fait de côtes découpées, dont le dessin est très sinueux. Ce qui ne facilite pas la tâche des cartographes. Ils n'ont pas d'autre choix que de mesurer chaque portion de ce littoral tourmenté.
Ils devront d'abord choisir une unité de mesure. Admettons qu'un cartographe décide de prendre pour base de son calcul des fragments de 40 km de côtes. Il en trouvera 85, ce qui fera un total d'environ 3.400 kilomètres pour le littoral britannique.
Mais un confrère peut préférer une unité de mesure plus grande. Il choisit donc de mesurer le littoral par segments de 80 km. Comme il en trouvera environ 35, le résultat sera, à peu près, de 2.800 kilomètres.
Par conséquent, plus l'unité de mesure choisie est petite, plus le résultat obtenu est grand. C'est ce que les géographes appellent le "paradoxe du littoral". Si l'on voulait pousser ce paradoxe jusqu'au terme de sa logique, et choisir une unité de mesure encore plus petite, de manière à prendre en compte chaque courbe du littoral, on obtiendrait un résultat proche de l'infini.
Cette notion a été mise en évidence en 1951 par le savant anglais Lewis Fry Richardson. Ses recherches l'ont en effet amené à constater que des pays voisins avaient des données différentes sur la frontière qui les séparait.
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BONUS - Peut-on compter jusqu'à 1 milliard ?
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Que signifie « hui » dans « aujourd'hui » ?
Nous employons certains mots si souvent que nous ne nous interrogeons guère sur leur sens et leur signification. C'est le cas du mot "aujourd'hui". Sa forme est déjà un peu particulière, avec cette apostrophe qui divise le mot en deux parties distinctes.
On comprend bien le sens de la première partie du mot, "aujour". Mais que signifie "hui", qui forme la seconde ? Le terme, issu de l'ancien français, veut dire "le jour où l'on est".
L'espagnol "hoy" et l'italien "oggi" ont d'ailleurs à peu près la même signification. "Aujourd'hui" pourrait ainsi se traduire par "au jour de ce jour".
Un pléonasme
On le voit, il s'agit donc d'un mot un peu redondant. On peut même le qualifier de pléonasme. Et que dire, alors, de l'expression populaire "au jour d'aujourd'hui" ? En effet, elle signifie littéralement "au jour de ce jour de ce jour". Un double pléonasme en somme !
L'ajout de "hui" à la première partie du mot semble particulier au français. On l'a vu, d'autres langues, comme l'espagnol ou l'italien, se contentent d'un mot plus simple. Les linguistes ignorent pourquoi on a voulu ainsi renforcer ce terme, au risque de créer un pléonasme. Sans doute le mot "hui" paraissait-il un peu trop court.
Un autre sens
Mais le mot n'a peut-être pas été forgé pour créer une redondance. Ou du moins ne l'a -t-on pas toujours perçu comme telle. En effet, "aujourd'hui" n'est pas toujours usité pour désigner le jour présent.
Et dans cette acception, en effet, il se présente bien comme un pléonasme. Mais il peut aussi avoir un sens plus large. Il peut désigner, d'une manière générale, l'époque actuelle.
Ainsi, quand on dit qu"'aujourd'hui les étés sont plus chauds", on ne veut pas dire que les températures sont plus élevées le 24 août 2023 par exemple, mais que, depuis plusieurs années, la saison estivale est plus étouffante.
Ainsi, pris dans ce sens, "aujourd'hui" a moins l'allure d'un pléonasme. Pour éviter de possibles confusions, cependant, on peut le remplacer par "actuellement" ou "de nos jours".
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BONUS - Pourquoi souffle-t-on sur des bougies lors des anniversaires ?
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Pourquoi les bananes Haribo n'ont-elles pas le goût de banane ?
Si vous aimez les fruits, vous devez rechercher les bonbons qui en imitent le goût. Bien sûr, ce n'est pas tout à fait le même. En effet, la saveur de ces bonbons, recréée en laboratoire, ne peut se comparer tout à fait à celle des fruits.
C'est le cas des fameux bonbons Haribo à la banane. Ils ont bien un parfum de banane, mais ce n'est pas vraiment celui du fruit acheté sur le marché. Il n'était d'ailleurs pas toujours facile de comparer, car la banane fut longtemps un fruit cher et assez rare. Le bonbon permettait donc de se faire une idée de la saveur du fruit.
Il s'agissait pourtant, nous l'avons vu, d'un goût artificiel, les premiers arômes de banane ayant été créés dès la fin du XIXe siècle. Mais si le bonbon diffère du fruit, c'est encore pour une autre raison.
Une banane disparue
Même s'il a été élaboré en laboratoire, le goût de cette confiserie imitait pourtant de près celui d'une vraie banane. Seulement voilà, vous ne la trouverez pas chez votre fruitier.
Et pour cause. La banane "Gros Michel", c'est son nom, a en effet disparu des étals des marchés. On l'en a retirée dans les années 1960. Et pourtant, cette banane, venue de Martinique, et dont les bonbons imitaient le goût, se vendait bien. En effet, sa taille et sa peau épaisse en rendaient l'exportation commode.
Quant à sa saveur, elle avait du succès auprès des consommateurs. Cette banane était en effet plus sucrée que la plupart des fruits vendus aujourd'hui. En ce sens, le bonbon Haribo, qui s'en inspire, est le témoin de saveurs disparues.
Si vous ne trouvez plus de bananes Gros Michel, c'est qu'elle a été attaquée, dans les années 1950, par des champignons qui ont dévasté les plantations. La banane étant souvent exploitée sous forme de monoculture, les maladies lui causent des ravages irréparables.
La Cavendish qui, pour l'essentiel, a remplacé la banane Gros Michel, a d'ailleurs déjà été touchée par des champignons qui ont causé de gros dégâts.
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BONUS - Pourquoi les chiens ont-ils la truffe mouillée ?
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Pourquoi la corrida ne peut-elle pas être organisée partout en France ?
Une récente proposition de loi, visant à interdire la pratique de la corrida en France, a été rejetée, en novembre dernier, par l'Assemblée nationale. Les amateurs de tauromachie pourront donc continuer à satisfaire leur passion.
La France organise environ 200 corridas par an, auxquelles il faut ajouter les courses landaises, une forme de corrida sans mise à mort, et les courses camarguaises, où il s'agit d'attraper des rubans attachés sur les cornes des taureaux.
Ce qui fait en tout 1.700 spectacles de ce genre par an. La corrida est donc autorisée en France, mais pas partout. Seulement dans les lieux qui, d'après le Code pénal, peuvent se prévaloir, selon l'expression consacrée, d'une "tradition locale
ininterrompue".
Dans une décision prise en l'an 2000, relative à la corrida, un tribunal a eu l'occasion de préciser les limites du territoire où la tradition tauromachique est la plus forte.
Pour les juges, il s 'agit du midi de la France, une zone comprise entre la région d'Arles et le pays basque. Et des villes comme Béziers, Nîmes, Dax, Mont-de-Marsan ou encore Bayonne peuvent être considérées comme les capitales de la corrida.
Une jurisprudence qui se précise
Les tribunaux ont été à même de préciser la jurisprudence à l'égard de la corrida à l'occasion des procès organisés autour de cette question. Ils ont notamment été amenés à clarifier le sens de deux notions.
La première porte sur ce qu'il faut entendre par "tradition locale". D'après les juges, cette tradition doit faire partie intégrante d'une culture spécifique, propre à un groupe donné de population.
Une tradition qui n'est d'ailleurs pas seulement liée à l'organisation de
corridas, mais aussi à l'existence de clubs taurins ou de manifestations culturelles associées à la tauromachie.
Le second point ressortit au caractère "ininterrompu" de cette tradition de la corrida. Elle doit donc exister depuis longtemps et se transmettre sans interruption durant une longue période. Ainsi, des corridas organisées depuis quelques années seulement ou proposées au public de temps à autre et de manière sporadique, ne relèvent pas de cette définition.
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BONUS - Les carottes donnent-elles vraiment une belle peau ?
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Peut-on se promener torse nu en ville ?
Dans les petites rues de certaines cités balnéaires, il peut être tentant, l'été venu, de laisser tomber la chemise et de se promener torse nu. Mais en a-t-on le droit ?
Depuis 1994, les articles du Code pénal réprimant l'"outrage public à la pudeur », ont été abrogés.
Le seul vestige de cette notion concerne l'"exhibition sexuelle à la vue d'autrui", toujours réprimée. Du fait de la suppression de ces articles, aucune disposition d'ordre général n'interdit plus de marcher dans les rues sans chemise ou sans t-shirt.
Ce qui n'a pas empêché de nombreux maires de prendre, en vertu de leurs pouvoirs de police, des arrêtés réclamant une "tenue correcte" de la part des touristes et des promeneurs déambulant en centre-ville.
En clair, il est dès lors exclu de se promener en ville ou d'entrer dans un commerce vêtu d'un maillot de bain ou d'un simple short. Et les contrevenants s'exposent à des amendes. Ainsi, à Arcachon, il peut en coûter de 38 à 60 euros au promeneur ayant laissé sa chemise au placard.
L'existence de circonstances particulières
Les maires qui ont pris ces mesures invoquent le respect d'une nécessaire civilité ou même des motifs moraux. Ils rappellent également que cette interdiction de se promener torse nu est souvent demandée par les habitants.
Et pourtant, de tels arrêtés ne sont pas forcément légaux. La jurisprudence, assez peu abondante il est vrai, souligne que les maires, pour motiver ces mesures, ne sauraient se fonder sur le seul aspect prétendument immoral.
Il s'agit d'abord d'une notion toute relative, difficile à établir en l'espèce. En outre, la supposée immoralité de ces tenues ne peut justifier, à elle seule, l'édiction de ces arrêtés.
Pour qu'ils soient fondés, il faudrait que le maire invoque des "circonstances locales particulières", qu'il appartient d'ailleurs aux tribunaux d'apprécier.
Le caractère limité de ces dispositions, à la fois dans l'espace, car toute la ville n'est pas concernée, et dans le temps, ne les rend pas moins illégales aux yeux de la justice si elles ne peuvent invoquer de circonstances particulières.
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BONUS - Pourquoi les tirelires sont-elles en forme de cochon ?
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Les combats de coqs sont-ils interdits en France ?
Les combats de coqs remontent très loin dans le temps. Ils eurent probablement lieu, surtout en Asie, dès que ces animaux furent domestiqués, environ 10.000 ans avant notre ère. Il se peut d'ailleurs qu'ils aient été domestiqués précisément en raison de leur humeur batailleuse, qui rendait plus facile l'organisation de combats entre deux coqs.
La pratique de ces combats se répandit rapidement en Grèce puis dans l'Empire romain. Ils eurent aussi beaucoup de succès en Europe, qui en diffusa l'habitude aussi bien aux États-Unis qu'en Amérique du Sud. Ils se sont aussi imposés en Asie.
Des combats autorisés dans une trentaine de pays
En 2008, le combat de coqs était autorisé ou toléré dans 27 pays, surtout en Amérique latine et en Asie. En Europe, il n'est guère toléré qu'en Espagne et en France.
Les deux coqs, sur lesquels des paris sont pris, s'affrontent dans une sorte d'arène circulaire, appelée "gallodrome".
Dans certains cas, les ergots de ces animaux, qui sont leur arme la plus redoutable,
sont un peu élimés et recouverts de tissu. Mais d'autres combats présentent des coqs dont les ergots ont été coupés et remplacés par des ergots artificiels, le plus souvent en métal. Dans ce cas, le combat a une issue souvent rapide.
Même si les coqs montrent souvent une tendance naturelle à se battre, les éleveurs n'en
sélectionnent pas moins les plus belliqueux, qui sont alors destinés au combat. Les coqs sont alors répartis en diverses catégories, selon leur poids.
Une interdiction de principe
En France, le Code pénal interdit les combats de coqs, mais prévoit des exceptions pour les villes qui peuvent se prévaloir d'une "tradition locale ininterrompue". C'est notamment le cas de certaines localités situées dans les Hauts-de-France et dans certains territoires ultramarins, comme la Guadeloupe ou la Réunion, où les arènes de combat sont appelées des "ronds".
Une loi, en 1964, ayant programmé la disparition progressive des combats de coqs, aucun nouveau "gallodrome" ne peut ouvrir. Ce qui n'empêche pas la persistance de nombreux combats clandestins.
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BONUS - L'eau des icebergs est-elle potable ?
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Quel Roi n'a pris que deux bains dans sa vie ?
On a parfois tendance à se gausser du manque supposé de propreté de certains grands personnages des temps passés. Il est ainsi rapporté que Louis XIV n'aurait pris que deux bains dans sa longue vie.
Et de là à supposer que le Roi-Soleil n'avait aucune hygiène, il n'y a qu'un pas. Et que dire alors de ses sujets ?
En réalité, les hommes du XVIIe siècle n'avaient pas la même conception de la propreté que leurs descendants du XXIe siècle. En effet, l'eau, qui était à l'honneur dans l'Antiquité et au Moyen-Âge, qui connaissaient les bains publics, était plutôt considérée, au XVIIe siècle, comme un vecteur de maladies.
Comme on n'éprouvait pas la même crainte à la boire, l'eau était donc réservée à la boisson ou à l'irrigation des champs. Louis XIV, qui, à Versailles, fit aménager des bassins et construire des fontaines, y voyait aussi un élément décoratif, propre à embellir ses jardins.
Ce qui ne veut pas dire qu'il négligeait son aspect. Louis XIV eût été très étonné si on lui avait dit (mais qui eût osé le faire ?) qu'il n'était pas très propre.
En effet, s'il délaissait l'eau, il utilisait des linges imbibés de parfum et d'alcool, avec lesquels on se frottait le corps. On appelait cette pratique hygiénique la "toilette sèche".
Par ailleurs, le monarque se changeait très souvent, sans doute davantage qu'un homme d'aujourd'hui. Il remplaçait en effet son linge cinq ou six fois dans la journée, et souvent dans la nuit.
Et il le faisait d'autant plus qu'il transpirait facilement et que le linge blanc, qui partait en volutes sur le buste et à l'extrémité des manches, devait être immaculé. Par ailleurs, le souverain prenait soin de ses dents, en les lavant régulièrement avec une pâte à base d'opium, à laquelle on ajoutait des herbes, comme le romarin ou le myrte.
Louis XIV ne prit de véritables bains dans sa vie (il n'y en aurait eu que deux selon les historiens) que sur le conseil des médecins. Ce qui semble un peu paradoxal, mais il s'agissait en somme de soigner le mal par le mal.
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BONUS - Boire trop d'eau peut-il entrainer la mort ?
Le podcast Pourquoi donc ? est disponible sur:
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Quelles différences y a-t-il entre une cathédrale, une collégiale et une basilique ?
En France, les églises reçoivent parfois des noms différents, sans qu'on en comprenne toujours la signification. C'est notamment le cas :
...Des cathédrales
Ce sont souvent des églises imposantes, mais pas forcément. Ce qui explique la suprématie de ces églises sur les autres, c'est qu'il s'agit de celle où siège l'évêque. Rappelons que ce prélat est à la tête du diocèse.
Dans le chœur de l'église, l'évêque s'assoit dans une chaise haute, la cathèdre, où il est le seul à pouvoir prendre place. C'est cette chaise qui a donné son nom à l'église.
La cathédrale est souvent une église imposante, mais ce n'est pas nécessairement la plus grande du diocèse.
...des collégiales
Ces églises tirent leur nom de l'habitude qu'avaient les chanoines de se réunir en un collège, qui porte aussi le nom de chapitre. On trouvait ces chanoines dans les cathédrales, mais la collégiale, où ne siège pas l'évêque, est vraiment leur église. Chacun d'entre eux a en effet son siège dans le chœur de l'église.
Les chanoines peuvent être des clercs séculiers, le plus souvent des prêtres, ou des clercs réguliers qui, comme les moines, vivent en commun, selon une règle.
Les chanoines étaient les conseillers de l'évêque et administraient le diocèse durant les vacances du siège épiscopal. Mais ils ont également des fonctions liturgiques.
...Des basiliques
Ce qui distingue les basiliques des cathédrales, c'est, si l'on peut dire, leur caractère honorifique. Elles reçoivent en effet cette qualité de la part du pape parce qu'elles abritent de précieuses reliques, le tombeau d'un saint ou qu'elles sont un lieu de pèlerinage célèbre.
C'est ainsi que l'église du Saint-Sépulcre, à Jérusalem, a reçu le titre de basilique parce qu'elle s'élève sur le lieu supposé de la crucifixion du Christ. De même, l'église Saint-Paul-hors-les-Murs, qui fait partie des quatre basiliques majeures de Rome, abriterait le tombeau de l'apôtre Paul.
Certaines cathédrales sont des basiliques, comme la basilique Saint-Denis, ou la basilique Sainte-Cécile, à Albi. D'autres cathédrales n'ont pas droit à ce titre. Enfin, de simples églises peuvent être également des basiliques.
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Pourquoi l'agoraphobie n'est-elle pas la peur de la foule ?
On entend souvent dire que les agoraphobes ont peur de la foule. Mais c'est une erreur. En fait, l'agoraphobie est la peur des grands espaces et aussi des lieux qu'il semble difficile de fuir.
Le terme vient en effet du mot grec « agora », qui, comme on le sait, désignait la place publique, cœur des cités de la Grèce antique. Il existe un mot, moins connu, pour désigner la peur de la foule : la démophobie.
Il désigne la peur de la foule au sens large. De son côté, l'ochlophobie correspond à la crainte de la foule, perçue comme une menace.
Et, ce qui peut paraître paradoxal à certains, les personnes souffrant d'ochlophobie ne craignent pas les grands espaces. Au contraire, ils s'y sentent plus à l'aise, car la foule, plus diluée, y perd un peu son caractère menaçant.
Ce que les agoraphobes redoutent donc avant tout, ce ne sont pas tant les lieux eux-mêmes, fussent-ils très vastes, que la crainte de s'y retrouver bloqués. Ils ont donc surtout peur de ne pouvoir s'en échapper.
Ils craignent aussi que si ces lieux sont encombrés, par des gens, des barrières, ou tout autre obstacle, on ne puisse les secourir à temps en cas de problème. Toutes ces peurs les amènent à éviter, autant que possible, certaines situations de la vie quotidienne.
Ainsi, les agoraphobes n'aiment pas être pris dans une file d'attente, au supermarché, patienter dans la salle d'attente de leur médecin ou assister à un spectacle.
Dans tous ces cas, ce n'est donc pas la présence de la foule, en elle-même, qui les angoisse, mais la peur, qui peut tourner à la panique, de se retrouver coincé dans un lieu sans issue.
Comme dans de nombreuses phobies, la survenue de certains symptômes doit alerter la personne sujette à ce type de manifestations. Si un lieu lui inspire une anxiété particulière, elle peut se mettre à transpirer ou à trembler, ressentir des palpitations cardiaques, des vertiges ou même une gêne abdominale.
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BONUS - Est-il possible de bronzer derrière une vitre ?
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Pourquoi la fête nationale française est-elle célébrée le 14 juillet ?
Il a fallu attendre près d'un siècle pour que le 14 juillet soit choisi comme date de la fête nationale. En effet, à la suite de la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, la Ière République, puis le Directoire et le Consulat préfèrent à cette date celle du 21 septembre 1792, qui marque la fondation de la République.
Sous l'Empire, la Restauration et la Monarchie de Juillet, c'est la date anniversaire du souverain ou le jour où est célébré son saint patron qui sont choisis comme fêtes nationales.
Ainsi, sous le premier Empire, celle-ci est célébrée le 15 août, date de la naissance de Napoléon. Enfin, c'est le 4 mai, jour anniversaire de l'instauration de la République, qui est choisi comme date de la fête nationale sous la IIe République.
Le 14 juillet n'est pas choisi tout de suite après l'instauration de la IIIe République, en 1870. Il faudra encore attendre 10 ans, le temps que les institutions républicaines se consolident. Le 14 juillet n'est donc déclaré fête nationale qu'en 1880.
On l'oublie souvent, le 14 juillet fait référence à deux événements distincts. Le premier est bien sûr la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789. L'assaut contre cette prison, considérée comme un symbole de l'arbitraire royal, montre le rôle majeur joué par le peuple dans sa propre libération, face à un ordre jugé injuste, et marque le début d'une nouvelle ère de liberté.
Mais ce qui est aussi célébré ce jour-là c'est la fête de la Fédération, qui eut lieu le 14 juillet 1790, pour célébrer le premier anniversaire de la prise de la Bastille.
C'est un événement placé sous le signe de la réconciliation des Français. Sur l'immense esplanade du Champ-de-Mars, à Paris, Louis XVI prête en effet serment à la Nation, représentée par les députés des 83 départements.
La célébration du 14 juillet rassemble donc le souvenir d'un épisode martial, marqué par la violence révolutionnaire, et celui d'un événement pacifique et rassembleur, où la nation se présente dans son unité retrouvée.
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BONUS - Pourquoi la neige font-elle au contact du sel ?
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Pourquoi a t-on longtemps soufflé du tabac dans le rectum ?
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On sait que, avec la saignée, les lavements faisaient partie des pratiques les plus utilisées par la médecine prémoderne. On se souvient des médecins de Molière, qui ne sortaient jamais de chez eux sans emporter de volumineux clystères.
Mais il est une forme de lavement qui ne laisse pas d'étonner le patient d'aujourd'hui. Elle était plutôt réservée aux noyés. Elle consistait à effet à souffler de la fumée de tabac dans le rectum de la victime.
On le faisait au moyen de dispositifs variés. Ils étaient en général composés d'un tuyau souple, introduit dans l'anus du noyé. Ce tuyau pouvait être formé d'un fourreau d'épée, ou d'une gaine de couteau, dont on avait coupé le bout. À l'autre extrémité, on avait fixé un soufflet. On pouvait aussi souffler par la bouche.
Ces machines étaient courantes, et faisaient même l'objet d'un véritable marché. On en trouvait souvent près des cours d'eau. C'est que l'insufflation de tabac dans le rectum était une pratique de réanimation très répandue.
D'après les témoignages, elle semblait efficace. On pensait en effet que la chaleur ressentie par le noyé était de nature à lui faire reprendre vie. Sans qu'on sache précisément, d'ailleurs, comment cette méthode opérait.
L'origine de cette technique de réanimation n'est pas précisément connue. Certains la font remonter à un pédiatre ayant vécu au XVe siècle ou même aux Indiens d'Amérique.
Ce qui est sûr, c'est que certains grands esprits des Lumières, comme le physicien Réaumur ou le médecin Samuel Tissot se font l'écho de cette curieuse méthode de réanimation.
Si l'efficacité de cette pratique n'est guère argumentée, elle témoigne de l'action thérapeutique qu'on prêtait alors au tabac. En effet, on ne l'utilisait pas seulement pour ranimer les noyés, mais aussi pour favoriser le transit intestinal ou calmer les douleurs abdominales.
Si une telle méthode peut paraître étrange, les autres le sont encore plus. En effet, pour ramener un noyé à la vie, on préconisait alors de le recouvrir de fumier ou même de lui uriner dans la bouche.
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BONUS - Combien les nuages pèsent-ils ?
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Pourquoi la loi de Brooks vous met-elle en retard ?
On pourrait croire, à première vue, que le fait de confier une tâche donnée à un plus grand nombre de personnes permettra d'en venir à bout plus facilement et plus rapidement.
Mais, en fait, c'est plutôt le contraire qui se produit. Attribuer davantage de ressources humaines à la réalisation d'un projet ne ferait qu'en retarder la mise en œuvre.
C'est du moins ce que prétend l'ingénieur et informaticien américain Frederick Brooks. Il a en effet défini une notion, appelée depuis, en son honneur, "loi de Brooks".
Elle postule que, passé un certain seuil, le nombre de collaborateurs chargés d'effectuer un travail pose plus de problèmes qu'il n'en résout. Pour Brooks, en effet, certaines tâches, par essence, ne sont pas divisibles. Il ne sert donc à rien de les confier à plusieurs personnes.
Brooks a illustré cette idée par un slogan appelé à une certaine célébrité : "on ne fait pas de bébé en un mois avec neuf femmes".
L'ajout de collaborateurs supplémentaires n'est décidément pas une bonne idée pour Frederick Brooks. En effet, il faut prendre du temps pour accueillir les nouveaux collègues et leur expliquer ce qu'on attend d'eux. Il faut aussi les former à leur nouveau travail.
Autant de temps perdu pour la réalisation effective de la tâche qu'on s'est assigné. Les nouveaux arrivants ne seront pas réellement productifs avant un certain délai, et leurs collègues plus aguerris, obligés de les aider ou de rectifier leurs erreurs, seront moins attentifs à leur travail.
Plus le nombre de collaborateurs s'accroît, moins ce travail est efficace.
Même formés, les employés récemment embauchés mettront du temps à s'adapter aux usages de l'entreprise.
D'une manière générale, plus les collaborateurs sont nombreux, plus fréquentes sont les
interactions qui les relient, et moins important est le temps réellement consacré au travail.
Les employeurs ont donc tout intérêt à s'interroger sur la réelle opportunité d'une nouvelle embauche et à se demander si, pour la réalisation d'une tâche donnée, elle apporte vraiment une valeur ajoutée à l'entreprise.
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Pourquoi dit-on « une levée de boucliers » et « être un cordon bleu » ?
Il est toujours intéressant de s'interroger sur l'origine d'expressions que nous utilisons tous les jours. C'est le cas de l'expression "une levée de boucliers". Quand une décision suscite une "levée de boucliers", cela vaut dire qu'elle provoque un rejet massif et spontané. Il s'agit en quelque sorte d'une réaction viscérale.
Mais d'où vient cette expression ? Du fait de son contenu, on l'imagine, elle a une origine militaire. Pour la comprendre, il faut remonter aux tribus germaniques qui, en s'infiltrant peu à peu dans l'Empire romain, ont transmis une partie de leurs coutumes à ses citoyens, et notamment aux légionnaires.
Ceux-ci avaient l'habitude de se servir de leurs boucliers pour exprimer leurs sentiments. Ils les frappaient de leurs épées quand ils étaient satisfaits. Et quand ils voulaient désigner leurs chefs, les guerriers germaniques avaient aussi l'habitude de les hisser sur des pavois, de grands boucliers utilisés lors des batailles.
Mais quand ils désiraient manifester leur désapprobation, ils montaient le bouclier au niveau de leur bouche. D'où le terme « levée » de boucliers.
Intéressons-nous maintenant à l'origine d'une seconde expression, "être un cordon bleu". Une personne qualifiée de la sorte est réputée pour ses talents culinaires.
Pourtant, l'origine de l'expression n'a rien à voir avec la cuisine. Elle remonte à un ordre de chevalerie créé en 1578 par le Roi Henri III : l'ordre du Saint-Esprit. Si ce n'était pas l'ordre de chevalerie français le plus ancien, il devint assurément le plus prestigieux.
Or, on disait de ses membres qu'ils portaient le « cordon bleu ». Ce terme en est d'ailleurs venu à les désigner. La croix de l'ordre du Saint-Esprit était en effet portée sur un ruban de couleur bleue.
Un "cordon bleu" a donc fini par désigner une personne excellant dans un domaine particulier. L'application de cette expression au monde culinaire viendrait de la journaliste Marthe Distel, qui crée, en 1895, la revue "La cuisinière Cordon Bleu" et qui, l'année suivante, fonde l'école du "Cordon Bleu", où l'art culinaire était mis à l'honneur. L'école comprendra bientôt de nombreux établissements.
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