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1515 épisodes · page 19 sur 51

Quel est le massacre oublié de Tulle ?
La mémoire collective est restée marquée par l'horrible massacre d'Oradour-sur-Glane, perpétré, le 10 juin 1944, par la division SS "Das Reich", plus particulièrement chargée des opérations contre la résistance. Mais c'est la même unité qui, la veille, s'est rendue coupable d'une autre hécatombe.
Ce massacre, sans doute moins connu, a eu pour cadre la ville de Tulle. Les résistants locaux, très actifs dans la région, se sentent assez forts, au lendemain du débarquement allié en Normandie, qui a eu lieu la veille, pour s'emparer de la ville de Tulle.
C'est la première fois que des résistants s'en prennent ainsi à un centre urbain. Ils donnent donc l'assaut à la ville à l'aube du 7 juin. Les principaux lieux stratégiques sont rapidement investis par les résistants. Plusieurs soldats allemands, ainsi que des prisonniers, sont fusillés sans jugement.
Au soir du 8 juin, cependant, les premiers détachements de la division "Das Reich" entrent à Tulle. Ne s'estimant pas en état de leur résister, les maquisards abandonnent alors leurs positions, laissant la population exposée aux représailles des Allemands.
Après avoir failli fusiller le préfet, ces derniers apprennent que des soldats de la garnison de Tulle et des prisonniers ont été exécutés par les résistants. Selon la doctrine appliquée en la matière, ils décident de procéder à des représailles sur la population.
Aux yeux des Allemands, elles ont une vertu exemplaire et, par la terreur qu'elles inspirent, doivent dissuader les civils d'héberger ou d'aider les résistants.
Les SS font donc arrêter tous les hommes de 16 à 60 ans. Les autorités françaises, le préfet en tête, parviennent à faire libérer 3.500 prisonniers sur les 5.000 appréhendés. Les Allemands procèdent ensuite, sur la base de critères très vagues, à un second tri.
120 hommes sont finalement sélectionnés. Des cordes, terminées par des nœuds coulants, sont accrochées aux balcons, aux arbres et aux réverbères de la ville. 99 otages seront
finalement pendus. Mais l'horreur ne s'arrête pas là ; en effet, 149 habitants seront en plus déportés en Allemagne, dont 101 ne reviendront pas.
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Pourquoi Henry Kissinger est-il controversé ?
Henry Kissinger, qui avait fêté son centième anniversaire le 27 mai dernier, vient de mourir. Conseiller à la sécurité nationale puis secrétaire d'État, c'est-à-dire ministre des affaires étrangères, sous les présidences de Richard Nixon et Gerald Ford, l'homme est aujourd'hui encore très controversé.
Certains observateurs soulignent le rôle positif que, selon eux, il a joué dans les affaires du monde. En effet, ses concitoyens, et une partie de la communauté internationale, lui ont été reconnaissants d'avoir mis fin, en 1973, à l'interminable guerre du Vietmam.
Une action qui lui avait d'ailleurs valu le prix Nobel de la paix. Sa diplomatie pragmatique, faite de petits pas et d'inlassables négociations, mit encore un terme à la guerre du Kippour, en 1973, qui opposait Israël à ses voisins arabes.
Ses partisans attribuent encore à Henry Kissinger la relance des négociations portant sur le désarmement nucléaire, entre les États-Unis et l'URSS, et l'amorce d'un dialogue constructif entre les Chinois et les Américains, couronné, en 1972, par le voyage historique du Président Nixon en Chine.
Mais cette "realpolitik", que d'aucuns qualifient de tortueuse, a également soulevé de vives critiques. Certains rappellent en effet que, à la fin de la guerre du Vietnam, Kissinger aurait été favorable au bombardement du Cambodge, pays neutre dans lequel le Viet-cong, la guérilla communiste opposée aux Américains, aurait créé des bases.
Selon certaines sources, ces bombardements auraient provoqué la mort de plusieurs dizaines de milliers de civils. Ses détracteurs reprochent aussi à Kissinger son implication dans le renversement, en partie fomenté par la CIA, du régime du Président Allende au Chili.
Des considérations géopolitiques, et la peur de l'avènement du communisme en Amérique latine, chasse gardée des États-Unis, expliqueraient aussi le soutien apporté à la dictature militaire du général Pinochet par un Kissinger indiquant à la presse qu'il n'y avait aucune raison d'assister sans rien faire à la mise en place d'un régime ayant, selon lui, des sympathies pour le communisme.
Ce soutien supposé au régime militaire chilien causera d'ailleurs quelques ennuis judiciaires à Henry Kissinger.
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Qui est le Père Fouettard alsacien ?
Depuis longtemps, les enfants attendent avec impatience la venue du Père Noël ou, pour ceux vivant dans l'est de la France, celle de saint Nicolas. Ces deux personnages, en effet, viennent leur distribuer des cadeaux.
Du moins le font-ils si les enfants se montrés sages et obéissants durant l'année qui s'achève. Quant aux autres, ils pourraient recevoir des visites moins agréables. Celle du Père Fouettard, d'abord, qui donne le fouet aux petits Lorrains dissipés.
Et celle, ensuite, d'un certain Hans Trapp, souvent assimilé, d'ailleurs, au Père Fouettard. Ce personnage menaçant vient plutôt châtier les enfants alsaciens turbulents.
Si des personnages comme le Père Noël ou le Père Fouettard sont des figures légendaires, celui de Hans Trapp a un fondement historique.
Ce personnage, qui s'appelait en réalité Hans von Trotha, vivait, à la fin du XVe siècle, dans l'Électorat de Palatinat, qui faisait partie du Saint-Empire germanique.
En 1480, l'Électeur, qui gouverne le pays, donne à ce seigneur le château de Bertwarstein. Une décision qui provoque la colère de l'abbé de Wissembourg, le propriétaire du château.
L'abbé et ses moines protestent donc. En guise de réponse, Hans von Trotha provoque l'inondation des terres de l'abbaye en détournant le cours d'une rivière. Ce qui plonge la région dans le marasme.
L'abbé en appelle au Pape, qui convoque le fautif. Au lieu d'obtempérer, le seigneur critique le pontife, qui l'excommunie derechef. Ajoutée à son action contre l'abbé de Wissembourg, considérée comme un véritable méfait, cette excommunication est à l'origine de la mauvaise réputation de Hans von Trotha.
Surnommé Hans Trapp, une référence au bruit de ses pas, le personnage, qui aurait conclu un pacte avec le diable, aurait continué de parcourir l'Alsace. Durant les veillées, les paysans racontaient à voix basse que Hans Trapp détroussait les voyageurs et enlevait les enfants indociles pour les manger ou les abandonner dans la forêt.
Seul le bon saint Nicolas serait capable de venir à bout de ce personnage terrifiant qu'on peut encore voir défiler lors de la traditionnelle procession du marché de Noël de Wissembourg.
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Pourquoi Louis XIV est-il surnommé le "Roi-Soleil" ?
La plupart de nos Rois de France ont hérité de surnoms. Mais il est rare qu'ils se les soient attribués eux-mêmes. C'est pourtant le cas de Louis XIV, qui a adopté, de façon délibérée, le surnom de "Roi-Soleil".
Il symbolisait en effet sa conception du pouvoir. En 1661, après la mort du cardinal Mazarin, son parrain et son mentor en politique, Louis XIV indique sa volonté de prendre le pouvoir personnellement et de se passer désormais de Premier ministre.
Cette date marque donc la véritable mise en place de la Monarchie absolue, dans laquelle tout vient du Roi et tout s'y rapporte. Comme le Soleil, autour duquel gravitent les autres planètes, est au centre du système solaire, le Roi est au centre du système gouvernemental et les ministres ne dépendent que de lui.
Ce surnom de Roi-Soleil trouve une autre de ses résonances dans l'organisation de la Cour. Traumatisé par l'expérience de la Fronde, durant laquelle la famille royale avait dû fuir Paris, le Roi s'était juré de mettre la noblesse au pas.
Il avait donc obligé ces fiers seigneurs, qui l'avaient jadis humilié, à paraître à Versailles et à participer à l'immuable cérémonial de la Cour. Si les nobles voulaient conserver places et pensions, il leur fallait assister au lever du Roi qui, comme le Soleil dispensait la lumière, accordait les grâces et les faveurs dont vivait la noblesse.
Tout ce minutieux système, réglé par une étiquette implacable, gravitait autour du Roi, comme les planètes autour du Soleil. Ce n'est donc pas pour rien qu'en 1662, au cours d'un célèbre ballet, Louis XIV, qui se piquait de danser, apparut vêtu en Soleil.
Même si le surnom de Roi-Soleil est le plus connu, le souverain en eut d'autres. En raison de sa naissance inespérée, sa mère, Anne d'Autriche n'étant tombée enceinte qu'après plus de 20 ans de mariage, on l'appela Louis "Dieudonné".
Quant à son autre surnom de "Louis le Grand", elle s'explique, là encore, par sa prétention à gouverner en Roi absolu.
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Quel espion a changé le cours de la Seconde Guerre mondiale ? (La folle épopée, épisode 1)
Dans ce premier épisode d'une série que j'ai nommée "La folle épopée" je vous raconte l'histoire fascinante de l'espion Richard Sorge.
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Pourquoi le navire Endeavour est-il célèbre ?
En 2016, des plongeurs repèrent, dans la baie de Newport, l'épave du célèbre voilier "Endeavour". Il doit sa renommée à l'un de ses capitaines, l'explorateur James Cook.
Au départ, cependant, rien ne prédestinait ce trois-mâts, construit en 1764, à parcourir les mers du globe. En effet, ce bateau de 32 mètres de long, qui s'appela d'abord "Earl of Pembroke", avait pour seule mission de transporter du charbon le long des côtes du Yorkshire, en Angleterre.
Le navire est doté d'une robuste coque en bois et son faible tirant d'eau lui permet de s'approcher des côtes, ce qui favorise le débarquement aussi bien que le chargement et le déchargement des marchandises.
C'est sur les conseils de James Cook que le bateau est acheté en 1768 par l'Amirauté britannique. Né en 1728, Cook avait fait son apprentissage dans la marine marchande, avant de s'engager dans la Royal Navy, dont il franchit rapidement les échelons.
Durant la guerre de Sept Ans qui, de 1756 à 1763, oppose plusieurs pays européens, les aptitudes de James Cook pour la cartographie et la topographie sont remarquées.
C'est la raison pour laquelle il est choisi par l'Amirauté, en 1768, pour organiser une grande expédition scientifique. Elle a plusieurs objectifs. Le navire, rebaptisé "Endeavour", doit d'abord gagner Tahiti, pour y observer plus commodément le passage de la planète Vénus entre la Terre et le Soleil.
Ce qu'on appelle le transit de vénus devait permettre de mieux calculer la distance séparant la Terre du Soleil. La mission avait aussi pour objet, plus confidentiel, de repérer un éventuel continent austral, appelé "Terra australis".
Mais l'"Endeavour" prend aussi à son bord des scientifiques renommés. Un botaniste, un astronome et un naturaliste sont ainsi du voyage. Ils feront de nombreuses observations sur la faune et la flore de ces contrées lointaines.
Au terme de ce périple, en 1771, l'"Endeavour" ramènera ses passagers en Angleterre. Il redevient ensuite un navire de commerce, avant d'être envoyé par le fond, en 1778, pour servir à la mise en place d'un blocus maritime, durant la guerre d'indépendance américaine.
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Comment la boite de conserve est-elle née ?
Les hommes ont toujours été confrontés à la difficulté de conserver les aliments. Sans conditionnement spécifique, en effet, leur goût s'altère et la prolifération de bactéries et de moisissures rend leur consommation dangereuse pour la santé.
Certains procédés de conservation avaient cependant été mis au point. Ainsi, on fumait ou salait certains aliments, tandis que d'autres étaient plongés dans le vinaigre ou d'autres substances.
Mais ces procédés étaient imparfaits et on était à la recherche, dans la marine notamment, de techniques de conservation plus efficaces.
C'est Nicolas Appert qui mettra au point la méthode la plus convaincante. Né en 1749, en Champagne, d'un père aubergiste, il s'initie aux métiers de bouche, et devient sommelier et cuisinier.
Puis il ouvre une confiserie qui attire bientôt une nombreuse clientèle. C'est dans l'exercice de sa profession qu'il découvrira, en 1795, le procédé qui le fera passer à la postérité.
Il s'aperçoit en effet qu'en plaçant des aliments dans un bocal en verre hermétique, et en le chauffant au bain-marie, il pouvait les conserver très longtemps. Conditionnés de la sorte, les aliments restaient savoureux et à l'abri des germes.
L'appertisation était née. Selon ce procédé, le fait de chauffer à 100°C des aliments contenus dans un récipient hermétique et étanche tue toutes les bactéries qui pourraient s'y développer.
Nicolas Appert n'a eu, à cet égard, qu'une heureuse intuition. Il faudra attendre les découvertes de Pasteur, en 1860, pour en avoir la confirmation scientifique.
S'il est un inventeur plein de ressources, Nicolas Appert ne veille guère à ses intérêts. En effet, comme il ne dépose pas le brevet de son invention, c'est un commerçant britannique, Peter Durand, qui le récupère.
C'est sous son nom qu'une firme anglaise fabrique, en 1814, les premières boîtes de conserve. Les aliments y sont placés dans des boîtes de fer blanc et chauffés à la bonne température.
Prenant peu de place, elles fournissent aux marins des vivres toujours disponibles, et en grande quantité. Dès lors, l'avenir des boîtes de conserve était assuré.
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Quel est le mouvementclandestin du luddisme ?
Au début du XIXe siècle, les artisans du textile sont nombreux en Angleterre. Travaillant souvent à domicile, les tisserands sur coton ou les tondeurs de draps gagnent assez bien leur vie.
Mais cette relative prospérité est menacée par la généralisation du métier à tisser. Inventé à la fin du XVIIIe siècle, il est actionné par une machine à vapeur. Cette innovation technique permet aussi bien d'augmenter la productivité que d'améliorer la qualité des tissus.
Le métier à tisser faisant le travail de plusieurs artisans, ces derniers craignent de se retrouver sans emploi.
Face à cette menace, les artisans du textile ne tardent pas à exprimer leur colère. En mars 1811, ils manifestent à Nottingham et brisent des dizaines de métiers. On appellera bientôt "luddisme" cette forme de violence.
Le nom viendrait d'un certain Ned Ludd, un artisan qui aurait détruit deux métiers à tisser en 1779. Son existence n'est cependant pas vraiment avérée.
La manifestation de Nottingham est réprimée sans ménagement par l'armée. Ce qui n'empêche pas le mouvement de prendre rapidement de l'ampleur. Il tend en effet à s'organiser : de véritables expéditions sont menées contre des manufactures, dont seuls certains métiers sont brisés.
Les manifestants se scindent en petits groupes, chacun pourtant un masque, pour éviter d'être identifié. Parti de Nottingham, le luddisme s'étend à d'autres régions du Royaume.
En 1812, le mouvement tend à se durcir après la mort de deux manifestants. Grâce à des collectes de fonds, les luddistes se procurent des armes. Il s'agit désormais, non d'une simple protestation contre l'introduction des métiers à tisser, mais d'une véritable révolte contre le pouvoir politique.
Inquiet, le gouvernement mobilise une véritable armée pour venir à bout du mouvement. Il est d'ailleurs désorganisé par l'arrestation de plusieurs de ses membres. La peine capitale ayant été instaurée pour la destruction de machines, 13 luddistes sont même pendus.
Même si quelques bris de métiers sont encore signalés, le mouvement s'essouffle et disparaît avant 1820. Le luddisme, cependant, aura inspiré d'autres mouvements de contestation, comme le chartisme, qui apparaîtra quelques années plus tard.
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Pourquoi Marie-Antoinette était-elle appelée la "veuve Capet" durant la Révolution française ?
Les acteurs de la Révolution française, et notamment les plus radicaux d'entre eux, les sans-culottes, étaient attachés à l'égalité sous toutes ses formes. C'est la raison pour laquelle ils adoptèrent le tutoiement et mirent en usage, dans leurs relations réciproques, le titre de "citoyen".
Cet égalitarisme s'appliquait aussi au Roi et à sa famille, dont ils se méfiaient. Aussi affectaient-ils une grande familiarité à l'égard de ces puissants qu'ils voulaient ramener à leur niveau.
Cela se traduisait notamment par l'attribution de sobriquets au Roi et à la Reine. Ainsi appelait-on souvent bMarie-Antoinette "l'Autrichienne", en raison de ses origines, ou "Madame Veto", en référence à l'attitude de son mari, qui avait opposé le veto que lui reconnaissait la Constitution à diverses mesures prises par les révolutionnaires.
On se souvient aussi que, à l'occasion du retour de la famille royale à Paris, lors des journées d'octobre 1789, la foule affamée avait donné au Roi, à la Reine et au dauphin les surnoms de "boulanger, boulangère et petit mitron".
Mais la Reine eut encore droit à un autre surnom, celui de la "veuve Capet". On commença à l'appeler ainsi au lendemain de l'exécution de Louis XVI, survenue le 21 janvier 1793.
Si on lui donna ce nom, c'est que le monarque lui-même, déchu depuis septembre 1792, était nommé "Louis Capet". En effet, il n'était plus question de donner son titre royal à un souverain qui devait être traité comme tous les autres citoyens.
On chercha donc un nouveau nom pour lui et on lui attribua celui qu'avait porté Hugues Capet, l'ancêtre déclaré des Capétiens, qui avait donné son nom à la dynastie. Il fut d'abord duc des Francs, puis, entre 987 et 996, Roi de ce qu'on appelait encore la Francie.
Ce surnom de "Capet" vient peut-être de la qualité d'abbé laïc d'Hugues, qui l'amenait à porter une courte cape, insigne de sa fonction. On ne le lui donna d'ailleurs pas de son vivant, mais seulement à partir du début du XIIe siècle.
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A quoi sert la « pierre du destin » ?
Le couronnement des Rois d'Angleterre s'organise autour de rituels séculaires. Les objets jouent un rôle notable dans ces vénérables cérémonies. C'est ainsi que, lors de son couronnement, en mai dernier, Charles III a coiffé la couronne de saint Édouard et a tenu en main le sceptre et le globe, symboles de son pouvoir.
Mais il s'est également assis sur la chaise du Roi Édouard, le trône où le souverain prend place pour être oint par l'archevêque de Cantorbéry.
Et, sous cette chaise vieille de sept siècles, a été glissé un autre objet rituel : la "pierre du destin", appelée aussi pierre de Scone.
Il s'agit d'un bloc de grès rectangulaire pesant environ 150 kilos. Il est percé de quelques trous et des anneaux de fer sont fixés à chacune de ses extrémités. On peut encore distinguer, sur sa surface, quelques croix à moitié effacées.
L'origine de cette pierre du destin est mal connue. Elle a en effet donné lieu à nombre de légendes. D'après l'un de ces récits fabuleux, ce bloc de pierre aurait servi d'oreiller à Jacob, le petit-fils d'Abraham.
Selon une autre légende, la pierre serait venue de Terre Sainte et aurait voyagé jusqu'en Écosse, où elle aurait été déposée, au IXe siècle, au monastère de Scone.
Certains historiens pensent que l'origine de la pierre est plutôt à rechercher du côté des Pictes, un peuple ayant occupé le nord de l'actuelle Écosse jusqu'au Xe siècle.
Quoi qu'il en soit de ses origines, la pierre du destin était utilisée lors du couronnement des Rois d'Écosse. À partir du milieu du IXe siècle, ils prennent place sur cette pierre pour être sacrés. Elle devient un élément essentiel de leur légitimité.
En 1292, à la suite d'une rébellion des Écossais contre leur suzerain, le Roi d'Angleterre Édouard Ier, les Anglais s'emparent de la pierre du destin, conservée à l'abbaye de Scone.
Elle sera désormais placée sous le trône du couronnement, la chaise du Roi Édouard, de manière à symboliser la sujétion des Écossais.
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Pourquoi parle-t-on de la « rafle de Marseille » ?
En novembre 1942, suite au débarquement allié en Afrique du Nord, les Allemands franchissent la ligne de démarcation et envahissent la zone libre. Les troupes allemandes subissent alors des attentats.
C'est ainsi qu'à Marseille, occupée depuis la mi-novembre 1942, des officiers et des soldats allemands périssent dans un attentat du 3 janvier 1943. Conformément à une directive secrète d'Heinrich Himmler, en charge de la sécurité du Reich, des représailles sont décidées.
Elles sont de deux ordres. En premier lieu, et comme toujours en cas d'attentat, des milliers de personnes doivent être déportées vers l'Allemagne. Par ailleurs, le quartier du Vieux-Port de Marseille, où a eu lieu l'attaque, doit être détruit. Son réseau de petites ruelles semblait en effet aux Allemands trop favorable à la préparation d'un attentat et à la dissimulation des "terroristes".
Selon les accords passés entre les responsables nazis chargés de la sécurité et René Bousquet, secrétaire général de la police de Vichy, la police française devait participer à ces opérations de représailles.
Bousquet y voyait un moyen de préserver l'autonomie de ses services. Les 22, 23 et 24 janvier 1943, les troupes allemandes, appuyées par des compagnies de gardes mobiles et des escadrons de gendarmerie français, procèdent à l'arrestation de près de 6.000 personnes, dont 1.642 seront déportées vers Drancy et des camps de concentration allemands. Parmi elles, plus de 780 juifs sont victimes de cette rafle.
Par ailleurs, le quartier du Vieux-Port est bouclé et une partie de la ville fait l'objet de perquisitions systématiques. En effet, les maisons sont fouillées une à une. Et à partir du 1er février 1943, des charges explosives font sauter plus de 1.200 immeubles, entraînant la destruction de toute la partie nord du Vieux-Port. Le quartier n'est plus qu'un amas de ruines.
Au préalable, les habitants du quartier, dont beaucoup d'immigrants italiens, ont été expulsés sans ménagement de leurs logements. Au total, plus de 20.000 Marseillais seront évacués de chez eux.
La reconstruction de ce quartier prendra beaucoup de temps et ne sera achevée qu'en 1956.
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Qu'est-ce que le projet West Ford ?
Chaque État a à cœur d'assurer la protection de ses liaisons à longue distance. Ce souci est encore plus évident durant des périodes comme la guerre froide, pendant lesquelles les pays rivaux s'efforcent de brouiller les communications téléphoniques de leurs adversaires.
C'est pourquoi les Américains ont conçu, à cette époque, un ambitieux projet destiné à préserver ces communications et à en améliorer la qualité.
Ce projet "West Ford" , élaboré au début des années 1960, répondait plus précisément à une demande des militaires qui, dans la perspective d'un éventuel conflit avec l'URSS, voulaient disposer d'un système de liaison à grande distance propre à remplacer les câbles sous-marins.
Pour la mise au point de ce dispositif de protection, les militaires font appel aux services de prestigieux "Massachusetts Institute of Technology" (MIT). Ses ingénieurs imaginent de mettre en orbite, autour de la Terre, des centaines de millions d'aiguilles de cuivre aussi fines que des cheveux. Chacune d'entre elles, en effet, ne pesait pas plus de 40 microgrammes.
Une fois regroupées, ces aiguilles devaient former un ensemble de 15 kilomètres de large et de 30 kilomètres d'épaisseur.
Unies les unes aux autres, elles devaient donc former comme un gigantesque anneau de cuivre, ceinturant la planète. Son rôle était de réfléchir, vers l'espace, les rayons solaires pouvant perturber les transmissions radio.
Une première tentative de lancement de ces aiguilles, en 1961, ne s'était pas très bien passée. Un second essai, en 1963, avait mieux réussi. Cependant, la mise en place de ce bouclier artificiel avait été critiquée, tant par une partie de la communauté scientifique, qui craignait que ces aiguilles ne perturbent les observations astronomiques, que par certains pays.
Surtout, ce projet est rapidement rendu obsolète par les progrès des satellites de télécommunications. La plupart de ces aiguilles ont fini par rentrer dans l'atmosphère. Mais certaines d'entre elles, regroupées à plus de 3.500 kilomètres d'altitude, sont toujours en orbite.
Elles font partie, aujourd'hui, de ces milliers de débris spatiaux qui encombrent l'espace.
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Napoléon était-il petit ?
Dans notre mémoire collective, le personnage de Napoléon est souvent vu d'une certaine manière. Ainsi, on s'imagine volontiers l'Empereur coiffé de son célèbre bicorne et la main droite dans son gilet. On se le représente aussi comme un homme de petite taille.
le "petit tondu", comme l'appelaient familièrement ses soldats, était-il donc un nabot ? En fait, il n'en est rien. En effet, Napoléon a été mesuré à plusieurs reprises au cours de sa vie.
Il l'a été par son premier valet de chambre, Louis-Joseph-Narcisse Marchand. On a aussi évalué sa taille avant son voyage vers Sainte-Hélène, en 1815, et à son arrivée dans l'île.
Or, ces mesures varient entre 1 mètre 68 et 1 mètre 70. Étant donné que, en 1792, la taille minimale pour être incorporé dans l'armée était d'environ 1 mètre 62, Napoléon était sans doute un peu plus grand que la moyenne des hommes de son époque.
D'où vient alors cette légende de la petite taille de l'Empereur ? Elle est d'abord née de la manière dont on le représente souvent à l'époque. Sur les tableaux et les gravures, en effet, on le voit souvent entouré des grenadiers de sa garde, dont font partie les fameux "grognards".
Or ces hommes sont de véritables géants pour leur époque. Ils ne sont en effet acceptés dans cette prestigieuse formation militaire que s'ils mesurent plus d'1 mètre 80.
Au surplus, ils sont coiffés de ces hauts bonnets à poils qui ornent encore le chef de certains militaires anglais. Leur taille était encore grandie par ce couvre-chef. À leurs côtés, Napoléon paraissait en effet bien petit.
Mais cette assertion fait aussi partie de la légende noire de l'Empereur, colportée par les Anglais, ses ennemis les plus acharnés. Le pied anglais, différent du pied français, n'accordait à Napoléon qu'une taille inférieure à 1 mètre 60.
Il n'en fallait pas plus pour que les caricaturistes anglais représentent Napoléon comme une sorte d'avorton, paraissant minuscule auprès de John Bull, ce Britannique massif censé symboliser la nation anglaise.
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3 recommandations pour ce week-end
1/ Pourquoi le "y" est-il grec ?
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2/ Qu'est-ce qu'une « impasse mexicaine » au cinéma ?
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3/ Pourquoi Richelieu serait-il à l'origine des couteaux ronds ?
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Quelle princesse a épousé deux Rois de France ?
Certaines Reines de France eurent un destin singulier. C'est notamment le cas d'Anne de Bretagne, qui fut Reine à plus d'un titre. En effet, cas unique dans les annales de notre Histoire, elle épousa deux Rois de France.
Avant de monter sur le trône, cette princesse fut d'abord la dernière souveraine d'un duché de Bretagne indépendant, même s'il est rattaché à la Couronne de France par les coutumes féodales.
Née en 1477, Anne de Bretagne est la fille et l'héritière du duc François II. Elle succède à son père en 1488, l'année où le Roi Charles Charles VIII remporte une victoire décisive sur le duc de Bretagne et ses alliés, qui s'étaient insurgés contre le pouvoir royal.
Pour préserver l'indépendance du duché, les conseillers de la jeune princesse arrangent son mariage avec Maximilien d'Autriche, fils de l'Empereur Frédéric III et futur Empereur germanique lui-même.
Ce mariage par procuration fait l'effet d'une provocation à la Cour de France. Il entraîne la mise sur pied d'une expédition militaire, qui aboutit au siège de Rennes, où se trouve la duchesse.
Même si le mariage d'Anne de Bretagne avec Maximilien ne sera annulé par Rome que deux mois plus tard, en février 1492, la princesse épouse Charles VIII en décembre 1491. Ce mariage n'entraîne pas l'annexion de la Bretagne à la France.
En effet, il scelle un régime d'union personnelle des deux Couronnes, qui durera jusqu'à la mort d'Anne de Bretagne. Celle-ci devient donc, une première fois, Reine de France.
Tous les enfants du couple étant morts en bas âge, c'est Louis d'Orléans, petit-fils d'un frère de Charles VI, qui devient Roi sous le nom de Louis XII. En 1499, il épouse Anne de Bretagne, après l'annulation de son mariage avec Jeanne de France, fille de Louis XI.
Jusqu'à sa mort, en 1532, Anne de Bretagne, deux fois Reine de France, maintient l'autonomie de son duché et se comporte comme sa souveraine. Il ne sera donc vraiment intégré au Royaume de France qu'à cette date, par la signature de l'édit d'Union.
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Quel Roi de France est mort au cours d'un tournoi ?
Certains Rois de France ont connu une mort tragique et particulièrement brutale. C'est le cas d'Henri II. Quand, le 30 juin 1559, à l'occasion de deux mariages princiers, un tournoi est organisé, le Roi est loin de se douter qu'il vit ses dernières heures.
Même si ces joutes sont un peu passées de mode, elles sont encore très appréciées de la noblesse. Henri II s'est déjà lancé deux fois dans la lice, faisant bonne figure face au duc de guise et faisant vaciller le duc de Savoie sur sa selle.
Mais il veut encore disputer une troisième lance, cette fois-ci contre le capitaine de sa garde écossaise, le comte de Montgomery. La journée s'achève et le souverain a l'air fatigué.
Saisie d'un pressentiment, la Reine Catherine de Médicis, férue d'astronomie, tente de la dissuader. Mais Henri II veut briller aux yeux de sa maîtresse, la toujours belle Diane de Poitiers.
Les deux adversaires viennent de s'affronter, au cours d'un premier assaut. Ils s'apprêtent à s'élancer à nouveau l'un vers l'autre. Montgomery ne songe pas à remplacer sa lance, qui s'est brisée au début de l'affrontement.
Les deux cavaliers ferment leur heaume et pointent leurs lances. Un coup d'éperon et les chevaux partent au galop. Les voilà côte-à-côté, et soudain, Montgomery tend sa lance vers le Roi.
Les spectateurs, horrifiés, la voient soulever la visière du heaume et rester fichée dans le visage du souverain. Le Roi s'affaisse sur son cheval, qui marque le pas et finit par s'arrêter.
La blessure est hideuse : les échardes épointées de la lance ont pénétré dans l'œil droit du monarque. La médecine du temps ne peut pas faire grand chose pour soulager le Roi, qui souffre atrocement.
On lave la blessure et on s'efforce d'enlever quelques éclats. Le célèbre Ambroise Paré, appelé au chevet d'Henri II, n'ose pas retirer la lance, comme il avait enlevé de son visage celle qui devait valoir au duc de Guise son surnom de Balafré. Le Roi continue donc d'agoniser et expire le 10 juillet, en proie à de vives douleurs.
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Comment l’Abbé Pierre a-t-il sauvé le frère de De Gaulle ?
Henri Grouès, mondialement connu sous le pseudonyme de l'"abbé Pierre", a eu plusieurs vies. L'une d'elle l'a amené à entrer dans la résistance, qui lui a d'ailleurs procuré le nom de guerre qui lui est resté.
Durant cette période tragique, l'action de l'abbé Pierre est multiple. En effet, il héberge des enfants juifs dont les parents ont été arrêtés par les Allemands, au cours des rafles organisées en zone Sud.
Plus tard, il aidera les réfractaires au Service du travail obligatoire (STO) à échapper à la police. Il participe même à la formation et à la direction de maquis, dont le célèbre maquis du Vercors.
Mais l'action de résistant de l'abbé Pierre revêt encore un autre aspect. Il participe en effet à l'un des nombreux réseaux permettant à des juifs, des maquisards ou des personnes recherchées par les Allemands ou la police de Vichy, de quitter la France pour se réfugier dans un pays plus sûr.
C'était notamment le cas du réseau mis sur pied par l'abbé Marius Jolivet, qui a permis à de très nombreuses personnes en fuite de passer en Suisse.
L'abbé Pierre a collaboré avec ce réseau. Et, parmi les personnes qu'il a ainsi aidées, figure le frère d'un Français déjà illustre, le général de Gaulle. Il s'agit de Jacques de Gaulle, l'un des trois frères du chef de la France libre.
Ingénieur des mines, il a été frappé, en 1926, par une maladie qui l'a laissé tétraplégique. En 1944, menacé d'être arrêté, à cause du nom qu'il porte, Jacques de Gaulle parvient à fuir Grenoble, où il habite.
Il est alors pris en charge par le réseau de l'abbé Jolivet. Avec d'autres résistants, l'abbé Pierre l'accompagne jusqu'à la frontière suisse. Mais comment le frère du général, qui ne peut marcher, pourrait-il franchir les barbelés su poste frontière ?
L'abbé Pierre décide alors de porter cet homme, aussi grand que son frère, et de lui faire passer la frontière, avec la complicité des douaniers suisses, qui écartent les barbelés pour laisser passage au paralytique.
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Bonnes fêtes de fin d'année !
Rendez-vous le 1er janvier pour la reprise !
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Comment l'holodomor a terrassé l'Ukraine ?
L'"Holodomor", qui frappa l'Ukraine en 1932-1933, fut une effroyable tragédie. Le mot, qui peut se traduire par "faim", ou même, par extension, "extermination par la faim", désigne la terrible famine qui frappa alors cette République de l'URSS.
Selon les chiffres donnés par les historiens, on peut estimer le nombre de victimes entre 2,5 et 5 millions. Par ailleurs, et même si cet aspect intentionnel est contesté par certains, il ne fait guère de doute que cette famine ait été sciemment voulue et organisée par Staline lui-même.
C'est pourquoi l'Holodomor est souvent décrit comme un véritable génocide.
Cette terrible famine a plusieurs causes. La première résulte de la volonté de Staline d'industrialiser le pays à marches forcées. Pour cela, il avait besoin d'équipements qu'il ne pouvait qu'importer de l'étranger.
Pour en avoir les moyens, il décida d'exporter massivement les céréales cultivées en Ukraine, qui était alors un véritable grenier à blé pour l'URSS. Le tiers de ces céréales est vendu dès 1930, plus de 40 % l'année suivante. C'est autant de blé enlevé à la consommation des paysans ukrainiens.
D'ailleurs Staline s'en méfie. Depuis l'instauration de la NEP par Lénine, au début des années 1920, qui avait réintroduit en partie la propriété privée, ces paysans assez prospères passaient pour des capitalistes aux yeux du dictateur soviétique.
Et il les soupçonne d'autant plus que le peuple ukrainien, dans son ensemble, a réussi à préserver ses coutumes. Alors, pour faire cesser ce particularisme et ces velléités d'autonomie des paysans ukrainiens, Staline décide, au début des années 1930, de collectiviser l'agriculture.
Mais la majorité des fermiers se rebellent contre cette suppression de la propriété privée. Une terrible répression s'abat alors sur eux. Elle se manifeste notamment par la confiscation de toutes leurs réserves de grains.
Par ailleurs, les routes sont bloquées, empêchant les paysans de trouver du secours ailleurs. Le piège de la faim se referme alors sur eux. Privés de nourriture, des milliers de gens affamés meurent chez eux ou dans les rues. On signale même plusieurs cas de cannibalisme.
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Qu'est-ce que la doctrine Truman ?
Le 5 mars 1946, dans son célèbre discours de Fulton, l'ancien Premier ministre Winston Churchill constate qu'un "rideau de fer" coupe désormais l'Europe en deux parties.
Il sépare désormais les pays de l'Europe occidentale, restés fidèles aux valeurs démocratiques, de l'URSS et de ses satellites d'Europe de l'Est, voués à une version totalitaire du communisme.
Or le camp communiste, sous l'égide de Moscou, ne cache pas ses visées expansionnistes. Au début de l'année 1947, la Grèce, en proie à une guerre civile opposant les troupes royalistes aux formations communistes, risque en effet d'être intégrée au bloc soviétique.
Et ce d'autant plus que le Royaume-Uni, son allié traditionnel, est ruiné par la guerre et n'a plus les moyens de la soutenir.
C'est dans ce contexte que le Président Truman, qui a succédé à Roosevelt au début de l'année 1945, décide d'intervenir. Dans le discours, non moins fameux que celui de Fulton, qu'il prononce le 12 mars 1947, il définit ce qu'on devait appeler la "doctrine Truman".
Elle consiste à soutenir, par tous les moyens, les régimes démocratiques menacés par le communisme, défini comme un système reposant sur la terreur et le bâillonnement de toute opposition.
Une telle politique fait des États-Unis une sorte de gendarme du monde, intervenant partout où le "monde libre" semble menacé. Sa mise en place ne semblait pas évidente à un moment où, au sortir d'une guerre qui avait vu l'intervention décisive du pays, la majorité des Américains restaient fidèles à l'isolationnisme.
Cette politique d'"endiguement", comme on l'a aussi appelée, se manifeste par un soutien à la Grèce. Mais elle se traduit aussi par la mise en place, en 1948, du plan Marshall, destiné à toute l'Europe, mais conçu en fait pour les seuls pays d'Europe occidentale.
Il s'agit d'une aide économique massive, qui devait éviter que des pays ravagés par la guerre ne se laissent séduire par un communisme prompt à vanter ses réussites en termes de lutte contre la misère.
La doctrine Truman marque donc bien l'entrée du monde dans la guerre froide.
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Pourquoi Valentin Haüy a-t-il joué un rôle majeur pour les aveugles ?
Né en 1745, dans une famille de tisserands, Valentin Haüy montre une aptitude particulière pour les langues. Il en apprend plusieurs et met au point la version française de documents écrits en langues étrangères.
En 1771, alors qu'il est encore adolescent, il est ému des railleries qui accueillent un spectacle donné à Paris par de jeunes aveugles. Dès lors, sa vocation est née. Il leur consacrera sa vie.
En 1786, il fonde, comme il le souhaitait, une école pour les aveugles, l'Institution des Enfants Aveugles.
L'un des buts de cette école était d'apprendre à lire aux jeunes aveugles. Depuis qu'il avait fait une aumône à un mendiant aveugle, en 1784, Valentin Haüy pensait la chose tout à fait possible.
En effet, le mendiant avait reconnu la valeur de la pièce mise dans sa main. Pour cela, il avait usé d'un autre sens que la vue, le toucher.
Aussi Valentin Haüy met-il au point un système de lettres en relief. Il s'agit des lettres romaines ordinaires, mais très agrandies. En touchant ces lettres, les aveugles peuvent former des mots, puis des phrases. Ils apprennent donc à lire avec ce dispositif.
Mais le calcul et l'arithmétique ne sont pas oubliés. Conçus de la même manière que les lettres, des chiffres sont également mis à la disposition des élèves.
L'Institution a un second objectif : apprendre un métier à ces jeunes aveugles. Afin d'éviter que, privés de moyens d'existence, ils aient recours à la mendicité. Certains s'initient ainsi à la profession de typographe, d'autres aux secrets de la filature.
Durant la Révolution française, l'école passe sous le contrôle de l'État et devient l'Institut national des jeunes aveugles. Cet organisme à visée professionnelle continue à former les jeunes aveugles et à leur donner un métier.
Devenu infirme, Valentin Haüy meurt en 1822, soit sept ans avant l'invention décisive, par Louis Braille, du système d'écriture qui, conçu spécialement pour les aveugles, allait porter son nom.
Valentin Haüy a cependant été le premier à s'intéresser vraiment au sort dfes aveugles, délaissés par la société du temps.
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Comment le dignitaire nazi Rudolf Hess a-t-il été capturé par les Anglais ?
Au printemps 1941, Rudolf Hess, un des principaux dignitaires nazis, qu'Hitler avait même désigné comme son dauphin, s'envole pour l'Angleterre. Il est seul aux commandes de son avion.
On a beaucoup discuté pour savoir si cette curieuse initiative avait été prise avec l'accord du Führer. Certains soulignent qu'il se serait mis dans une violente colère à l'annonce de l'escapade de son subordonné.
Pour d'autres, ce n'est qu'une comédie, Hitler ayant, en secret, approuvé la folle échappée de son second. Mais quel but pouvait-elle bien avoir?
Rudolf Hess serait allé négocier une paix séparée avec l'Angleterre. Alors qu'Hitler s'apprête à envahir la Russie, elle lui aurait évité d'avoir à combattre sur deux fronts. Les Anglais laisseraient les mains libres aux nazis, en Europe, et pourraient conserver, en échange, toutes leurs possessions coloniales.
Une très longue détention
Le 10 mai 1941, l'avion de Rudolf Hess, après avoir été pris en chasse par la Royal Air Force, s'écrase au-dessus de l'Écosse. Mais son pilote a eu le temps de s'éjecter et de sauter en parachute.
Une fois au sol, Hess, qui est fait prisonnier, demande à voir le duc de Hamilton, aristocrate influent et propriétaire du domaine sur lequel il se trouve. Il ne s'est pas rendu en Écosse par hasard, car il attribue au duc des sentiments germanophiles.
Aussi demande-t-il à parler, par son intermédiaire, au Roi ou au Premier ministre. Aucun des deux ne fera le déplacement. En tant qu'ennemi, Rudolf Hess sera incarcéré. Et il le sera jusqu'à sa mort.
Le dignitaire nazi, qui ne sortira de sa prison que pour être jugé à Nuremberg, en 1945, restera enfermé jusqu'en 1987, date de sa mort. Après 46 ans de détention, il finira par se suicider, à l'âge de 93 ans, dans la prison de Spandau, où il était le seul prisonnier.
L'équipée de Rudolf Hess a paru tellement folle que beaucoup ont pensé que l'homme enfermé à Spandau n'était en fait qu'un sosie du dignitaire nazi. On se demande, dans ce cas, comment il aurait pu abuser ses co-accusés à Nuremberg. De toute façon, des analyses ADN semblent prouver que le détenu était bien Rudolf Hess.
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Êtes-vous certain de maîtriser la langue française ?
Pour écouter le nouveau podcast "Franc-parler":
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Depuis quand mange-t-on des tomates en France ?
La tomate a tous les caractères du fruit, mais, comme on peut la consommer salée, elle peut être aussi considérée comme un légume. Fruit ou légume, elle s'invite en tous cas sur toutes les tables de l'été.
Mais, au fait, depuis quand en mange-t-on chez nous ? La tomate nous vient d'Amérique du Sud. Le mot lui-même est emprunté au vocabulaire aztèque. Il est tiré du mot "tomatl", qui désignait le fruit de la tomatille, un fruit-légume consommé au Mexique.
C'est dans ce pays que la tomate est d'abord cultivée. C'est là que la trouvent les conquistadors qui, sous la conduite d'Hernan Cortés, conquièrent Mexico en 1519.
C'est donc par les Espagnols que la tomate est introduite en Europe dès le XVIe siècle. Mais les Français ne la mettront pas tout de suite dans leurs assiettes. En effet, elle ne fut pas considérée tout de suite comme un fruit, ou un légume, comestible.
Les scientifiques de l'époque l'associent en effet à la belladone, une plante dont les baies sont très toxiques. Et, de fait, les deux végétaux appartiennent à la même famille. On en conclut donc que la tomate est vénéneuse.
Comme on trouve la plante assez décorative, on s'en sert pour orner son jardin. En France, la première mention de la tomate, comme plante d'ornement, se trouve dans un des ouvrages de l'agronome Olivier de Serres, paru en 1600.
C'est en Provence que la tomate a d'abord été connue. Et c'est aussi là qu'à partir du milieu du XVIIIe siècle on commence à en apprécier les vertus gustatives. Peu à peu, on découvre que ce fruit est non seulement comestible, mais qu'il constitue un mets excellent.
Diderot et d'Alembert en parlent dans leur fameuse "Encyclopédie", parue à la fin du XVIIIe siècle. Ils notent sa saveur "succulente" et son goût "agréable". Mais l'usage de la tomate, comme aliment apprécié des Français, ne se répand vraiment qu'à partir de la montée à Paris des Provençaux, en juillet 1790, à l'occasion de la fête de la Fédération.
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Quel signe distinctif les juifs devaient-ils porter au Moyen-Âge ?
Pour écouter l'épisode du Coin philo, La fin justifie-t-elle les moyens ? (1/2):
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La discrimination qu'ont dû subir les juifs dans l'Allemagne nazie, et qui a conduit à la Shoah, n'a pas commencé à cette époque, même si, à cette occasion, elle s'est manifestée avec une rigueur et une férocité jamais atteintes auparavant.
Dès le VIIIe siècle, en effet, les juifs vivant dans les pays contrôlés par l'Islam devaient afficher un insigne distinctif, porté d'ailleurs aussi, même s'il était d'une autre couleur, par les chrétiens.
Durant le Moyen-Âge, les juifs de plusieurs pays européens furent aussi l'objet d'une telle discrimination.
C'est l'Église catholique qui décide du principe de ce signe distinctif. En effet, à l'occasion de la tenue du concile du Latran, en 1215, le Pape Innocent III ordonne aux juifs des Royaumes chrétiens d'Occident de porter un insigne spécial.
Il s'agissait, en effet, de distinguer des chrétiens des juifs qui étaient encore considérés par l'Église comme collectivement responsables de la mort du Christ.
La mesure est rapidement adoptée en Angleterre. Tout juif de plus de 7 ans devait arborer sur le côté gauche de ses vêtements une pièce de tissu jaune, dont les dimensions étaient précisées.
En France, saint Louis impose, en 1269, le port d'une "rouelle" aux hommes juifs. Comme son nom le laisse supposer, cette pièce de tissu, de couleur jaune, a la forme d'une petite roue.
Découpé d'une certaine façon, cet insigne évoquerait les 30 deniers qui furent le salaire de Judas pour livrer Jésus. Elle pourrait aussi figurer une hostie, symbole, pour les juifs, d'une pratique religieuse qui n'est pas la leur.
La forme et la taille de la rouelle, ainsi que l'âge à partir duquel elle doit être portée, font l'objet de nombreuses modifications. Elle est d'ailleurs adoptée, à la même époque, dans d'autres pays, comme l'Espagne.
Dans d'autres, comme certains États allemands, c'est un chapeau, généralement de forme conique, qui servira à distinguer les juifs des chrétiens. Un tel couvre-chef devait d'ailleurs être adopté par les juives en France.
Rappelons enfin qu'en plus de porter cet insigne, les juifs du Moyen-Âge devaient souvent vivre dans des quartiers séparés, les ghettos.
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De quel événement Agatha Christie s'est inspirée pour Le crime de l'Orient Express ?
En 1934, paraît l'un des plus fameux romans d'Agatha Christie, "Le crime de l'Orient-Express". Un meurtre est en effet découvert dans l'un des wagons de ce train prestigieux. L'un des passagers, le célèbre Hercule Poirot, ne tardera pas à résoudre l'énigme : tous les voyageurs ont donné un coup de couteau à l'infortunée victime.
Or la romancière s'était inspirée d'un fait divers réel pour écrire son récit. Le cadre en était bien l'Orient-Express, qui, parti de Paris le 31 janvier 1929, devait amener ses passagers à Istanbul.
Or, à environ 130 kilomètres de son terminus, le train qui, après avoir franchi la frontière bulgare, s'est engagé sur le territoire turc, est ralenti par une violente tempête de neige. Bientôt des congères se forment, à l'avant comme l'arrière du convoi, et le train finit par être bloqué.
Des passagers manquant de tout
La situation devient rapidement difficile pour les passagers, pris dans un piège glacé. En effet, la température est sibérienne, le thermomètre descendant jusqu'à moins 25°C. Bientôt privé de charbon, le personnel ne peut plus faire fonctionner le chauffage.
L'eau potable vient à manquer. Les employés en sont réduits à monter, dans des conditions périlleuses, sur le toit des wagons, pour faire fondre un peu de glace. Et, malgré les rationnements, les vivres finissent aussi par s'épuiser.
Quelques villageois, venus voir ce train figé dans la neige, proposent bien quelques victuailles. Mais, connaissant la réputation de ce train de luxe, ils ne les cèdent qu'à des prix astronomiques. On craint même l'attaque des loups !
Si la situation est aussi dramatique, c'est que le train reste bloqué durant cinq jours. Sans aucun moyen de liaison pour savoir ce qui était arrivé au train, la Compagnie finit par envoyer une locomotive chasse-neige à la rencontre du convoi naufragé.
Mais il lui faut près de 24 heures pour ouvrir la voie. Ceci fait, elle remorque l'Orient-Express et ses passagers épuisés vers Istanbul. Mais le trajet sera très long, car la locomotive avance à une allure d'escargot. Cette odyssée fera rapidement le tour du monde.
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Quelles ont été les différentes peines de mort dans l'Histoire ?
L'existence de la peine de mort, comme sanction d'un fait délictueux, est attestée depuis la plus haute Antiquité. Le code babylonien d'Hammurabi, dont la rédaction remonte à environ 1.750 avant J.-C., en fait déjà mention.
Quand il s'agit d'infliger des châtiments à leurs semblables, l'imagination des hommes ne semble pas connaître de limites. Aussi les modes d'exécution ont-ils été fort divers.
Sous l'Ancien Régime, en France, les roturiers reconnus coupables d'un crime étaient le plus souvent pendus et les nobles décapités, à l'épée ou à la hache. Mais certains châtiments étaient encore plus terribles.
Ainsi, certains meurtriers étaient condamnés au supplice de la roue, au cours duquel leurs membres étaient brisés. Quant aux régicides et parricides, ils étaient écartelés par des chevaux attachés aux bras et aux jambes.
On sait qu'au cours de l'Histoire, d'autres supplices horribles, comme le bûcher, pour les hérétiques et les sorcières, la crucifixion, l'emmurement ou l'empalement ont été pratiqués.
Si, en 2022, 142 pays avaient aboli la peine de mort, 53 l'appliquaient encore. Ce qui était aussi le cas de nombreux États américains.
Les méthodes d'exécution mises en œuvre dans ces pays sont aujourd'hui plus limitées. L'une d'entre d'elles s'efforce de réduire la souffrance ressentie par le condamné. Il s'agit de l'injection de substances létales, méthode utilisée aux États-Unis, mais aussi en Chine et au Vietnam.
On sait que le recours à la chaise électrique, mode d'exécution emblématique aux États-Unis, pouvait se traduire, malgré les dires de certains, par d'intenses souffrances, surtout si la décharge électrique était mal réglée.
D'autres modes d'exécution sont conformes aux "traditions", si l'on peut dire. C'est le cas de la pendaison, pratiquée par de nombreux pays, de la décapitation au sabre, qui n'est plus l'apanage que de la seule Arabie Saoudite ou de la fusillade, par un seul exécutant ou un peloton d'exécution.
Mais la lapidation, pratiquée au Soudan et en Iran, témoigne d'un véritable raffinement de cruauté. D'autant que, dans ce dernier pays, les pierres utilisées ne doivent pas être trop grosses, de façon à ne pas infliger la mort trop rapidement.
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Quel Roi actuel descend de Louis XIV en ligne directe ?
On sait que les Bourbons ont régné sur la France depuis Henri IV. Et ce Roi descendait du dernier fils de saint Louis, et donc d'Hugues Capet.
Or, il existe encore, dans l'Europe actuelle, un représentant des Bourbons. C'est le Roi d'Espagne Felipe VI. En effet, il descend de Louis XIV en ligne directe, donc de son grand-père Henri IV et, à travers lui, du premier Capétien, qui, rappelons-le, monta sur le trône en 987.
Peut-être êtes vous surpris qu'un monarque étranger ait comme ancêtre direct un Roi de France.
Un Roi mort sans héritier
Pour le comprendre, il faut en revenir, justement, à l'époque de Louis XIV. En 1700, le Roi d'Espagne Charles II meurt sans enfants. Dans son testament, il avait désigné comme héritier le duc d'Anjou, petit-fils de Louis XIV.
Sa grand-mère était en effet l'infante Marie-Thérèse d'Autriche, femme de Louis XIV et fille du Roi d'Espagne Philippe IV, père de Charles II.
Le duc d'Anjou, arrière-petit-fils de Philippe IV, monte sur le trône d'Espagne et prend le nom de Philippe V. Son accession déclenche un long conflit, la guerre de Succession d'Espagne.
De 1701 à 1714, elle oppose la France à l'Empereur germanique Léopold Ier, oncle du Roi d'Espagne. Felipe VI (ou Philippe VI en français) est donc le descendant de Philippe V.
Deux prétendants pour un trône
Ce monarque est donc aujourd'hui le chef de la Maison de Bourbon. Mais les deux principaux courants du royalisme français ne le reconnaissent pas comme prétendant au trône de France.
En effet, les orléanistes, partisans du comte de Paris, descendant du frère de Louis XIII et chef de la branche cadette des Bourbons, rappellent que Philippe V avait renoncé, pour lui et ses descendants, au trône de France.
Par ailleurs, ils tiennent pour la loi salique, qui exclut les femmes du trône. Or Felipe VI descend aussi de la Reine Isabelle II. Quant aux légitimistes, qui jugent sans fondement la renonciation de Philippe V, ils reconnaissent comme prétendant un cousin du Roi d'Espagne, le duc d'Anjou.
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Pourquoi le cardinal Mazarin ne pouvait-il pas célébrer la messe ?
Premier ministre de la Régente Anne d'Autriche et parrain et mentor de Louis XIV, Mazarin est nommé cardinal par le Pape en 1641. On sait que les cardinaux, tout vêtus de rouge, sont les plus hauts dignitaires de l'Église catholique. Ils forment le Sacré Collège, dont la mission est d'élire le Souverain Pontife.
Tout cardinal qu'il fût, Mazarin ne pouvait pas célébrer la messe. Pour la bonne raison qu'il n'était pas prêtre. Il avait pourtant débuté sa carrière dans la diplomatie pontificale, mais n'avait reçu que la tonsure.
Cet usage, qui consistait à raser le haut du crâne de l'impétrant, précédait la collation des quatre ordres mineurs, dont ceux d'exorciste et d'acolyte, et l'ordination elle-même, qui conférait la prêtrise.
Un titre parfois honorifique
Avant d'être élevé au cardinalat, Mazarin était donc un "Monsignore", un prélat distingué par le Pape, sans pour autant être prêtre. Son titre de cardinal devait donc rester purement honorifique.
Il en faisait cependant un prince de l'Église, qui avait la préséance sur les plus grands seigneurs. Pour un homme aux origines sociales modestes, comme Mazarin, ce titre conférait un statut et un prestige indispensables à l'exercice du pouvoir.
De toute façon, il n'était pas rare que des laïcs ou des hommes très jeunes, voire des enfants, appartenant le plus souvent à des familles princières, soient revêtus de la pourpre cardinalice.
Ainsi, le plus jeune fils du Roi d'Espagne Philippe V, Louis Antoine de Bourbon, devient cardinal, et archevêque de Tolède, à l'âge de 8 ans. Quant au célèbre César Borgia, il devient cardinal à 17 ans. Et c'est son père, le Pape Alexandre VI, qui lui remet cette distinction !
Il n'en va plus de même aujourd'hui. Ainsi, certains cardinaux sont les évêques de diocèses près de Rome, d'autres, les cardinaux-prêtres, sont titulaires d'une paroisse romaine. Enfin, les cardinaux-diacres ont la charge d'une chapelle, ou diaconie.
Aussi les cardinaux actuels ne pourraient pas se retrouver dans la situation de Mazarin qui, malgré son titre de cardinal, avait moins de pouvoirs, en matière religieuse, que le plus modeste prêtre de province.
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Quelle est la face cachée de Simone de Beauvoir ?
Auteur du "Deuxième sexe" et militante engagée auprès du "Mouvement de libération des femmes" (MLF) dans les années 1970, Simone de Beauvoir est considérée par les féministes comme une figure tutélaire.
Par ailleurs, son long compagnonnage avec Jean-Paul Sartre, dont elle a partagé certains combats, comme celui pour la décolonisation, lui ont ajouté une aura intellectuelle que rien ne semblait pouvoir ternir.
Et pourtant, des témoignages et des livres récents tendent à déboulonner la statue que ses thuriféraires ont érigée à Simone de Beauvoir.
Amour de midinette et passivité politique
Des militantes féministes ont exprimé leur déception face à une femme qui fut l'une des premières à incarner leur combat. Elles lui reprochent ainsi d'avoir connu plusieurs relations lesbiennes sans jamais reconnaître sa bisexualité ni prendre ouvertement la défense de l'homosexualité.
Par ailleurs, la relation que noua Simone de Beauvoir avec le romancier américain Nelson Algren ne laisse pas non plus de les décevoir. D'aucuns, en effet, comparent cet amour exclusif et sensuel à une passion de midinette.
D'autant que la philosophe s'y comporte comme la femme soumise qu'elle dénonçait dans ses écrits, prête à se contenter des tâches ménagères.
Quant à l'engagement politique de l'écrivain, il sème aussi le doute parmi ses partisans. À vrai dire, la politique ne passionnait guère Simone de Beauvoir. Elle ne s'y intéressera quelque peu qu'après la guerre, sous l'influence de Sartre.
Durant l'Occupation, elle semble surtout se consacrer à son œuvre. Ses détracteurs lui reprochent d'avoir travaillé à "Radio Vichy" et d'être restée passive tout au long de la guerre.
Ses partisans rappellent que Simone de Beauvoir aurait fondé, avec Sartre, un mouvement de résistance, "Socialisme et liberté". Cependant, l'existence de cet organisme paraît très douteuse à certains historiens.
D'autres aspects de sa personnalité, comme son goût pour les très jeunes femmes, dont plusieurs de ses élèves, ou son addiction à l'alcool, peuvent encore lézarder l'image de la militante engagée. On peut aussi penser que, pour une femme qui avait très tôt dénoncé le corset des conventions bourgeoises, c'était une manière d'assumer sa liberté.
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