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1515 épisodes · page 18 sur 51

Pourquoi les avocats portent-ils une robe noire ?
Comme d'autres professions, les avocats revêtent un costume spécifique. Il se compose d'une robe noire, d'un rabat de couleur blanche, en coton, et d'une épitoge, deux brins de tissu portés sur l'épaule gauche. L'une de ces bandes pend sur la poitrine et l'autre dans le dos.
Ce costume, et notamment le port de la robe, n'est devenu une obligation, pour les avocats, que depuis une loi du 31 décembre 1971. Elle les oblige donc, comme d'autres corps de métier, à porter un uniforme, symbole de leurs fonctions.
Mais si la robe noire des avocats n'est devenue obligatoire que depuis une cinquantaine d'années, elle faisait partie de leur tenue depuis bien plus longtemps.
Cette longue robe noire, aux vastes manches, les avocats la doivent à leurs lointains devanciers. Sous l'Ancien Régime, en effet, la plupart des avocats étaient des clercs. Ils siégeaient notamment au Parlement de Paris, le plus haut degré de juridiction de l'époque, et dans les Parlements provinciaux.
Or, les prêtres portent alors une soutane, même si certains s'en dispensent. Cet habit, long et fermé, doit les distinguer des laïcs. Par bien des aspects, la robe de l'avocat ressemble à une soutane.
Il n'est pas jusqu'aux 33 boutons qui la ferment, en souvenir de l'âge du Christ au moment de sa mort, qui n'y fassent penser.
Si la robe d'avocat a conservé de son origine sa forme générale et sa teinte sombre, elle n'en a pas moins légèrement changé d'aspect. Ainsi, elle s'est raccourcie avec le temps, s'arrêtant aujourd'hui à mi-mollet. De même, si la traîne existe toujours, elle est rabattue à l'intérieur du vêtement.
Par souci de modestie, sans doute, et pour ne pas prêter le flanc à des critiques qui soulignent déjà le coût de la robe, compris entre 500 et 1.000 euros , parfois beaucoup plus.
Emblème de la fonction, et symbole de la justice, la robe ne doit être portée qu'au prétoire, ou dans de rares occasions, comme l'enterrement d'un collègue par exemple. L'avocat ne saurait donc l'arborer dans son cabinet ou dans la rue.
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Comment Paris a-t-il été sauvé de la destruction en août 1944 ?
Après la percée d'Avranches, entre la fin juillet et la mi août 1944, les troupes alliées débarquées en Normandie, dont fait partie la 2e DB du général Leclerc, se dirigent vers Paris.
Dans le même temps, la police, la gendarmerie, la poste et les transports se mettent en grève. Des groupes armés se forment et, du 19 au 24 août, la capitale est le théâtre d'une véritable guérilla.
Gouverneur militaire du "Grand Paris", le général Dietrich von Choltiz doit défendre la ville. Mais, d'un point de vue militaire, la situation ne lui est pas favorable. C'est pourquoi, le 19 août, il accepte l'entremise du consul de Suède, Raoul Nordling, qui négocie un cessez-le-feu.
Trois jours plus tard, cependant, Hitler lui ordonne de détruire la ville. Si les Alliés entrent dans la capitale, ils doivent trouver un champ de ruines.
Des explosifs sont donc placés sous les ponts et auprès de nombreux bâtiments. Mais von Choltiz ne donne pas l'ordre de destruction et capitule le 25 août.
Dans les années qui suivent la guerre, le général von Choltiz se vantera d'avoir sciemment ignoré l'ordre d'Hitler. Il décrit le dictateur comme un homme épuisé qui, privé d'une partie de ses facultés, aurait pris une décision déraisonnable.
Pour de nombreux historiens, la vérité est sans doute différente. Il est normal que, dans le contexte de l'après guerre, von Choltiz ait voulu se donner le beau rôle. Mais aucun document ne vient appuyer ses dires.
En fait, il semblerait que cet officier qui, jusque là, avait toujours obéi aux ordres qu'on lui donnait, était bien disposé à faire exécuter celui-là. Simplement, il n'en eut pas le temps.
Par ailleurs, il n'avait pas suffisamment de troupes sous ses ordres. Au surplus, elles étaient médiocrement armées et devaient à la fois lutter contre l'insurrection parisienne et contre des troupes alliées attendues d'un instant à l'autre dans la capitale.
Enfin, von Choltiz savait que la bataille était perdue, et que, dans la perspective d'un probable jugement, après la guerre, il avait tout intérêt à soigner son image.
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Pourquoi Marie-Angélique Duchemin est-elle célèbre ?
Marie-Angélique Duchemin est une pionnière, et ce à plusieurs titres. Née en 1772, elle épouse un caporal. Nous sommes en juillet 1789, au début de la Révolution. Comme c'est alors l'usage, cette toute jeune épouse suit son mari en campagne.
Il est vrai qu'elle a de qui tenir. Son père et son beau-frère sont aussi des soldats. Mais voilà que son mari meurt des blessures reçues au combat, le 30 décembre 1791.
Cette jeune veuve de 19 ans, pourtant déjà mère d'une petite fille, n'écoute que sa vocation : elle restera dans l'armée et y remplacera même son mari.
Personne ne trouve à y redire. Tout au contraire, puisque la jeune femme est même promue. En effet, elle devient caporal fourrier, et doit donc s'occuper de l'intendance. Ce qui ne l'empêche d'ailleurs pas de prendre soin de ses enfants.
On le voit, l'armée de l'époque, transformée, il est vrai, par la tourmente révolutionnaire, ne s'opposait pas à la présence des femmes ni même à leur avancement.
Car Marie-Angélique Duchemin poursuit son ascension. Elle est en effet promue sergent major. Elle ne s'occupe pas seulement d'intendance, mais participe aux combats. C'est ainsi qu'elle s'illustre, en mai 1794, dans la défense du fort de Gesco, à Calvi. Elle y est grièvement blessée, ainsi qu'au siège de cette ville.
En 1798, alors qu'elle n'a que 26 ans, ses blessures lui valent d'être admise, avec le grade de sous-lieutenant, à l'hôtel des Invalides, construit par Louis XIV pour héberger les soldats blessés. C'est la première femme à y être accueillie.
Elle y restera d'ailleurs toute sa vie, s'occupant notamment du magasin d'habillement. En 1851, elle est la première femme à recevoir la légion d'honneur. Elle est élevée au grade de chevalier par le Prince-Président en personne, futur Napoléon III. Dans la citation qui accompagne la décoration, elle est d'ailleurs désignée comme "M. (et non Mme) Brûlon", son nom marital.
À cette occasion, elle obtient enfin ses épaulettes d'officier. Devenue très célèbre, Marie-Angélique Duchemin, toujours vêtue de son uniforme, meurt, en 1859, dans sa chambre des Invalides.
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Qui était vraiment Surcouf ?
Le nom de Robert Surcouf est associé à la légende de la guerre de course. Avec Jean Bart et Jacques Lafitte, c'est sans doute l'un des plus célèbres corsaires de tous les temps.
Né en 1773, le futur écumeur des mers, destiné à la prêtrise par ses parents, s'engage comme mousse en 1786. Du fait des origines de sa famille, riche et considérée, il est plutôt traité comme un élève-officier.
Dès ses premiers voyages, il embarque sur des navires faisant la traite négrière. En 1789, l'un de ces vaisseaux fait naufrage, entraînant dans la mort 400 esclaves, enchaînés à fond de cale.
Surcouf reste un temps dans la marine marchande, puis entame, en 1792, une carrière dans la marine royale. Il n'y demeure pas longtemps, préférant se consacrer à la guerre de course.
De 1795 à 1801, à bord de plusieurs bateaux, Surcouf devient l'un des corsaires les plus célèbres et les plus réputés de son temps. Il ne dispose d'ailleurs pas toujours de la "lettre de marque", qui, en temps de guerre, autorise le capitaine d'un bateau à s'en prendre à des navires ennemis.
Cette absence de reconnaissance officielle le prive parfois d'une partie de ses prises. Il n'en sillonne pas moins les mers, organisant plusieurs expéditions vers l'Afrique ou l'océan Indien.
Durant ces quelques années, Surcouf s'empare de nombreux navires, dont le "Kent", en 1800. La prise de ce puissant vaisseau de 1.200 tonneaux et 40 canons assoit définitivement sa réputation. On va désormais l'appeler le "Tigre des mers".
Au total, Surcouf aurait amassé près de 500 millions de livres. Et gêné les Anglais, qui auraient voulu se protéger de ses assauts en équipant leurs vaisseaux de filets anti-abordage.
À partir de 1801, Surcouf devient un armateur prospère, tout en revenant de temps à autre, et jusqu'en 1809, à la guerre de course. À la tête d'une belle fortune, acquise en partie dans la traite des noirs, il achète des centaines d'hectares de terrain. Devenu un notable considéré, il meurt en 1827.
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Quel rôle majeur Varian Fry a-t-il joué durant la Seconde Guerre mondiale ?
Né en 1907, le journaliste américain Varian Fry est connu pour avoir sauvé, durant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux juifs réfugiés en France. Correspondant d'un journal américain à Berlin, il est témoin, en 1935, des violences que font subir aux juifs les nazis.
Il assiste alors à des scènes choquantes, qui vont le marquer durablement. En août 1940, il débarque à Marseille. Officiellement, il est là comme journaliste. En fait, il est mandaté par l'"Emergency rescue comity", un organisme de secours parrainé par Eleanor Roosevelt, l'épouse du Président américain.
Le but de ce comité est d'organiser la fuite vers les États-Unis des juifs menacés par les nazis, en Allemagne ou dans d'autres pays d'Europe.
En principe, la mission de sauvetage confiée a Varian Fry ne concerne pas tous les réfugiés juifs. En effet, il doit permettre à des intellectuels, des écrivains ou des artistes, de s'échapper vers l'Amérique.
Il arrive à Marseille avec une valise et une somme assez modeste en poche, environ 3.000 dollars. En principe, il est là pour trois mois, mais son séjour va durer plus d'un an.
Il reçoit l'aide d'un syndicat américain et de certaines organisations juives. Le vice-consul américain à Marseille lui est d'un grand secours, ainsi que la riche collectionneuse d'art Peggy Guggenheim, qui lui apporte un soutien financier appréciable.
Varian Fry fonde bientôt le Centre américain de secours (CAS), où une soixantaine de personnes viennent chaque jour demander de l'aide. Dans la vaste villa Air-Bel, située dans la banlieue de Marseille, se pressent des intellectuels renommés, pressés de quitter l'Europe.
On y côtoie en effet des poètes, comme Tristan Tzara ou Benjamin Perret, ou des artistes, comme André Masson, Max Ernst, Marcel Duchamp ou encore Marc Chagall.
Au total, plus de 2.000 personnes réussirent à fuir l'Europe grâce à l'intervention de Varian Fry. Le gouvernement de Vichy, qui appréciait peu ses activités, obtient son départ en septembre 1941.
Tardivement reconnue, son action lui vaut pourtant, à titre posthume, le titre de Juste parmi les nations.
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Quelle est l’histoire de l'expression "veni vidi vici" ?
L'expression "veni, vidi, vici" fut prononcée par Jules César en 47 avant notre ère. Elle se compose de la première personne du parfait (souvent l'équivalent de notre passé composé) des verbes "venire", venir, "videre", voir, et "vincere", vaincre.
On la traduit généralement par "je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu". Cette expression frappe par sa concision. C'est ce laconisme qui lui a permis de passer à la postérité. Et aussi l'euphonie produite par ces trois mots à la terminaison semblable.
Cette expression est toujours employée pour désigner un succès éclatant. Elle implique en effet une notion de triomphe et de rapidité propre à subjuguer l'adversaire.
Cette célèbre phrase aurait été prononcée par César au cours d'un des épisodes de la guerre civile qui, de 49 à 45 avant J.-C., l'oppose à Pompée et à une partie du Sénat romain.
L'une des phases de ce conflit se déroule en Asie Mineure. En effet, Pharnace II, qui contrôle le royaume du Bosphore et une partie du royaume du Pont, qui s'est constitué sur le rivage méridional de la mer Noire, veut profiter de cette guerre civile pour récupérer des territoires perdus par son père.
Jules César accourt alors avec ses légions et affronte les troupes de Pharnace II à Zéla, en 47 avant notre ère. La bataille est un succès si net et si rapide qu'elle aurait incité César à prononcer sa fameuse apostrophe.
Pour certains auteurs latins, ce n'est pas sur le champ de bataille que César aurait dit : "veni, vidi, vici". Cette célèbre formule aurait été inscrite sur des panneaux lors du "triomphe" qui suivit la victoire de Zéla. Il s'agissait d'une cérémonie au cours de laquelle le général victorieux défilait dans les rues de Rome à la tête de ses troupes.
Cette phrase aurait également pu se retrouver dans le rapport envoyé au Sénat après la bataille. Elle aurait donc été écrite et ne serait pas sortie de la bouche même de César. Ce qui ne l'a pas empêchée de rester associée à son nom.
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Qui est le Monstre de Florence ?
Par leur sauvagerie ou l'identité des victimes, certains crimes défraient la chronique. C'est notamment le cas de huit meurtres, commis, dans les environs de Florence, en Italie, entre 1968 et 1985.
Les victimes sont toujours des couples d'amoureux. D'où le nom de "tueur des amoureux" qu'on a d'abord donné au criminel. Puis on l'a surnommé le "Monstre de Florence". En raison de sa façon de s'acharner sur certaines de ses victimes.
S'il abat généralement les hommes de quelques coups de revolver, il tue les femmes avec une arme blanche, puis les mutile affreusement. Il a même coutume d'envoyer par la poste des parties de leurs corps, les seins notamment, aux magistrats de Florence.
L'identité des victimes, le mode opératoire et les armes utilisées ont convaincu les policiers qu'un seul criminel était sans doute à l'origine de cette série de meurtres. Toutefois, ils manquent de preuves et le "serial killer", s'il existe, court toujours.
La police a bien appréhendé une dizaine de suspects mais, faute de preuves convaincantes, ils ont fini par être libérés. C'est notamment le cas d'un ouvrier agricole du nom de Pietro Pacciani, qui avait assassiné l'amant de sa femme.
Lors de son premier procès, en 1994, il est reconnu coupable de sept des huit doubles meurtres attribués au "Monstre de Florence". Il est condamné à la prison à perpétuité. L'affaire semble alors résolue.
Mais, coup de théâtre, Pacciani est acquitté lors de son procès en appel, qui se tient deux ans plus tard. Sorti de prison, il meurt en 1998. S'il détenait un secret, il l'a emporté dans la tombe.
En étudiant cette affaire de plus près, les juges ont d'ailleurs conçu des doutes sur l'hypothèse d'un tueur en série. En effet, ils pensent que si Pietro Pacciani avait un rapport avec ces crimes horribles, il n'était pas le seul.
En effet, certains de ses amis, qui faisaient partie de sa bande habituelle, seraient impliqués eux aussi. Ce qui ne suffit pas à clarifier cette énigmatique affaire du "Monstre de Florence".
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Pourquoi le marquis de Sade a-t-il été emprisonné ?
Donatien Alphonse François de Sade, que nous connaissons sous le nom de marquis de Sade, est un écrivain renommé, connu notamment pour une œuvre emblématique, "Justine ou les malheurs de la vertu", qu'il rédige à la Bastille en 1787.
Mais si le nom de Sade est passé à la postérité, c'est davantage en raison des dérèglements de sa vie. Au point, d'ailleurs, d'avoir inspiré le mot "sadisme".
Ses livres, où la pornographie et la violence, sous toutes ses formes, ont la part belle, et sa vie, émaillée de scandales, lui ont valu de très nombreux séjours en prison. Il y a en effet passé 27 ans, sur les 74 que comporte sa vie.
En 1768, alors qu'il a 28 ans, Sade défraie une première fois la chronique. Il est accusé d'avoir suborné une veuve, puis de l'avoir entraînée dans une maison d'Arcueil, dans la région parisienne, où il lui aurait fait subir divers sévices.
Le scandale éclate et le marquis, protégé par sa famille, n'écope que d'une peine d'emprisonnement de quelques mois, au château de Saumur.
Mais quatre plus tard, en 1772, alors qu'il séjourne à Marseille, il fait encore parler de lui. La rumeur l'accuse de s'être livré, en compagnie d'un valet de cinq jeunes filles, à diverses débauches, dont la sodomie, alors passible de la peine capitale.
Et, de fait, il est condamné à mort par le Parlement de Provence. Mais il échappe à la justice en s'enfuyant en Italie, en compagnie d'une belle-sœur dont il fait sa maîtresse. Il est alors arrêté sur l'ordre du duc de Savoie et incarcéré au fort de Miolans, dans l'actuel département de la Savoie.
D'autres prisons suivront. En effet, Sade est emprisonné au donjon de Vincennes, en 1777, puis à la prison royale d'Aix. Son procès n'aboutira qu'au paiement d'une modeste amende.
Mais il retourne à Vincennes, avant d'être transféré à la Bastille, en 1784. En juillet 1789, peu avant la prise de la Bastille, Sade est transporté à Charenton, dans un hospice pour aliénés mentaux, où il finira sa vie en 1814.
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Pourquoi les juges anglais portent-ils des perruques ?
On n'imagine pas plus un juge anglais sans perruque qu'un "bobby" sans son casque arrondi. Les magistrats ne sont d'ailleurs pas les seuls à s'en coiffer ; les avocats en portent une aussi.
L'usage s'en est imposé à la fin du XVIIe siècle. On adopte alors, pour les tribunaux, un code vestimentaire comprenant également l'adoption d'une robe, agrémentée de détails décoratifs, comme un jabot de dentelles pour certains magistrats.
Il s'agissait d'imposer aux hommes de loi anglais une tenue correcte, qui les distingue en même temps de celle de leurs concitoyens. Elle devenait donc l'emblème de leur profession.
Les perruques et les robes des magistrats sont toujours portées, du moins dans certains procès. Faites en crin de cheval, les perruques des avocats sont plus courtes que celles des juges.
La forme du haut de la coiffe, ainsi que le nombre et l'aspect des boucles qui en composent l'arrière, sont codifiés avec une grande précision. Il est à signaler que cet usage de la perruque, pour les juges et avocats, a été repris par de nombreux pays du Commonwealth.
Certains magistrats contestent cependant le port de la perruque. Ils la trouvent inconfortable, surtout en été. Et ils estiment cet usage désuet et peu conforme aux habitudes vestimentaires de leur époque.
Mais les partisans de la perruque ne manquent pas. On sait que les Anglais ne goûtent guère les changements trop rapides. Pour beaucoup d'entre eux, le maintien des traditions est le meilleur moyen de préserver l'originalité de leur culture.
Par ailleurs, la perruque est vue comme l'une des pièces d'un uniforme. Comme tout uniforme, il favorise une certaine forme d'anonymat, garantie de neutralité. Enfin, cette tenue, dont fait partie la perruque, symbolise l'autorité même de la loi.
Des arguments qui n'ont pas entièrement convaincu le Lord Chief Justice, le juge le plus haut placé dans la hiérarchie judiciaire britannique. En 2007, en effet, il décide, à la suite d'une requête portée devant les tribunaux, de réserver le port de la perruque aux seuls procès criminels.
Dans les affaires civiles, juges et avocats peuvent désormais paraître dans le prétoire sans arborer ce couvre-chef.
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Pourquoi Louis XIV paraissait-il plus grand qu'il n'était en réalité ?
Les Rois de France étaient des personnages publics, dont les moindres gestes étaient scrutés par les courtisans. On peut donc penser qu'on n'ignore aucun détail de leur vie.
Et pourtant, bien des éléments échappent aux historiens. Ainsi, on ne connaît pas avec certitude la taille d'un Roi aussi célèbre que Louis XIV, qui avait pourtant fait de son existence un spectacle permanent.
On a longtemps prétendu qu'il était plutôt petit, du moins pour nous. Il n'aurait pas dépassé 1,65 m, ou un peu plus, ce qui correspondait d'ailleurs à une taille moyenne pour l'époque.
L'un des arguments invoqués est la petite taille des lits où dormait l'illustre monarque. Mais rappelons qu'à cette époque les nobles dormaient en position demi assise, la position couchée étant réservée aux malades.
Par ailleurs, l'apparence de certains des vêtements qu'aurait portés le Roi témoigne plutôt en faveur d'une grande taille. Dans une récente biographie, un historien prétend même que Louis XIV mesurait 1,84 m.
Ce qui une très haute taille pour l'époque. Sauf si l'on tenait compte, dans ces mensurations, de la perruque et des talons. En effet, le souverain arborait une haute perruque, dite "à la royale", qui pouvait atteindre 15 centimètres.
Et il portait des talons qui avaient 10 à 12 centimètres de hauteur. Ces talons de bois, recouverts de cuir rouge, étaient alors à la mode chez les grands. La taille du Roi était donc rehaussée de 20 à 25 centimètres supplémentaires.
Si on les ajoute à la taille qu'on lui attribue souvent (1,65 m), on arrive à 1,85-1,90 m. Et si Louis XIV avait mesuré 1,84 m sans sa perruque et ses talons, il serait alors apparu, aux yeux de ses courtisans, comme un véritable géant de plus de 2 mètres !
Il est vrai qu'à cet égard, les témoignages divergent. Si Mme de Motteville, dame d'honneur d'Anne d'Autriche, la mère de Louis XIV, donnait au Roi une tête de plus qu'à Mazarin, pourtant assez grand, la Palatine, la belle-sœur du Roi, qui le voyait tous les jours, le trouvait trop petit.
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Pourquoi certaines femmes sont appelées des "tricoteuses" durant la Révolution française ?
D'une certaine manière, la Révolution française peut être considérée comme une période d'émancipation pour les femmes, dont certaines ont pu jouer un rôle plus notable dans la société de leur temps.
C'est notamment le cas de celles que l'Histoire a retenues sous le nom de "tricoteuses". Ce sont le plus souvent des femmes du peuple, qui prennent l'habitude d'assister aux séances des assemblées révolutionnaires. Elles manquent rarement celles de la Convention nationale, qui se réunit à partir de septembre 1792.
Les séances étant publiques, elles s'installent dans les tribunes. Pour s'occuper, entre deux discours, et ne pas perdre leur temps, elles emportent leur ouvrage. On les voit alors sortir leurs aiguilles à tricoter et se lancer dans la confection de quelque lainage. D'où le surnom qui leur est resté.
Les tricoteuses n'ont pas très bonne réputation. Elles sont souvent considérées comme de véritables mégères, promptes à la violence. Du haut de la tribune, elles n'hésitent pas à apostropher les orateurs qu'elles trouvent trop mous ou trop indulgents.
Certaines se sentent mandatées par leurs concitoyens pour veiller à une application rigoureuse des lois. On les voit aussi, dans la littérature notamment, comme des harpies ivres de sang.
Car elles ne sont pas seulement présentes aux sessions de la Convention et aux séances des nombreux clubs qui s'ouvrent alors dans la capitale. Elles sont aussi très actives au tribunal révolutionnaire qui, sous la Terreur, envoie des milliers de condamnés à la guillotine.
L'accusateur public, le célèbre Fouquier-Tinville, n'est pourtant pas connu pour sa mansuétude. Mais les tricoteuses sont là, dans le public, toujours prêtes à intervenir si, malgré sa réputation de férocité, il se laissait aller à une coupable indulgence.
Mais si la postérité a fait de ces femmes des viragos altérées de vengeance, c'est surtout en raison de la présence de certaines d'entre elles au pied de l'échafaud. On les disait en effet très friandes du spectacle sanguinaire qui s'offrait alors à leurs yeux.
Bien entendu, une telle caricature ne reflète qu'en partie une réalité plus nuancée.
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Pourquoi le mur de Berlin est-il tombé précisément le 9 novembre 1989 ?
REDIFFUSION
La date du 9 novembre 1989 est restée dans l'Histoire comme celle de la chute du Mur de Berlin. Mais pourquoi cette ouverture de la frontière entre les deux secteurs de Berlin, dont les répercussions seront considérables, s'est-elle faite précisément ce jour-là ?
Pour le comprendre, il faut rappeler que la contestation ne cessait d'enfler en RDA, où d'imposantes manifestations avaient lieu depuis le mois d'octobre. Egon Krenz venait même de remplacer, à la tête du pays, Erich Honecker, au pouvoir depuis 28 ans.
C'est dans ce contexte que, le 9 novembre 1989, en fin de matinée, des mesures de libéralisation des voyages sont annoncées aux instances du parti communiste est-allemand. En satisfaisant l'une des revendications exprimées par les manifestants, on espérait faire retomber la tension.
En fin d'après-midi, ce même 9 novembre, le porte-parole du parti annonce à la presse les dernières mesures prises. Dans un premier temps, il n'évoque pas la décision de faciliter les voyages vers l'ouest.
Puis il y fait allusion en donnant lecture d'un document traitant des visas nécessaires aussi bien pour voyager que pour émigrer hors du pays. Et il précise que ces visas seront accordés "sans conditions".
Cette nouvelle fait sensation. En effet, jusque-là, obtenir un tel visa relevait du parcours du combattant. C'est alors qu'un journaliste demande quand cette mesure doit s'appliquer.
Le porte-parole ne semblait pas s'attendre à une telle question. Il lance alors : "mais...tout de suite !". Cette nouvelle sensationnelle est aussitôt répercutée par les médias occidentaux.
Aussitôt la rumeur se répand. Les Allemands de l'Est se rendent en masse au point de passage de Bornholmer Strasse, entre les deux secteurs de Berlin. Alors que la presse de l'ouest annonce, avec un peu d'avance, que le Mur est ouvert, la foule réclame, à grands cris, qu'on ouvre la porte du poste-frontière.
Les gardes sont décontenancés. Visiblement, ils n'ont reçu aucune instruction sur ce qu'il convient de faire. Après des heures d'hésitation, un officier donne finalement l'ordre de laisser passer les gens. Le Mur de Berlin vient de tomber.
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Quel Viking est à l'origine de la Normandie ?
REDIFFUSION
Les livres d'Histoire l'apprennent aux écoliers : Le Viking Rollon serait à l'origine de la région que nous appelons toujours la Normandie. C'est donc un Viking, ou un "Normand", autrement dit un "homme du nord".
Rollon s'inscrit dans ce vaste mouvement de peuples que sont les incursions vikings. Depuis la fin du VIIIe siècle, ces rudes guerriers, venus notamment des pays scandinaves, ravagent la France actuelle et d'autres contrées.
Dans un premier temps, ils ne cherchent pas à s'installer durablement sur les terres où ils déferlent. Ce qui les intéresse, ce sont les richesses qu'elles renferment. Ils organisent donc des raids de pillage, dévastant tout sur leur passage, puis ils se retirent sur leurs bases de départ.
Rollon est donc l'un de ces redoutables Vikings. Il serait né à la fin des années 840. Son origine est encore très discutée. Selon les sagas nordiques qui retracent son parcours, il viendrait du Danemark ou de Norvège.
D'autres sources le font naître dans les Orcades, des îles situées au bord de l'Écosse. Quoi qu'il en soit, Rollon devient le chef d'un groupe de guerriers vikings, qui saccagent les côtes de la Manche et de la mer du Nord.
Le temps passant, ils pénètrent, en passant par la Seine, au cœur du territoire de la France actuelle. Ils s'installent à l'embouchure du fleuve et parviennent même jusqu'à Paris, qu'ils assiègent, avec d'autres bandes, en 885-887.
Or, la "Francia", ou "Francie occidentale", issue du partage de l'Empire carolingien, est alors très divisée. Et elle doit faire face, en plus des incursions des Vikings, aux invasions des Sarrasins, au sud, et des Avars et des Hongrois, à l'est.
Dans ces conditions, le petit-fils de Charlemagne, Charles le Simple, Roi de Francie occidentale (l'ancêtre de la France actuelle) préfère s'entendre avec les Vikings.
En 911, il conclut donc le traité de Saint-Clair-sur-Epte avec Rollon. Il lui concède un territoire, autour du comté de Rouen, qui donnera naissance à la Normandie. Et Rollon lui-même en sera le premier duc.
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Quel massacre fut commis par les américains au Vietnam ?
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Il est bien rare que, dans un conflit, les lois de la guerre soient toujours respectées. La guerre du Vietnam n'échappe pas à la règle. Elle connut en effet un affreux carnage, le massacre de My lai.
My Lai est un paisible village. Quand des soldats américains l'investissent, le 16 mars 1968, il n'est peuplé que de vieillards, de femmes et d'enfants. Pourtant, la section du lieutenant William Calley croyait y trouver des Viet-Congs.
C'est alors que les soldats, sur l'ordre de leur chef, entreprennent une tuerie méthodique. À coups de fusil, ou de baïonnette, ils massacrent sans pitié les femmes et les enfants qu'ils trouvent.
Certains soldats refusent cependant de participer au massacre. Un officier, arrivé sur les lieux en hélicoptère, ordonne même de faire feu sur les criminels. Malgré tout, entre 350 et 500 habitants sont sauvagement assassinés.
Comment des soldats ont-ils pu en arriver à un tel degré de barbarie ? Certains l'expliquent par les lourdes pertes essuyées par la compagnie dont l'une des sections a perpétré le massacre.
En quelques mois, elle aurait perdu la moitié de ses effectifs. En outre, dans cette guérilla où tous les coups sont permis, les soldats sautent sur des mines ou tombent dans les pièges tendus par l'ennemi.
Les GIs auraient donc été ivres de vengeance. Ils ne trouvent pourtant pas grâce auprès de l'opinion publique et des médias, pour qui ce massacre est un véritable choc et un tournant dans la guerre du Vietnam.
Consciente du scandale et de la colère de l'opinion, l'armée crée une commission d'enquête en septembre 1969. Une vingtaine de personnes sont inculpées, dont le lieutenant Calley et le capitaine Medina, qui commandait la compagnie.
Pourtant, seul Calley est condamné à la réclusion à perpétuité. Personne d'autre n'est inquiété. Devant cette unique condamnation, les journaux crient à la parodie de justice.
Le président Nixon, soucieux de minimiser le massacre, fera d'ailleurs bénéficier l'officier d'une mesure de libération conditionnelle, s'efforçant par ailleurs de discréditer les personnes ayant porté l'événement sur le devant de la scène.
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Quelle fut la première grève de l'histoire ?
REDIFFUSION
Les réactions face à l'actuel projet de réforme des retraites vient encore le rappeler : la grève est l'un des principaux moyens de contestation dans notre pays. Depuis la Révolution française, notamment, elle ponctue l'histoire des revendications sociales et du mouvement ouvrier.
Mais la grève, qui n'est pas l'apanage de la France, n'est pas non plus cantonnée à l'histoire contemporaine. En effet, c'est un phénomène qui remonte beaucoup plus haut dans le temps.
Et les historiens ont même identifié la grève la plus ancienne. Elle aurait eu lieu en Égypte, 2.100 ans avant notre ère ! Nous sommes à Thèbes, sur la rive orientale du Nil.
Les serviteurs d'un temple de cette ville arrêtent de travailler et exposent leurs revendications au gouverneur. Ils ne reprendront pas le travail tant qu'on ne leur distribuera pas deux galettes supplémentaires par jour.
L'Égypte ancienne est décidément le lieu de naissance de la grève, conçue comme un moyen de pression pour obtenir la satisfaction de ses revendications. Ainsi, en 1166 avant J.-C., un papyrus rend compte, pour la première fois, de l'un de ces mouvements sociaux.
Il concerne les artisans et les ouvriers qui édifient les tombeaux des pharaons dans la Vallée des Rois, une région située sur la rive occidentale du Nil, en face de Thèbes.
Les artisans réclament leur salaire, qui ne leur a pas été payé, et se plaignent de manquer de nourriture. Ils cessent donc le travail pour réclamer une amélioration de leur situation.
La grève a ensuite atteint d'autres contrées, comme la Grèce classique. C'est du moins ce que laisse supposer Aristophane qui, dans sa comédie "Lysistrata", écrite au Ve siècle avant J.-C., met en scène des femmes qui, pour contraindre les hommes à cesser la guerre, refusent de coucher avec eux.
Il s'agit là d'une forme de grève assez originale. Plus classique, en revanche, la grève qui éclate en France, en 1229, quand, à la suite de la répression violente d'une rixe, qui se traduit par la mort de nombreux étudiants, ces derniers décident de boycotter les cours de l'Université de Paris.
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Qui est le vrai d'Artagnan ?
Qui ne connaît d'Artagnan, le fringant gascon mis en scène par Alexandre Dumas dans son célèbre roman "Les trois mousquetaires" ? Mais, ce qu'on sait moins, c'est que ce valeureux soldat a bel et bien existé.
Il est né, vers 1615, au château de Castelmore, sur le territoire de la petite commune de Lupiac, dans le Gers. Le visiteur se promenant dans la région peut encore apercevoir le manoir qui, hélas, ne se visite pas.
Le héros de Dumas se nommait Charles de Batz de Castelmore, mais se faisait appeler d'Artagnan, du nom d'une seigneurie possédée par les Montesquiou, la famille de sa mère. La famille paternelle, assez modeste, était de noblesse récente.
Le jeune d'Artagnan monte à Paris, vers 1630, pour y faire, comme certains de ses frères, une carrière militaire. Il y est d'abord engagé dans le régiment des Gardes Françaises qui, comme son nom l'indique, était chargé d'assurer la sécurité du Roi.
Puis, comme dans le roman, il intègre le corps d'élite des mousquetaires, créé en 1622 par Louis XIII. Peu à peu, d'Artagnan va devenir un collaborateur apprécié du cardinal Mazarin, auquel il reste fidèle durant la Fronde, puis de Louis XIV.
Il se voit alors attribuer des missions de confiance. Promu, en 1658, au commandement effectif des mousquetaires, supprimés un temps par Mazarin, d'Artagnan est en effet chargé, en 1661, d'arrêter, dans le plus grand secret, le surintendant Fouquet, dont l'ascension et la munificence avaient indisposé le Roi.
C'est lui qui conduit l'illustre prisonnier vers ses divers lieux de détention, dont la forteresse de Pignerol, aujourd'hui en Italie. Marque insigne de faveur, d'Artagnan devient le geôlier de Fouquet durant trois ans.
En 1660, il avait déjà accompagné Louis XIV vers le Pays Basque, où il devait épouser l'Infante d'Espagne Marie-Thérèse. Il était désormais un homme riche et considéré, qui possédait un hôtel particulier à Paris.
C'est en participant au siège de Maastricht, en 1673, lors de la guerre de Hollande, que d'Artagnan est fauché par un tir de mousquet qui le tue sur le coup.
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Pourquoi y a-t-il une abbaye au Mont St Michel ?
Ceint de remparts et couronné, à son sommet, d'une abbaye aux allures de château-fort, l'îlot formé par le Mont Saint-Michel est l'un des monuments les plus visités de France. Appelé mont Tombe dans l'Antiquité, il fut peut-être le cadre d'un culte druidique ou de celui rendu à Bélénos, le dieu gaulois du soleil.
Au haut Moyen-Âge, l'endroit fut peu à peu consacré à l'archange saint Michel, dont le culte se répand en Occident à partir du Ve siècle. D'après une légende, l'archange serait apparu, par trois fois, à saint Aubert, évêque d'Avranches, lui ordonnant de construire un sanctuaire sur le mont Tombe.
Obéissant aux instructions de saint Michel, l'évêque aurait fait bâtir un oratoire en 708. Il y aurait fait placer des reliques de l'archange, qu'il aurait fait rapporter d'Italie.
Mais la "Merveille" que les visiteurs découvrent aujourd'hui, cette prestigieuse abbaye inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, a été bâtie plus tard.
On doit sa construction à des moines bénédictins, qui s'installent, à la fin du Xe siècle, sur ce qui allait devenir le mont Saint-Michel. Les bâtiments de cet ensemble roman commencent à s'élever à partir de 1023, ce qui a permis de commémorer, l'année dernière, le millénaire de l'abbaye. Les travaux de construction sont achevés en 1228.
Le choix de ce lieu prestigieux n'était pas anodin. Il devait contribuer au prestige de l'abbatiale, en attirant notamment le flot de pèlerins venus se mettre sous la protection de l'archange saint Michel.
Comme tous les monastères médiévaux, l'abbaye du Mont Saint-Michel devint un conservatoire de la culture. Gardés dans ses murs, des centaines de précieux manuscrits passèrent ainsi à la postérité.
En plus des pèlerins ordinaires, l'abbaye ne manqua jamais d'accueillir d'illustres visiteurs, comme saint Louis, François Ier ou Louis XI.
Des débuts de la Révolution française à 1863, l'abbaye sert de prison. Après sa fermeture, le site est restauré peu à peu, une route étant même construite pour relier le mont à la terre ferme. Rendue au culte en 1922, l'abbaye abrite à nouveau une communauté monastique.
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Pourquoi Jésus a-t-il été crucifié ?
La plupart des spécialistes situent la mort de Jésus Christ entre l'an 30 et l'an 33 de notre ère. Ils pensent aussi qu'elle a eu lieu en avril, au moment de la Pâque juive.
Le châtiment qui lui a été infligé est celui de la crucifixion. Pour les Romains, il s'agissait d'une peine infamante, destinée à punir les esclaves en fuite ou tous ceux qui remettaient en cause l'ordre établi.
Les poignets et les pieds du condamné étaient cloués, ou attachés par des cordes, à deux poutres formant une croix. Celle-ci une fois redressée, le supplicié finissait, du fait de sa position, par mourir asphyxié.
D'après les Évangiles, Jésus aurait été dénoncé par les autorités religieuses juives au procurateur de Judée, Ponce Pilate, qui, entre 26 et 36 de notre ère, représente l'autorité romaine dans la région.
Sachant qu'il ne serait pas sensible à des accusations d'ordre religieux, qui ne concernent pas le pouvoir romain, les grands prêtres juifs évoquent des motifs politiques.
À l'instar des autres messies qui, avant l'apparition de Jésus, avaient troublé la région, le Christ revendique en effet la royauté, même s'il précise à ses disciples qu'elle "n'est pas de ce monde".
Par ailleurs, il mobilise des foules, ce qui peut le faire passer, aux yeux des Romains, pour un agitateur politique. Il n'en faut pas plus pour voir en ce "roi des juifs", des mots inscrits sur sa croix, une menace pour Rome. On le soupçonne en effet de vouloir rétablir une royauté supprimée par les Romains en l'an 6 de notre ère.
Les prêtres juifs voulaient donc la mort de Jésus, et seul le procurateur romain avait le droit de la lui infliger. Mais, eux, ils la désiraient pour des raisons religieuses.
En effet, ils comptaient se débarrasser de ce prophète qui, tout en restant fidèle à la Loi de Moïse, voulait assouplir certaines de ses prescriptions, comme le respect du sabbat. Et ils le tenaient aussi pour un idolâtre, qui n'hésitait pas à se proclamer fils de Dieu, un blasphème intolérable pour les juifs.
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Montaigne a-t-il inventé l'effet placebo ?
Un malade soigné avec un produit neutre, de l'eau sucrée par exemple, et dont l'état s'améliore, bénéficie de ce qu'on appelle l'"effet placebo".
Le terme "placebo" a d'abord un sens religieux. Tiré du latin, et signifiant "je plairai", on le trouve dans le psaume 116, qui est lui-même inclus dans la Bible. Chanté lors de l'office des morts, ce psaume était entonné par des pleureurs et pleureuses recrutés pour l'occasion.
Sachant que de tels sanglots étaient simulés, on a fini par associer le mot "placebo" à une idée de fausseté mêlée de flagornerie, les pleureuses devant faire preuve de zèle pour se montrer convaincantes.
Peu à peu, le terme en viendra à s'appliquer à des patients que la seule vue du médecin, et la confiance qu'ils lui portent, suffit à guérir.
Avant même que le terme ne soit consacré par la littérature médicale, Montaigne donne déjà, dans ses célèbres "Essais", écrits au XVIe siècle, des exemples de l'effet placebo.
L'écrivain cite ainsi le cas d'un homme souffrant de calculs rénaux, une affection qu'on nommait alors la "maladie de la pierre". Il appelle donc un apothicaire à son chevet, qui lui prescrit des lavements.
Voilà donc notre malade couché et en position de recevoir ce que la médecine du temps appelait un "clystère". Mais le médecin se contente de faire semblant, n'injectant aucun produit dans son organisme.
Ce qui n'empêche pas le patient de se sentir mieux. Et Montaigne de conclure : "il en sentait pareil effet à ceux qui le prennent". Bien sûr, il n'emploie pas les termes "placebo" ou "effet placebo", mais il en offre déjà une parfaite définition.
L'écrivain évoque aussi le cas d'une femme qui, croyant avoir avalé une épingle, ressentait une vive douleur à la gorge. Un de ses amis, ne décelant aucune trace d'enflure, la fait vomir et jette discrètement une épingle dans la cuvette.
À sa vue, la femme se sent aussitôt soulagée. C'était, là encore, faire déjà la preuve du pouvoir de l'imagination et de l'origine psychosomatique de bien de nos maux.
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Je vous parle de mon nouveau podcast: La folle épopée
Pour écouter La folle épopée:
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Spotify:
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Deezer:
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Le sein de Marie Antoinette est-il à l'origine de la coupe de champagne ?
Les fêtes de fin d'année sont toujours l'occasion, du moins en France, de boire du champagne. Ce vin prestigieux se déguste dans des coupes, dont la forme évasée permet une bonne oxygénation du champagne, ou dans des flûtes, qui mettent mieux en valeur la mousse et les bulles, inséparables de ce délectable nectar.
Mais d'où vient la forme particulière de la coupe de champagne, qui semble moins appréciée aujourd'hui ? Une légende tenace l'attribue au moulage qu'on aurait fait d'un sein de la Reine Marie-Antoinette. Il est vrai qu'on ne prête qu'aux riches et qu'on a créé de nombreux mythes, souvent peu favorables à son image, autour de cette souveraine.
La poitrine d'autres femmes, comme la marquise de Pompadour, maîtresse de Louis XV, l'Impératrice Joséphine ou Diane de Poitiers, la favorite d'Henri II, aurait pu inspirer la forme de ce verre. Mais il ne s'agit, là encore, que de rumeurs, qui n'ont aucun fondement historique avéré.
La symbolique du sein nourricier, pourvoyeur de lait, n'est sans doute pas sans rapport avec la diffusion de ces plaisantes histoires.
Mais il est pourtant une femme, dont le sein a bien inspiré la forme d'une coupe de champagne. Il s'agit du mannequin britannique Kate Moss, dont le sein gauche a bien été moulé par une sculptrice qui, à partir de ce moulage, a créé une coupe de champagne.
La véritable origine de la coupe de champagne serait plutôt à rechercher du côté de l'Angleterre. On sait que les Anglais ont toujours été friands de champagne.
Pour mieux le déguster, ils auraient créé un verre à la forme évasée, qui n'est pas sans évoquer celle du calice, un vase sacré destiné à contenir le vin utilisé lors de l'Eucharistie, durant une messe catholique.
Pour certains, les Anglais seraient d'ailleurs aussi à l'origine de la flûte, qui apparaît au milieu du XVIIIe siècle et finira, dès les années 1930, par supplanter la coupe. Il est cependant à noter que les amateurs préfèrent encore le verre tulipe, légèrement évasé.
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Quel fut le premier billet de banque ?
Dans tous les pays, les moyens de paiement sont en partie composés de pièces et de billets de banque. Du fait de la matière avec laquelle ils sont fabriqués, ces derniers constituent ce qu'on appelle la "monnaie-papier".
La valeur de ces titres de paiement résultant en grande partie de la confiance que leur portent les utilisateurs, on parle aussi de monnaie "fiduciaire", le mot venant du latin "fiducia", qui veut dire "confiance".
L'ancêtre du billet de banque nous vient probablement de Chine. Il fut créé sous la dynastie Tang, vers la fin du Xe siècle, dans la province chinoise du Sichuan.
Ces premiers billets portent le nom de "jiaozis", ce qui signifie "change". En effet, ce système s'apparentait à celui des lettres de change, des effets de commerce grâce auxquels un créancier peut réclamer au débiteur le paiement de l'argent dû.
Les "jiaozis" avaient été précédés, vers le VIIIe siècle, par une autre forme de billets, appelés "monnaies volantes". Mais, contrairement aux "jiaozis", ils n'avaient pas cours légal.
L'introduction de ces premiers billets de banque, à valeur fixe, était apparue aux négociants chinois comme une nécessité. En effet, ils devaient, pour assurer leurs transactions, transporter de grandes quantités de pièces en fer très lourdes.
Ils trouvèrent plus pratique de confier cette monnaie métallique à des représentants du pouvoir qui, en échange, leur remettaient des sortes de bons, attestant du dépôt remis entre leurs mains.
Les "jiaozis" se présentaient comme des feuillets roses, sur lesquels des idéogrammes et des motifs animaux et végétaux étaient imprimés à l'encre noire. L'apposition de sceaux officiels attestait de la valeur de ces billets.
Le problème récurrent de cette monnaie-papier est qu'on eut rapidement tendance à en émettre davantage que les pièces ou les lingots de métaux précieux qui garantissent leur valeur.
C'est d'ailleurs ce qui se passa aussi à l'occasion de la première émission de billets de banque européenne, qui eut lieu en Suède, au milieu du XVIIe siècle. Elle vit également l'instauration de la première banque centrale, qui reçut le monopole de l'émission de ces billets.
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Quel était l'état des dents des Vikings ?
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Lors de fouilles menées sur le site suédois de Varnhem, en Suède, une équipe de chercheurs a trouvé un véritable cimetière viking. Du fait de la nature du sol, les squelettes découverts étaient en très bon état.
Sur les 171 qui ont ou être mis au jour, on a prélevé près de 3.300 dents. C'était l'occasion rêvée d'examiner de plus près la dentition de ces redoutables guerriers.
L'imagerie traditionnelle les voit comme des gens assez frustes, qui ne devaient guère se préoccuper de l'état de leurs dents. Or, les radios et les divers examens pratiqués par ces scientifiques suédois montrent qu'ils les entretenaient, même si ces soins n'étaient pas toujours efficaces.
D'après l'étude publiée par cette équipe de chercheurs, on constate d'abord que la dentition des enfants ne présentait pas de traces de caries. De même, les Vikings les plus âgés souffraient plus rarement de ce type d'infection. Ce qui peut s'expliquer simplement par la perte des dents les plus endommagées.
En dehors des enfants et des vieillards, ces rudes combattants avaient souvent des dents cariées. En effet, c'était le cas de plus de 60 % d'entre eux. Et ces caries, attaquant souvent la dent jusqu'à la racine, devaient être très douloureuses.
La consommation régulière d'aliments contenant des sucres, comme les fruits, le miel ou certaines céréales, explique en partie la prévalence des caries dans ces populations.
L'étude conduite par ces chercheurs suédois montre l'existence d'autres infections, touchent souvent le parodonte, le tissu qui soutient les dents. Autrement dit, ils souffraient souvent de parodontites, qui se traduisent notamment par un déchaussement progressif des dents.
De telles affections sont notamment liées à un brossage irrégulier des dents. L'hygiène bucco-dentaire des Vikings devait donc laisser à désirer.
Ce qui ne veut pas dire qu'ils ne prenaient pas du tout soin de leurs dents. En effet, certains indices suggèrent qu'ils utilisaient des cure-dents et qu'ils traitaient même les dents infectées. On note aussi des cas où les dents, notamment celles de devant, auraient été limées.
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A quoi servait le géant en érection du village de Cerne Abbas ?
Près du village de Cerne Abbas, dans le Dorset, une province du sud-ouest de l'Angleterre, on peut observer, si on a pris assez de hauteur, ou si on se trouve de l'autre côté de la vallée, ce que les scientifiques nomment un géoglyphe.
Il s'agit un d'immense dessin, fait à même le sol, qu'ont peut notamment apercevoir en regardant par le hublot d'un avion. Les hommes auxquels on le doit l'ont composé en creusant de grandes tranchées, dans lesquelles ils ont versé de la craie broyée, ce qui empêche l'herbe de repousser. C'est ce procédé qui a permis à ce colossal dessin de traverser les siècles.
Le dessin représente un homme gigantesque, de 55 mètres de haut et 51 mètres de large. Il est représenté de face, un sexe, bien visible, en érection. Il brandit une massue. Le tracé d'une ligne, au niveau de la taille, laisse supposer qu'il pouvait porter une ceinture.
Ce géoglyphe, devenu un monument historique, attire depuis longtemps la curiosité des scientifiques. Selon eux, il date sans doute du Xe siècle, donc avant la conquête normande de 1066.
La massue et la position d'un de ses bras, qui laisse penser que le personnage était doté d'une cape, dont le contour a dû s'effacer, conduisent les spécialistes à attribuer l'identité d'Hercule au géant de Cerne Abbas.
La popularité, à l'époque considérée, de ce héros mythologique, et sa réputation d'invincibilité, expliquent qu'il ait été choisi comme thème de cet immense dessin. D'après les historiens, il aurait en effet servi de zone de rassemblement de l'armée saxonne et, de manière plus générale, de lieu de réunion en plein air.
Cette gigantesque figure aurait constitué un lieu de ralliement idéal pour regrouper des troupes destinées à lutter contre les raids des Vikings, qui partaient alors à l'assaut des côtes anglaises.
Le géant de Cerne Abbas n'est pas le seul géoglyphe de la région. Près de cette immense silhouette, se distingue également une grande poêle et un imposant cheval blanc, creusé dans une colline de craie.
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Pourquoi Frank Abagnale est-il le roi des imposteurs ? (La folle épopée, épisode 3)
Aujourd'hui, je vous raconte l'histoire d'un homme qui avait de l'imagination. Il aurait pu en tirer profit pour écrire des livres, mais ce n'est pas ce qui l'intéressait. Son truc à lui, c'était... l'imposture.
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Qu'est-ce qu'une terra nullius ?
On peut penser que, la plupart du temps, un territoire donné doit appartenir à un État. Ce qui n'a pas empêché les juristes médiévaux de créer la notion de "terra nullius". Ce qui signifie à peu près "terre de personne" ou "territoire sans maître".
Cette notion est sans rapport avec l'occupation du territoire en question. Ainsi, une "terra nullius" peut être habitée ou non.
Ce concept a été intégré à la "doctrine de la découverte", un ensemble de théories et de principes qui, à partir du XVe siècle, permettent de justifier la prise de possession d'un territoire et servent donc de prétexte à la colonisation.
Ainsi, pour les Européens de cette période, une terre habitée par un ou des peuples non chrétiens ou découverte par une nation non chrétienne peut être revendiquée, à la suite d'une occupation ou d'un débarquement sur ses rivages, par des explorateurs ou des militaires envoyés par un pays chrétien.
Les actions entreprises au nom de cette "doctrine de la découverte" sont largement considérées, aujourd'hui, comme dénuées de fondement et condamnables d'un point de vue moral.
Par ailleurs, la reconnaissance du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, qui a notamment présidé au remodelage de l'Empire austro-hongrois, à la fin de la Première Guerre mondiale, a amené à considérer que toute terre habitée par une population permanente ne peut plus être considérée comme une "terra nullius".
Une telle dénomination, cependant, peut s'appliquer à un territoire inhabité ou peuplé d'une façon intermittente, et réclamé par aucun État.
Des "terrae nullius" encore aujourd'hui
Si l'on tient compte de cette nouvelle définition, on peut encore trouver des "terrae nullius" sur la carte du monde. C'est notamment le cas d'un territoire inhabité de l'Antarctique, la terre de Marie Byrd, qu'aucun pays ne revendique.
Quant au reste du continent antarctique, sur lequel plusieurs pays ont des prétentions, il a été déclaré continent neutre jusqu'en 2040.
Par ailleurs, un triangle désertique, entre l'Égypte et le Soudan, n'est réclamé, pour diverses raisons, par aucun des deux pays. On peut aussi le considérer comme une "terra nullius".
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Qu'est-il arrivé durant la Guerre des six jours ?
La création de l'État d'Israël, le 14 mai 1948, n'est pas acceptée par ses voisins arabes, la Syrie, l'Égypte et la Jordanie. D'emblée, la cohabitation semble difficile, sinon impossible, entre ces pays et des habitants juifs souvent considérés comme des envahisseurs.
Aussi, dès le début, les conflits vont-ils émailler l'histoire des relations israélo-arabes. Aussitôt proclamée l'indépendance d'Israël, en mai 1948, une première guerre éclate, qui se termine, l'année suivante, par une série de cessez-le-feu.
Chacun des adversaires sait qu'ils ne règlent en rien la situation. Aussi Israël s'attend-il à un autre conflit, d'autant que l'Égypte, la Syrie et la Jordanie concluent, en 1966 et 1967, une alliance militaire.
La guerre prévisible éclate le 5 juin 1967. A priori, Israël se retrouve dans une situation délicate. Malgré la qualité reconnue d'une armée dotée des matériels les plus modernes, l'État hébreu doit en effet lutter sur plusieurs fronts, ce qui ne peut que le placer dans une position périlleuse.
Dans ces conditions, L'État-Major israélien va compter sur un élément décisif, l'effet de surprise. Devant la mobilisation des armées arabes et le blocus du détroit de Tiran, qui empêche les navires israéliens d'accéder à la mer Rouge, l'État hébreu décide de mener une attaque préventive.
Le 5 juin, des raids aériens détruisent les avions égyptiens au sol. La coalition n'a donc plus la maîtrise du ciel, d'autant que les avions jordaniens, moins nombreux, sont anéantis à leur tour, deux jours plus tard, par de nouveaux bombardements israéliens.
Disposant de la supériorité aérienne, Tsahal, nom donné à l'armée israélienne, n'a guère de mal à repousser les troupes jordaniennes et à atteindre le canal de Suez, ce qui oblige l'Égypte à capituler. Quant aux Syriens, ils doivent, devant l'avancée des troupes israéliennes, évacuer le plateau du Golan.
En tout, la guerre n'aura duré que six jours, du 5 au 10 juin 1967, d'où son nom. Elle aura permis aux Israéliens d'occuper la totalité de la ville de Jérusalem, mais aussi la Cisjordanie, la bande de Gaza, le Sinaï et le plateau du Golan. L'ONU demande à Israël de se retirer de ce qu'il considère comme des "territoires occupés".
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Comment les passagers du vol 571 ont-ils survécu ? (La folle épopée, épisode 2)
Dans ce deuxième épisode de "La folle épopée", je vous raconte l'histoire des survivants du vol Fuerza Aérea Uruguaya 571.
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Pourquoi Athéna n'est-elle pas seulement la déesse de la guerre ?
Les attributs guerriers de la déesse Athéna, le casque, la lance et le bouclier, semblent en faire une divinité belliqueuse. Et elle est bien considérée comme la déesse de la guerre et de la stratégie militaire.
Mais les fonctions de cette déesse, fille de Zeus et de la nymphe de la mer Métis, vont bien au-delà. En effet, il s'agit d'une divinité polyvalente.
Cette guerrière, armée de pied en cap, patronne aussi des activités qui ont besoin de la paix pour donne leur plein effet. De fait, Athéna est la protectrice des tisserands et des artisans en général.
Par ailleurs, l'un de ses emblèmes est la chouette, un oiseau qui, par sa faculté à voir dans l'obscurité, était considéré par les Grecs comme le symbole de la sagesse. C'est donc aussi l'un des attributs d'Athéna qui, de ce fait, patronne aussi les arts et les lettres.
Athéna est aussi une déesse "poliade", autrement dit la protectrice d'une cité. C'est en effet la divinité tutélaire d'Athènes, dont elle tire peut-être son nom, à moins que ce ne soit l'inverse.
Une autre caractéristique de cette déesse, c'est son côté altruiste, si l'on peut dire. En effet, elle aide volontiers les hommes. Pas tous cependant. En effet, elle a une prédilection pour les vaillants guerriers et les héros.
C'est ainsi qu'en tant que déesse de la guerre, elle aide les Achéens, comme nous l'apprend l'"Iliade", et soutient Ulysse de ses conseils. Elle se tient aussi aux côtés de héros comme Persée, dans son combat contre Méduse, ou Achille, qu'elle nourrit en versant dans son cœur le nectar et l'ambroisie.
Déesse de la sagesse et de la raison, Athéna est aussi une fauteuse de guerre. Ainsi, elle soutient les Grecs contre les Troyens, pour se venger de Pâris, le prince de Troie. En effet, celui-ci lui a préféré Aphrodite, qui lui a promis l'amour de la belle Hélène de Sparte.
C'est cette querelle de divinités qui, entre autres motifs, a déclenché une guerre de Troie qu'Athéna, humiliée, ne cessera d'attiser.
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Pourquoi les nazis diffusaient de la musique dans les camps ?
On sait que des orchestres se sont constitués dans la plupart des camps de concentration nazis. Mais la musique n'exprimait pas, ou très peu, un désir d'évasion ou une volonté de résistance.
Les nazis avaient autre chose en tête. Ils repéraient les détenus musiciens et les obligeaient à s'intégrer à une formation musicale. Les instruments étaient parfois apportés au camp par les prisonniers eux-mêmes, envoyés par leurs proches ou achetés à l'extérieur, aux frais des détenus.
Pour les officiers allemands en charge des camps, la musique était une autre forme de torture. Ainsi, des chants de marche ou de combat, au tempo vif, accompagnaient les déplacements des prisonniers qui, déjà épuisés par les privations, devaient accorder leur pas au rythme de cette musique militaire.
La musique était omniprésente durant la journée, avec un répertoire immuable, composé de quelques mélodies ou chansons. Des airs étaient imposés aux détenus, qui devaient les chanter à certaines occasions. Ils s'exposaient à des sanctions s'ils n'obéissaient pas ou s'ils chantaient faux.
Aussi devaient-ils se livrer à des heures de répétition épuisantes, qui s'ajoutaient à leurs autres corvées.
Des détenus exténués devaient effectuer des tâches harassantes en chantant à tue-tête. Et les nazis poussaient la perversité jusqu'à obliger des détenus à entonner certains air avant d'être exécutés. C'est ainsi que les communistes devaient creuser leurs propres tombes en chantant "l'Internationale".
Dans les camps de concentration, la musique était également détournée de son sens. Ainsi, de la musique de chambre ou des mélodies sentimentales se faisaient entendre à l'arrivée des convois, quand les portes s'ouvraient sur des détenus harassés de faim et de fatigue, ou accompagnaient les prisonniers chargés d'enlever les cadavres des chambres à gaz.
Le soir, dans les baraquements, de la musique était encore diffusée par haut-parleur. C'était une nouvelle torture, car ces sonorités entêtantes empêchaient les détenus de trouver le sommeil.
Ces formations musicales servaient aussi à duper les visiteurs, impressionnés par la tenue et la qualité de ces orchestres, et à donner une fausse image de ces camps de la mort.
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