
Storiavoce, un podcast d'Histoire & Civilisations
Par Storiavoce
Réseau : Malesherbes Publications
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891 épisodes · page 15 sur 30

Faut-il se sentir coupable de notre histoire ? avec Maroun Eddé
Depuis plusieurs années déjà, l’Occident en général, c’est-à-dire l’Europe occidentale mais aussi l'Amérique du Nord, est entrés dans une forme de culpabilité à l’égard de son histoire. Dans une société qui doute d’elle-même, nous sommes à l’ère de la repentance. La morale s’est ainsi invitée dans les débats historiques, mais aussi dans les livres de nos collégiens et lycéens. Storiavoce vous propose aujourd’hui de mieux comprendre ce sentiment de culpabilité et mieux saisir notre propre relation à l’histoire : comment expliquer tout d’abord ce phénomène de repentance ? A-t-il des aspirations légitimes ? Faut-il distinguer responsabilité juridique et responsabilité historique ? L’histoire, d’ailleurs, peut-elle être morale ? Peut-on accuser un peuple entier pour des faits qui se sont produits il y a plusieurs siècles ? Faut-il se sentir coupable de notre histoire ?
L'invité : Maroun Eddé est philosophe et essayiste français, diplômé de Sciences Po et de l'École normale Supérieure. D'origine libanaise, il s'intéresse à la question de la mémoire des crimes du passé et à leur héritage dans le présent. Il vient de publier son premier essai aux éditions Bouquins, La mémoire coupable, dans lequel il analyse le poids des crimes historiques dans l'inconscient collectif européen et s'interroge sur les voies possibles pour les réparer.
À lire aussi :
"Esclavage : vendus sur les marchés" : https://bit.ly/3qV2G4X
"Les États-Unis restituent à l’Irak 17 000 antiquités" : https://bit.ly/3DHmD71
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Contester sous l'Ancien Régime, avec Michelle Bubenicek
Les doléances ou « cahiers de doléances » restent intimement liés à la Révolution française, puisqu’ils ont été rédigés en vue de préparer les États généraux de 1789. On y faisait part de ses souhaits, de ses récriminations, autrement dit de ses vœux ou de ses doléances. On sait moins que les doléances furent en usage tant à l’époque médiévale qu’à l’époque moderne. Storiavoce vous propose de vous arrêter sur une pratique, la plainte politique, qui, sous l’Ancien Régime, visait à réguler les rapports entre les gouvernés et les gouvernants. Qui avait le pouvoir de rédiger ces doléances ? Comment s’exprimaient-t-elles ? Quelle importance le pouvoir donnait-il à ces récriminations ? Les doléances constituaient-elle une délimitation du pouvoir monarchique ?
L’invitée : archiviste-paléographe et professeur des Universités, Michelle Bubenicek est directrice de l’École nationale des Chartes. Avec François Foronda, elle a dirigé l’ouvrage Doléances, la plainte politique, voie de régulation des rapports gouvernés-gouvernants (XIII-XVIIIe siècle), Coll. Études et rencontres de l’École des Chartes ( 34 €, 280 pages).
À lire aussi :
- "La dette de l’État, poison de l’Ancien Régime" : https://bit.ly/3QzZjLg
- "Les États généraux : le reflet d’une société d’ordres" : https://bit.ly/3RSvyX1
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La Russie et ses peuples, des origines à la révolution de 1917, avec Pierre Gonneau
"Tsar de toutes les Russies" est le titre que se donnent les souverains russes depuis Ivan le Terrible (XVIe siècle), même si le titre d’empereur a été préféré par Pierre le Grand (XVIIe siècle). Que signifie ce pluriel ? Que nous dit-il sur la mentalité politique de la Russie et plus généralement sur son histoire ? L'évènement fondateur de la Russie date de 862. Les habitants Novgorod, en proie à l'anarchie et aux conflits, auraient fait appel au peuple varègue pour les gouverner. Comment est née la Russie à partir de cet immense territoire morcelé en plusieurs entités ? Quelle unité et quelle identité pour cette mosaïque géographique de peuples, de religions, de civilisations ? Comment écrire l’histoire de ce pays souvent décrit comme incompréhensible et fascinant ? L'État fort est-il nécessaire pour échapper au chaos ?
L'invité : Pierre Gonneau est historien, spécialiste de la Russie, professeur à Sorbonne Université et directeur d’études à l’EPHE. Il est l'auteur d'ouvrages de référence sur la Russie : Des Rhôs à la Russie : histoire de l’Europe Orientale (v. 730-1689) (PUF, 2012, 696 pages, 49 €), Histoire de la Russie, d’Ivan le Terrible à Nicolas II. 1547-1917 (Tallandier, 2016, 544 pages, 24.90 €), Novgorod : histoire et archéologie d’une république russe médiévale (970-1478) (CNRS éditions 2021, 248 pages, 29 €).
Une émission enregistrée en partenariat avec le numéro 86 du magazine Histoire & Civilisations qui propose le dossier suivant : "L'empire russe d'Ivan le Terrible à Poutine". Offre promotionnelle exclusive pour un abonnement au magazine Histoire & Civilisations en cliquant ici.
À lire aussi :
- "Russie : l'expansion sans fin d'un empire" : https://bit.ly/3KR455K
- "Impérialisme soviétique : quand l’URSS étend ses frontières" : https://bit.ly/3x5eFQN
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Itinéraire d'un livre : "L'Histoire de France" de Victor Duruy, avec Jean-Charles Geslot
Tout au long du XIXe siècle, l’histoire de France est à la mode. Si elle est considérée comme un enseignement noble et nécessaire, l’édition des manuels dépend directement des enjeux économiques et financiers du monde de l’édition. L’Histoire de France écrite par Victor Duruy (1811-1894) a une place particulière dans le paysage éditorial, car son auteur devient ministre en 1863. Comment conçoit-t-il son Histoire de France ? Son contenu est-il radicalement différent de celui des manuels actuels ? Quel est le rôle de Louis Hachette, l’éditeur de Victor Duruy, dans le succès du livre ? En quoi sa réception critique nous renseigne-t-elle sur les tensions idéologiques qui divisent alors la France ? Qu’est-ce que cette Histoire de France, qui fit rêver Charles Péguy, nous apprend-elle sur l’histoire sociale et culturelle de la France dont les écoliers connurent la craie, le grand tableau sombre et l’instituteur de noir vêtu ?
L’auteur : Jean-Charles Geslot est maître de conférences à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, spécialiste de l’histoire culturelle des XIXe et XXe siècles. Il vient de publier : Histoire d’un livre. L’Histoire de France de Victor Duruy (CNRS éditions, 400 pages, 25.00€).
À lire aussi :
- Cinq bonnes raisons de relire Jules Michelet : https://bit.ly/3AMTl3H
- Baptême de Clovis : le roi de France qui est devenu catholique : https://bit.ly/3cPe1jC
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Paul Deschanel : le président fou ? avec Thierry Billard
Élu le 17 janvier 1920 à la présidence de la République contre le « Tigre », Clemenceau, Paul Deschanel démissionne le 21 septembre 1920, sept mois seulement après son élection. Illustration parfaite de ce qu’écrit Maurice de Waleffe dans ses mémoires : « On ne disait pas d’un homme politique : il s’est reposé, donc il est rajeuni, on disait il s’est reposé, donc il est fini » (Quand Paris était un paradis). Ces sept mois de Deschanel à l’Élysée ont néanmoins suffi à dessiner dans les mémoires la figure d’un homme politique très sensible – ému aux larmes devant les gueules cassées de 14-18 -, fantasque – il pataugea à moitié nu dans un bassin du château de Rambouillet alors qu’il s’y trouvait pour se reposer – , et même fou, à cause de sa « chute de train » incongrue au milieu de la nuit, en 1920, qui fit croire quelques jours à sa disparition. Fou ? Ridicule ? Dépressif ? Comment cet homme politique dont on garde surtout des souvenirs de l’absurdité a-t-il pu accéder à la présidence de la République ?
L’invité : Thierry Billard est directeur éditorial chez Robert Laffont et auteur de biographies. Il vient de réactualiser son travail sur Deschanel : Paul Deschanel, le président incompris, Perrin, 280 pages, 21.00 €.
À lire aussi :
Les communards : le prix de l’engagement : https://bit.ly/3KCBkd0
Adolphe Thiers, le Rastignac de la politique : https://bit.ly/3KCBvoG
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![Des religions romaines à la religion impériale, avec Valérie Huet [3/3]](https://assets.pippa.io/shows/62c823b8f93e7c0012e9b303/1661763848463-0b048cb4c8abe03d475d9b59e9301fbd.jpeg)
Des religions romaines à la religion impériale, avec Valérie Huet [3/3]
[Les religions romaines 3/3] L’historiographie et les approches du phénomène religieux romain ont beaucoup évolué depuis un certain nombre d’années, battant en brèche l’image d’un système rigide, fait de pratiques uniformes et immuables.
Une certitude demeure : à Rome, la religio est née avec la cité. De là son imbrication avec le politique. Et, de fait, elle évolue avec les différents régimes que connaît l’Urbs, de la royauté à la République, jusqu’à l’Empire, objet du 3e volet de ce cours d’Histoire.
Quel est le contexte religieux romain de ce Ier siècle avant notre ère ? Que va changer l’arrivée au pouvoir d’Octave, futur Auguste, et l’établissement de son principat ? La restauration augustéenne répond-t-elle à une nécessité politique ? De quelle manière les cultes impériaux vont-ils s’inscrire dans l’espace urbain ? Le succès des religions dites « orientales » est-il compatible avec la pratique des religions traditionnelles ?
L’invitée : Valérie Huet est directrice du centre Jean-Bérard à Naples, professeure d’histoire ancienne à l’université de Bretagne occidentale, spécialiste d’anthropologie des images et des religions romaines.
À lire aussi :
- L’Empire romain devient chrétien : https://bit.ly/3dYAb33
- Cicéron, l’idéaliste qu’il fallait abattre : https://bit.ly/3KpSdYd
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Le trésor des rois du Moyen Âge à la Renaissance, avec Murielle Gaude-Ferragu
Que sait-on du contenu des trésors qui appartenaient aux rois de France ? Quelle part de notre histoire ces objets fabuleux, qui ont donné tant de matière à la littérature romanesque, nous permettent-ils de découvrir ?
Les touristes du monde entier viennent à Paris pour découvrir la Sainte-Chapelle, tandis que les pèlerins vénèrent toujours de nos jours les reliques du Christ autrefois abritées dans cet édifice du XIIIe siècle édifié par Louis IX, dit Saint Louis. Sanctuaire somptueux, la Sainte-Chapelle et ses reliques si prestigieuses, meilleures pièces du trésor royal, illustrent le faste et la richesse de la monarchie française et affirment son prestige. Que révèlent ces reliques sur le lien entre sacré et royauté ? La détention d'un trésor royal est-elle nécessaire à l'affirmation du pouvoir royal ? De quoi était composé le trésor des rois et à quoi servait-il ? Quelles étaient les professions qui avent accès a ce trésor ? Comment écrire l'histoire de ces objets fabuleux, dont la légende a donné tant de matière à la littérature romanesque ?
Notre invitée : Murielle Gaude-Ferragu est historienne, maîtresse de conférences HDR à l’université Sorbonne Paris Nord. Ses travaux portent sur le pouvoir et ses représentations au Moyen Âge. Elle vient de publier une étude fondamentale sur le trésor des rois : Le trésor des rois, sacré et royauté des rois maudits aux princes de la Renaissance (Perrin, 336 pages, 24.00 €).
À lire aussi :
- Les reliques, ce commerce sacré du Moyen Âge : https://bit.ly/3QPCG6e
- Aliénor d’Aquitaine, une souveraine de tête : https://bit.ly/3pHDfDe
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![Les cadres des religions romaines sous la République, avec Valérie Huet [2/3]](https://assets.pippa.io/shows/62c823b8f93e7c0012e9b303/1661160193802-8ac322cfa2a558b05bcedb2177efc179.jpeg)
Les cadres des religions romaines sous la République, avec Valérie Huet [2/3]
[Les religions romaines 2/3] L’historiographie et les approches du phénomène religieux romain ont beaucoup évolué depuis un certain nombre d’années, battant en brèche l’image d’un système rigide, fait de pratiques uniformes et immuables.
Une certitude demeure : à Rome, la religio est née avec la cité. De là son imbrication avec le politique. Et, de fait, elle évolue avec les différents régimes que connaît l’Urbs, de la royauté à la République, jusqu’à l’Empire.
Après nous être penchés sur la genèse de ces religions à l’époque archaïque, voyons aujourd’hui quels sont les cadres qui les régissent durant les années républicaines : comment les religions structurent-elles l’espace et le temps ? Qui sont les desservants du culte ? À quelles règles obéissent les pratiques sacrificielles et divinatoires ? En quoi les conquêtes romaines de la péninsule italique, puis du bassin méditerranéen aux IIIe et IIe siècles vont-elles changer la donne ?
L’invitée : Valérie Huet est directrice du centre Jean-Bérard à Naples, professeure d’Histoire ancienne à l’université de Bretagne occidentale, spécialiste d’anthropologie des images et des religions romaines.
À lire aussi :
À lire aussi :
- “À Rome, le Capitole domine le monde” : https://bit.ly/3qBA8NL
- “Empereurs romains : quand le pouvoir leur monte à la tête” : https://bit.ly/3U7bke4
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Comment abdiquer ? avec Albrecht Burkardt
Fruit de la mélancolie ou bien de la lassitude de vivre, conséquence d’une conversion mystique ou au contraire d’une ruse machiavélique, l’abdication suscite les interprétations les plus contradictoires. Charles Quint a abdiqué, mais aussi des papes comme Célestin V ou plus récemment Benoît XVI. Il faut aussi mentionner Christine de Suède en 1654, ou encore Charles de Gaulle en 1969. Pascal nous disait : « La grandeur a besoin d’être quittée pour être sentie ». Comment donc quitter le pouvoir ? L’abdication de Charles Quint est-elle un prototype ? Est-ce qu’il existe un droit de l’abdication dans les textes, une ou des théories de l’abdication ? Que nous dit l’abdication de la perception du pouvoir ? Enfin, comment lire enfin l’abdication à travers la fameuse thèse de Kantorowicz sur « les deux corps du roi » ?
Notre invité : Après des études d’Histoire et de Germanistique à Berlin, Bochum, Florence et Paris, Albrecht Burkardt a soutenu sa thèse en 1998, à l’EHESS. Maître de conférences à l’université Lumière Lyon2 depuis 1999, il a soutenu l’Habilitation à diriger des recherches en 2010 à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est actuellement professeur d’histoire moderne à l’université de Limoges. Il a dirigé chez Classiques Garnier Le Crépuscule du pouvoir, Destitutions et abdications de l’Antiquité au xxe siècle, (665 pages, 39€).
À lire aussi :
- "Anne d’Autriche et Mazarin, un couple de choc au pouvoir" : https://bit.ly/3qiZf7N
- "Les Romanov, le récit d’une chute ": https://bit.ly/3qo9yHP
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![Aux origines des religions romaines, avec Valérie Huet [1/3]](https://assets.pippa.io/shows/62c823b8f93e7c0012e9b303/1657878496616-7862af2de0f3be879b1d2491dd61da30.jpeg)
Aux origines des religions romaines, avec Valérie Huet [1/3]
[Les religions romaines 1/3] Faut-il parler de la religion ou des religions romaines ? C’est la question qui s’impose d’emblée ici. En effet, l’historiographie et les approches du phénomène religieux romain ont beaucoup évolué depuis un certain nombre d’années, battant en brèche l’image d’un système rigide, fait de pratiques uniformes et immuables. Une certitude demeure : à Rome, la religio est née avec la cité. De là son imbrication avec le politique. Et, de fait, elle évolue avec les différents régimes que connait l’Urbs, de la royauté à la République, jusqu’à l’Empire.
Que sait-on des religions romaines archaïques ? Comment les Romains percevaient-ils leurs dieux et quelle était la nature de leurs relations ? Comment définir le concept même de religio pour un Romain ? Que suppose la distinction entre croyance et piété ? Quel est le but recherché par l’accomplissement scrupuleux des rites ? Ce sont autant de questions que nous poserons aujourd’hui, dans la première partie de notre cours d’Histoire. Un second volet entrera plus en profondeur dans le système religieux romain, tel qu’il se présente à l’époque de la République. Un troisième épisode s’arrêtera enfin sur les traits que revêtent les religions romaines à l’heure impériale.
L’invitée : Valérie Huet est directrice du centre Jean-Bérard à Naples, professeure d’Histoire ancienne à l’Université de Bretagne occidentale, spécialiste d’anthropologie des images et des religions romaines.
À lire aussi :
- "À Rome, le Capitole domine le monde" : https://bit.ly/3d7DsNk
- "Caligula, l’empereur qui voulait être un dieu" : https://bit.ly/3ddloBG
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Alexandre Millerand : le président des ouvriers, avec Jean-Philippe Dumas
Grand oublié de l'histoire, l'homme d'État Alexandre Millerand a pourtant suivi un impressionnant parcours, qui l'a mené jusqu'à la présidence de la République. Difficilement classable sur l'échiquier politique, il fait de la condition ouvrière l'un de ses grands combats. Entretien avec Jean-Philippe Dumas.
En 1899, sous la IIIe République, le député socialiste Alexandre Millerand (1859-1943) est nommé ministre du Commerce et de l’Industrie. Le gouvernement Waldeck-Rousseau est composé d’hommes de sensibilités politiques très différentes. Avec l’arrivée de Millerand au pouvoir, c’est la première fois depuis le début de la IIIe République qu’un socialiste siège au gouvernement, et le jeune homme politique est loin de faire l’unanimité même dans sa famille politique. « J’étais hanté du souci que l’arrivée au pouvoir d’un socialiste fût marquée pour les travailleurs par une amélioration tangible de leur sort », note-il dans ses Mémoires. Brillant avocat, politique ambitieux à la carrière remarquable (député à 25 ans, ministre de la Guerre, président du Conseil, président de la République), il incarne une troisième voie entre le socialisme et le libéralisme. Comment a-t-il œuvré pour l’amélioration des conditions de travail des ouvriers ? Comment évolue sa pensée politique jusqu’à son élection à la présidence de la république ? Son parcours est-il particulièrement remarquable par sa réussite ?
L’invité : Jean-Philippe Dumas est historien, ancien chartiste, conservateur général du patrimoine au ministère des Affaires étrangères et chercheur associé à l’École pratique des hautes études. Spécialiste d’histoire politique des XX et XXe siècles (L’État, moteur du progrès ; le ministère du commerce et de l’industrie, 1870-1914), il vient de publier Millerand, un combattant à l’Élysée (2022, CNRS éditions, 384 pages, 26,00€).
À lire aussi :
- Adolphe Thiers, le Rastignac de la politique : https://bit.ly/3AL9FUa
- Les communards : le prix de l’engagement : https://bit.ly/3yYqV6Y
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Le star-system nazi, avec Isabelle Mity
S’inspirant largement du modèle hollywoodien, le Troisième Reich met sur pied une véritable industrie du cinéma dès 1933. Bien conscient du pouvoir de séduction et de fascination qu’opère le Septième art et les actrices sur le peuple, le pouvoir national-socialiste produit des comédies romantiques, des mélodrames, des comédies musicales ou encore des films policiers. Comment se caractérise la politique culturelle du Troisième Reich ? Quel rôle joue le sombre Goebbels dans cette industrie cinématographique vendant du rêve et de la propagande ? Qui sont les actrices de ce véritable « star system » ? Sont-elles manipulées par le pouvoir ou, au contraire, peuvent-elles laisser libre court à leur art ? Doit-on parler du cinéma nazi ou bien du cinéma à l’époque nazie ? Comment les films tournés pendant la période vont être diffusés jusque dans les années 1990 ?
L’ invitée : Isabelle Mity a étudié l’allemand et l’histoire à l’ENS Lyon et à la Humboldt-Universität Berlin. Agrégée d’allemand et docteure en études germaniques, elle enseigne la langue et la civilisation allemandes à l’université Paris-Dauphine. Chroniqueuse régulière au magazine Historia, elle préside également le Prix Historia du roman policier historique. Elle vient de publier Les actrices du Troisième Reich, splendeurs et misères des icônes du Hollywood nazi (https://www.lisez.com/livre-grand-format/les-actrices-du-iiie-reich/9782262080563) (Perrin, 368 pages, 22€).
À lire aussi :
- “Cinéma : la naissance d’une fascination” : https://bit.ly/3LezlMa
- “La mafia au cinéma, entre fantasme et réalité” : https://bit.ly/3Dl6gwE
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Le peuple juif : trois mille ans d'une histoire infinie, avec Pierre Savy
L'histoire trimillinénaire des Juifs déclinée en 80 dates : voici le pari d'un ouvrage collectif rassemblant le meilleur de la recherche sur cet objet historique complexe. Entretien avec Pierre Savy.Ce grand entretien est consacré à une histoire extrêmement riche et complexe, puisqu’elle s’étend sur 30 siècles, une histoire tourmentée, souvent tragique : celle des Juifs. Un peuple, une religion, mais une multiplicité de cultures, de modes de vie, de pratiques, de rapports au monde. En résumé, une unité et une diversité qui interpellent l’historien.Histoire des Juifs. Un voyage en 80 dates, de l’Antiquité à nos jours (https://www.puf.com/content/Histoire_des_Juifs), aux Presses universitaires de France, propose une pérégrination à travers cette histoire, en évoquant des parcours d’hommes, de femmes, de familles ; mais aussi des événements, tant sombres que lumineux, pour tenter de saisir ce qui fait l’essence de la judéité et de comprendre les ressorts de sa perpétuation.D'où vient la première mention historique connue du "peuple d'Israël" ? L'apparition de la conscience monothéiste peut-elle être déterminée dans le temps ? L' expérience diasporique est-elle constitutive de l'identité juive ? Quelle place la conflictualité entre juifs et chrétiens tient-elle dans cette longue histoire ? À côté des drames, quels sont les succès, éclatants ou méconnus, qui ont fait l'histoire des Juifs ?L' invité : Pierre Savy (https://www.efrome.it/les-personnes/les-services/directions-des-etudes/personne/pierre-savy) est historien, directeur des études médiévales à l’École française de Rome. Ses recherches portent notamment sur les relations entre Juifs et Chrétiens à la fin du Moyen Âge. Il a codirigé Histoire des Juifs. Un voyage en 80 dates, de l’Antiquité à nos jours (https://www.puf.com/content/Histoire_des_Juifs) avec les historiennes Katell Berthelot (https://www.cpaf.cnrs.fr/spip.php?article58) et Audrey Kichelewski (https://arche.unistra.fr/equipe/membres-titulaires/audrey-kichelewski).
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La crise des missiles : apogée de la guerre froide ? avec Catherine Durandin
Entre le 16 et le 29 octobre 1962, la crise des missiles de Cuba, entre les États-Unis et l'Union soviétique, fait craindre au monde son anéantissement nucléaire. Quel est l'impact de cette crise sur l'évolution de la guerre froide ? Entretien avec Catherine Durandin.Le lundi 22 octobre 1962, John Kennedy, président des États-Unis depuis janvier 1960, prend la parole à la télévision. Il affirme avoir eu la confirmation en image de l’installation de missiles sur l’île de Cuba. En annonçant un blocus maritime et des représailles en cas d’attaque soviétique, il menace son adversaire en la personne de Khrouchtchev, premier Secrétaire du parti communiste de l’URSS. « Cette transformation précipitée de Cuba en importante base stratégique, par suite de la présence de ces puissantes armes offensives à long rayon d’action et qui ont des effets de destruction massive, constitue une menace précise à la paix et à la sécurité de toutes les Amériques. » Si la crise commence officiellement le 14 octobre 1962, elle atteint son paroxysme le 27 octobre avec la destruction d’un avion américain par un missile soviétique : la guerre froide se réchauffe en un instant. Le monde retient son souffle. Finalement, la troisième guerre mondiale n’a pas lieu, mais la crise cubaine a donné à la guerre froide son paroxysme et son symbole. Comment ont été menées les négociations ? Y a-t-il alors un « avant » et un « après » crise des missiles de Cuba ? Comment les populations ont-elles vécu la crainte de l’anéantissement planétaire ? Qu’est-ce que cette crise révèle de la guerre froide ? L’auteur : Catherine Durandin (https://www.diploweb.com/_Catherine-DURANDIN_.html) est historienne spécialiste d’histoire contemporaine. Elle est professeur à l’Inalco et a publié La Guerre froide (https://www.quesaisje.com/content/La_guerre_froide)dans la collection Que sais-je ? (PUF, 2019, 128 pages).Une émission enregistrée en partenariat avec le numéro 85 (https://www.histoire-et-civilisations.com/thematiques/antiquite/les-gaulois-si-etranges-et-si-familiers-82731.php?utm_source=storiavoce&utm_medium=article_podcast&utm_campaign=podcast_guerre_froide) du magazine Histoire & Civilisations (https://www.histoire-et-civilisations.com/?utm_source=storiavoce&utm_medium=article_podcast&utm_campaign=podcast_angkor) qui propose une nouvelle rubrique : « L’air du temps (https://www.histoire-et-civilisations.com/thematiques/antiquite/les-gaulois-si-etranges-et-si-familiers-82731.php?utm_source=storiavoce&utm_medium=article_podcast&utm_campaign=podcast_guerre_froide) » avec ce mois-ci : « La crise de Cuba : il y a 60 ans, le monde en proie au péril nucléaire ». Offre promotionnelle exclusive pour un abonnement au magazine Histoire & Civilisations en cliquant ici (https://abo.histoire-et-civilisations.com/storiavoce.html?utm_source=storiavoce&utm_medium=article_podcast&utm_campaign=podcast_gaulois).
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John Churchill, premier duc de Marlborough et grand ennemi de Louis XIV, avec Clément Oury
Qui est John Churchill, duc de Marlborough, héros anglais de la guerre de Succession d'Espagne, que Voltaire a pu qualifier d'« l’homme le plus fatal à la grandeur de la France qu’on ait vu depuis plusieurs siècles » ? On connaît la chanson « Marlborough s’en va en guerre…», on connaît moins John Churchill, duc de Marlborough. Pourtant, son rôle dans la perte d’influence de la France et l’émergence de l’Angleterre comme puissance dominante de l’Europe est essentiel. Même s’il doit sa carrière au roi d’Angleterre Jacques II, il a activement participé à son renversement au profit de Guillaume d’Orange en 1688. Il devient l’un des principaux chefs des armées de la Grande Alliance, qui regroupe notamment la Hollande et l’empire des Habsbourg durant la guerre de Succession d’Espagne , contre le roi Soleil. Comment cet homme, issu de la petite noblesse anglaise, que rien ne destinait à de grandes fonctions, devint-il un homme politique majeur de l’Europe de son temps ? Faut-il se fier à sa légende noire, qui le décrit avide de pouvoir et manipulateur, ou plutôt le voir comme un héros qui sauva la liberté de l’Angleterre et de toute l’Europe face à l’hégémonie française, comme le fit plus tard son lointain descendant, Winston Churchill ?L’invité : Clément Oury (https://www.chartes.psl.eu/fr/clement-oury) est archiviste paléographe, docteur en histoire de l’université Paris-Sorbonne et directeur adjoint à la bibliothèque du Muséum national d’histoire naturelle. Spécialiste reconnu de l’histoire de la guerre sous l’Ancien Régime, il est l’auteur de La Guerre de Succession d’Espagne. La fin tragique du Grand Siècle (https://www.tallandier.com/livre/la-guerre-de-succession-despagne/) (Tallandier, 2020) et vient de publier Le Duc de Marlborough. John Churchill, le plus redoutable ennemi de Louis XIV (https://www.lisez.com/livre-grand-format/le-duc-de-marlborough/9782262086145) chez Perrin (504 pages, 24€).
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Sur les traces des Gaulois, avec Laurent Olivier
Les bandes dessinées d’Astérix et Obélix nous racontent la jolie légende du peuple Gaulois. Ils sont d’infatigables bagarreurs sympathiques qui aiment manger, boire et chanter et qui vivent dans des huttes. Mais la légende sur les Celtes ne date pas de Goscinny et d'Uderzo. À partir du IVe siècle av .J.-C., les auteurs romains et grecs ont prêté à leurs voisins l'image d'un peuple grossier et peu raffiné : “Ils ont de toute antiquité la passion du brigandage, envahissant les terres d’autrui et méprisant tout le monde” affirme Diodore de Sicile au Ier siècle av. J.-C. La description caricaturale de l'autre, de celui que l'on ne comprend pas, est une tendance universelle. Ici elle est influencée par les rapports guerriers qu'entretenaient ces peuples entre eux. Avant de conquérir la Gaule, les Romains ont été envahis par les Celtes (IVe siècle av. J.-C.). Les approximations et les erreurs sur l'histoire des peuples des Gaules ont traversé l'histoire. Aujourd'hui, les recherches archéologiques confrontent l'histoire à sa légende. L'archéologie contredit-elle le récit ? Qui étaient vraiment les Celtes ? Où se trouvent les sites majeurs d'archéologie gauloise ? Existe-t-il un art gaulois ? Peut-on parler de "nos ancêtres les Gaulois ?"
L'auteur : Laurent Olivier est archéologue, spécialiste de l'histoire des Gaulois (Le Pays des Celtes, Mémoires de la Gaule, 2018, Seuil, 336 pages) et conservateur au Musée d'Archéologie nationale à Saint-Germain-en-Laye.
À lire aussi :
- "Les Gaulois, des Celtes comme les autres ?" : https://bit.ly/3KTU5bY
- "Les Gaulois au combat : une fureur sacrément bien organisée" : https://bit.ly/3TRvzw8
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Cumes, la plus ancienne colonie grecque d’Occident, avec Priscilla Munzi
Cette nouvelle émission nous emmène à la découverte d'un site archéologique italien d'exception. Cumes est située à la limite des champs phlégréens, à une vingtaine de kilomètres de Naples. Selon les récits mythologiques, c’est en ce lieu que Dédale arriva, après avoir fui à tire-d’aile le labyrinthe du minotaure. C’est là encore que le troyen Énée fut porté par le Destin et obtint de la Sybille l’itinéraire pour descendre aux Enfers. Cumes, c’est aussi, selon le géographe Strabon, la « plus ancienne colonie grecque en Occident ». Ce site emblématique de ce que les Anciens appelaient la Grande Grèce se révèle capital pour comprendre le processus de naissance d’une colonie, son environnement, son développement, et jusqu’à son déclin. Quelles sont les raisons qui poussent les Grecs à s’établir sur les côtes méridionales de la péninsule Italique ? À partir de quelle date Cumes devient-elle une cité à part entière ? Entretient-elle des liens avec la mère patrie et les colonies voisines ? Comment se passent les interactions avec les populations indigènes non grecques ? Quelles sont les conséquences de la domination samnite, puis romaine sur Cumes ? Que nous enseignent à ce propos les fouilles de la nécropole romaine ? Que dire de l’attractivité religieuse de la ville liée à la Sybille, prophétesse d’Apollon ?
L’invitée : Priscilla Munzi est archéologue, spécialiste de la période hellénistique. Directrice-adjointe du Centre Jean Bérard de Naples, elle est chef de la mission archéologique d’Italie du Sud et coresponsable du site de Cumes.
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![La domination macédonienne sur la Grèce (359-323 av. J.-C.), avec Catherine Grandjean [2/2]](https://assets.pippa.io/shows/62c823b8f93e7c0012e9b303/62c823be9cc9070012364d36.jpg)
La domination macédonienne sur la Grèce (359-323 av. J.-C.), avec Catherine Grandjean [2/2]
[Le Grèce et l'Orient 2/2] Après la guerre de Péloponnèse et l’âge d’or d’Athènes, la Grèce semble entrer dans une période de déclin. Storiavoce vous propose de comprendre dans ce nouvel épisode comment la Macédoine profite de cette situation afin d'étendre son empire au delà même de la Perse : quelle fut la politique de Philippe II de Macédoine puis de son fils Alexandre ? Comment réagissent les cités grecques face à cette domination ? Quelles oppositions les Perses vont-ils susciter face à cette avancée ? Alexandre ne prend-il pas le risque de la démesure et donc de la fragilité ?
L’invitée : Catherine Grandjean, professeure d’histoire grecque à l’université de Tours, est spécialiste de numismatique et d’histoire de la Grèce continentale classique et hellénistique. Elle appartient à l’équipe de recherche CeTHiS (université de Tours) et codirige la Revue numismatique. Elle vient de diriger La Grèce classique (Belin, 528 pages, 44€).
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Le marquis de Bonnay : père oublié de la Déclaration des droits de l'homme, avec François Duluc
Page de Louis XV, député des États généraux, ministre de Louis XVIII, le marquis de Bonnay est une figure majeure de la Révolution française. Retour sur ce parcours politique méconnu avec François Duluc. Malgré son parcours oublié aujourd'hui, Charles-François de Bonnay a été au plus près du pouvoir politique sous l'Ancien Régime. Page de Louis XV puis garde du corps de Louis XVI, ce militaire, qui n’a jamais combattu, devient célèbre en tant qu’élu de la noblesse aux États généraux. À ce titre, il préside plusieurs fois l’Assemblée constituante et s’oppose régulièrement à Mirabeau. Monarchiste parlementaire influencé par le modèle anglais, il joue un rôle politique indéniable à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. Il est l'un des élaborateurs de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Pendant la Révolution française, il s'exile et parcourt les villes et les cours d’Europe pendant près de 30 ans avant de devenir l'un des ministres de Louis XVIII. Retour sur la carrière mouvementée d'un aristocrate des Lumières au cœur de la Révolution française.
L'invité : François Duluc est directeur des services de l’Assemblée nationale, où il a travaillé 35 ans. Professeur d’histoire des idées politiques à Science-Po Paris, il vient de publier un ouvrage très documenté et vivant, Le marquis de Bonnay, le père oublié de la Déclaration des droits de l’homme (Passés / Composés, 2022, 476 pages, 24€).
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![La Grèce au lendemain de la guerre du Péloponnèse, avec Catherine Grandjean [1/2]](https://assets.pippa.io/shows/62c823b8f93e7c0012e9b303/62c823be9cc9070012364d38.jpg)
La Grèce au lendemain de la guerre du Péloponnèse, avec Catherine Grandjean [1/2]
[Le Grèce et l'Orient 1/2] Après la guerre du Péloponnèse et l'âge d'or d'Athènes, la Grèce semble entrer dans une période de déclin. Storiavoce vous propose de comprendre les bouleversements politiques, économiques et sociaux qu’elle a vécus et de porter son regard au-delà de la péninsule. Comment la Perse mais aussi la Macédoine vont-elles profiter de ce nouvel état de faits ? La période constitue-t-elle une rupture ou s’inscrit-elle dans la continuité de l’époque classique ? Comment le "pacifisme" va-t-il intégrer l'identité hellénistique ? Autant de questions abordées au cours de deux grandes parties : une première, consacrée à la Grèce au lendemain de la guerre, et une seconde, dédiée à la domination macédonienne.
Notre invitée : Catherine Grandjean, professeure d’histoire grecque à l’université de Tours, est spécialiste de numismatique et d’histoire de la Grèce continentale classique et hellénistique. Elle appartient à l’équipe de recherche CeTHiS (université de Tours) et codirige la Revue numismatique. Elle vient de diriger La Grèce classique chez Belin (528 pages, 44 €).
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Femmes illustres du Grand Siècle, avec Marie-Joëlle Guillaume
Lorsque l'on parle du Grand Siècle, on pense à l’art de la sociabilité, à la vie élégante, au faste incarné par Versailles, aux chefs-d'œuvres dramatiques de Corneille et de Racine, mais aussi aux œuvres caritatives, aux réformes monastiques, au développement des nouvelles spiritualités. Les femmes jouent un rôle indéniable dans ce renouveau politique, religieux et artistique qui caractérise le XVIIe siècle français. Ce sont elles qui donnent le la aux conversations qui se tiennent dans le salon des hôtels particuliers. Elles s’inspirent des méditations de l’oratoire et des nouveaux titres à la mode qui garnissent les bibliothèques. Qui sont les femmes illustres du Grand Siècle ? Qu’est-ce que leurs œuvres nous permettent de comprendre sur le règne de Louis XIV ? Peut-on dire que le Grand Siècle est féminin ?
L' invitée : Marie-Joëlle Guillaume est agrégée de Lettres classiques et auteur de nombreux livres sur le Grand Siècle et sur l'histoire de la spiritualité (Vincent de Paul (Perrin, 2015), Pour Dieu et pour le Roi (Perrin, 2019)). Elle vient d'écrire : Le Grand Siècle au féminin, Femmes de foi, de culture et de gouvernement (Perrin, 2022, 382 pages, 16.99 €).
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Gambetta : fondateur de la République ? avec Gérard Unger
Le 3 décembre 1851, le député Alphonse Baudin meurt sur une barricade, élevée pour contester coup d’état du 2 décembre 1851 du futur Napoléon III. Des journalistes hostiles au pouvoir lancent une souscription en 1868 pour l’érection d’un monument à la mémoire de celui qu’il voit comme un héros républicain. Un procès est ouvert contre les agitateurs. À cette occasion, un jeune avocat méconnu galvanise l’auditoire de sa verve impertinente et enflammée. La plaidoirie du jeune avocat se remarque, son éloquence devient légendaire. C’est ainsi que Léon Gambetta, « entre par effraction sur la scène du monde ». C’est en défendant des accusés républicains qu’il entame sa conquête de la République. Quelle a été sa véritable participation à la chute du Second Empire ? Que dire de son évolut ion politique ? A-t-il le parcours "classique" d'un homme politique de la Troisième République ? Peut-on définir la gauche à partir de la figure de Gambetta ? Peut-on le voir comme le père de la Troisième République, voire le père de la République française ?
Notre invité : Gérard Unger a mené une carrière dans le monde de l'entreprise et dans la publicité. Administrateur de l'INA, il est l'auteur d'ouvrages de référence sur l'histoire du Second Empire et de la Troisième République (Histoire du Second Empire (Perrin, 2018), Aristide Briand (Fayard, 2005), Lamartine : poète et homme d'État (Flammarion, 1998)). Il signe une grande biographie sur Gambetta aux éditions Perrin (2022, 480 pages, 25.00 €).
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L'identité française avant la nation ? avec Thierry Dutour
À quoi renvoie la doulce France de la Chanson de Roland ? Quand utilise-t-on pour la première fois l’adjectif « français » à l’époque médiévale ? Que signifie cet adjectif ? Quels sont les rapports entre langue, territoire et histoire ? Avant l’histoire de France, nous devrions-nous pas parler de l’histoire des Français ? Les historiens savent bien que le grand danger et le grand ennemi de l’histoire s’appelle : l’anachronisme. Le dictionnaire Le Grand Robert nous dit que le mot est apparu au début du XVIIe siècle, en 1625. « Anachronique » vient de ana en grec, qui signifie en arrière et de Kronos qui signifie le temps. L’anachronisme désigne la confusion des dates mais aussi l’attribution à une époque de ce qui appartient à une autre. Or Storiavoce se penche aujourd’hui sur un anachronisme : la nation France. En écho de l’émission « Quand la France commence-t-elle ? », cet entretien propose une réflexion sur la notion de nation et d’identité à l’époque médiévale. Thierry Dutour est maître de conférences HDR à Sorbonne Université. Il est notamment l’auteur de La Ville médiévale. Origines et triomphe de l’Europe urbaine (Odile Jacob, 2003) et Sous l’empire du bien. « Bonnes gens » et pacte social (XIIIe -XVe siècle) (Classiques Garnier, 2015). IL vient de publier La France hors la France, l’identité avant la nation (Vendémiaire, 372 pages, 24€).
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Être entrepreneur au Moyen Âge : l'histoire d'un cordier d'Avignon, avec Mélanie Dubois-Morestin
À partir de la découverte, de l'étude et de l'analyse d'un livre de raison d'un cordier avignonnais, l'historienne Mélanie Dubois-Morestin nous ouvre les portes du monde de l'entrepreneuriat médiéval. Qui sont les entrepreneurs au Moyen Âge ? Comment gèrent-ils leurs affaires ? Grâce à une source inédite, l’auteur nous plonge au XIVème, après la période de la grande peste, au cœur de la cité des papes, pour suivre l’aventure entrepreneuriale de l’artisan cordier Jean Teisseire. « Veuille toujours te souvenir de bien écrire tes affaires ; afin qu’elles ne te sortent de la tête , écris-les aussitôt » dit un proverbe génois. Et c’est ainsi que Jean Teisseire conserve avec minutie les traces de son activité dans son « livre de raisons » riche de plusieurs centaines d’actes notariés. Ce livre de raison nous introduit dans l’intimité de ses boutiques et de ses ateliers, et nous fait entrevoir entrevoir la réalité d’un homme au travail au XIVème siècle. Nous découvrons la carrière d’un gestionnaire, ses réseaux professionnels et ses réseaux d’amitiés à l’échelle d’un quartier, d’une région et d’un continent, l’Europe.
L’invitée : Mélanie Dubois-Morestin est ancienne élève de l’École Normale supérieure de Paris (ULM), agrégée d’histoire, docteur en histoire médiévale et professeure en CPGE littéraire au lycée Gambetta Carnot d’Arras. Elle vient de publier Être entrepreneur au Moyen Âge, Jean Teisseire, artisan cordier d’Avignon (Presses Universitaires du Septentrion, 404 pages, 30€).
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La chute de Babylone (539 av. J. C.), avec Francis Joannès
Le 12 janvier 539 avant JC, en à peine une seule nuit, l’antique et splendide cité de Babylone tombe aux mains du roi perse Cyrus le Grand : c'est la fin aussi soudaine qu’inattendue de l’Empire néo-babylonien et de son roi Nabonide. Bien des récits de l’époque insistent d’ailleurs sur l’effet de surprise de l’événement : Comment expliquer la chute de ce magnifique empire au pied d’argile ? Qui était Nabonide, successeur du grand Nabuchodonosor mais usurpateur du trône ? Quelle était la situation intérieure et militaire de ce grand empire néo-babylonien ? La découverte de tablettes cunéiformes nous permet de saisir un évènement qui bouleversé le monde entier : la chute de Babylone. Francis Joannès nous aide à les décrypter.
L'invité : Francis Joannès est professeur émérite d’histoire ancienne à l’université Paris-1. Spécialiste de l’histoire économique, sociale et intellectuelle de Babylone, il est notamment coauteur de La Mésopotamie, de Gilgamesh à Artaban (2017). Il vient de publier La Chute de Babylone, 12 octobre 539 avant J.-C (Tallandier, 384 pages, 23.5 €).
À lire aussi :
- “Sémiramis, une reine assyrienne de légende” : https://bit.ly/3QIJfa7
- “Astrologie : de Babylone à la Grèce antique” : https://bit.ly/3qDzoYi
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Épouses de ministres sous Louis XIV, avec Pauline Ferrier-Viaud
Colbert, Louvois ou Pontchartrain: les noms des plus proches conseillers du roi Louis XIV sont bien connus, autant que leur personnalité et leurs œuvres politiques. Leur histoire conjugale et familiale l’est nettement moins, tant pour les historiens que pour le grand public. Storiavoce vous propose un portrait dynamique des épouses de ministres du le règne personnel de Louis XIV, en envisageant leur place dans leur couple, dans leur famille, dans l’entourage du roi et dans la société française du XVIIème siècle. Ces femmes étaient-elles uniquement des femmes de l’ombre ? Retour sur le véritable rôle de ces épouses loin de l’idée caricaturale selon laquelle elles n’auraient été que « d’éternelles mineures », ou de « tendres demeurées », pour paraphraser l’historien Daniel Dessert. Quelle a été leur capacité d’action et leur influence dans la société ? Pauline Ferrier-Viaud est docteur en histoire, maître de conférences à l’Université d’Artois et membre du laboratoire Centre de Recherche et d’Études Histoire et Société (CREHS). Elle vient de publier Épouses de ministres, une histoire sociale du pouvoir féminin au temps de Louis XIV, (Champ Vallon, 336 pages, 25€).
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Violette Szabo : une espionne de Londres à Ravensbrück, avec Guillaume Zeller
Figure de la résistance et de la lutte clandestine contre l’occupant nazi, Violette Szabo eut un destin hors du commun. Aussi belle que volontaire, mariée à 19 ans, mère à 20 ans, veuve à 21, agent des services secrets britannique à 22 ans, déportée puis assassinée à 23 ans dans le camp de Ravensbrück… Violette Szabo est malheureusement peu connue de ce côté de la Manche. Étonnamment, aucun biographie n’était disponible en langue française.
L'invité : Guillaume Zeller est journaliste et auteur. Il a été directeur de la rédaction d’i-Télé et de Direct 8. Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, il est titulaire d’un DEA d’histoire contemporaine. Aux éditions Tallandier, il a déjà publié Oran, 5 juillet 1962. Un massacre oublié (2012) et La Baraque des prêtres. Dachau, 1938-1945 (2015). Dans son nouveau livre consacré à Violette Szabo, il brosse le portrait d’une magnifique figure de la résistance et de la lutte clandestine. On découvre le parcours hors du commun d’une femme de l’ombre, un modèle de courage et de détermination (Tallandier, 340 pages, 20,90€).
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L'Empire romain expliqué par le sesterce, avec Donatien Grau
Au milieu du XXe siècle, l’historien britannique Arnold Hugh Martin Jones affirmait dans un texte consacré à la numismatique et à l’histoire qu’il était peut être mieux pour les numismates de prendre moins au sérieux les pièces anciennes, leurs types ainsi que leur légende. Storiavoce vous propose aujourd’hui de faire mentir cette affirmation en nous transportant à l’époque romaine. Et si la monnaie était plus qu’une histoire économique mais bien une histoire politique, autant qu’une histoire de réception et de représentations ? Que nous disent les monnaies de cette histoire politique ? Comment et où frappait-on monnaie sous l’empire ? Les monnaies d’Auguste sont-elles comparables à celles de Constantin trois siècles plus tard ? La même monnaie était-elle utilisée dans l’ensemble des provinces impériales ? Ces monnaies sont-elles enfin le reflet de ce que nous appellerions une civilisation ?
Notre invité : Depuis dix ans, Donatien Grau exerce des fonctions universitaires (Ecole Normale Supérieure, Sorbonne) et muséales (Getty, musée d'Orsay, musée du Louvres). Docteur en littérature française et comparée, en littérature moderne et histoire de l'art, et en sciences historiques et philologiques, il est l'auteur à la fois de travaux savants (Néron en Occident, 2015, Le Roman romain, 2018), et d'écrits contemporains (Plato in L. A., 2018, Le Musée transitoire, avec Emanuele Coccia, 2018). Il co-dirige la collection Figures aux éditions Grasset et vient de publier aux Belles Lettres : La Mémoire numismatique de l'Empire romain (518 pages, 43€).
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Avicenne ou l’islam des Lumières ? avec Omar Merzoug
On connaît l’influence du philosophe Avicenne, de son vrai nom Ibn Sina, sur les penseurs et théologiens de l’Occident chrétien. Médecin de renom, qui était-il réellement ? Au tournant des Xème et XIème siècle, il a un parcours étonnant, errant de principauté en principauté (entre l'Ouzbékistan et l'Iran actuels) connaissant autant d'heures de gloire que de disgrâces. Philosophe aristotélicien, Avicenne est confronté au rigorisme et au littéralisme des docteurs de la loi et régulièrement accusé d’athéisme par son entourage. A travers cette biographie Avicenne, ou l’islam des lumières, parue au édition Flammarion, Omar Merzoug tente de répondre à cette question cruciale : peut-on être croyant et exercer son esprit critique sur le livre sacré de l’Islam ?
L'invité : Omar Merzoug est docteur en philosophie, spécialiste de la pensée au Moyen Age et a publié récemment, Existe-t-il une philosophie islamique ? Pendant 7 ans, il a enseigné la philosophie et la civilisation islamique à l’institut Al-Ghazali de la Grande Mosquée de Paris. Il vient de publier Avicenne, ou l’islam des lumières (Flammarion, 416 pages, 25€).
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Une autre histoire du siège de Paris (1870-1871), avec Thibault Montbazet
🎙️Cette émission propose de découvrir l'histoire du siège de Paris, moment clé de la guerre de 1870, à travers le regard d'un parisien enfermé dans la capitale au moment du siège. Il ne s'agit pas ici de revenir sur la chronologie des événements mais de découvrir de l'intérieur un drame national qui fut également un drame familial et personnel pour beaucoup de Français. L'historien Thibault Montbazet propose le récit intime d'un évènement marquant de l'histoire de France. Il s'appuie sur les écrits de Léon Lescœur (157 lettres écrites entre 1870 et 1871 mais aussi des mémoires écrites rétrospectivement des années après), inspecteur de l’éducation nationale, premier acteur et spectateur « du début d’une décadence et d’un drame français ».
Notre invité : Thibault Montbazet est agrégé d'histoire et enseignant au lycée. Il signe ici son premier livre : Une année terrible, histoire biographie du siège de Paris 1870-1871 (Passés/Composés, 288 pages, 20 €).
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