Storiavoce, un podcast d'Histoire & Civilisations
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Storiavoce, un podcast d'Histoire & Civilisations

Par Storiavoce

Réseau : Malesherbes Publications

Storiavoce est le podcast du magazine Histoire & Civilisations. Il s’adresse à tous les passionnés, curieux et amateurs d’histoire, du grand public aux étudiants et chercheurs.Chaque épisode vous plonge dans les grandes périodes, les personnages clés et les événements fondateurs de notre passé, grâce à des entretiens exclusifs et des récits vivants et accessibles.Pensé comme un outil de transmission des savoirs, Storiavoce propose une approche rigoureuse, pédagogique et incarnée, en donnant la parole à des historiens, auteurs, enseignants et spécialistes reconnus.Les rubriques du podcast :Grands entretiens : dialogues approfondis avec des historiens et des penseurs de l’histoire.Cours d'histoire : des leçons claires et structurées pour comprendre une période ou un thème.Nos mémoires : une exploration de l’histoire collective à travers témoignages, archives et souvenirs.Racontez-moi l'histoire : des récits captivants pour revivre les grands moments du passé.Pourquoi tant d'histoires : une réflexion sur le rôle de l’histoire dans nos sociétés et nos débats contemporains. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
891 épisodesDernier épisode : 23 juillet 2026
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Épisodes

891 épisodes · page 15 sur 30

Faut-il se sentir coupable de notre histoire ? avec Maroun Eddé

Faut-il se sentir coupable de notre histoire ? avec Maroun Eddé

15 septembre 2022· 40:29

Depuis plusieurs années déjà, l’Occident en général, c’est-à-dire l’Europe occidentale mais aussi l'Amérique du Nord, est entrés dans une forme de culpabilité à l’égard de son histoire. Dans une société qui doute d’elle-même, nous sommes à l’ère de la repentance. La morale s’est ainsi invitée dans les débats historiques, mais aussi dans les livres de nos collégiens et lycéens. Storiavoce vous propose aujourd’hui de mieux comprendre ce sentiment de culpabilité et mieux saisir notre propre relation à l’histoire : comment expliquer tout d’abord ce phénomène de repentance ? A-t-il des aspirations légitimes ? Faut-il distinguer responsabilité juridique et responsabilité historique ? L’histoire, d’ailleurs, peut-elle être morale ? Peut-on accuser un peuple entier pour des faits qui se sont produits il y a plusieurs siècles ? Faut-il se sentir coupable de notre histoire ?

L'invité : Maroun Eddé est philosophe et essayiste français, diplômé de Sciences Po et de l'École normale Supérieure. D'origine libanaise, il s'intéresse à la question de la mémoire des crimes du passé et à leur héritage dans le présent. Il vient de publier son premier essai aux éditions Bouquins, La mémoire coupable, dans lequel il analyse le poids des crimes historiques dans l'inconscient collectif européen et s'interroge sur les voies possibles pour les réparer.


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"Esclavage : vendus sur les marchés" : https://bit.ly/3qV2G4X

"Les États-Unis restituent à l’Irak 17 000 antiquités" : https://bit.ly/3DHmD71



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Contester sous l'Ancien Régime, avec Michelle Bubenicek

Contester sous l'Ancien Régime, avec Michelle Bubenicek

12 septembre 2022· 47:19

Les doléances ou « cahiers de doléances » restent intimement liés à la Révolution française, puisqu’ils ont été rédigés en vue de préparer les États généraux de 1789. On y faisait part de ses souhaits, de ses récriminations, autrement dit de ses vœux ou de ses doléances. On sait moins que les doléances furent en usage tant à l’époque médiévale qu’à l’époque moderne. Storiavoce vous propose de vous arrêter sur une pratique, la plainte politique, qui, sous l’Ancien Régime, visait à réguler les rapports entre les gouvernés et les gouvernants. Qui avait le pouvoir de rédiger ces doléances ? Comment s’exprimaient-t-elles ? Quelle importance le pouvoir donnait-il à ces récriminations ? Les doléances constituaient-elle une délimitation du pouvoir monarchique ?

L’invitée : archiviste-paléographe et professeur des Universités, Michelle Bubenicek est directrice de l’École nationale des Chartes. Avec François Foronda, elle a dirigé l’ouvrage Doléances, la plainte politique, voie de régulation des rapports gouvernés-gouvernants (XIII-XVIIIe siècle), Coll. Études et rencontres de l’École des Chartes ( 34 €, 280 pages).


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La Russie et ses peuples, des origines à la révolution de 1917, avec Pierre Gonneau

La Russie et ses peuples, des origines à la révolution de 1917, avec Pierre Gonneau

8 septembre 2022· 50:13

"Tsar de toutes les Russies" est le titre que se donnent les souverains russes depuis Ivan le Terrible (XVIe siècle), même si le titre d’empereur a été préféré par Pierre le Grand (XVIIe siècle). Que signifie ce pluriel ? Que nous dit-il sur la mentalité politique de la Russie et plus généralement sur son histoire ? L'évènement fondateur de la Russie date de 862. Les habitants Novgorod, en proie à l'anarchie et aux conflits, auraient fait appel au peuple varègue pour les gouverner. Comment est née la Russie à partir de cet immense territoire morcelé en plusieurs entités ? Quelle unité et quelle identité pour cette mosaïque géographique de peuples, de religions, de civilisations ? Comment écrire l’histoire de ce pays souvent décrit comme incompréhensible et fascinant ? L'État fort est-il nécessaire pour échapper au chaos ?

L'invité : Pierre Gonneau est historien, spécialiste de la Russie, professeur à Sorbonne Université et directeur d’études à l’EPHE. Il est l'auteur d'ouvrages de référence sur la Russie : Des Rhôs à la Russie : histoire de l’Europe Orientale (v. 730-1689) (PUF, 2012, 696 pages, 49 €), Histoire de la Russie, d’Ivan le Terrible à Nicolas II. 1547-1917 (Tallandier, 2016, 544 pages, 24.90 €), Novgorod : histoire et archéologie d’une république russe médiévale (970-1478) (CNRS éditions 2021, 248 pages, 29 €).

Une émission enregistrée en partenariat avec le numéro 86 du magazine Histoire & Civilisations qui propose le dossier suivant : "L'empire russe d'Ivan le Terrible à Poutine"Offre promotionnelle exclusive pour un abonnement au magazine Histoire & Civilisations en cliquant ici.


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Itinéraire d'un livre : "L'Histoire de France" de Victor Duruy, avec Jean-Charles Geslot

Itinéraire d'un livre : "L'Histoire de France" de Victor Duruy, avec Jean-Charles Geslot

5 septembre 2022· 47:46

Tout au long du XIXe siècle, l’histoire de France est à la mode. Si elle est considérée comme un enseignement noble et nécessaire, l’édition des manuels dépend directement des enjeux économiques et financiers du monde de l’édition. L’Histoire de France écrite par Victor Duruy (1811-1894) a une place particulière dans le paysage éditorial, car son auteur devient ministre en 1863. Comment conçoit-t-il son Histoire de France ? Son contenu est-il radicalement différent de celui des manuels actuels ? Quel est le rôle de Louis Hachette, l’éditeur de Victor Duruy, dans le succès du livre ? En quoi sa réception critique nous renseigne-t-elle sur les tensions idéologiques qui divisent alors la France ? Qu’est-ce que cette Histoire de France, qui fit rêver Charles Péguy, nous apprend-elle sur l’histoire sociale et culturelle de la France dont les écoliers connurent la craie, le grand tableau sombre et l’instituteur de noir vêtu ?

L’auteur : Jean-Charles Geslot est maître de conférences à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, spécialiste de l’histoire culturelle des XIXe et XXe siècles. Il vient de publier : Histoire d’un livre. L’Histoire de France de Victor Duruy (CNRS éditions, 400 pages, 25.00€).


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Paul Deschanel : le président fou ? avec Thierry Billard

Paul Deschanel : le président fou ? avec Thierry Billard

1 septembre 2022· 48:23

Élu le 17 janvier 1920 à la présidence de la République contre le « Tigre », Clemenceau, Paul Deschanel démissionne le 21 septembre 1920, sept mois seulement après son élection. Illustration parfaite de ce qu’écrit Maurice de Waleffe dans ses mémoires : « On ne disait pas d’un homme politique : il s’est reposé, donc il est rajeuni, on disait il s’est reposé, donc il est fini » (Quand Paris était un paradis). Ces sept mois de Deschanel à l’Élysée ont néanmoins suffi à dessiner dans les mémoires la figure d’un homme politique très sensible – ému aux larmes devant les gueules cassées de 14-18 -, fantasque – il pataugea à moitié nu dans un bassin du château de Rambouillet alors qu’il s’y trouvait pour se reposer – , et même fou, à cause de sa « chute de train » incongrue au milieu de la nuit, en 1920, qui fit croire quelques jours à sa disparition. Fou ? Ridicule ? Dépressif ? Comment cet homme politique dont on garde surtout des souvenirs de l’absurdité a-t-il pu accéder à la présidence de la République ? 

L’invité : Thierry Billard est directeur éditorial chez Robert Laffont et auteur de biographies. Il vient de réactualiser son travail sur Deschanel : Paul Deschanel, le président incomprisPerrin, 280 pages, 21.00 €.


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Les communards : le prix de l’engagement : https://bit.ly/3KCBkd0

Adolphe Thiers, le Rastignac de la politique : https://bit.ly/3KCBvoG

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Des religions romaines à la religion impériale, avec Valérie Huet [3/3]

Des religions romaines à la religion impériale, avec Valérie Huet [3/3]

29 août 2022· 27:39

[Les religions romaines 3/3] L’historiographie et les approches du phénomène religieux romain ont beaucoup évolué depuis un certain nombre d’années, battant en brèche l’image d’un système rigide, fait de pratiques uniformes et immuables.

Une certitude demeure : à Rome, la religio est née avec la cité. De là son imbrication avec le politique. Et, de fait, elle évolue avec les différents régimes que connaît l’Urbs, de la royauté à la République, jusqu’à l’Empire, objet du 3e volet de ce cours d’Histoire.

Quel est le contexte religieux romain de ce Ier siècle avant notre ère ? Que va changer l’arrivée au pouvoir d’Octave, futur Auguste, et l’établissement de son principat ? La restauration augustéenne répond-t-elle à une nécessité politique ? De quelle manière les cultes impériaux vont-ils s’inscrire dans l’espace urbain ? Le succès des religions dites « orientales » est-il compatible avec la pratique des religions traditionnelles ? 


L’invitée : Valérie Huet est directrice du centre Jean-Bérard à Naples, professeure d’histoire ancienne à l’université de Bretagne occidentale, spécialiste d’anthropologie des images et des religions romaines.


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Le trésor des rois du Moyen Âge à la Renaissance, avec Murielle Gaude-Ferragu

Le trésor des rois du Moyen Âge à la Renaissance, avec Murielle Gaude-Ferragu

25 août 2022· 43:23

Que sait-on du contenu des trésors qui appartenaient aux rois de France ? Quelle part de notre histoire ces objets fabuleux, qui ont donné tant de matière à la littérature romanesque, nous permettent-ils de découvrir ?

Les touristes du monde entier viennent à Paris pour découvrir la Sainte-Chapelle, tandis que les pèlerins vénèrent toujours de nos jours les reliques du Christ autrefois abritées dans cet édifice du XIIIe siècle édifié par Louis IX, dit Saint Louis. Sanctuaire somptueux, la Sainte-Chapelle et ses reliques si prestigieuses, meilleures pièces du trésor royal, illustrent le faste et la richesse de la monarchie française et affirment son prestige. Que révèlent ces reliques sur le lien entre sacré et royauté ? La détention d'un trésor royal est-elle nécessaire à l'affirmation du pouvoir royal ? De quoi était composé le trésor des rois et à quoi servait-il ? Quelles étaient les professions qui avent accès a ce trésor ? Comment écrire l'histoire de ces objets fabuleux, dont la légende a donné tant de matière à la littérature romanesque ?

Notre invitée : Murielle Gaude-Ferragu est historienne, maîtresse de conférences HDR à l’université Sorbonne Paris Nord. Ses travaux portent sur le pouvoir et ses représentations au Moyen Âge. Elle vient de publier une étude fondamentale sur le trésor des rois : Le trésor des rois, sacré et royauté des rois maudits aux princes de la Renaissance (Perrin, 336 pages, 24.00 €).


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Les cadres des religions romaines sous la République, avec Valérie Huet [2/3]

Les cadres des religions romaines sous la République, avec Valérie Huet [2/3]

22 août 2022· 26:10

[Les religions romaines 2/3] L’historiographie et les approches du phénomène religieux romain ont beaucoup évolué depuis un certain nombre d’années, battant en brèche l’image d’un système rigide, fait de pratiques uniformes et immuables.

Une certitude demeure : à Rome, la religio est née avec la cité. De là son imbrication avec le politique. Et, de fait, elle évolue avec les différents régimes que connaît l’Urbs, de la royauté à la République, jusqu’à l’Empire.

Après nous être penchés sur la genèse de ces religions à l’époque archaïque, voyons aujourd’hui quels sont les cadres qui les régissent durant les années républicaines : comment les religions structurent-elles l’espace et le temps ? Qui sont les desservants du culte ? À quelles règles obéissent les pratiques sacrificielles et divinatoires ? En quoi les conquêtes romaines de la péninsule italique, puis du bassin méditerranéen aux IIIe et IIe siècles vont-elles changer la donne ? 

L’invitée : Valérie Huet est directrice du centre Jean-Bérard à Naples, professeure d’Histoire ancienne à l’université de Bretagne occidentale, spécialiste d’anthropologie des images et des religions romaines.


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Comment abdiquer ? avec Albrecht Burkardt

Comment abdiquer ? avec Albrecht Burkardt

18 août 2022· 49:20

Fruit de la mélancolie ou bien de la lassitude de vivre, conséquence d’une conversion mystique ou au contraire d’une ruse machiavélique, l’abdication suscite les interprétations les plus contradictoires. Charles Quint a abdiqué, mais aussi des papes comme Célestin V ou plus récemment Benoît XVI. Il faut aussi mentionner Christine de Suède en 1654, ou encore Charles de Gaulle en 1969. Pascal nous disait : « La grandeur a besoin d’être quittée pour être sentie ». Comment donc quitter le pouvoir ? L’abdication de Charles Quint est-elle un prototype ? Est-ce qu’il existe un droit de l’abdication dans les textes, une ou des théories de l’abdication ? Que nous dit l’abdication de la perception du pouvoir ? Enfin, comment lire enfin l’abdication à travers la fameuse thèse de Kantorowicz sur « les deux corps du roi » ? 

Notre invité : Après des études d’Histoire et de Germanistique à Berlin, Bochum, Florence et Paris, Albrecht Burkardt a soutenu sa thèse en 1998, à l’EHESS. Maître de conférences à l’université Lumière Lyon2 depuis 1999, il a soutenu l’Habilitation à diriger des recherches en 2010 à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est actuellement professeur d’histoire moderne à l’université de Limoges. Il a dirigé chez Classiques Garnier Le Crépuscule du pouvoir, Destitutions et abdications de l’Antiquité au xxe siècle, (665 pages, 39€). 


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Aux origines des religions romaines, avec Valérie Huet [1/3]

Aux origines des religions romaines, avec Valérie Huet [1/3]

15 juillet 2022· 21:43

[Les religions romaines 1/3] Faut-il parler de la religion ou des religions romaines ? C’est la question qui s’impose d’emblée ici. En effet, l’historiographie et les approches du phénomène religieux romain ont beaucoup évolué depuis un certain nombre d’années, battant en brèche l’image d’un système rigide, fait de pratiques uniformes et immuables. Une certitude demeure : à Rome, la religio est née avec la cité. De là son imbrication avec le politique. Et, de fait, elle évolue avec les différents régimes que connait l’Urbs, de la royauté à la République, jusqu’à l’Empire.

Que sait-on des religions romaines archaïques ? Comment les Romains percevaient-ils leurs dieux et quelle était la nature de leurs relations ? Comment définir le concept même de religio pour un Romain ? Que suppose la distinction entre croyance et piété ? Quel est le but recherché par l’accomplissement scrupuleux des rites ? Ce sont autant de questions que nous poserons aujourd’hui, dans la première partie de notre cours d’Histoire. Un second volet entrera plus en profondeur dans le système religieux romain, tel qu’il se présente à l’époque de la République. Un troisième épisode s’arrêtera enfin sur les traits que revêtent les religions romaines à l’heure impériale.

L’invitée : Valérie Huet est directrice du centre Jean-Bérard à Naples, professeure d’Histoire ancienne à l’Université de Bretagne occidentale, spécialiste d’anthropologie des images et des religions romaines.


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Alexandre Millerand : le président des ouvriers, avec Jean-Philippe Dumas

Alexandre Millerand : le président des ouvriers, avec Jean-Philippe Dumas

12 juillet 2022· 46:00

Grand oublié de l'histoire, l'homme d'État Alexandre Millerand a pourtant suivi un impressionnant parcours, qui l'a mené jusqu'à la présidence de la République. Difficilement classable sur l'échiquier politique, il fait de la condition ouvrière l'un de ses grands combats. Entretien avec Jean-Philippe Dumas.


En 1899, sous la IIIe République, le député socialiste Alexandre Millerand (1859-1943) est nommé ministre du Commerce et de l’Industrie. Le gouvernement Waldeck-Rousseau est composé d’hommes de sensibilités politiques très différentes. Avec l’arrivée de Millerand au pouvoir, c’est la première fois depuis le début de la IIIe République qu’un socialiste siège au gouvernement, et le jeune homme politique est loin de faire l’unanimité même dans sa famille politique. « J’étais hanté du souci que l’arrivée au pouvoir d’un socialiste fût marquée pour les travailleurs par une amélioration tangible de leur sort », note-il dans ses Mémoires. Brillant avocat, politique ambitieux à la carrière remarquable (député à 25 ans, ministre de la Guerre, président du Conseil, président de la République), il incarne une troisième voie entre le socialisme et le libéralisme. Comment a-t-il œuvré pour l’amélioration des conditions de travail des ouvriers ? Comment évolue sa pensée politique jusqu’à son élection à la présidence de la république ? Son parcours est-il particulièrement remarquable par sa réussite ?


L’invité : Jean-Philippe Dumas est historien, ancien chartiste, conservateur général du patrimoine au ministère des Affaires étrangères et chercheur associé à l’École pratique des hautes études. Spécialiste d’histoire politique des XX et XXe siècles (L’État, moteur du progrès ; le ministère du commerce et de l’industrie, 1870-1914), il vient de publier Millerand, un combattant à l’Élysée (2022, CNRS éditions, 384 pages, 26,00€).


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Le star-system nazi, avec Isabelle Mity

Le star-system nazi, avec Isabelle Mity

8 juillet 2022· 45:33

S’inspirant largement du modèle hollywoodien, le Troisième Reich met sur pied une véritable industrie du cinéma dès 1933. Bien conscient du pouvoir de séduction et de fascination qu’opère le Septième art et les actrices sur le peuple, le pouvoir national-socialiste produit des comédies romantiques, des mélodrames, des comédies musicales ou encore des films policiers. Comment se caractérise la politique culturelle du Troisième Reich ? Quel rôle joue le sombre Goebbels dans cette industrie cinématographique vendant du rêve et de la propagande ? Qui sont les actrices de ce véritable « star system » ? Sont-elles manipulées par le pouvoir ou, au contraire, peuvent-elles laisser libre court à leur art ? Doit-on parler du cinéma nazi ou bien du cinéma à l’époque nazie ? Comment les films tournés pendant la période vont être diffusés jusque dans les années 1990 ? 

L’ invitée : Isabelle Mity a étudié l’allemand et l’histoire à l’ENS Lyon et à la Humboldt-Universität Berlin. Agrégée d’allemand et docteure en études germaniques, elle enseigne la langue et la civilisation allemandes à l’université Paris-Dauphine. Chroniqueuse régulière au magazine Historia, elle préside également le Prix Historia du roman policier historique. Elle vient de publier Les actrices du Troisième Reich, splendeurs et misères des icônes du Hollywood nazi (https://www.lisez.com/livre-grand-format/les-actrices-du-iiie-reich/9782262080563) (Perrin, 368 pages, 22€).


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Le peuple juif : trois mille ans d'une histoire infinie, avec Pierre Savy

Le peuple juif : trois mille ans d'une histoire infinie, avec Pierre Savy

4 juillet 2022· 44:13

L'histoire trimillinénaire des Juifs déclinée en 80 dates : voici le pari d'un ouvrage collectif rassemblant le meilleur de la recherche sur cet objet historique complexe. Entretien avec Pierre Savy.Ce grand entretien est consacré à une histoire extrêmement riche et complexe, puisqu’elle s’étend sur 30 siècles, une histoire tourmentée, souvent tragique : celle des Juifs. Un peuple, une religion, mais une multiplicité de cultures, de modes de vie, de pratiques, de rapports au monde. En résumé, une unité et une diversité qui interpellent l’historien.Histoire des Juifs. Un voyage en 80 dates, de l’Antiquité à nos jours (https://www.puf.com/content/Histoire_des_Juifs), aux Presses universitaires de France, propose une pérégrination à travers cette histoire, en évoquant des parcours d’hommes, de femmes, de familles ; mais aussi des événements, tant sombres que lumineux, pour tenter de saisir ce qui fait l’essence de la judéité et de comprendre les ressorts de sa perpétuation.D'où vient la première mention historique connue du "peuple d'Israël" ? L'apparition de la conscience monothéiste peut-elle être déterminée dans le temps ? L' expérience diasporique est-elle constitutive de l'identité juive ? Quelle place la conflictualité entre juifs et chrétiens tient-elle dans cette longue histoire ? À côté des drames, quels sont les succès, éclatants ou méconnus, qui ont fait l'histoire des Juifs ?L' invité : Pierre Savy (https://www.efrome.it/les-personnes/les-services/directions-des-etudes/personne/pierre-savy) est historien, directeur des études médiévales à l’École française de Rome. Ses recherches portent notamment sur les relations entre Juifs et Chrétiens à la fin du Moyen Âge. Il a codirigé Histoire des Juifs. Un voyage en 80 dates, de l’Antiquité à nos jours (https://www.puf.com/content/Histoire_des_Juifs) avec les historiennes Katell Berthelot (https://www.cpaf.cnrs.fr/spip.php?article58) et Audrey Kichelewski (https://arche.unistra.fr/equipe/membres-titulaires/audrey-kichelewski).

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La crise des missiles : apogée de la guerre froide ? avec Catherine Durandin

La crise des missiles : apogée de la guerre froide ? avec Catherine Durandin

30 juin 2022· 45:36

Entre le 16 et le 29 octobre 1962, la crise des missiles de Cuba, entre les États-Unis et l'Union soviétique, fait craindre au monde son anéantissement nucléaire. Quel est l'impact de cette crise sur l'évolution de la guerre froide ? Entretien avec Catherine Durandin.Le lundi 22 octobre 1962, John Kennedy, président des États-Unis depuis janvier 1960, prend la parole à la télévision. Il affirme avoir eu la confirmation en image de l’installation de missiles sur l’île de Cuba. En annonçant un blocus maritime et des représailles en cas d’attaque soviétique, il menace son adversaire en la personne de Khrouchtchev, premier Secrétaire du parti communiste de l’URSS. « Cette transformation précipitée de Cuba en importante base stratégique, par suite de la présence de ces puissantes armes offensives à long rayon d’action et qui ont des effets de destruction massive, constitue une menace précise à la paix et à la sécurité de toutes les Amériques. » Si la crise commence officiellement le 14 octobre 1962, elle atteint son paroxysme le 27 octobre avec la destruction d’un avion américain par un missile soviétique : la guerre froide se réchauffe en un instant. Le monde retient son souffle. Finalement, la troisième guerre mondiale n’a pas lieu, mais la crise cubaine a donné à la guerre froide son paroxysme et son symbole. Comment ont été menées les négociations ? Y a-t-il alors un « avant » et un « après » crise des missiles de Cuba ? Comment les populations ont-elles vécu la crainte de l’anéantissement planétaire ? Qu’est-ce que cette crise révèle de la guerre froide ? L’auteur : Catherine Durandin (https://www.diploweb.com/_Catherine-DURANDIN_.html) est historienne spécialiste d’histoire contemporaine. Elle est professeur à l’Inalco et a publié La Guerre froide (https://www.quesaisje.com/content/La_guerre_froide)dans la collection Que sais-je ? (PUF, 2019, 128 pages).Une émission enregistrée en partenariat avec le numéro 85 (https://www.histoire-et-civilisations.com/thematiques/antiquite/les-gaulois-si-etranges-et-si-familiers-82731.php?utm_source=storiavoce&utm_medium=article_podcast&utm_campaign=podcast_guerre_froide) du magazine Histoire & Civilisations (https://www.histoire-et-civilisations.com/?utm_source=storiavoce&utm_medium=article_podcast&utm_campaign=podcast_angkor) qui propose une nouvelle rubrique : « L’air du temps (https://www.histoire-et-civilisations.com/thematiques/antiquite/les-gaulois-si-etranges-et-si-familiers-82731.php?utm_source=storiavoce&utm_medium=article_podcast&utm_campaign=podcast_guerre_froide) » avec ce mois-ci : « La crise de Cuba : il y a 60 ans, le monde en proie au péril nucléaire ». Offre promotionnelle exclusive pour un abonnement au magazine Histoire & Civilisations en cliquant ici (https://abo.histoire-et-civilisations.com/storiavoce.html?utm_source=storiavoce&utm_medium=article_podcast&utm_campaign=podcast_gaulois).

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John Churchill, premier duc de Marlborough et grand ennemi de Louis XIV, avec Clément Oury

John Churchill, premier duc de Marlborough et grand ennemi de Louis XIV, avec Clément Oury

28 juin 2022· 47:50

Qui est John Churchill, duc de Marlborough, héros anglais de la guerre de Succession d'Espagne, que Voltaire a pu qualifier d'« l’homme le plus fatal à la grandeur de la France qu’on ait vu depuis plusieurs siècles » ? On connaît la chanson « Marlborough s’en va en guerre…», on connaît moins John Churchill, duc de Marlborough. Pourtant, son rôle dans la perte d’influence de la France et l’émergence de l’Angleterre comme puissance dominante de l’Europe est essentiel. Même s’il doit sa carrière au roi d’Angleterre Jacques II, il a activement participé à son renversement au profit de Guillaume d’Orange en 1688. Il devient l’un des principaux chefs des armées de la Grande Alliance, qui regroupe notamment la Hollande et l’empire des Habsbourg durant la guerre de Succession d’Espagne , contre le roi Soleil. Comment cet homme, issu de la petite noblesse anglaise, que rien ne destinait à de grandes fonctions, devint-il un homme politique majeur de l’Europe de son temps ? Faut-il se fier à sa légende noire, qui le décrit avide de pouvoir et manipulateur, ou plutôt le voir comme un héros qui sauva la liberté de l’Angleterre et de toute l’Europe face à l’hégémonie française, comme le fit plus tard son lointain descendant, Winston Churchill ?L’invité :  Clément Oury (https://www.chartes.psl.eu/fr/clement-oury) est archiviste paléographe, docteur en histoire de l’université Paris-Sorbonne et directeur adjoint à la bibliothèque du Muséum national d’histoire naturelle. Spécialiste reconnu de l’histoire de la guerre sous l’Ancien Régime, il est l’auteur de La Guerre de Succession d’Espagne. La fin tragique du Grand Siècle (https://www.tallandier.com/livre/la-guerre-de-succession-despagne/) (Tallandier, 2020) et vient de publier Le Duc de Marlborough. John Churchill, le plus redoutable ennemi de Louis XIV (https://www.lisez.com/livre-grand-format/le-duc-de-marlborough/9782262086145) chez Perrin (504 pages, 24€).

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Sur les traces des Gaulois, avec Laurent Olivier

Sur les traces des Gaulois, avec Laurent Olivier

23 juin 2022· 48:56

Les bandes dessinées d’Astérix et Obélix nous racontent la jolie légende du peuple Gaulois. Ils sont d’infatigables bagarreurs sympathiques qui aiment manger, boire et chanter et qui vivent dans des huttes. Mais la légende sur les Celtes ne date pas de Goscinny et d'Uderzo. À partir du IVe siècle av .J.-C., les auteurs romains et grecs ont prêté à leurs voisins l'image d'un peuple grossier et peu raffiné : “Ils ont de toute antiquité la passion du brigandage, envahissant les terres d’autrui et méprisant tout le monde” affirme Diodore de Sicile au Ier siècle av. J.-C. La description caricaturale de l'autre, de celui que l'on ne comprend pas, est une tendance universelle. Ici elle est influencée par les rapports guerriers qu'entretenaient ces peuples entre eux. Avant de conquérir la Gaule, les Romains ont été envahis par les Celtes (IVe siècle av. J.-C.). Les approximations et les erreurs sur l'histoire des peuples des Gaules ont traversé l'histoire. Aujourd'hui, les recherches archéologiques confrontent l'histoire à sa légende. L'archéologie contredit-elle le récit ? Qui étaient vraiment les Celtes ? Où se trouvent les sites majeurs d'archéologie gauloise ? Existe-t-il un art gaulois ? Peut-on parler de "nos ancêtres les Gaulois ?"

L'auteur : Laurent Olivier est archéologue, spécialiste de l'histoire des Gaulois (Le Pays des Celtes, Mémoires de la Gaule, 2018, Seuil, 336 pages) et conservateur au Musée d'Archéologie nationale à Saint-Germain-en-Laye.

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Cumes, la plus ancienne colonie grecque d’Occident, avec Priscilla Munzi

Cumes, la plus ancienne colonie grecque d’Occident, avec Priscilla Munzi

21 juin 2022· 42:53

Cette nouvelle émission nous emmène à la découverte d'un site archéologique italien d'exception. Cumes est située à la limite des champs phlégréens, à une vingtaine de kilomètres de Naples. Selon les récits mythologiques, c’est en ce lieu que Dédale arriva, après avoir fui à tire-d’aile le labyrinthe du minotaure. C’est là encore que le troyen Énée fut porté par le Destin et obtint de la Sybille l’itinéraire pour descendre aux Enfers. Cumes, c’est aussi, selon le géographe Strabon, la « plus ancienne colonie grecque en Occident ». Ce site emblématique de ce que les Anciens appelaient la Grande Grèce se révèle capital pour comprendre le processus de naissance d’une colonie, son environnement, son développement, et jusqu’à son déclin. Quelles sont les raisons qui poussent les Grecs à s’établir sur les côtes méridionales de la péninsule Italique ? À partir de quelle date Cumes devient-elle une cité à part entière ? Entretient-elle des liens avec la mère patrie et les colonies voisines ? Comment se passent les interactions avec les populations indigènes non grecques ? Quelles sont les conséquences de la domination samnite, puis romaine sur Cumes ? Que nous enseignent à ce propos les fouilles de la nécropole romaine ? Que dire de l’attractivité religieuse de la ville liée à la Sybille, prophétesse d’Apollon ?

L’invitée : Priscilla Munzi est archéologue, spécialiste de la période hellénistique. Directrice-adjointe du Centre Jean Bérard de Naples, elle est chef de la mission archéologique d’Italie du Sud et coresponsable du site de Cumes.

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Le marquis de Bonnay : père oublié de la Déclaration des droits de l'homme, avec François Duluc

Le marquis de Bonnay : père oublié de la Déclaration des droits de l'homme, avec François Duluc

15 juin 2022· 49:07

Page de Louis XV, député des États généraux, ministre de Louis XVIII, le marquis de Bonnay est une figure majeure de la Révolution française. Retour sur ce parcours politique méconnu avec François Duluc. Malgré son parcours oublié aujourd'hui, Charles-François de Bonnay a été au plus près du pouvoir politique sous l'Ancien Régime. Page de Louis XV puis garde du corps de Louis XVI, ce militaire, qui n’a jamais combattu, devient célèbre en tant qu’élu de la noblesse aux États généraux. À ce titre, il préside plusieurs fois l’Assemblée constituante et s’oppose régulièrement à Mirabeau. Monarchiste parlementaire influencé par le modèle anglais, il joue un rôle politique indéniable à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. Il est l'un des élaborateurs de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Pendant la Révolution française, il s'exile et parcourt les villes et les cours d’Europe pendant près de 30 ans avant de devenir l'un des ministres de Louis XVIII. Retour sur la carrière mouvementée d'un aristocrate des Lumières au cœur de la Révolution française.

L'invité : François Duluc est directeur des services de l’Assemblée nationale, où il a travaillé 35 ans. Professeur d’histoire des idées politiques à Science-Po Paris, il vient de publier un ouvrage très documenté et vivant, Le marquis de Bonnay, le père oublié de la Déclaration des droits de l’homme (Passés / Composés, 2022, 476 pages, 24€).

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Gambetta : fondateur de la République ? avec  Gérard Unger

Gambetta : fondateur de la République ? avec Gérard Unger

2 juin 2022· 50:58

Le 3 décembre 1851, le député Alphonse Baudin meurt sur une barricade, élevée pour contester coup d’état du 2 décembre 1851 du futur Napoléon III. Des journalistes hostiles au pouvoir lancent une souscription en 1868 pour l’érection d’un monument à la mémoire de celui qu’il voit comme un héros républicain. Un procès est ouvert contre les agitateurs. À cette occasion, un jeune avocat méconnu galvanise l’auditoire de sa verve impertinente et enflammée. La plaidoirie du jeune avocat se remarque, son éloquence devient légendaire. C’est ainsi que Léon Gambetta, « entre par effraction sur la scène du monde ». C’est en défendant des accusés républicains qu’il entame sa conquête de la République. Quelle a été sa véritable participation à la chute du Second Empire ? Que dire de son évolut ion politique ? A-t-il le parcours "classique" d'un homme politique de la Troisième République ? Peut-on définir la gauche à partir de la figure de Gambetta ? Peut-on le voir comme le père de la Troisième République, voire le père de la République française ?

Notre invité : Gérard Unger a mené une carrière dans le monde de l'entreprise et dans la publicité. Administrateur de l'INA, il est l'auteur d'ouvrages de référence sur l'histoire du Second Empire et de la Troisième République (Histoire du Second Empire (Perrin, 2018), Aristide Briand (Fayard, 2005), Lamartine : poète et homme d'État (Flammarion, 1998)). Il signe une grande biographie sur Gambetta aux éditions Perrin (2022, 480 pages, 25.00 €).

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L'identité française avant la nation ? avec Thierry Dutour

L'identité française avant la nation ? avec Thierry Dutour

30 mai 2022· 50:51

À quoi renvoie la doulce France de la Chanson de Roland ? Quand utilise-t-on pour la première fois l’adjectif « français » à l’époque médiévale ? Que signifie cet adjectif ? Quels sont les rapports entre langue, territoire et histoire ? Avant l’histoire de France, nous devrions-nous pas parler de l’histoire des Français ? Les historiens savent bien que le grand danger et le grand ennemi de l’histoire s’appelle : l’anachronisme. Le dictionnaire Le Grand Robert nous dit que le mot est apparu au début du XVIIe siècle, en 1625. « Anachronique » vient de ana en grec, qui signifie en arrière et de Kronos qui signifie le temps. L’anachronisme désigne la confusion des dates mais aussi l’attribution à une époque de ce qui appartient à une autre. Or Storiavoce se penche aujourd’hui sur un anachronisme : la nation France. En écho de l’émission « Quand la France commence-t-elle ? », cet entretien propose une réflexion sur la notion de nation et d’identité à l’époque médiévale. Thierry Dutour est maître de conférences HDR à Sorbonne Université. Il est notamment l’auteur de La Ville médiévale. Origines et triomphe de l’Europe urbaine (Odile Jacob, 2003) et Sous l’empire du bien. « Bonnes gens » et pacte social (XIIIe -XVe siècle) (Classiques Garnier, 2015). IL vient de publier La France hors la France, l’identité avant la nation (Vendémiaire, 372 pages, 24€).

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Être entrepreneur au Moyen Âge : l'histoire d'un cordier d'Avignon, avec Mélanie Dubois-Morestin

Être entrepreneur au Moyen Âge : l'histoire d'un cordier d'Avignon, avec Mélanie Dubois-Morestin

25 mai 2022· 48:39

À partir de la découverte, de l'étude et de l'analyse d'un livre de raison d'un cordier avignonnais, l'historienne Mélanie Dubois-Morestin nous ouvre les portes du monde de l'entrepreneuriat médiéval. Qui sont les entrepreneurs au Moyen Âge ? Comment gèrent-ils leurs affaires ? Grâce à une source inédite, l’auteur nous plonge au XIVème, après la période de la grande peste, au cœur de la cité des papes, pour suivre l’aventure entrepreneuriale de l’artisan cordier Jean Teisseire. « Veuille toujours te souvenir de bien écrire tes affaires ; afin qu’elles ne te sortent de la tête , écris-les aussitôt » dit un proverbe génois. Et c’est ainsi que Jean Teisseire conserve avec minutie les traces de son activité dans son « livre de raisons » riche de plusieurs centaines d’actes notariés. Ce livre de raison nous introduit dans l’intimité de ses boutiques et de ses ateliers, et nous fait entrevoir entrevoir la réalité d’un homme au travail au XIVème siècle. Nous découvrons la carrière d’un gestionnaire, ses réseaux professionnels et ses réseaux d’amitiés à l’échelle d’un quartier, d’une région et d’un continent, l’Europe.

L’invitée : Mélanie Dubois-Morestin est ancienne élève de l’École Normale supérieure de Paris (ULM), agrégée d’histoire, docteur en histoire médiévale et professeure en CPGE littéraire au lycée Gambetta Carnot d’Arras. Elle vient de publier Être entrepreneur au Moyen Âge, Jean Teisseire, artisan cordier d’Avignon (Presses Universitaires du Septentrion, 404 pages, 30€).

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L'Empire romain expliqué par le sesterce, avec Donatien Grau

L'Empire romain expliqué par le sesterce, avec Donatien Grau

12 mai 2022· 44:24

Au milieu du XXe siècle, l’historien britannique Arnold Hugh Martin Jones affirmait dans un texte consacré à la numismatique et à l’histoire qu’il était peut être mieux pour les numismates de prendre moins au sérieux les pièces anciennes, leurs types ainsi que leur légende. Storiavoce vous propose aujourd’hui de faire mentir cette affirmation en nous transportant à l’époque romaine. Et si la monnaie était plus qu’une histoire économique mais bien une histoire politique, autant qu’une histoire de réception et de représentations ? Que nous disent les monnaies de cette histoire politique ? Comment et où frappait-on monnaie sous l’empire ? Les monnaies d’Auguste sont-elles comparables à celles de Constantin trois siècles plus tard ? La même monnaie était-elle utilisée dans l’ensemble des provinces impériales ? Ces monnaies sont-elles enfin le reflet de ce que nous appellerions une civilisation ?

Notre invité : Depuis dix ans, Donatien Grau exerce des fonctions universitaires (Ecole Normale Supérieure, Sorbonne) et muséales (Getty, musée d'Orsay, musée du Louvres). Docteur en littérature française et comparée, en littérature moderne et histoire de l'art, et en sciences historiques et philologiques, il est l'auteur à la fois de travaux savants (Néron en Occident, 2015, Le Roman romain, 2018), et d'écrits contemporains (Plato in L. A., 2018, Le Musée transitoire, avec Emanuele Coccia, 2018). Il co-dirige la collection Figures aux éditions Grasset et vient de publier aux Belles Lettres : La Mémoire numismatique de l'Empire romain (518 pages, 43€).

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