
À propos de cet épisode
La réforme de la justice criminelle, portée par le ministre de la Justice Gérald Darmanin, est examinée cette semaine par le Sénat. Le projet de loi prévoit notamment une nouvelle procédure de plaider-coupable. Si l'accusé reconnaît intégralement les faits, le temps entre l'instruction et le procès est diminué, tout comme l'audience qui se déroulerait sans témoins ni experts appelés à la barre. Sa peine pourrait être réduite aux deux tiers. L'objectif est de raccourcir les délais de jugement et ainsi de désengorger les tribunaux. La situation française est en effet critique : 6 000 dossiers criminels sont en attente de jugement et l'année 2026 verra très certainement des accusés libérés avant qu'ils ne soient jugés. Face à cette réforme, la profession est divisée. Des avocats plaident pour une évolution du fonctionnement de la justice tandis que d'autres alertent sur une potentielle atteinte aux droits de la défense et des victimes. Le Conseil national des barreaux appelle à des journées "justice morte". Le plaider-coupable met-il en danger les droits des victimes comme l’affirment certains avocats qui parlent d’une dérive américaine ? Cette mesure est-elle la réponse adaptée à la crise que subit la justice française ? Comment fonctionnent les systèmes judiciaires de nos voisins européens ? On en débat avec Louis DEGOS, bâtonnier de l’Ordre des avocats du Barreau de Paris, Dominique VÉRIEN, sénatrice centriste de l’Yonne et co-rapporteure du texte sur le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes et Béatrice BRUGÈRE, secrétaire nationale du syndicat Unité Magistrats FO.
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