Extimité
Society & Culture

Extimité

Par Extimité

Réseau : Association Extimité

48 épisodes

Douce Dibondo & Anthony Vincent donnent la parole à des personnes qui partagent leur intimité, leurs luttes et victoires face aux discriminations.Si vous avez apprécié ce podcast natif indépendant, pensez à nous mettre 5 étoiles.

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Épisodes

Episode 39 - Lou

Episode 39 - Lou

1 mai 2022· 1:02:35

« Quand j’ai commencé à construire des relations avec des personnes asiatiques et racisées ça a débloqué un truc en moi qui est de l’ordre de la tendresse et de la douceur. Et pareil, lorsque je suis devenue lesbienne et que j’ai accepté cette part que je voulais voir éclore mais que je m’interdisais… Je pense que c’est ça qui fait que j’arrive à avoir un rapport plus apaisé à moi-même ». 


Lou, bientôt 26 ans, autrice, fondatrice de la page @Lachargeraciale se voit comme palimpseste, faite de plusieurs couches. 


De son enfance solitaire, elle évoque des souvenirs flous, nimbés de honte. Celle d’être renvoyée à la différence, celle d’être entourée de personnes asiatiques, celle de son rapport à ses parents adoptifs, celle face au racisme quotidien dans le monde de la norme blanche.


Lou constate la violence qu’est l'assimilation inhérente à l’adoption internationale, le sentiment de redevabilité permanent que portent souvent les personnes adoptées. Elle partage aussi comment elle a réussi à gérer l’ambivalence qu’elle a ressenti durant son enfance et son adolescence: polarisée entre la peur que ses parents adoptifs l’abandonnent et leurs biais racistes de personnes blanches.


De cette colère naît la nécessité d'une cassure pour reconstruire des ponts, ce qui lui permet par la suite d’être lucide sur l’impossibilité d’empathie de ses parents, l’acceptation du silence et celle de ne pas être totalement vue par elleux.


Lou se replonge dans ses rêves d’ado qui se résume à un désir de reconnaissance et de revanche qu’elle impute au sentiment de recevabilité, mais à ses croyances de méritocratie, grâce à ses études à Sciences Po. Selon elle, les grandes écoles cloisonnent la créativité et le rapport à l’oeuvre. Désormais elle privilégie l’écriture automatisée pour déployer cette créativité, en retournant à l’essence : retombée en enfance grâce à un rapport plus vrai, plus viscérale, plus émotionnel à la lecture; afin d’échapper au syndrome de la bonne élève. Ce retour lui permet un lien plus étroit à son intériorité et sa corporalité. Lou dénonce aussi la contrainte du travail, qui entache voire annihile la possibilité de création. 


Pour Lou, le travail ne laissant la place qu’à la fatigue et aux besoins primaires, le chômage est un moment de respiration. Grâce à lui, elle avoue vivre « sa meilleure vie », prenant enfin le temps de recoller toutes les parts d’elles et tenter d’en faire quelque chose.


L’amour envers la communauté lui ouvre aussi des portes vers la tendresse et la douceur. Malgré la confusion qu’a été son devenir lesbien, lorsqu’elle a enfin fait son "coming-out tardif", malgré la crainte non pas des hétéros mais de la communauté, qui s’octroie le droit d'être la sentinelle et de distribuer les "bons points de lesbiennes". 

 

Enfin, Lou nous dévoile ce qui lui procure de la force, avant de répondre à l’ultime question de l’épisode. 


Bonne écoute !


Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.


Pistes sonores utilisées :

Heat Lightning - Mitski 

Moon River - Frank Ocean

Me in 20 years - Moses Sumney


Le générique est un extrait du morceau "To Na Bi" de l'artiste Persian Empire.


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Episode 38 - Noam

Episode 38 - Noam

27 mars 2022· 1:05:58

Pour ce 38eme épisode, Douce Dibondo tend le micro à Noam, 26 ans, qui se décrit comme une "personne trans queer et racisée, d'origine marocaine et algérienne", assistant caméra, qui écrit en prose et par automatisme.


Noam se raconte dans une urgence, celle de recoller les morceaux de son enfance et de son adolescence assez floues nimbées de solitude et de honte, son rapport à sa famille, comment internet et la culture pop l'ont aidé à se construire. Noam réalise aussi comment l'urgence de son devenir trans l'a sauvé d'une vie qui n'était pas la sienne.


Il évoque aussi ce que l'amour représente dans sa vie, le nouveau chemin de vie artistique qu'il ose prendre de façon légitime. En tant que futur réalisateur, il se voit comme en duplicité : d'abord le Noam militant qui souhaiterait rendre hommage à sa culture, aux banlieues, avec des codes bien à lui " sans paillettes". Et l'autre face de lui qui souhaite montrer le banal, les corps, le nu, la simplicité.


Cette imprégnation très forte des images se retrouve aussi dans sa conception de la poésie...

Il raconte enfin sa foi en tant que personne queer musulmane, avant de répondre aux deux dernières questions rituelles du podcast.


Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.


Pistes sonores utilisées :

Texte de Noam publié sur instagram, lu par Douce


Bawrut & Glitter - Fe Samaa


Getty Rafferty - right Down The Line


Le générique est un extrait du morceau "To Na Bi" de l'artiste Persian Empire.


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Episode 37 - Sophye

Episode 37 - Sophye

20 février 2022· 1:18:07

Pour ce retour tout en douceur, Douce s’est entretenue au long cours avec Sophye Soliveau, chanteuse, harpiste et directrice de chœur. A 25 ans Sophye s’expérimente en fractales, à l’image de ces feuilles qui bien nourries à la racine d’un arbre prennent le large, grandies par le chant de l’air et la lumière de la musique. D’apprentissage en projets, d’expériences en réflexion d’un univers intérieur à exprimer d’urgence, Sophye Soliveau se livre et s’élève en Extimité.


Elle évoque brièvement son enfance et son adolescence puis la révélation qu'a été le chant, sa rencontre avec la harpe au conservatoire. Là-bas, la hiérarchie des goûts et de la culture et la prégnance de la suprématie blanche sont omniprésentes. Sophye se remémore l’amertume ressentie face au mythe de l’échelle sociale, l’élitisme et tous les conditionnements qui en découlent, la sensation d'étau au fur et à mesure face à la rigidité, les normes toujours plus dominantes et le rapport à la créativité et à l'inhibition... Et aussi comment elle décide de quitter le conservatoire après 8 ans passées dans l'institution.


Sophye parle aussi de colère, "cette colère qui te déborde et qui te dépasse", celle ressentie en vas-et-viens face au déni du racisme, à la violence du sexisme, au système et une société dans laquelle elle se sent toujours à la marge. Cette colère écrasante qui la pousse d'abord à l'inaction puis vers l'envie de voyager. De son voyage, elle comprend certains de ces questionnements.


Elle nous parle aussi de sa rencontre avec le Maloya musique traditionnelle de la Réunion, ses expériences dans l'industrie musicale. Si elle avoue ne pas savoir définir la musique, Sophye nous livre comment elle perçoit sa musique et surtout ce vers quoi elle souhaiterait qu'elle tende. De la puissance, de la confiance et quelque chose de "sale", loin de des injonctions genrées : du rejet à la lisseur, elle tire aussi le fil de l'étrange,"l'inquiétante étrangeté", de son amour pour Magritte; avant de nous décrire son processus créatif. Enfin, Sophye Soliveau se projette dans dix ans et aspire a plus précision pour sa musique, son instrument et aussi dans son rapport aux autres.


Retrouvez-la sur instagram et sur youtube !



Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.


Extraits sonores utilisés :

Sophye Soliveau - Leave

Sophye Soliveau - Can't Sleep

Sophye Soliveau - Initiation II (wonder why)


Le générique est un extrait du morceau “To Na Bi” de l'artiste Persian Empire.


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Hors-série. UKAMA, le lancement du label par et pour les artistes afrodescendant.e.s

Hors-série. UKAMA, le lancement du label par et pour les artistes afrodescendant.e.s

27 juillet 2021· 1:36:00

Le 10 juillet dernier, Douce Dibondo a été invitée à couvrir le lancement du label UKAMA qui se tenait à la Flèche d’or à Paris. 


Le label UKAMA est le travail de réflexion de la commission culture de la CAAN : la coordination d’action autonome noire dont l’action est le coeur et le moteur. La CAAN est né du sillage de plusieurs organisations noires afin d’améliorer les conditions matérielles d’existence des personnes noires face aux problématiques systémiques que sont le logement, la santé, l’écologie, les papiers, la culture…) avec une volonté claire de créer un mouvement de masse de solidarité, afin d’établir un rapport de force contre l’injustice et les discriminations envers les personnes noires de France et d'ailleurs.


Le lancement du label s’est déroulé tout le long de l’après-midi où des dizaines d’artistes se sont réuni.e.s afin d’échanger sur leur besoin et les modes d’organisation et d’outils nécessaires à l’éclosion et les pérennisation de leurs arts. Elle a donc baladé son micro afin de recueillir leurs propos, leurs interrogations, les propositions émises lors des différents ateliers.


Extrait sonore utilisé :


Réalisation, montage, musique : Iantila

Texte : Jay

Direction artistique : Andz, Jay

Assistant direction artistique : Koba

Voix : Cambrera

Artistes : Andz, Awa, Cambrera, Heimdaihi, Jay, Koba, Laurinda, Mâati, Noembrv, René-Junior, Riddim Mal Kassé, Valia.


Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo (@doucedd) et Anthony Vincent (@anthonyvcnt).


Le générique est un extrait du morceau “To Na Bi” de l'artiste Persian Empire.



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Episode 36 - Morphine
Pride 2020, nos fiertés sont politiques

Pride 2020, nos fiertés sont politiques

12 juillet 2020· 52:17

Episode spécial : Douce Dibondo a promené son micro lors de la pride du 04 juillet 2020 à Paris, organisée par plusieurs collectifs.Dans ce documentaire qui fait office d'archive - pour que vivent nos actions et luttes malgré le silence médiatique qui les entourent. On entend Lou un.e des membres des QueerTrans People of Color expliquer l'origine et l'organisation de cette marche (2:30), puis la des prises de paroles de Mimi (5:06) et Anais (7:15) du syndicat du travail sexuel en France, le STRASS, suivies par Kori (8:14) qui représentait l'association ACCEPTESS-T, avant de laisser la parole à Emilie Dubrowski d' ACT-UP Paris (17:00) QTPOC s'exprime ensuite (20:50) avant le départ de la manifestation.Doue revient aussi sur les retours de racisme de fragilité blanche et de critiques sur le validisme de cette première manifestation en dehors du circuit ordinaire de l'inter-LGBT (29:10).Arrivée place de la République, est entendue Kélisha du collectif FTG (Femme Trans Gang), suivie de Lexie (@agressively_trans). Pour conclure, les prises de paroles de fin de marche, Giovanna Rincon, militante et porte parole du STRASS, directrice d'Acceptés-T prend la parole (43:10).Ce podcast indépendant est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.Réalisation et montage : Douce Dibondo.Voici l'appel lancé il y a maintenant deux semaines, qui a réuni plus de 7000 personnes de la place de Pigalle à celle de République, un fameux samedi 04 juillet 2020 à Paris.NOS FIERTÉS SONT POLITIQUES Nous, gouines, bi·e·s, trans, pédés, intersexes appelons à manifester ce samedi 4 juillet. Nos communautés ont été durement touchées par la crise du COVID et le confinement, dont les premières victimes ont été celleux parmi nous qui sont les plus précaires : les personnes queer racisées, et/ou TDS et/ou séropo et/ou handi et/ou pauvres et/ou issu•e•s des classes populaires, avec ou sans papiers.Dans ce contexte d’inégalités toujours plus fortes, qui s’inscrit dans une longue histoire d’oppression blanche et patriarcale mais aussi dans la politique d’exploitation, précarisante et répressive menée par le gouvernement, nous voulons unir nos luttes pour proclamer nos fiertés et brandir notre colère.Malgré l'instrumentalisation de la crise sanitaire par les gouvernements pour faire taire la contestation sociale, des manifestations antiracistes contre les violences policières ont lieu partout dans le monde. Nous appelons nos communautés à participer à ce mouvement, auxquels nombre d'entre nous participent déjà en tant que personnes concernées par les violences racistes ou en solidarité.Face aux violences racistes, sociales, LGBTIphobes et misogynes, nous revendiquons nos droits à une existence débarrassée de l’oppression patriarcale qui nous tue, nous maltraite, nous psychiatrise, nous viole, nous expulse, nous mutile, nous exploite et nous silencie.Cette manifestation est avant tout mise à disposition des collectifs de lutte et individu·e·s pour que chacun·e puisse crier ses fiertés et porter ses revendications. Vous êtes invité·e·s à vous en emparer, cette journée sera ce qu’on en fait collectivement. Les collectifs et personnes présentes pourront donc s’auto-organiser tant sur le plan sanitaire que pour le service d’ordre. Face à la pandémie et à la répression, il en revient à la responsabilité de chacun·e de s’impliquer pour le bon fonctionnement de la manif et la protection des personnes présentes.343 racisé.e.s Acceptess Transgenres Act Up-Paris AIDES Assemblées Géniales Queer VNR Collectif Archives LGBTQl ARCL Ardhis BAAM La BAFFE La Barbe-groupe d'action féministe Barbi(e)turix Bi'Cause Caélif Cagoule Rouge et Cagoule Noire Censored Magazine CLAQ - Comité de Libération et d'Autonomie Queer Clé Autiste Le coin des LGBT+ Collectif Existransinter Collectif Irrécupérables Collectif Féministes RévolutionnairesLes Colleuses Afroféministes Les Colleuses La rue est aux Putes Couvent des 69 Gaules...


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Episode 35 - Audrey

Episode 35 - Audrey

28 juin 2020· 1:11:13

"Dans la lutte anti-raciste, les LGBTphobies ne sont pas encore prioritaires", déplore Audrey, dans l'épisode 35 d'Extimité. Cette femme queer et noire, juriste, blogueuse sur daybyaudrey.com et fondatrice de l’association Sorore Ensemble, y évoque notamment : 

Son enfance, banale en apparence, marquée par des violences éducatives et sexuelles au sein de sa famille (04:00). Comment elle a porté plainte à l’âge de 18 ans pour obtenir justice (07:00) : “Ça allait en fait, j’étais cool, je travaillais, j’avais un enfant, j’arrivais à fonctionner malgré ce qui était arrivé. Mais le déni s’est estompé, et ça a été une grosse claque.” La difficulté à admettre qu’on puisse être victime d’un parent, “quand les personnes garantes de notre sécurité sont celles qui nous font du mal” (14:00). Comment elle a conjugué sa vie d’étudiante en droit à celle de mère, bientôt célibataire (26:00). Son rapport à la justice, “qu’on voudrait pour tout le monde” (32:00) : “Derrière les condamnations et décisions de justice, où sont les réparations de ce qu’on a vécu ? Il y a tout un travail à faire sur la prise en charge des traumatismes. On peut sortir “gagnant·e·s” d’un jugement, mais ça ne répare pas physiquement, mentalement, émotionnellement.” L’homoparentalité (41:00) et comment elle a accepté son identité queer, après avoir longtemps performé la cishétéronormativité (45:00) : “Depuis que je considère qu’il est ok d’être moi-même, tout s’articule beaucoup plus facilement. Je n’ai plus à cacher ma vie sentimentale à mes enfants, par exemple.” Son rapport à la communauté LGBT+ (50:00) : “C’est fatiguant de se sentir minoritaire parmi les minoritaires.” Comment les questions LGBT+ sont abordé·e·s (ou non) au sein des communautés noires (59:00). La fierté d’être une parent queer (1:04:00). 


Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.


Pistes sonores utilisées 

SiR - “John Redcorn”

The Fugees - “Zealots”

Tanerelle - “Nothing without you”


Audrey vous recommande :

Le roman “Bone” d’Yrsa Daley-Ward

L’essai “Ainsi soit-ell”e de Benoite Groult 

L'essai “La mise en scène de la vie quotidienne” du sociologue Erving Goffman (tome I et II)

L’essai “Bad feminist” de Roxane Gay 


Le générique est un extrait du morceau “To Na Bi” de l'artiste Persian Empire.


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Journal Extime #7
Journal Extime #6

Journal Extime #6

26 avril 2020· 36:29

Durant le confinement, Extimité propose des Journaux Extimes d'invité.e.s des saisons 1 et 2. Dans cet épisode, Anthony introduit les témoignages de Marie-Odile et Virginie autour de la médiation et de la réception de l'art.


"Bonjour Douce, 

Fini, ça va finir, ça va peut-être finir. Ce confinement va peut-être un jour connaître une fin dans un demain encore lointain. En attendant, merci d’avoir partagé ton journal extime, accompagné par Safia et Yanis. […]

Je n’ai aucun conseils à te donner d’un point de vue créatif, mais je peux seulement t’encourager et te soutenir, car je sens bien à quel point il importe d’écouter, de lire, et d’apprécier d’autres voix. Justement parce que cela fait trop longtemps qu’on prend pour acquis une vision si étroite de ce que peut être l’universel. Au début du confinement, je me souviens avoir lu sur Twitter avec beaucoup d’amusement des personnes parodier les journaux de confinement de grands auteurs et autrices publiés dans des quotidiens nationaux. Si leur style d’écriture et leur mode de vie pouvaient être imités si facilement, c’est bien parce que cela fait des siècles que seule une partie de la population s’octroie le droit de dicter sa vision du monde comme étant la seule expérience valable. Et qu’à force, on la connaît par coeur.


C’est l’une des raisons pour laquelle ça fait belle lurette que je lis surtout des oeuvres écrites par des femmes et des personnes LGBT+. 

Je crois qu’on a toutes et tous commencer à comprendre que les représentations étaient importantes. C’est même devenu un super moyen pour Netflix de cartonner en mettant des personnes LGBT+ et racisées dans toutes les séries. Mais j’ai l’impression que c’est l’arbre qui cache la forêt. Qu’on en oublie à quel point il importe qu’on puisse aussi se doter des moyens de produire et mettre en scène d’autres expériences et visions du monde. Et pas que dans les séries et au cinéma, mais aussi au théâtre, dans la peinture, dans la musique, ou encore dans la littérature.


Et pour cela, on a aussi besoin d'éditrice et d’éditeur, de productrices et de producteurs, de directrices et de directeurs de lieux culturels et de médias, de commissaires d’exposition, et de critiques qui ont compris à quel point cela peut être enrichssant pour toutes et tous. C’est même un enjeu de justice, à mes yeux, en fait. Bref, il ne s’agit pas seulement de raconter des histoires, mais bien aussi d’encourager leur production et leur réception. Afin que ces visions ne soient pas uniquement cantonnés aux catégories “musique du monde”, “littérature francophone”, “mode urbaine” et autres expositions exotisantes.


Ça peut sembler loin d’être prioritaire, mais je me demande quand est-ce qu’on pourra retourner vivre des expositions ou aller au théâtre. Parce que j’avoue que ça commence à me manquer terriblement… La question se pose aussi pour se rendre au cinéma ou des concerts, d’ailleurs. C’est pourquoi, suite à la prise de parole d’artiste dans le journal extime 5, Extimité vous propose d’écouter des personnes qui s’occupent de la médiation et de la réception de l’art. D’abord Marie-Odile, galeriste dans l’art contemporain, que vous avez déjà pu entendre dans l’épisode 12. Puis Virginie, critique et créatrice du coffret culturel Nooru Box, déjà entendue dans l’épisode 19.

Bonne écoute, à très vite.

Anthony"

 

Montage et réalisation : Anthony Vincent. 

 

Ce podcast est une création originale et totalement indépendante de Douce Dibondo et Anthony Vincent.

Le générique est un extrait du morceau "To Na Bi" de l'artiste Persian Empire.

 

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Journal Extime #5

Journal Extime #5

19 avril 2020· 28:53

Extimité s'adapte au confinement décrété le 17 mars 2020 en France. Dans les journaux extimes se succèdent d'ancien.ne.s invité.e.s des saisons 1 et 2. Dans cet épisode Douce introduit les journaux extimes de Safia et Yanis, tout.e.s deux artistes.


"Cher Anthony, 


Nous sommes le dimanche 19 avril 2020. 


Il a été annoncé que le début de notre délivrance adviendrait peut-être à partir du 11 mai, date à laquelle on pourrait peut-être espérer un début de déconfinement. D’ici là, comme ont dit, demain c’est loin.


Et je lisais un article sur Slate évoquant la difficulté que beaucoup de gens rencontraient pendant le confinement : celle de ne pas parvenir à se distraire pleinement. Comme un sentiment d’éternel retour dans une réalité à laquelle on ne pas échapper, même pas grâce à l’imaginaire. Comme si notre capacité à nous évader était censurée par un esprit bien trop inscrit dans le temps présent (quelque peu anxiogène). Bon, pour dire vrai, ce n’est pas aussi angoissant que ça ne semble l’être pour moi, mais il est intéressant de constater à quelle vitesse et intensité notre monde psychique peut être chamboulé. Tu parviens, toi, à te plonger complètement dans un loisir ? 

(...)

L’autre jour j’ai regardé un live instagram de Laura Nsafou et Kiyémis, deux autrices afroféministes. Elles y animaient un atelier d’écriture qui s’est très vite transformé en discussion sur le processus d’écriture et comment en tant que personnes minorisées il nous était difficile d’écrire et surtout, d’incarner l’action et le statut que revêtent nos mots. Qu’il se nichait dans nos psychés des mécanismes d’autocensures, alors que nous avons sous les doigts, des vécus multiples qui n’attendent qu’à être écrits. Pourtant, se dire autrice, poétesse, dramaturge etc relève d’une bataille en soi. Se dire et se présenter à la face du monde comme artiste, est perçu comme un affront, comme quelque chose d’inatteignable pour nous.


Dans ce sixième journal Extime, Safia Bahmed-Schwartz, chanteuse et peintre que nous avions reçu dans d’Extimité raconte son confinement et à quel degré il a remué sa vie d’artiste. Puis c’est au tour de Yanis également reçu dans le podcast, qui se livre sur cette tranche de vie d’artiste, désormais suspendue...


Je te dis à bientôt,

Douce"


Montage et réalisation : Douce Dibondo. Avec un extrait du livre audio Bakhi de Véronique Olmi.


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Journal Extime #4

Journal Extime #4

13 avril 2020· 15:36

Extimité s'adapte au confinement décrété le 17 mars 2020 en France. Dans les journaux extimes se succèdent d'ancien.ne.s invité.e.s des saisons 1 et 2. Dans ce quatrième journal extime, Anthony raconte comment la crise du COVID-19 semble répéter l'histoire. Puis il laisse place à Miguel, invité de l'épisode 09 du podcast, pour parler du devoir de mémoire du génocide contre les Tutsi au Rwanda


"Chère Douce, nous sommes le lundi 13 avril, il est 23h, et je sais déjà que je ne vais pas réussir à dormir. Alors je vole quelques minutes à la nuit pour te répondre au lendemain de ton passage. Demain me semble encore si loin. Si la planète continue de tourner au même rythme, c'est l'humanité qui semble s'être mise sur pause. 

Tu parles du regard de l'Occident tourné vers l'Afrique. Hier, d'abord plein d'incompréhension, puis d'envie de la part de nouveaux coronisateurs. Aujourd'hui ils y voient un continent cobaye où tester d'éventuels traitements et vaccins. D'après le dernier décompte de l'AFP au 13 avril 2020, plus de 12 800 contaminations et environ 700 morts ont été recensées officiellement en Afrique. En Europe, nous en sommes à 871 000 cas et 71 000 décès recensés. Or, le nombre de lits disponibles dans les unités de soins intensifs ne dépasse pas cinq pour un million d’habitants en Afrique, contre 4 000 en Europe, d'après l'OMS. 

Alors, demain ce sera peut-être l'hécatombe en Afrique. Et c'est sans doute la peur de cette éventualité qui pourrait persuader l'Afrique de vouloir jouer les cobayes pour le reste du monde.

Quant tu parles d'humanité amoindries, ça m'a fait penser au livre "Le Ventre des femmes: Capitalisme, racialisation, féminisme" de Françoise Vergès. La politologue y raconte comment dans les années 1960-1970, l'État français a encouragé l'avortement et la contraception dans les départements d'outre-mer alors même qu'il les interdit et les criminalise en France métropolitaine. Aujourd'hui encore, tout porte à croire que l'histoire va se répéter : on va à nouveau traiter les personnes racisées comme des corps cobayes, mener outre-mer ce qu'on oserait à peine faire sur le Vieux Continent. 

C'est pour éviter que l'histoire ne se répète qu'on a voulu donner la parole à d'ancienne et d'anciens invités d'Extimité pour qu'elle et il nous parle du génocide contre les Tutsi au Rwanda. 

Comme tu le dis si bien Douce, le confinement représente un moment propice au recueillement. 

Alors Merci Douce d'avoir introduit le témoignage de Jessica qui a résumé les faits historiques. Aujourd'hui, je laisse Miguel, que vous avez pu déjà entendre dans l'épisode 9, nous répondre avec son journal Extime, son rapport au confinement, au Rwanda, et au devoir de mémoire aujourd'hui. 

Bonne écoute."


Montage et réalisation : Anthony Vincent. Avec le morceau "Ibuka" de Suzanne Nyiranyamibwa.


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Journal Extime #3

Journal Extime #3

12 avril 2020· 44:32


L'équipe d'Extimité s'adapte à la situation du confinement, décrété le 17 mars 2020 en France. Dans ce format toujours intime et tourné vers l'extérieur, se succèdent les tranches de vie des invité.e.s reçu.e.s lors des saisons 1 et 2. Dans ce troisième journal extime Douce raconte comment la crise du covid-19 nous intime le souvenir. Puis elle laisse place au journal de Jessica, invitée de l'épisode 31 du podcast.


"Cher Anthony,


Comme je comprends ton besoin de repenser ton avenir en terme professionnelle, le métier de journaliste indépendant que nous avons choisi n’est pas du tout une voie reposante, pour les finances encore moins. Même si la passion est motrice, faut-il tout sacrifier pour elle ? Je ne pense pas. Bien avant la crise sanitaire du covid-19, j’avais déjà pris la décision de m’éloigner de la presse écrite pour me tourner vers celui de la radio/de la production sonore. J’espère que tu trouveras la force de continuer sur le même chemin, ou celle d’en emprunter un autre…


L’état de confinement que nous vivons oblige a regarder le présent en face, tout en guettant l’avenir avec défi et l’intime conviction que beaucoup de choses changeront (...)


Je me suis souvenue. Oui, je te disais plus haut que ces temps confinés traçaient les chemins de plusieurs espaces-temps. Le passé appelle à la mémoire, espace où l’on se réfugie pour ne pas oublier et ne pas recommencer. Cet espace qui pousse à briser le silence et crier, on a connu ça, on a vécu ceci et plus jamais on ne le revivra!


Jessica, que nous avions reçu dans l’épisode 31 nous partage comment elle vit son confinement et surtout ce qu’il signifie en ce mois d’avril, plus particulièrement à la date du 07 avril. Jessica remonte l’espace-temps et fait rejaillir un pan de l’Histoire du Rwanda que l’on ne doit pas oublier. Encore moins en cette période de recueil."


Pistes sonores utilisées dans cet épisode

-Rwanda Avenir de Kimironko, berceuse traditionnelle chantée par les veuves du Génocide, membres de la Maison de quartier

-Nabagwira - Urukerereza


Montage et réalisation : Douce Dibondo.

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Journal Extime #2

Journal Extime #2

5 avril 2020· 43:37

Au 5 avril 2020 face au COVID-19, nous sommes près de 3,4 milliards de personnes confinées. Après Douce, c'est au tour d'Anthony de raconter son confinement : "On parle beaucoup de ce que ça représente d’un point de vue économique, combien d’euros, combien de dollars, mais j’aimerais tant qu’on parle également des conséquences psychologiques d’un tel degré d’isolement. De l'anxiété au trouble de stress post-traumatique pouvant être provoqué par un confinement de si longue durée.

Alors j’ai peur pour celles et ceux qui doivent continuer de travailler aujourd’hui, j’angoisse pour celles et ceux dont la santé est menée par le COVID-19, et je m’inquiète pour le reste du monde de demain. En particulier pour les personnes queer et racisées, qui ont déjà l’habitude de vivre avec une sorte de stress permanent, une forme d’hyper vigilance de leur statut minorisé en société. Je m’inquiète surtout pour ces personnes parce que j’ai l’impression qu’on forme ensemble une grande famille dysfonctionnelle mais choisie.

Une famille extime qui vous inclut également vous, l'audience d'Extimité. Mais aussi les ancien.ne.s invité.e.s, évidemment. Vous avez pu entendre Mélodie, Paya, et Nesrine dans la première partie des journaux de confinement présentée par Douce. Voici maintenant la deuxième partie de nos journaux extimes avec :

— L'artiste Thérèse (05:00) : "J'ai appris à devenir ma meilleure pote." 

— Le psychologue Baba (23:00) : "Nous faisons davantage preuve d'empathie en ce moment." 

— Le médecin Wolky (33:50) : “Le serment d’Hippocrate n’a jamais été aussi amer.”

Avec un extrait du morceau "Messages from her" de Sabrina Claudio.


Montage et réalisation : Anthony Vincent.


Ce podcast est une création ori ginale et totalement indépendante de Douce Dibondo et Anthony Vincent. 



Le générique est un extrait du morceau "To Na Bi" de l'artiste Persian Empire.


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Journal Extime #1
Anthony - Reco cult'

Anthony - Reco cult'

29 mars 2020· 6:38

Avant d’aborder la troisième semaine de confinement, Anthony, co-hôte du podcast, vous propose à son tour une capsule de recommandations culturelles. Autour du soin de soi comme autodéfense.

 

Côté musique, il vous suggère d’écouter la rappeuse franco-vietnamienne George Ka, dont ses titres “Saigon”, “Garçon manqué, fille manquante”, ou encore “Jolies Personnes”, glanables sur les plateformes d’écoute et sur Youtube

 

Côté podcast, il suggère “Manger” présenté par Laurianne Melierre. La journaliste franco-camerounaise y démontre à quel point nos assiettes peuvent être le reflet de notre identité, de nos cultures, et de notre société. Notez aussi que la coach de vie professionnelle Marie Dasylva s’apprête à sortir son podcast “Better Call Marie” donc gardez l’oeil et les oreilles ouverts. 

 

Côté livre, il suggère l’essai “Se Défendre, une philosophie de la violence” d’Elsa Dorlin. Qui a recours à la violence, qui en fait un droit, et qui en fait un crime dans l’histoire ? Particulièrement intéressant à lire aujourd’hui face aux violences policières qui sévissent dans certains quartiers plutôt que d’autres, même en plein confinement. 

 

Côté vidéo, il suggère de (re)regarder “Moonlight” de Barry Jenkins désormais disponible sur Netflix. Ainsi que la chaîne Youtube de Luch, un jeune queer racisé qui raconte avec énormément d’humour ses déboirs amoureux, son passé d’enfant placé, ou ce qu’être métis implique.

 

Côté Instagram, il suggère le compte @LesMainsPaillettes, collectif de personnes queer sourdes et signantes qui dénoncent le validisme, plus précisément l’audisme, pour mieux s’en défendre. Et apprennent au grand public à signer un mot par jour en langue des signes françaises. 

 

Ce podcast est une création originale et totalement indépendante de Douce Dibondo et Anthony Vincent. 

 

Le générique est un extrait du morceau "To Na Bi" de l'artiste Persian Empire.

 

N'oubliez pas de nous rejoindre pour un live ce soir à 18h00 sur notre compte Instagram ! A très bientôt !

 

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Douce - Reco cult'
Episode 34 — Morgan
Episode 33 - Nesrine

Episode 33 - Nesrine

23 février 2020· 1:13:00

"Si je porte un survêtement ? On va me traiter de racaille. Un voile ? De soumise ? Des talons ? Beurette. Dans tous les cas, je vais m'en prendre plein la figure, donc autant être moi-même", résume Nesrine dans l'épisode 33 d'Extimité. 

Elle y évoque notamment : 

Son enfance, du Maroc à la France, bercée par l'ennui, dans un quartier populaire isolé d'une ville de campagne (01:00). Sa scolarité de première de la classe, au milieu du racisme et de la montée du FN (09:00). Son arrivée à Sciences-Po, où elle devait sans cesse prouver son intelligence (14:00). Le harcèlement scolaire qu'elle a subi, parce qu'elle n'est pas "restée à sa place" de banlieusarde (22:00) : "J'ai mis du temps à comprendre que ce n'était pas moi, Nesrine, le problème, mais ce que je leur renvoyais, ce qu'ils projetaient sur moi." La culture de boys' club dans les grandes écoles où il fallait être complices du racisme et du sexisme ambiants pour s'intégrer (28:00). #LaPrécaritéTue ou l'injonction à rester et surtout paraître pauvre afin d'être perçu.e comme suffisamment légitime pour en parler (33:00). Son sentiment d'être transfuge de classe (37:00) : "Être transfuge de classe, c'est ne plus jamais être à sa place nulle part. Je ne serai plus jamais populaire, et ne deviendrai jamais complètement bourgeoise." En quoi la méritocratie n'est qu'un mythe (45:00) : "Le système scolaire est fait pour valider des savoirs, mais surtout des savoir-être sociaux des bourgeois. Pour y parvenir, j'ai dû changer. Mais pas les bourgeois.es." Le déclic Zyed et Bouna en 2005 et les révoltes des banlieues qui lui ont donné envie de devenir journaliste (47:00). Le stéréotype de la beurette (54:00). 


Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.


Pistes sonores diffusées :

Extrait du documentaire "Chercheurs de notre temps Pierre Bourdieu" (France 5, 1991)

Extrait de "J'oublie tout" de Jul

Extrait de l'émission "Apostrophes" où Annie Ernaux était invitée à parler de son ouvrage "La Place" (Antenne 2, le 6 avril 1984) 

Extrait de "À qui la faute" de Kery James et Orelsan


Nesrine vous recommande :

  1. La série "The Wire" pour comprendre comment le journalisme et la sociologie peuvent créer une série entrée dans les annales sur la vie des quartiers populaires américains.
  2. Le livre d'Annie Ernaux "La Place" sur son enfance dans un milieu ouvrier et la vie de son père. 
  3. Le livre du journaliste Nadir Dendoune "Nos rêves de pauvres" qui explique comment on reste, malgré l'ascension sociale, des enfants populaires issus de l'immigration. 
  4. La pièce de théâtre "A vif" de Kery James qui posent la question de la responsabilité de la situation dans les banlieues françaises.
  5. Le livre d'Edouard Louis "Qui a tué mon père ?" qui explique que la politique pour les dominants ce sont des divergences de point de vue alors que pour les dominés elle a des conséquences quotidiennes.


Le générique est un extrait du morceau To Na Bi de l'artiste Persian Empire.


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Episode 32 - Ruben

Episode 32 - Ruben

8 février 2020· 1:19:55

"Ce que traversent les personnes migrantes dans ce pays, c'est ce qui pourrait arriver à toutes les autres minorités à la moindre crise politique", affirme Ruben, dans l'épisode 32 d'Extimité.


Il y évoque notamment :

Son enfance comme latino non-blanc au Vénézuéla jusqu'à ses 13 ans (2:30). Suite à l'élection d'Hugo Chávez, sa famille et lui s'installent en France où il doit apprendre la langue et s'adapter malgré le racisme, dont l'exotisation (09:00). Son rapport compliqué à son corps, à la masculinité, et à la sexualité (20:00). La fétichisation (38:00). Son coming-out (42:00) qui lui a permis d'en apprendre davantage sur son oncle mort des suites du sida. Comment la situation socio-économique du Vénézuéla s'est détériorée au point qu'il ne s'imagine plus y retourner (55:00). Son engagement auprès de l'association BAAM Bureau d'Accueil et d'Accompagnement des Migrants) venant en aide aux personnes migrantes et demandeuses d'asile (58:00). Son métier d'ingénieur comme reproduction de la classe sociale de ses parents (1:10:00).


Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.


Pistes sonores diffusées :

FEM'd - Me llamo yo

Kabilito - Mi locura

Olé Olé - No controles

"Alice Diop : L'exil raconte le bouillonnement du monde" entretien du documentariste William Karel


Ruben vous recommande :

- Série TV: VIDA de Tanya Saracho

- Tout le travail artistique de Daniel Arzola, artiviste vénezuelien qui a fait la série "No soy tu chiste" (im not your joke).

- L'album "Pero no pasa nada" de Amaia

- "La mécanique raciste", livre de Pierre Tevanian,

- La série espagnole Paquita Salas sur Netflix


Le générique est un extrait du morceau To Na Bi de l'artiste Persian Empire.


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Episode 31 - Jessica
Episode 30 - Mischa

Episode 30 - Mischa

12 janvier 2020· 1:27:32

"À chaque fois que je vais à l'hôpital, je dois mentir à mes ami.e.s. Plus je grandis plus je suis en décalage avec mes copains qui sont plus "normaux" que moi, et je dois trouver des excuses aussi pour ça. Quand je prends mes médicaments, je dois trouver une excuse... Au bout d'un moment, ta vie n'est plus qu'un immense mensonge", constate Mischa, militant intersexe, dans l'épisode 30 d'Extimité.


TRIGGER WARNING : Cet épisode traite notamment de violences médicales, de mutilations sexuelles, et de pédocriminalité. 

Ce qu'il voit dans le miroir "en tant que personne intersexe dont la variation est relativement visible et qui garde des traces des opérations et traitements" (02:00) : "Quand je regarde mon corps, je ne vois rien. Car je suis en total dissociation avec lui."

La définition d'une personne intersexe (4:00) : "une personne dont le corps ne correspond pas aux définitions traditionnelles d'une anatomie dite masculine ou féminine. Elle se situe dans le spectre qui existe entre les deux. On compte une quarantaine de variations du développement sexuel. Au-delà de l'approche anatomique, ce sont surtout des personnes qui ont vécu une invalidation médicale et sociale de leur corps." 

Son enfance rythmée par les opérations normatives et correctrices répétées, dont en Lituanie (5:30) : "J'avais des petites récompenses à la fin des 'examens' [génitaux]. C'est complètement perturbant : t'es récompensé d'avoir été violé (21:00)."

Les conséquences sur sa santé mentale, son rapport aux autres, et au consentement (33:00) : "Quand nous grandissons face à des médecins qui ont le droit de nous photographier, nous palper, nous pénétrer, et sans que nous puissions dire 'non', ça nous apprend que notre corps ne nous appartient pas. Ça nous inculque que le consentement ne nous concerne pas, que les adultes peuvent bien faire ce qu'ils veulent de notre corps, puisqu'il est si bizarre que c'est mérité."

Son adolescence en famille d'accueil et l'omerta autour de son intersexuation (45:00).

Le déclic qui l'a conduit à son coming-out intersexe, puis à s'engager pour les personnes intersexes (50:00). 

L'importance du Collectif Intersexe et Allié·e·s https://cia-oiifrance.org/ (1:00:00). 

La difficulté à se projeter dans l'avenir et à relationner (1:12:00).

La fatigue militante (1:19:00).


Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent. Merci à notre stagiaire Camille pour son aide dans cet épisode.


Pistes sonores diffusées :

Discours de Mischa lors de la Marche des fiertés (29 juin 2019 https://www.youtube.com/watch?v=QB_SPkL07h0).

The Weeknd - Can't feel my face.

Mischa - Was it worth it.


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Épisode 29 - Thérèse

Épisode 29 - Thérèse

29 décembre 2019· 1:17:11

"J'invite les gens à ne pas avoir peur d'être libres", déclare Thérèse, chanteuse du groupe La Vague, dans le 29e épisode d’Extimité. 

Elle y évoque notamment : 

Pourquoi elle se voit comme un arc-en-ciel : "la rencontre de la pluie et du beau temps, pleine de couleurs" (2:30).

Pourquoi "être unique est bien plus beau que d'être parfait" (5:00). 

Son enfance mélancolique en banlieue et sa scolarité exemplaire (6:00). 

Être zèbre (20:00) : "Je ne savais pas à l'époque que je faisais partie de ces personnes qu'on appelle des zèbres. Cela se caractérise par un quotient intellectuel supérieur à la moyenne, et surtout un quotient émotionnel surdéveloppé. Cette hypersensibilité peut déboucher parfois sur de la synesthésie, ce qui est mon cas." 

Son rejet de la culture asiatique (23:00) : "C'était comme s'automutiler."

Son éducation non-genrée et sa découverte de la sexualité (27:00). 

Sa reconnexion à son identité asiatique (30:00) et comment la mort de Chaolin Zhang a fédéré les Asiatiques de France [ce couturier chinois de 49 ans est décédé après un vol violent perpétré par trois jeunes hommes le 7 août 2016].

Sa vision de la liberté (45:00)

Sa relation à la musique (52:00) : "Je trouve qu'il n'y a rien de plus beau que de faire du populaire exigeant."

Son grand saut professionnel (55:00), d'une carrière toute-tracée dans le marketing, à la musique et la mode.

Son groupe de musique, La Vague, et comment la scène l'a réconciliée avec son image (1:01:00).


Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.


Pistes sonores diffusées :

Fierté - La Vague

Dernière saison - La Vague

Lemme Be - La Vague

Le poème "The laughing heart" de Charles Bukowski


Thérèse vous recommande : 

- Le roman "Paname Underground" Johann Zarca

- Le film "Les Rivières" de Mai Hua

- Le documentaire musical MIA, Matangi / MAYA / MIA 

- Le livre des Les 5 Blessures" de Lise Bourdeau et "Risquer la Liberté" de Fabrice Midal 

- Le Musée Soulages à Rodez, (Aveyron) « Parce que la beauté naît de la rencontre entre le noir et la lumière, l’un sans l'autre n'ont aucune valeur »


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Episode 27 - Agy

Episode 27 - Agy

1 décembre 2019· 1:20:47

"Avant, je ne comprenais même pas le concept de l'amour. Ça avait l'air sympa, mais je ne savais pas gérer mes émotions, ni me connecter à d'autres individus", raconte Agy dans l'épisode 27 du podcast Extimité. 

Elle y évoque notamment : 

(3:00) Son enfance près de Versailles, comme l'une des rares maghrébines à l'école

(10:00) Son arrivée en lycée pro où elle a socialisé avec d'autres personnes noires et arabes dont elle partageait les codes

(12:00) Son entrée en fac de sociologie, contre les déterminismes sociaux justement

(16:00) L'illettrisme de sa mère

(20:00) Comment le corps médical traite les personnes racisées ou le syndrome méditerranéen 

(30:00) Son rapport aux personnes sans-abri et comment elle a créé l'association La Rue Tourne

(49:00) La condition spécifique des femmes sans-abris

(58:00) Son rapport à ses émotions, en tant que responsable d'une association et autiste

(1:03:00) Son amoureuse et le concept des flammes jumelles

(1:09:00) La question du coming-out auprès de sa famille

(1:15:00) La lesbophobie


Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.


Pistes sonores diffusées : 

. Extrait du film "Fight Club", de David Fincher (1999) 

. Extrait de la chanson "At Last", de Etta James

. Extrait du poème "Healing" de Nayo Jones

. Extrait d'une vidéo réalisée par Agy et Mourad sur l'alchimie


Les recommandations culturelles d'Agy : 

. L'album "Trip" de Jhene Aiko

. Le roman "Brooklyn" de Colm Toibin

. Le film "Les Misérables" de Ladj Ly

. Le film "American Son" de Kenny Leon

. Le magazine Paulette


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Episode 24 - Ettore

Episode 24 - Ettore

20 octobre 2019· 1:11:14

"Je n'arrivais pas à survivre, à transitionner dans mon milieu d'origine", raconte Ettore dans l'épisode 24 d'Extimité. Ce migrant italien, étudiant, illustrateur, poète, et travailleur du sexe y évoque notamment : 


. (03:00) Son enfance solitaire en Italie où il a très tôt voulu exprimer sa transidentité : "Dire que je suis un garçon à ma mère est l'un de mes tous premiers souvenirs."


. (19:30) Ses différents coming-out et premiers contacts avec la communauté queer


. (26:00) En quoi sa queerness influe sur sa classe sociale


. (36:00) Les violences possibles dans les soirées queer : "Je me rends compte à quel point il faudrait mettre un peu beaucoup de féminisme dans le monde gay !" 


. (51:00) Ses dessins et ses poèmes


. (57:00) Le travail du sexe en tant qu'homme transgenre : "Quand je travaillais comme vendeur en boulangerie, j'étais beaucoup plus souvent mégenré par mes client.e.s. et questionné sur mon identité. Maintenant que je suis travailleur du sexe, mon corps dans sa transidentité la plus visible n'est pas du tout remis en question, c'est assez beau et empouvoirant."


. (1:05:30) Sa relation au maquillage


. (1:09:00) Ses ami.e.s queers qui sont sa famille choisie et lui donne de la force


Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.


Pistes sonores diffusées :

. "It's ok to cry" — SOPHIE

. "Main bitch" — M¥SS KETA

. "Smisurata preghiera" — Fabrizio De André


Les 5 recommandations culturelles d'Ettore : 

. "Night sky with exit wounds", recueil de poèmes de Océan Vuong, son poète préféré. 

. "Clarity", album de Kim Petras, sa plus récente obsession 

. "Euphoria", une série américaine "qui décrit de façon si belle et pertinente tellement de situations vécues sur ma propre peau". 

. "Tangerine" (2015) de Sean S. Baker, "film drôle et kitsch qui aborde sans voyeurisme et avec plein de justesse, la prostitution, la transidentité, et l'amitié entre soeurs trans."

. "By Hook or By Crook" (2001), de Harry Dodge et Silas Howard, "un film réalisé par deux réalisateurs trans qui se mettent eux-même en scène"


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Episode 23 - Marina

Episode 23 - Marina

6 octobre 2019· 59:19

« Quand une personne handicapée arrive à travailler et se "normaliser", la société validiste la met sur un piédestal : "si elle y arrive, pourquoi tous les handicapé.e.s n'y arrives pas ?"», raconte Marina dans l'épisode 23 d'Extimité.


Elle y évoque notamment : 


(1:30) Son enfance heureuse en tant que fille modeste d'immigrées portugais dans un quartier aisé de Paris


(06:00) Son accident de voiture à 16 ans en 2004, qui l'a brutalement fait passer de jeune fille à jeune femme handicapée


(11:00) En quoi son handicap moteur a changé la place physique mais aussi social qu'elle occupe


(12:00) Comment se sentir adulte quand on a peu d'autonomie


(14:00) Comment elle a d'abord chercher à s'autonomiser et se "normaliser" le plus possible, au-delà des limites de son corps


(17:30) Son éveil militant 


(23:00) La mise en compétition des personnes handicapées entre celles que la société validiste enferme dans le cliché misérabiliste d'assisté.e et celle qu'elle érige en modèle


(26:00) Le validisme


(36:00) Les violences sexistes et sexuelles que peuvent subir les femmes handicapées


(40:00) Le Body Positivism 


(44:30) Comment elle s'entend avec son corps et son genre aujourd'hui


(49:30) Les représentations des personnes handicapées


(53:30) L'injonction à l'exemplarité


(57:00) Ce qui lui donne de la force


Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.


Pistes sonores diffusées :

 Jasmine Sokko - Tired

Alvvays - Archie, Marry Me 

Sleepy Fish - I wish it would never stop snowing


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#FestivalExtimité - Documentaire sonore
#FestivalExtimité - Table Ronde - Vous Avez Dit Convergence Des Luttes ?

#FestivalExtimité - Table Ronde - Vous Avez Dit Convergence Des Luttes ?

22 septembre 2019· 1:18:23

Lors du festival Extimité le samedi 07 septembre à la Cité Fertile, Douce Dibondo a convié autour d'une table Jean-Victor Rath Vireah, Sun, et Miguel. Ensemble, ielles s'interrogent sur ce qui définit les marges et le centre. Qui décide du sens de la #convergence ? Qui délimite la majorité et donc le bien commun. Par quels outils idéologiques, comment, pourquoi ? Qui déplace le curseur de l’urgence des luttes ? Quels outils théoriques et pratiques peuvent aider à dépasser l’individuel afin de tendre vers le collectif ?


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#FestivalExtimité - Table Ronde - Militer sans se noyer ?
Episode 22 - Gazelle
Episode 21 - Aïcha

Episode 21 - Aïcha

21 juillet 2019· 1:10:48

"Aujourd'hui, je m'identifie comme gouine et c'est politique. Plus que lesbienne, se revendiquer comme gouine s'inscrit dans un cadre militant féministe." proclame Aïcha dans ce dernier épisode de la première saison d'Extimité. Elle évoque : (3:00) Son rapport à son corps : "Plus jeune, j'ai subi le fait de ne pas avoir un corps qui correspond aux codes [de la féminité], frêle et fin. J'ai toujours été assez costaude. Mais aujourd'hui, j'adore mon corps, j'ai des formes, je suis robuste, et j'ai laissé pousser mes sourcils." (4:40) Son enfance à Tunis : "J'ai été traité comme le garçon de la famille. À vérifier si mes soeurs parties à la plage vont bien." (6:15) Son rapport à son genre : "À un moment donné, j'ai fantasmé sur le fait d'être un garçon. Car tout ce qui renvoyait au fait d'être une fille ne me correspondait pas et mes héros préférés étaient des hommes aventuriers. Je me travestissais aussi, assez jeune, à mettre des costards et me dessiner une barbe. C'était un jeu." (9:30) Comment son genre et sa sexualité étaient perçus à l'école (14:00) Être en couple et la vie queer à Tunis (16:20) Ce qu'être "Butch" ou "Fem" signifie (19:30) Son coming-out (24:00) Son "histoire d'amour avec des grands hauts et des grands bas" avec Paris : "Je maîtrise la langue française, mais pas le parisien. J'ai commencé à comprendre plein de choses que je subissais en tant qu'étrangère, en tant que gouine, et en tant que personne racisée. Quand tu développes les outils pour lire tout ça, tu peux aussi comprendre que tu n'es pas la seule. J'ai aussi compris que j'avais certains privilèges, que d'autres personnes en avait plus ou moins. Chacun.e a des vécus hyper complexes en étant ce qu'on est ici. Réaliser ça m'a donné beaucoup de force et envie de créer des solidarités. Et maintenant je me sens chez moi" (30:40) Sa démarche artistique : "Je travaille sur un concept que j'appelle "l'anti-savoir". L'idée, c'est de partir de supports censés représenter le savoir, comme des cahiers d'écolier ou des rouleaux de parchemins, et d'y créer des fictions qui déconstruisent le Savoir. C'est-à-dire toutes les choses qu'on nous a apprises de la primaire au lycée. Car je pense qu'on nous a appris beaucoup de choses erronées. Je veux dépecer le savoir, autant dans la forme (ouvrir les cahiers et les charcuter), autant dans les corps que je représente (cyborgs et queers)" (40:00) Comment elle articule travail artistique et réflexions militantes (42:00) Être une "femme artiste tunisienne" et son exotisation par le milieu de l'art (55:00) Pourquoi elle se définit davantage comme "gouine" que "lesbienne" (1:02:50) Comment elle voit l'avenir et sa vocation d'artiste : "Ce que j'aime dans le dessin et la condition d'artiste, c'est de pouvoir fantasmer qui je veux être. Je peux m'inventer scientifique, archéologue… Réinventer, c'est ma manière de voyager." (1:05:00) Sa sexualité et le polyamour

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Pistes sonores diffusées :

Rachid Taha - Ya rayeh

Nawel Ben Kraiem - Dérangés

Cesaria Evora - Coragem irmon

Les génériques de début et de fin sont un extrait du morceau Magoosh de la chanteuse iranienne Googoosh.


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Episode 20 - Rumi

Episode 20 - Rumi

7 juillet 2019· 1:12:11

"Quand je me suis rendu compte de mon identité de genre et de ma sexualité, j'ai commencé à me renfermer. J'ai créé un autre moi qui n'était ni celui de l'intérieur ni celui du dehors." (1:45) Son enfance au Pakistan jusqu'à 5-8 ans, puis en France (5:30) Ses premières questions sur le racisme, auprès de son père réfugié politique pakistanais (7:00) Le déclic qu'a été la mort de Zyed et Bouna, ainsi que les révoltes des banlieues de 2005 : "S'était créée une forme de solidarité entre personnes qui subissent le racisme. On se rendait compte qu'on vivait les mêmes choses, et qu'on devait créer des stratégies de survie." (10:30) Son métissage : "Ça n'avait pas de sens pour moi de rejeter une culture ou l'autre. J'étais pakistanais-marocain, puis français. […] Le métissage, ce n'est pas que noir et blanc. Ça peut aussi être quelqu'un comme moi qui ai des origines nord-africaines et asiatiques." (16:30) Le privilège d'être "light skin" = clair de peau (19:00) Ses vacances au Maroc, et surtout au Pakistan d'où il a pu se faire une vision du Conflit du Cachemire (26:00) Le manque de représentation pour les personnes sud-asiatiques, "brown people" ou "desi" (32:45) Son identité de genre et sa sexualité queer (38:30) Son rapport aux préjugés sur les masculinités desi : "En France, on me surnomme pak-pak, vendeur de rose ou de maïs, ou me perçoit comme arabo-musulman. Alors qu'en Angleterre, les personnes desi sont justement perçus comme Asiatiques." (45:30) Comment la danse l'aide à se réconcilier avec son corps (51:40) Ce qu'il ressent quand il danse : "Quand je danse, apparemment je fixe beaucoup les gens comme dans une forme de séduction ou comme si je renvoyais le regard qu'on m'assigne depuis la naissance. Je deviens maître du regard, du corps, de l'espace." (1:03:00) Sa transidentité : "C'est un principe du patriarcat : que personne ne se sente bien par rapport à son genre." Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent. Pistes sonores diffusées : Fela Kuti - Lady Kelela feat Kaytranada - Waitin Bolewa Sabourin, la résilience par la danse, le Monde Afrique, septembre 2018 Sevdaliza - Shahmaran Rumi vous recommande : - Le blog photo Just me and allah : A queer Muslim Photo Project de Samra Habib(https://queermuslimproject.tumblr.com/) - Le livre Halal if you hear me de Safia Elhillo et Fatimah Asghar(https://www.haymarketbooks.org/books/1273-the-breakbeat-poets-vol-3) - Le poème "Trans/Generation" de Alok Vaid-Menon (https://youtu.be/iLPwZZjMqyI) - Le zine Lotus a south asian lgbt charity (https://lotuszine.bigcartel.com/) - Le film "Angry Indian Goddesses" de Pan Nalin (https://youtu.be/a-jyKun4yFA)


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Episode 19 - Virginie
Episode 18 - Calypso
Episode 17 - Yanis

Episode 17 - Yanis

26 mai 2019· 1:18:25

"Longtemps, j'ai vécu à l'extérieur de moi-même pour me protéger. Des coups physiques et psychologiques à la maison, des insultes à l'école, puis de la violence de l'industrie de la musique à travers le personnage de Sliimy", raconte Yanis dans l'épisode 17 d'Extimité. Il y évoque notamment : (1:30) Son enfance en trois actes à Saint-Etienne : du vivant de sa mère dépressive, les violences physiques et psychologiques commises par sa belle-mère de ses 7 à 13 ans, puis son émancipation suite au divorce de son père. "Enfant, j'imaginais ma vie comme celle d'un personnage de théâtre afin de survivre aux épreuves difficiles que j'endurais. Avant de me coucher, je projetais ce que pourrait être ma vie à 30 ans, avec une bande d'amis qui me comprendraient. C'est ce qui m'a fait tenir." (34:40) La création de Sliimy : "Me créer un alter-ego était une forme de résilience : le personnage de Sliimy était comme un mentor, une version améliorée de moi-même qui a aussi servi à me protéger. Il était extravagant, coloré, inspiré de la culture anglaise. […] À travers lui, j'ai créé la fête que je n'avais jamais eu." (42:00) De son arrivée à Paris à 19 ans jusqu'à la fin de Sliimy à 25 : "J'ai l'impression d'avoir vécu sous quelqu'un d'autre, comme un acteur qui jouait Sliimy. J'étais tellement rentré dans le personnage que ni mes amis, ni mes petits-amis n'avaient le droit de m'appeler par mon vrai prénom." (47:00) Comment il a renoué avec Yanis : "Vers 25-26 ans, j'ai réalisé que ce personnage de Sliimy n'était plus du tout en accord avec ce que j'étais […] J'ai aussi compris que même quand on est soit, qu'on porte son vrai prénom, on peut se métamorphoser, transcender ses origines, son milieu social, son passé." (50:30) Son vécu d'homme queer et racisé dans l'industrie de la musique : "En France, je constate une fausse diversité, c'est très ghettoïsé : quand tu es arabe, on t'incite à faire du rap et du R'n'B, sans concevoir que tu puisses faire de la pop ou de l'électro. Les maisons de disques, mais aussi les médias, ont une responsabilité et un pouvoir sur cette question." (55:10) Comment il s'entend avec Yanis aujourd'hui : "Longtemps, j'ai vécu à l'extérieur de moi-même pour me protéger. Des coups physiques et psychologiques à la maison, des insultes à l'école, puis de la violence de l'industrie de la musique à travers le personnage de Sliimy. Maintenant que je suis adulte et que j'ai trouvé des amis qui me soutiennent, me réconcilier avec mon identité m'a enlevé un poids. Je me sens libre, aujourd'hui." (1:12:30) Sa relation avec son genre : "C'est quelque chose de si mouvant dans la vie de certaines personnes, dont la mienne. Je me l'étais peu permis avant, mais maintenant je me sens prêt à l'assumer et jouer avec ça."


Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.


Générique : To Na Bi - Persian Empire.


Pistes sonores diffusées :

. "Fatima" (13:50) INÉDIT . "Grace" (54:30) INÉDIT

. "When life" (34:00), tiré de l’album "Paint your face" de Sliimy (2009)

. "Embrace" (1:14:30), single de Yanis (2018)


Yanis vous recommande :

- "Henry Wessel. A dark thread à la MEP", exposition à la Maison Européenne de la Photographie à Paris, jusqu'au 25 août 2019

- Les collections permanentes du Centre Pompidou à Paris

- Soutenir les drag chaque dimanche à la « Drag me up » avec Cookie Kunty en host, au Who’s Club à Paris

- "Electro, de Kraftwerk à Daft Punk", exposition à la Philharmonie de Paris, jusqu'au 11 août 2019

- Le festival de la BAAM le 7 septembre, dont les revenus seront reversés à l’association qui travaille auprès de migrants.


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Episode 15 - Jean-Victor Rath Vireah

Episode 15 - Jean-Victor Rath Vireah

28 avril 2019· 1:01:25

"J'ai mis du temps à me reconnaître comme asiatique puisque j'ai été adopté par des parents blancs, donc j'ai évolué dans une culture blanche, coupé de mes origines", raconte Jean-Victor Rath Vireah dans l'épisode 15 d'Extimité. Il y évoque notamment : (1:20) Son enfance "divisée en deux parties" : de sa naissance à ses 2 ans au Cambodge, puis son arrivée en France suite à son adoption par des Français. (3:30) Comment il a compris qu'il a été adopté : "Mes parents ne me l'ont jamais caché, au contraire, ils en parlaient librement, photos à l'appui. (5:00) Sa peur de l'abandon : "C'est affreux de penser ça mais j'imagine que c'est légitime puisque c'est une angoisse partagée par d'autres personnes adoptées. Comme mes parents m'ont accueilli chez eux, j'ai longtemps eu le sentiment de leur devoir quelque chose, et surtout la crainte d'être abandonné si jamais je les décevais. […] Je me surprends à vouloir leur prouver qu'ils ont eu raison de m'adopter moi et pas un.e autre." (8:30) Comment son homosexualité lui a davantage posé question que son adoption : "De la primaire à la fac, j'ai appris à m'accepter en tant que personne homosexuelle. Puis, face au racisme de la communauté LGBTQI+, j'ai commencé à questionner mes origines." (19:00) Le racisme qu'il a intériorisé : "En étant entouré uniquement de personnes blanches, j'ai toujours cherché à m'assimiler. Je me disais : 'Ok, je ne suis pas blanc, mais si je ne me renseigne pas sur mes origines asiatiques, peut-être que ça va passer.' Par le passé, je tenais même des propos anti-asiatiques sur Twitter." (22:30) L'absence de représentation des personnes asiatiques, a fortiori sud-asiatiques : "Des personnes m'ont déjà raconté leur surprise d'apprendre que j'étais asiatique, justement parce que je ne ressemblais pas à l'image qu'ils en ont." (29:00) La difficulté de se construire comme Asiatique en France en tant qu'adopté : "Suis-je légitime à me revendiquer comme Asiatique, sachant que je n'ai aucun lien avec mes origines ? En fréquentant mes premiers amis asiatiques, j'ai senti ce manque de ne pas connaître la langue, l'histoire, la culture, ou la cuisine du Cambodge. J'avais donc du mal à me dire que je faisais partie de la communauté asiatique. Mais j'ai fini par comprendre que j'avais beau ne pas encore connaître cette culture, je subissais le racisme anti-asiatique, et rien que ça me légitimise à me revendiquer comme Asiatique." (34:20) L'éventuel retour au pays natal. (39:00) En quoi l'adoption est une forme d'immigration. Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent. Les recommandations culturelles de Jean-Victor Rath Vireah : - “Funan”, film réalisé par Denis Do - “Crazy Rich Asians”, film réalisé par Jon M. Chu - “Fresh Off the Boat”, série réalisée par Nahnatchka Khan - “Le racisme est un problème de blancs”, livre écrit par Reni Eddo-Lodge - “Kiffe ta race”, podcast animé par Rokhaya Diallo et Grace Ly - “Rina”, album de Rina Sawayama


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Episode 14 - Sun
Episode 13 - Paul-Arthur

Episode 13 - Paul-Arthur

31 mars 2019· 53:07

"Mon rapport à la religion a changé à mesure que je me découvrais homosexuel. Je priais pour ne pas être gay. Sauf que ça ne fonctionnait pas", raconte Paul-Arthur dans l'épisode 13 d'Extimité. Il y évoque notamment : (01:00) Son enfance entre le Cameroun et Paris : "j'avais intégré que c'était 2 environnements différents où il fallait que je comporte différemment" (09:00) Ses questionnements sur sa sexualité et sa foi : "Je priais pour ne pas être gay, sauf que ça ne fonctionnait pas." (22:30) Son coming-out forcé (40:00) Journaliste mode dans un média mainstream, comment il tente de changer les représentations de l'intérieur vers plus de représentations et de diversité (46:00) Comment sa race sociale influe sur ses relations sentimentales et sexuelles : (49:00) Comment reconnaître un fétichiste : "Souvent les mecs me répondent qu'ils ne voient pas les couleurs, pourtant dans leurs attirances ils les voient bien […] Si, sur le CV relationnel de ton partenaire, il n'y a que des noirs et des métisses, tu peux commencer à te demander s'il est fétichiste. Puis, si tu te rends compte que tu dois correspondre à l'idée du Noir qu'il se fait, qu'il ne se focalise que sur ton corps d'homme noir et pas à ton vécu et aux oppressions que tu pourrais vivre, il n'y a plus de doute à avoir." Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent. Générique : To Na Bi - Persian Empire. Paul-Arthur vous recommande : "La Chambre de Giovanni", roman de James Baldwin "My House", série documentaire sur la scène voguing contemporaine new-yorkaise par Vice "Paris is Burning", film documentaire américain sur la scène voguing new-yorkaise dans les années 1980, réalisé et produit par Jennie Livingston "Nakamura", album d'Aya Nakamura


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Episode 12 - Marie-Odile

Episode 12 - Marie-Odile

17 mars 2019· 1:12:34

"Après cette agression sexuelle, j'ai mangé : je ne voulais plus qu'on me regarde. J'ai voulu avaler mes sentiments", résume Marie-Odile, dans l'épisode 12 d'Extimité. Elle raconte l'hypersexualisation qu'elle a subie puis utilisée, sa relation avec sa mère afro-brésilienne qui l'a élevée comme blanche, et comment l'art l'a aidée à se réconcilier avec ses origines. Elle y évoque notamment : (1:30) Son enfance, de la Guyane à la Réunion, avant d’arriver en France métropolitaine où sa famille n’a jamais été perçue comme telle. (11:00) La blondeur de ses cheveux défrisés et ce qu'ils représentaient pour sa mère afro-brésilienne : "Pour ma mère, il ne fallait pas que je fasse créole, il fallait que je reste blanche. Pour elle, c'était un moyen de me protéger de tout ce qu'elle avait vécu [du racisme intra-familiale et de la société]" (17:00) (18:30) En quoi "le racisme est un héritier de l'esclavage", et le Brésil une société pigmentocratique (20:00) Ses études d'histoire de l'art qui l'ont aidée à voir les liens entre le Brésil et l'Afrique (26:00) Pourquoi sa mère l'a élevée comme blanche et son petit-frère comme noir (30:30) L'hypersexualisation qu'elle subit à cause du cliché de "La Brésilienne" : "Longtemps, j'ai cru que cette part là de mon métissage ne m'apportait que des problèmes par rapport à mon corps. [...] J'ai été plusieurs fois agressée sexuellement et je croyais que c'était la faute de mon corps" (37:00)TRIGGER WARNING / AVERTISSEMENT : Marie-Odile raconte de manière détaillée comment un homme l'a enfermée dans sa voiture et l'a touchée. Elle a pu s'échapper avant qu'il ne puisse la violer. Si ce genre d'histoires vous gêne trop, nous vous conseillons de sauter de 37:00 jusqu'à 39:20. Cette agression sexuelle lui a provoqué des troubles du comportement alimentaire : "Après cette agression, j'ai mangé. Je ne voulais plus qu'on me regarde." (42:30) Son hyperactivité sexuelle post-agression : "Quand je me suis mis un coup de pied au cul et me suis reprise en main, je me suis mise à consommer des mecs en me disant : ok, on ne m'a pas respectée, eh bien je vais faire comme les mecs maintenant. Je prends, je jette. Je couche avec qui je veux, quand je veux, c'est moi qui décide." (47:00) Comment il a été difficile pour elle de trouver l'amour ensuite : "Est-ce qu'il faut que je m'adoucisse, en fait ?" (53:30) Sa réception de #MeToo, elle qui avait déjà tenté plusieurs fois de raconter les agressions et viols qu'elle a subis mais a été silencié par les amies à qui elle se confiait : "Parfois, ça me sidère la non-solidarité entre les femmes" (57:30) Les traumatismes de sa mère, policière à la brigade des mineures au Brésil, et de ses ancêtres esclaves déracinés dont elle est sans doute l'héritière (1:03:00) Sa vision du féminisme : "Je pense que j'ai toujours eu une démarche plus ou moins féministe, sans forcément avoir tout lu sur le sujet. Aujourd'hui, le féminisme est tellement répandu, à la portée de chacun.e, que tu peux te sentir féministe tout comme tu peux te sentir religieux sans aller à l'église." (1:06:30) Comment l'art l'a aidée à réconcilier ses identités : "L'art m'a même servi de thérapie quand je ne pouvais pas parler : je dessinais mes traumatismes. Les sublimer par l'art me permettait de les faire sortir de moi. Aujourd'hui, il cimente mes identités, je peux tout réconcilier grâce à ça." Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent. Générique : To Na Bi - Persian Empire. Pistes sonores diffusées : - Preciso Me Encontrar - Liniker e Ilú Obá De Min - Letra - Tribalistas - Velha Infancia - "Apprendre à se pardonner" par Marie-Odile - Extrait de l'essai Bad Feminist de Roxanne GAY


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Épisode 11 - Kelsi

Épisode 11 - Kelsi

3 mars 2019· 1:01:14

"Des gens se permettent de débattre de mon genre devant moi...", raconte Kelsi, artiste non-binaire franco-vietnamien, dans l'épisode 11 d'Extimité. Kelsi évoque: (03:00) Ce qu'iel voit dans le miroir : son reflet à travers le regard des autres et son propre regard. (04:30) Ce que veut dire être non-binaire, et se reconnaître comme de genre neutre. (06:00) Son enfance stricte avec des parents militaires. (15:20) Le contexte historique qui a permis d'installer le mythe de la minorité modèle. (19:00) Comment le système scolaire a réprimé son expression de genre jugée trop féminine. (23:00) Son premier coming-out concernant sa sexualité (homosexuelle ou plutôt androphile, à 18 ans). (28:00) Sa découverte de la non-binarité, notamment grâce à l'artiste Alok Vaid-Menon. (34:00) Pourquoi iel a choisi le prénom "Kelsi". (37:00) Comment iel a compris ce qu'impliquait d'être d'origine asiatique, notamment dans la manière dont son genre est perçu : "qu'importe comment je m'habille, je mets les gens en PLS par rapport à la façon de me genrer". (42:00) L'invisibilisation et l'insécurité que ressentent beaucoup de personnes non-binaires. (45:45) Son éveil militant, suite à la mort de Chaolin Zhang, couturier chinois de 49 ans violemment agressé le 7 août 2016 à Aubervilliers, et décédé des suites de ses blessures (l'intention raciste du crime n'a finalement pas été démontrée par la cour d'assises). (48:00) D'où vient l'imaginaire raciste que beaucoup de blancs ont des communautés asiatiques : de la propagande occidentale liée à la crainte du "péril jaune" au 19e siècle. (50:00) La réception de son engagement anti-raciste par le milieu artistique et certains milieux militants, ainsi que le "tone policing" qu'iel a subi (tentatives de decrédibilisation). (53:00) Comment iel a décidé de s'engager à travers son art. Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent. Générique : To Na Bi - Persian Empire. Pistes sonores diffusées : -Su Boi - Suboi - Người Ta Hiểu ft. Mino & The Band -Su Boi - N-SAO? -Extrait du court-métrage Les lèvres gercées réalisé par Kelsi PHUNG et Fabien CORRE Kelsi vous recommande : - Gender Revolution, documentaire disponible sur Youtube - Le camp des oublié.e.s , documentaire disponible sur Youtube - L'artiste Alok-Vaid-Menon https://www.instagram.com/alokvmenon/


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Épisode 10 - Mélodie

Épisode 10 - Mélodie

17 février 2019· 1:04:06

"Les rares fois où elles sont représentées dans la culture mainstream, les lesbiennes vivent toujours un drame autour de leur sexualité. Avec ma pièce, j'ai voulu montrer que ça pouvait surtout être normal et même un non-sujet", raconte Mélodie dans l'épisode 10 d'Extimité. Elle y évoque: (02:30) Le diagnostic de sa "précocité" dès l'enfance. (03:00) La phobie scolaire et le harcèlement qu'elle a subis au collège. (07:30) Le théâtre, son "pilier" depuis qu'elle a 5 ans. (12:00) Comment son hypersensibilité et son anxiété influent sur ses relations amoureuses. (18:40) Pourquoi percevoir la précocité comme un "superpouvoir" est problématique. (21:00) Comment elle a compris qu'elle est lesbienne. (24:00) Son coming-out. (28:00) Sa culture juive. (31:00) "J'irai danser tes 20 ans" : la pièce de théâtre qu'elle a entièrement écrite, mise en scène et dans laquelle elle joue. (36:30) Dans quelle mesure la précocité pourrait être vécue comme un handicap. (41:30) Comment le genre et le conditionnement des femmes à compenser leurs problèmes influent sur les diagnostics. (43:00) Son problème de légitimité à parler de la précocité. (47:30) Pourquoi il était important pour elle de montrer des relations queers comme naturelles et non comme un sujet problématique au coeur de sa pièce. (50:00) Son (jeune) âge comme un frein à son travail et à sa crédibilité. (52:20) Comment elle sait prédire l'avenir de ses relations sentimentales. (1:00:00) Sa fluidité de genre. Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent. Générique : To Na Bi - Persian Empire. Pistes sonores diffusées : Mélodie Lauret - Tu as mis du bleu dans mon regard marron Mélodie Lauret - Extimité (création originale pour le podcast) Extrait de la pièce J’irai danser tes 20 ans par Mélodie Lauret Mélodie vous recommande : "No et moi", roman de Delphine de Vigan "Variations Amoureuses", pièce de théâtre de Carole Thibaut "120 battements par minute", film réalisé par Robin Campillo "À chaque fois", morceau de Barbara


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Épisode 09 - Miguel

Épisode 09 - Miguel

3 février 2019· 58:04

« Quand on est dominant, on a toujours des privilèges », concède Miguel dans l'épisode 09 d'Extimité. L'étudiant en médecine et journaliste à ses heures perdues a décidé d'être un "homme traître" à la domination qu'il exerce malgré lui. Il y évoque : (01:30) Son enfance à la fois "heureuse" et "violente". (04:30) Son rapport "de peur" au militantisme. (05:00) Sa pétition pour un accès total aux archives françaises concernant le génocide des Tutsis au Rwanda . (07:00) Le fait de ne pas être perçu comme "un vrai noir" dans le milieu blanc bourgeois catholique où il grandit. (11:00) Les enjeux de visibilisation des personnes racisées dans le champ médiatique. (20:00) Le déclic qui lui a permis de trouver "les bons mots pour parler de sa propre oppression". (24:00) La violence du whitesplaning : comment certaines personnes blanches se permettent de définir ce qui est raciste ou non à des personnes racisées. (28:30) « Quand une personne racisée vous dit que quelque chose est raciste, ça l'est à 100%. Parce que oser le dire a un coût. Amical, professionnel. Pour qu'on puisse parler, on a sûrement dû s'assurer qu'on avait les moyens politiques et intellectuels de se défendre face au discours [de la personne problématique]. » (33:50) En quoi la déconstruction est aussi une affaire de volonté : « Tout est là. Tout le monde a accès à tout. Tout le monde peut déconstruire. C'est juste que les gens ne veulent. » (35:00) Son non coming-out bisexuel : « La question de mon orientation sexuelle a toujours été entre-mêlé avec le fait que je sois noir. » (37:00) Le manque de représentation des personnes racisées queer et sa biphobie interorisée : « Pour être un vrai noir, je devais être homophobe. » (39:00) L'hypersexualisation des personnes racisées. (43:00) Sa relation à la "culture" et au "milieu" queer. (45:30) Son expérience d'étudiant en médecine noir et la sensation de "faire tache". (48:30) Son privilège masculin : « Quand on est dominant, on a toujours des privilèges. Être un homme [dans une société patriarcale] m'aide à comprendre l'expérience blanche. En tant qu'homme, je pourrais être indifférent au féminisme. Quand je parle de féminisme, je suis perçu comme étant objectif, et je bénéficie du privilège que ça soit valorisant, ça m'apporte du prestige. Mais je veux être un homme traître : parce que je suis queer, mais aussi à travers ma posture, en prenant le soin de rappeler systématiquement que je bénéficie du privilège d'être un homme. Ce privilège fait que je peux parler et être écouté plus facilement. Même cette déconstruction est un privilège qui dissuade d'autres femmes de m'accuser de sexisme. Le concept de "white fragility" m'a aidé à déconstruire ma "male fragility" et à utiliser mon privilège non pas pour parler "à la place de" mais bien pour parler "de ma place".» (51:00) Son rapport aux masculinités : « On n'a pas besoin d'être un male alpha pour bénéficier du privilège d'être un homme. » (56:00) Ce que ça fait de se sentir majoritaire, de faire partie de "la norme qui ne se questionne pas et peut se poser des questions que lorsqu'elle le souhaite". Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent. Générique : To Na Bi - Persian Empire. Pistes sonores diffusées : - Gill Scott-Heron - Revolution will not televised - Extrait d'un entretien de James Baldwin «James Baldwin and embracing the "stranger" » avec Kenneth Clark (1963) - Kiddy Smile - Be honest - Extrait du discours de Frantz Fanon, Racisme et Culture


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Épisode 08 - Vénus

Épisode 08 - Vénus

20 janvier 2019· 1:06:04

"J'aime allumer le monde entier", s'enthousiasme Vénus dans l'épisode 08 d'Extimité. [Disclaimer : l'épisode a été enregistré avant que Vénus n'officialise sa transition. Nous la genrions au masculin pendant l'épisode, mais merci de la genrer au féminin désormais.]


Elle y évoque son enfance (01:00), ses premiers questionnements de genre et de sexualité (3:20), son coming-out forcé (04:30), et la violente altercation avec son père qui l'a conduite à fuguer (07:00). C’est via les applications de rencontres gays comme Grindr et Hornet (18:30) qu’elle a commencé le travail du sexe : « Beaucoup de gens pensent que tous les travailleuses et travailleurs du sexe se divisent en deux cas extrêmes : soit la traditionnelle qui bosse au bois de Boulogne et ne correspond pas aux standards de beauté, soit l'escort magnifique à la Pretty Woman. Mais non ! L'industrie du travail du sexe est une chose incroyable à la diversité géniale qui reflète notamment le fait que nos démarcheurs font peu souvent partie de la société "normée". Chacun·e peut trouver quelqu'un·e qui correspond à sa conception du beau. Ça change totalement du stéréotype qu'on trouve tout le temps à la télé de la femme hyper mince aux traits fins. Quand je vois mes collègues, je me dis toujours : "mon dieu, on est toutes belles, j'adore !"»


(23:00) En quatre ans d'exercice, Vénus constate les effets désastreux de la loi criminalisant les clients entrée en vigueur en 2016 (24:00) : les clients brandissent cette loi qui les menacent pour exiger une baisse de tarif ou des rapports sexuels non protégés notamment. Le travail du sexe a en partie aidé Vénus à se réconcilier avec son corps (25:00) : « Tout est beau, tout peut être aimé, il suffit juste de le voir avec les bons yeux. [...] Aujourd'hui, quand je me regarde dans le miroir, je vois une Badass Bitch ! Je m'aime, et j'ai mis du temps à en arriver là. Le dire à quelqu'un·e, c'est déjà compliqué, alors à soi-même ! Quand tu as confiance en toi, tu deviens un danger pour la société, car tu peux faire changer les choses. » Maintenant, elle capitalise même sur la fétichisation de son identité trans (28:00) et racisée (48:00).


En plus de la loi de 2016 pénalisant les clients, Vénus raconte comment la loi américaine FOSTA/SESTA votée en 2018 sous Trump fragilise encore plus les travailleuses et travailleurs du sexe (35:00). Privée des sites les plus connus, Vénus a perdu beaucoup de ses clients et a notamment dû commencer à démarcher sur le trottoir aux conditions plus précaires et dangereuses (36:00). Si elle a commencé le travail du sexe par curiosité, c'est par précarité qu'elle continue, en parallèle de ses études de lettres qui lui demandent beaucoup de temps (44:00). L'occasion de défendre le revenu universel (53:00) puis d'évoquer son écriture (55:55). Elle évoque enfin la violence au travail (1:01:00) : « À partir du moment où tu te fais agresser ou violer, ce n'est plus un client mais un agresseur ou un violeur [...]. Mais il faut blâmer davantage les conditions de travail merdiques que le métier en lui-même. Quand une infirmière se fait agresser sur son lieu de travail, on ne va pas dire "fermez les hôpitaux !", mais plutôt qu'on va mettre en place plus de sécurité. »


Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.


Montage : Douce Dibondo


Générique : To Na Bi - Persian Empire.


Pistes sonores diffusées : - Gucci Coochie - Die Antwoord - Boys wanna be her - Peaches - Lecture du billet "T'as un client" de Vénus, tiré de son blog https://luxuriouslut.com/2018/07/04/tas-un-client/


Vénus vous recommande : - Le prisme de la prostitution", essai de Gail Pheterson - La série "Pose", créée par Ryan Murphy, Brad Falchuk et Steven Canals - Le film "Le Voyage de Chihiro", de Hayao Miyazaki - Le Snap Festival organisé à Paris par des travailleuses du sexe - Le morceau "She works hard for the money", de Donna Summer


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Épisode 07 - Max

Épisode 07 - Max

6 janvier 2019· 1:00:49

"Je suis né mi-cuit", raconte Max dans l'épisode 07 d'Extimité. Atteint d'infirmité motrice cérébrale, il raconte comment son handicap influe sur sa vie sociale, professionnelle et intime. Il y évoque notamment comment son handicap a été diagnostiqué, son enfance en Angleterre, son arrivée dans une école spécialisée, et comment l'alcool est devenu un "lubrifiant social" à partir de ses 16 ans. "Je suis d'un naturel timide, mais c'est toujours à moi de briser la glace car les gens ont tendance à être mal à l'aise quand ils me rencontrent. Ils n'osent pas me poser les questions qui leur brûlent les lèvres, et encore moins me faire certaines blagues alors que je suis le premier à les faire." Il raconte l'infantilisation dans la vie quotidienne : "Des inconnu.e.s s'étonnent que j'ai un travail et me trouvent admirables rien que pour ça. Du coup, tu ne sais pas comment te valoriser : est-ce que ce que je fais est bien en soit, ou est-ce qu’on perçoit ça comme héroïque parce que je suis handicapé ? » Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent. Montage : Douce Dibondo Générique : To Na Bi - Persian Empire. Pistes sonores diffusées - Ephemerals - Easy Aint Nothin' - Askin Sevgör - Timeless Moments Ballet No:1 "Birth" - College & Electric Youth - A Real Hero Max vous recommande : - Dans la peau d’un handicapé, documentaire crée par Olivier Hallé, réalisé par Stéphanie Pelletier - Cain, série diffusée sur France 2 - Ne dites pas à ma mère que je suis handicapée, elle me croit trapéziste dans un cirque, roman de Charlotte de Villmorin


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Épisode 06 - Paya

Épisode 06 - Paya

23 décembre 2018· 1:02:44

"J'adore être entourée de femmes, et de ne pas être une femme pendant ces instants là mais juste moi, avec ma personnalité", se réjouit Paya dans l'épisode 06 d'Extimité. Elle y parle de son enfance entre la Paya introvertie dans son foyer, et extravertie en dehors, de son rapport apaisé à la foi musulmane, et de la nécessité du féminisme intersectionnel. Paya y évoque notamment : (01:30) Son enfance à Paris, entourée de quatre grandes soeurs et un petit frère (02:10) La différence entre la "Paya du dedans" et celle "du dehors" (07:00) Comment elle s'est offert l'indépendance juste après le bac, sans l'avis de ses parents (09:30) La différence dans l'éducation de son frère par rapport à ses soeurs et elle : "Ce que mes parents ont essayé de faire n'a finalement pas fonctionné puisqu'ils se retrouvent avec quatre femmes féministes, qui vivent leur vie en toute indépendance, et un homme féministe, qui vit sa vie en toute indépendance, sans se considérer ni différent ni au-dessus sous prétexte que c'est un homme." (12:00) La prise de conscience de sa race à l'entrée en internat : "Je crois que c'est à partir de là que j'ai commencé à réaliser dans quelle mesure mon existence ne dépendait pas seulement de qui j'étais individuellement, mon existence, mon travail, ma personnalité, mais aussi du fait que j'étais noire, que je venais d'une classe populaire, que j'avais une culture musulmane. J'ai réalisé que ce n'était pas forcément pour le mieux, mais que le meilleur moyen que ça ne devienne pas une difficulté, c'était de me saisir de cette question, et de savoir comment j'allais gérer ça" (15:00) La différence de prise au sérieux entre le racisme et le sexisme, jusqu'à ce qu'elle découvre l'intersectionnalité qui lui a permis de ne pas avoir à choisir entre ses luttes (17:30) Sa rencontre avec sa meilleure amie qui l'a aidée à mieux se comprendre elle-même (21:00) En quoi elle se situe "à la frontière entre deux mondes" : "on a vécu toute notre vie avec l'impression d'avoir le cul entre deux chaises, mais il y a tout un banc entre ces deux chaises où se trouvent tous les hybrides" (24:00) Son rapport apaisé à l'Islam (29:00) Comment elle articule ou non foi et féminisme (34:30) Les vertus thérapeutiques de l'engagement associatif (38:45) En quoi la déconstruction est un privilège (45:00) Quand elle s'est sentie majoritaire lors d'un voyage au Sénégal en solo (47:00) L'intérêt de revendiquer un espace safe non mixte (52:30) Comment son activisme a pu l'entraver dans ses relations (57:45) Sa vision du couple Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent. Montage : Anthony Vincent & Douce Dibondo Générique : To Na Bi - Persian Empire. Pistes sonores diffusées - To Be Young Gifted & Black - Nina Simone (et interview) - Phenomenal Woman écrit et récité par Maya Angelou (OWN) - Irruption - Gael Faye Paya vous recommande : -Americanah, de Chimamanda Ngozi Adichie - Les identités meurtrières, d'Amin Maalouf - Women SensTour, documentaire réalisé par Sarah Zouak


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Épisode 05 - Yuni

Épisode 05 - Yuni

9 décembre 2018· 35:13

Dans l'épisode 05 d'Extimité, Yuni parle de la fluidité de son identité de genre, de la scène drag queen parisienne, et comment sa transidentité influe sur ses relations sentimentales. Il évoque notamment : (03:07) la différence entre drag, transformisme, et club kids (04:17) comment il définirait Yuni : "une femme transgenre, forte et battante" (06:00) son enfance perdue entre les genres, dans un milieu ouvrier (07:40) son coming-out "gay" le jour de la fête des mères (08:31) comment il veut qu'on le genre (09:30) comment il a choisi son prénom d'usage "Yuni" (11:30) les agressions subies en raison de son apparence physique (12:30) pourquoi il ne ressent pas le besoin de faire son coming-out "trans" (13:30) sa routine de maquillage : "comme je suis une personne très gentille, j'aime me dessiner des sourcils très sévères et un liner ultra sharp" (15:00) comment son personnage de drag lui permet de s'ouvrir davantage aux autres en soirée mais aussi au quotidien (16:45) comment entrer et s'imposer sur la scène drag (18:30) à quoi servent les drag queens, en soirée et dans la société (22:20) comment ses questionnements sur son identité de genre a pu poser problème dans ses relations amoureuses. Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent. Montage : Anthony Vincent Générique : To Na Bi - Persian Empire Pistes sonores diffusées : Garbage - Androgyny KDM x MP - Men are Trash "Comment le brouillage du genre est-il sorti des marges?" dans le Billet culturel, présenté par Mathilde Serrel sur France Culture, 29 juin 2018 Nos recommandations : La chaine Youtube de Calypso Overkill : https://www.youtube.com/channel/UC93DP_LIIoSw4tCsR6h9BzA Can’t Drag Us Down : Meet London’s Female Queens, reportage signé Broadly https://www.youtube.com/watch?v=VJYaq_XnjaQ Paris Is Burning, documentaire disponible sur Netflix https://en.wikipedia.org/wiki/Paris_Is_Burning_%28film%29


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Épisode 02 - Marie

Épisode 02 - Marie

28 octobre 2018· 57:26

Marie, est la première invitée d'Extimité. Elle raconte comment la question "Tu viens d'où ?" (07:00) l'a amené à réfléchir sur son identité en tant que femme métisse franco-vietnamienne. Elle évoque combien les clichés sur les personnes asiatiques "très travailleuses" (08:48) ont invisibilisé les efforts qu'elle fournissait à l'école. Ces stéréotypes font partie de ce qu'on appelle le mythe de la minorité modèle (16:00). À travers le vécu de sa mère, réfugiée vietnamienne, Marie explique comment les traumatismes peuvent se transmettre de génération en génération (24:00) et peser sur la santé mentale. Elle rappelle que les minorités de genres et de sexualités n'ont pas été inventées par les blancs (30:00). Longtemps fétichisée ou "mise de côté" en tant que femme asiatique réputée "docile" (41:00), elle raconte jusqu'où cela a failli la conduire et parle de psychophobie. Les concepts afro-féministes l'ont aidé à comprendre le principe d'intersectionnalité et le besoin de penser une forme d'AsiatFem. Depuis qu'elle a cessé de s'épiler, Marie a reçu beaucoup de remarques (52:30), et rappelle que chacun.e devrait pouvoir faire ce qu'il ou elle veut de son corps. Marie vous recommande : - Jeune fille modèle, de Grace Ly (2018) - Français, je vous ai tant aimés, l’impossible intégration, de Mai Lam Nguyen-Conan (2012) - White fetish, vidéo réalisée par Joy Regullano (2014) - Kiffe ta Race, épisode 04 "Asiatiques, minorité modèle", co-hosté par Rokhaya Diallo et Grace Ly. Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent. Montage : Douce Dibondo Générique : To Na Bi - Persian Empire Pistes sonores diffusées : - Extrait du reportage "Ne me dites plus jamais thing tchong !" par Linh-Lan Dao - Nico vega - Beast - Extrait de "Saigon" écrit et mis en scène par Caroline Guiela Nguyen - Screwd - Janelle Monae


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Épisode 00 - Douce
Bande Annonce - Extimité à partir du 30 septembre