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Une « pluie de plastique » prévue à Paris ?
Une nouvelle "météo du plastique" annonce un temps "nuageux avec des averses éparses de plastique" à Paris. Ce bulletin météo n'est pas lié à un événement météorologique inhabituel, mais accompagne les négociations du traité mondial contre la pollution plastique qui se déroulent fin mai/début juin à Paris.
L'initiative d'un traité mondial contre la pollution plastique découle d'une résolution de l'Assemblée des Nations unies pour l'environnement en mars 2022. Depuis, des négociations ont été entamées impliquant 193 États et devraient durer 2 ans. L'objectif est de parvenir à un texte couvrant l'ensemble du cycle de vie des plastiques, de leur production à leur consommation et à leur fin de vie, selon le ministère de la Transition Écologique.
Dans ce contexte, la "météo du plastique" est une initiative de sensibilisation réalisée à travers des affichages à Paris et sur un site appelé "The Plastic Forecast". Elle est organisée par les chercheurs de la Fondation Minderoo, une organisation philanthropique australienne. Selon ce bulletin météo, des milliards de particules de microplastiques (de taille inférieure à 5 mm) vont tomber du ciel à Paris. Selon les scientifiques cités par l'AFP, entre 40 et 48 kg de plastique flottant dans l'air recouvrent la ville chaque jour. La véritable pluie aggrave la situation en décuplant ces chutes de plastique.
Pour obtenir ces prévisions, le "Plastic Forecast" combine des études sur la dynamique du plastique dans l'atmosphère avec des prévisions météorologiques traditionnelles pour anticiper les "pluies de plastique" quotidiennes. Le plastique est le troisième matériau le plus produit au monde, après le ciment et l'acier. Environ 460 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année, selon le ministère de la Transition Écologique. Les microplastiques sont très envahissants, au point de pénétrer même dans l'organisme humain.
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Plus de 5000 nouvelles espèces marines découvertes ?
Il existe une zone nommée Clarion-Clipperton (CCZ) s'étendant sur plusieurs milliers de kilomètres entre les îles d’Hawaï et la côte mexicaine, profonde de quatre kilomètres. En raison de son isolement, c'est l'un des endroits les plus vierges de la planète, et sa biodiversité est tout simplement spectaculaire comme ont pu le remarquer des scientifiques qui ont compilé des décennies de données sur les espèces animales de cette plaine sous-marine.
Les chercheurs ont identifié pas moins de 5 578 espèces différentes, dont plus de 90 % sont totalement nouvelles pour la science. D'après une étude menée par Muriel Rabone, écologiste spécialisée dans les grands fonds au Natural History Museum de Londres, la majorité des espèces présentes sont des crustacés et des crevettes, suivis par des vers, des oursins et des éponges. Bien que les habitats de cette région soient observés depuis de nombreuses années, les recherches se sont intensifiées récemment grâce aux nouvelles techniques de séquençage de l'ADN et à la multiplication des expéditions de recherche. Des expéditions notamment encouragées par l'industrie minière.
En effet, la CCZ est en passe de devenir l'une des plus grandes zones d'exploration minière au monde. Elle renferme de nombreux métaux précieux tels que le cuivre, le nickel, le cobalt, le fer, le manganèse et des terres rares, qui sont essentiels au fonctionnement des appareils électroniques. Cependant, leur extraction est néfaste pour l'environnement et représente un danger considérable pour les fonds marins. Malgré cela, l'industrie minière a déjà déposé de nombreuses revendications dans la région, sous l'égide de l'Autorité Internationale des Fonds Marins (AIFM), l'organisme intergouvernemental qui régit l'exploitation de ces ressources. Cette activité est appelée à se développer davantage dans les années à venir, ce que Muriel Rabone et son équipe cherchent à limiter.
Les fonds marins sont extrêmement sensibles aux perturbations physiques causées par l'exploitation minière, et la mise en suspension de grandes quantités de sédiments nuit à de nombreux organismes, même en dehors des zones directement touchées. De plus, une autre étude publiée dans Frontiers in Marine Science révèle que les sons produits par de telles opérations, y compris les véhicules télécommandés, interfèrent avec les fréquences de communication des cétacés. Cette étude souligne que ces perturbations, quelle que soit leur ampleur, risquent d'avoir des conséquences durables et irréversibles.
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Lidl lance ses propres panneaux solaires ?
Avis à tous les fans de Lidl, et notamment de sa gamme d'outils de jardinage et de bricolage, l’enseigne de hardiscount commercialise désormais son propre kit de panneau solaire, le Parkside PBKW 300 A1 Smart. La promesse, un panneau photovoltaïque au prix très compétitif de 199 euros.
Petite subtilité, ce kit solaire n’est disponible que dans les magasins Lidl allemands pour l’instant, mais suscite déjà beaucoup d'intérêt, notamment en raison de son prix très abordable, moins de 200€. Concrètement, l'acheteur peut obtenir un panneau photovoltaïque mesurant 107 cm x 77,5 cm, ainsi qu'un micro-onduleur de 300 W, sans oublier tout le nécessaire pour l’installer sur un balcon par exemple.
L'enseigne assure que son panneau peut produire jusqu’à 100 kWh d’électricité chaque année et garantit une performance de 80 % pendant 25 ans, assortie d'une garantie technique de 10 ans. Une telle quantité d’électricité serait a priori suffisante pour couvrir la consommation électrique d’un réfrigérateur, d’une box Internet, ou d’une télévision en veille, c'est-à-dire les consommations électriques dites "bruits de fond". Évidemment, ce panneau solaire ne rivalisera pas avec les grandes fermes solaires comme celles de Terabase Energy que l’on vous a présenté tout récemment dans un autre épisode de Choses à Savoir Tech Verte… Ceci dit, ce kit constitue une option d’appoint intéressante d’autant qu’il a été conçu pour résister aux intempéries et propose de visualiser en direct la production d'électricité et les économies réalisées sur l'application Lidl Home. Pour l'instant, le panneau solaire Parkside de Lidl n'est disponible qu'en Allemagne, et soulève déjà des interrogations. Tout d’abord, la qualité de son onduleur, qui pourrait présenter des signes de faiblesse et représenter un potentiel danger. Reste à voir si ce kit solaire sera également commercialisé chez Lidl en France.
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Des centrales solaires construites automatiquement ?
L’entreprise Terabase Energy, basée en Californie, a développé un système numérique automatisé permettant de construire des fermes solaires à grande échelle. Financée par Breakthrough Energy Ventures, la société de capital-risque spécialisée dans le climat et dirigée par Bill Gates, Terabase met en avant les nombreux avantages de cette technologie.
Ce nouveau système appelé Terafab, utilise des bras robotiques pour soulever et connecter les panneaux solaires aux dispositifs de suivi. Grâce à son automatisation, Terafab peut fonctionner 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Il est également doté d'un système de gestion logistique et d'un centre de commandement numérique sans fil. De plus, le dispositif intègre un jumeau numérique de la ferme solaire en cours de construction, c'est-à-dire une représentation virtuelle de celle-ci, ce qui permet aux concepteurs et aux opérateurs d'obtenir une vision claire et détaillée de la ferme solaire avant même sa construction.
En étant modulaire et évolutif, Terafab permettrait une construction plus rapide des champs solaires d’après l’entreprise, réduisant au passage de manière considérable les délais de mise en œuvre des projets. Terafab contribuerait également à réduire les risques physiques pour les travailleurs qui doivent habituellement manipuler des panneaux solaires lourds et des structures en acier, souvent dans des conditions météo difficiles.
Pour le PDG et cofondateur de Terabase Energy Matt Campbell, je cite « le dispositif a été testé avec succès l'année dernière, lors de la construction de 10 mégawatts sur un site destiné à en produire 400 au Texas […]Terafab révolutionne la construction des centrales solaires en combinant une automatisation de pointe avec un système numérique sophistiqué » fin de citation. Le système Terafab devrait être commercialisé à partir de septembre prochain… reste à savoir si ce sera uniquement aux Etats-Unis ou dans le reste du monde également.
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L’explosion de Starship, une menace pour la nature ?
Peut-être l’avez-vous suivi, le premier lancement expérimental de la fusée Starship s’est soldé par une explosion en plein vol. Un revers pour SpaceX, mais pas un échec total pour autant. Ceci dit, outre les enjeux aérospatiaux, cette situation entraîne de lourdes conséquences écologiques.
Dans le détail, le complexe de Starbase, d’où la fusée Starship a décollée, se trouve à proximité de deux réserves naturelles nationales : la plage de Boca Chica et la réserve nationale de Lower Rio Grande Valley. Des zones qui abritent environ 2 500 espèces animales et végétales, dont certaines sont protégées. Les préoccupations environnementales liées à Starbase existent depuis longtemps. Alors qu’Elon Musk avait décidé en 2022 d’agrandir cette base, le Fish and Wildlife Service, un organisme fédéral américain, avait soulevé plusieurs problèmes concernant les risques pour les espèces en danger. De son côté, le média CNBC avait obtenu un rapport indiquant que le lancement de la Starship aurait je cite "un impact sur certaines espèces protégées par la loi sur les espèces en danger, ainsi que sur des centaines d'hectares de leur habitat essentiel, même si cela ne conduirait pas à leur extinction complète", fin de citation.
En somme, l'impact le plus préoccupant concerne l'accouplement, la migration, la santé et l'habitat de nombreuses espèces d'oiseaux. La tortue de Kemp, qui réside sur la plage de Boca Chica, est également en danger critique d'extinction. L'American Bird Conservancy avait déjà exprimé ses inquiétudes, dénonçant des installations qui, selon l'organisation, n'auraient pas dû être autorisées par la Federal Aviation Administration (FAA. Quelques jours avant le lancement de la fusée Starship, un reportage de Texas Public Radio avait montré que les tests préliminaires avaient déjà eu un impact notable sur l'écosystème local. En effet, les plages abritant les tortues en voie d'extinction étaient déjà jonchées de nombreux débris.
Certaines images relayées sur les réseaux sociaux suggèrent que de nombreux oiseaux auraient pu périr dès la phase de lancement. De plus, l'explosion en plein vol de la fusée Starship a entraîné une pluie de poussières et de débris, pointés du doigt dans les médias par les habitants des villages voisins. Reste à savoir quelle est réellement l’étendue des dégâts suite à cette explosion, et si SpaceX sera forcé de faire quelque chose pour limiter les conséquences néfastes de ses prochains lancements.
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Microsoft : polluer pour ensuite se verdir ?
Microsoft a récemment fait une nouvelle annonce concernant son projet d'atteindre la neutralité carbone d'ici à 2030. L'entreprise s'est associée à Ørsted, une société énergétique danoise, pour acheter des crédits permettant de capturer 2,76 millions de tonnes de dioxyde de carbone dans la centrale électrique à copeaux de bois d'Asnæs, au Danemark au cours des 11 prochaines années. Ce contrat est l'un des plus importants jamais conclus pour la capture du carbone.
L'accord inclut également Aker, une autre entreprise spécialisée dans le captage du carbone, et la mise en place d'une installation technique combinant un système de captage du carbone et de production d'énergie propre avec une centrale électrique à la biomasse. Si la captation du carbone est une nouvelle technologie en cours de développement dans le monde entier, l'achat de crédits carbone peut être perçu comme un permis de polluer qui retarde la transition écologique. En résumé, ces crédits ne font que compenser par l’argent les émissions de carbone au lieu de les réduire. À noter que l'utilisation de la biomasse à l'usine d'Asnæs est également controversée, car des recherches ont révélé que la combustion de copeaux de bois pouvait produire plus d'émissions que prévu. Malgré cela, la technologie de capture du carbone évolue et le partenariat entre Microsoft et Ørsted constitue une étape importante vers la neutralité carbone.
En soi, la technologie de la capture carbone n’est pas une mauvaise chose : les résultats sont bons. Ce sont toutefois les échelles qui peuvent poser problème. Les centrales de captures ne sont pour l’instant pas suffisantes pour empêcher le changement climatique. En très grand nombre, elles pourraient être utilisées pour en limiter les effets.
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Qu’est-ce que le sommet ChangeNOW 2023 ?
Si l’on a tous constater que la planète était mal en point, il est désormais l’heure de passer à l’action. Telle est la conviction de ceux qui se retrouveront au Grand Palais Ephémère fin mai à Paris, à l'occasion du sommet ChangeNOW 2023.
Avant tout, ChangeNOW, qu’est-ce que c’est ? Comme le résume le site futura-sciences, il s’agit d’une entreprise sociale lancée en 2017 avec pour objectif d’accélérer la transition environnementale et sociale. Ainsi, de nombreuses solutions seront présentées, comme pour prolonger la durée de vie des batteries, ou encore des idées pour le réemploi de déchets non recyclables, ou bien des intelligences artificielles mises au service des personnes en situation de handicap. Au total, plus de 1 000 actions concrètes seront présentées pendant trois jours.
Parmi les success-stories du sommet ChangeNOW qui n'en est pas à sa première édition, il y a l'histoire de la start-up slovène, PlanetCare, qui a mis au point une solution pour récupérer les microfibres de plastique rejetées par nos lave-linge. D’ailleurs, ce serait une rencontre entre les responsables de PlanetCare et Brune Poirson, ancienne secrétaire d'État à la transition écologique et sociale, qui est à l'origine d'un article de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire. Dans l’un des articles de cette loi, chaque lave-linge neuf vendu en France à partir de 2025 devra être équipé de filtres à microplastiques. Une première mondiale. Cette année, le sommet ChangeNOW 2023 sera aussi l'occasion d'écouter des prises de paroles inspirantes de femmes qui façonnent l’avenir de notre société et de rencontrer celles qui devraient avoir un impact positif majeur sur notre monde dans les 10 années à venir.
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Le désert, terrain d’expériences pour l’environnement et la santé ?
Vingt français volontaires ont récemment participé à une expérience hors du commun : traverser un désert dans le nord de l'Arabie Saoudite. Une expérience scientifique dans le but de voir les effets du changement climatique.
Le parcours de ces français à dos de chameau n’était tracé sur aucune carte. Dans l’un des déserts les plus chauds du monde, le groupe de 20 personnes a traversé sous 45 degrés des terres hostiles et arides du nord de l'Arabie Saoudite. Pour se diriger, le groupe n’a qu’une boussole et une carte satellite. Je cite l’une des participantes, « des grandes distances comme ça, on n'arrive pas à évaluer si c'est à un kilomètre, dix kilomètres », explique-t-elle en pointant l’horizon du doigt.
Et cette escapade à l’aveugle à travers les dunes est prévue pour durer 40 jours sans assistance. Une expérience est hors norme, mais a pour but de comprendre les effets du changement climatique. Et pour mener tout cela à bien, encore faut-il un équipement adéquat : vêtements anti-UV, casquettes, nourritures lyophilisées et quelques médicaments de survie, comme des gélules de sel. Je cite l’un des participants « on va transpirer énormément donc en plus de perdre de l'eau, on va perdre du sodium ». Si ces aventuriers ne sont pas aguerris, ils ont tout de même la notion du danger, et ont accepté pour la science de tester leurs limites. À voir quel sera le résultat de leur expérience hors du commun et si certains n’abandonneront pas en cours de route.
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Notre nouveau podcast: La rumeur
Pour écouter le podcast La rumeur:
Apple Podcast:
https://podcasts.apple.com/us/podcast/faits-divers/id1634132713
Spotify:
https://open.spotify.com/show/206pWa4UKAgDLTLgx5l9ch?si=ac8911da8028483b
Google Podcast:
https://www.google.com/podcasts?feed=aHR0cHM6Ly9mZWVkcy5tZWdhcGhvbmUuZm0vRk9ETDc1NTQ3MTkxMzI%3D
Deezer:
https://deezer.com/show/3871907
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Youtube finance la désinformation sur le climat ?
D’après la coalition Climate Action Against Disinformation (CAAD), qui regroupe plus de 50 organisations à but non lucratif, Youtube, comme d’autres réseaux sociaux, peinerait à modérer leur plateforme, permettant à un certain nombre de vidéos indésirables d’être monétisées.
Si l’on est tous d’accord pour dire que les gaz à effet de serre comme le CO2 ou le méthane sont la cause du réchauffement climatique, nombreux sont les complotistes à remettre ces connaissances scientifiques en doute et à le faire savoir sur les réseaux. Face à ce constat, Google annonçait fin 2021 qu'il actualisait les règles de monétisation sur YouTube. L'entreprise s'engageait à interdire je cite « les publicités et la monétisation de contenus qui contredisent le consensus scientifique bien établi sur l'existence et les causes du changement climatique » fin de citation. Conclusion, finis les revenus issus des discours conspirationnistes et de toute désinformation… Et bien force est de constater que ce n’est pas vraiment le cas deux ans plus tard d’après la CAAD, qui estime que le géant américain n'a pas encore tenu parole.
Dans son rapport publié début mai, elle a découvert de nombreuses vidéos qui ne respectent pas les nouvelles règles en vigueur sur YouTube. Pourtant, l'approche de la coalition n'a pas été particulièrement élaborée. En menant des recherches avec des mots clés tels que « climate hoax » (canular climatique) ou « climate scam » (escroquerie climatique), elle a découvert pas moins de 200 vidéos niant plus ou moins directement le changement climatique. Celles-ci totalisaient 73,8 millions de vues au 17 avril 2023. Pour la CAAD, que je cite, « Google soutient la désinformation climatique qu'il dit vouloir arrêter [...]. La désinformation persiste parce qu'elle est rentable » fin de citation. En effet, certains de ces contenus sont accompagnés de publicités de marques telles que Costco, Tommy Hilfiger, Nike et Hyundai, garantissant ainsi un revenu à la plateforme, voire peut-être aux auteurs eux-mêmes.
Depuis la publication du rapport, Google a déclaré au média en ligne The Verge qu'il avait examiné les vidéos mentionnées et qu'il avait pris des mesures adéquates. Je cite, « bien que nous appliquons rigoureusement cette politique, notre exécution n'est pas toujours parfaite et nous travaillons constamment à l'amélioration de nos systèmes afin de mieux détecter et supprimer les contenus qui violent notre politique ». Pas sûr que cette réponse convienne à tout le monde. D'autant que, pour l'un des auteurs du rapport, il ne s'agit peut-être que de « la partie émergée de l'iceberg ».
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Le Nord, terre promise pour rendre la France écolo ?
La région Hauts-de-France et plus précisément le département du Nord, sont une terre de prédilection pour les sites de production moderne du XXIe siècle. En effet, on y compte déjà trois grands projets portés par Stellantis, Renault et Akror. Mais pour la première fois, c'est un groupe étranger qui a décidé d’y poser ses valises.
Plus précisément, tout cela se passe du côté de Dunkerque, qui s'impose définitivement comme la ville des gigafactory ! Après Verkor et ses batteries électriques, c'est un nouvel acteur, le Taïwanais Prologium, qui confirme sa volonté d'installer une usine de production… de batteries également ! Des batteries bénéficiant d'une technologie avancée les dotant d'une capacité de recharge plus rapide et d'une autonomie plus longue par ailleurs. Pour mener à bien ce projet, dont l'officialisation a eu lieu en présence du président de la République Emmanuel Macron, Prologium compte investir 4,5 milliards d'euros. Avec cette somme, la gigafactory devrait équiper entre 500 et 750 000 véhicules électriques chaque année, permettant ainsi la création de 3000 emplois.
Et clairement, la France peut être fière de son pouvoir d’attraction. En effet, le groupe taiwanais réfléchissait au départ à une possible implantation aux États-Unis. Après avoir longuement hésité entre deux autre pays voisins que sont les Pays-Bas et l'Allemagne, c’est finalement dans l’hexagone qu’il a jeté son dévolu, sans doute aussi parce que Dunkerque possède à la fois une situation géographique stratégique en étant au carrefour de l’Union Européenne, et un savoir-faire certain de par son passé industriel. À noter que l’énergie nucléaire, donc décarbonée, à proximité avec la centrale de Gravelines a aussi été un atout majeur pour la ville portuaire face à la concurrence allemande et néerlandaise. Les travaux du site de production dunkerquois devraient débuter en 2024 et s’étendre sur 180 hectares, pour une mise en service de la gigafactory d’ici 2026.
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Quelle est l’empreinte carbone de ChatGPT ?
Avez-vous succombé à la frénésie ChatGPT ou bien parvenez-vous à y résister ? Si vous avez réussi à vous en tenir éloigné, alors la planète vous en remerciera. Car si l’IA est fascinante, elle n’en reste pas moins très énergivore. En effet, l'empreinte carbone du modèle GPT3 d’OpenAI, soit la base de ChatGPT dans sa version gratuite, équivaut à celle de 136 allers-retours en avion entre Paris et New York, selon les estimations de la plateforme Greenly. Depuis son lancement fin 2022, ChatGPT est au centre de tous les sujets tech, ou presque. Car cette nouvelle IA dite générative est capable de produire des contenus aussi divers que variés, au point de carrément menacer certains métiers.
Mais c’est en mars dernier que l'intérêt pour ChatGPT a véritablement explosé grâce à son nouveau modèle GPT-4, encore plus performant. Ceci dit, comme toute innovation, celle-ci aussi a un coût écologique. D’après la plateforme Greenly qui permet aux entreprises d'évaluer leurs émissions de CO2 en temps réel, les résultats de ChatGPT sont plutôt alarmants avec une émission de 240 tonnes de CO2 équivalent lorsque le chatbot tournait sous GPT3, soit l'équivalent de 136 allers-retours entre Paris et New York.
Mais le principal contributeur aux émissions n'est pas son utilisation directe, mais plutôt les data centers nécessaires à son fonctionnement. En effet, les systèmes d'apprentissage représentent à eux seuls 99% des émissions totales, soit 240 tonnes de CO2 par an. Je cite le rapport de Greenly à ce sujet, « la consommation électrique représente les trois quarts de l'empreinte carbone, soit 158 tonnes, suivie de la fabrication des serveurs, environ 70 tonnes de CO2, puis les émissions de gaz réfrigérants avec 10 tonnes de CO2 » fin de citation. Les deux tonnes restantes de l'empreinte carbone concernent la conception de l'outil et son utilisation. Dans le détail, ce calcul se base sur le scénario selon lequel une entreprise utiliserait ChatGPT pour envoyer automatiquement un million d'e-mails par mois pendant un an. Je cite, « malgré les performances fascinantes de ChatGPT, il est légitime de se demander si cela en vaut la peine d'un point de vue environnemental. À chaque avancée technologique, les émissions de carbone augmentent de manière significative » fin de citation.
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Fusion nucléaire : une commercialisation dès 2028 ?
Vous commencez à le savoir tant on traite régulièrement de ce sujet dans ce podcast, la quête de la fusion nucléaire est considérée comme l'objectif ultime de la production d'électricité propre et écologique. Comme à la fission nucléaire elle génère aucun rejet de CO2, mais là où elle se démarque vraiment, c’est par le fait qu’elle ne génère pas de déchet radioactif. De nombreux chercheurs, y compris des entreprises privées, travaillent actuellement sur cette technologie, avec des résultats de plus en plus intéressant, au point que Microsoft vient d'annoncer la conclusion d'un accord avec la société Helion Energy pour l'achat d'électricité issue de la fusion nucléaire en 2028, soit dans moins de 5 ans !
Il s'agit probablement du premier accord de ce genre dans le monde, étant donné que la fusion nucléaire n’est pas encore au point. C’est comme acheter un billet pour Mars, sans savoir si l’on pourra réellement s’y rendre. Quoiqu’il en soit, cette annonce traduit une chose : la confiance de Helion Energy dans sa capacité à mettre en service son premier réacteur à fusion nucléaire dans un délai aussi serré. Selon les termes de l'accord, Microsoft achètera 50 mégawatts d'électricité générée par fusion nucléaire à partir de 2028, avec une période d'une année pour atteindre la pleine capacité opérationnelle du réacteur. Des pénalités seraient d’ailleurs prévues si Helion Energy ne parvenait pas à produire cette électricité.
Mais ne parlez pas de défi insurmontable pour l’entreprise qui a carrément des ambitions en gigawatt ! Pour financer ses recherches sur la fusion nucléaire, Helion Energy a réussi à lever plus de 570 millions de dollars auprès d'investisseurs privés. L'un des principaux investisseurs n’est autre que Sam Altman, l'un des cofondateurs d'OpenAI, connu pour ChatGPT, qui en 2021, avait révélé avoir investi 375 millions de dollars. Avant de passer à la production commerciale, Helion Energy prévoit de mettre en service l'année prochaine son réacteur de septième génération, appelé Polaris, qui utilise des champs magnétiques et de l'hélium comme combustible, contrairement à la concurrence qui privilégie le tritium.
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L’écrivain Charles Dickens était-il le 1er écolo ?
Connaissez-vous le « fog » ? Il s’agit de ce brouillard épais que l’on retrouve dans pas mal de capitales du monde, mais qui est surtout associé à celui de Londres, notamment le Londres du 19ème siècle. Mais n’y voyez pas là qu’un décors, car dans les œuvres du célèbre écrivain Charles Dickens, ce Fog est un personnage à part entière, et qui d’après les interprétations d’observateurs du 21ème siècle, ferait de Dickens un écolo convaincu avant l’heure que dont on aurait pas su interpréter les écrits.
Que ce soit dans des romans tels que La Maison d'Âpre-Vent, Un Chant de Noël ou encore Le Magasin d'antiquités, l'écrivain accorde toujours une place au "pea souper", c’était son nom à l’époque, ou en français, « purée de pois ». Ce brouillard qui n’était pas qu’une simple brume de la Tamise était bien souvent chargé de pollution comme on peut le voir dans l'exposition « Une ville grande et sale : Dickens et le fog londonien », à découvrir jusqu'à fin octobre au musée Dickens de Londres.
Dépeint comme étant noir, jaune, lourd, dense et suffocant, ce "fog" effrayant pincait les orteils des enfants frigorifiés par l’air glacial londonien comme l’explique Dickens avec le lyrisme qu’on lui connait si bien. Mais comme je vous le disais, cette brume n'avait rien de naturel, puisqu’elle provenait déjà à l'époque victorienne des fumées des usines, ainsi que des cheminées et des poêles à charbon individuels. Ces derniers constituaient les seuls moyens de chauffage abordables pour la population. Force est de constater que c’est bien avant que l’on commence à se préoccuper du dérèglement climatique que Charles Dickens alertait déjà ce danger bien réel de la pollution de l’air et du charbon. Comme l’explique Frankie Debicki, conservatrice du musée Dickens que je cite, « l'un de ses articles de presse s'intitule 'Spitalfields' et traite de ce quartier de l'est de Londres au 19e siècle. C'est là que se trouvaient les ouvriers du textile. Dans ce texte, il décrit l'environnement malsain dans lequel ils vivaient à cause de la fumée. En ce sens, il a réellement milité contre la pollution ».
Il aura fallu attendre 1952 - soit 82 ans après le décès de Dickens - pour qu'une loi mette fin à l'utilisation du charbon pour le chauffage individuel au Royaume-Uni. Car au 19e siècle, la couronne anglaise redoutait de véritables émeutes similaires à celle de la révolution française si la population était privée d'un moyen aussi simple et économique que le charbon pour se chauffer.
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L’IA peut-elle mettre fin au changement climatique ?
Depuis l’automne 2022 et la démocratisation de l’intelligence artificielle, le grand public place de grands espoirs en cette technologie. Dans les sciences du climat, les scientifiques sont déjà largement coutumiers de ces modèles mathématiques. Mais en cette période cruciale pour l’avenir de la planète, la question est de savoir si l’IA peut à elle seule résoudre, ou a minima être une aide précieuse pour les scientifiques, afin de mettre fin au changement climatique ?
À ce jour, la réponse est claire et nette : c’est un non… notamment à cause des méconnaissances et des biais humains. Comme l’explique Christophe Denis, maître de conférence en informatique à Sorbonne Université et chercheur associé à l’Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques, dans une interview pour le site numerama, je cite « pour l’instant, la vérification humaine est nécessaire pour comprendre les biais des algorithmes […] La difficulté, c’est que sur le climat, il faut connaître tout l’historique pour bien analyser un phénomène, mais ce n’est pas toujours possible, alors on adopte des méthodes hybrides, entre machine learning et théorie scientifique classique. On connaît mal le fonctionnement des turbulences, par exemple, mais on connaît très bien d’autres phénomènes, qui peuvent être modélisés par des équations mathématiques, grâce à quoi on peut faire des prédictions » fin de citation.
Concernant l’influence des découvertes scientifiques réalisées à l’aide de l’IA sur les politiques publiques environnementales, Christophe Denis explique que la difficulté réside dans le fait d’expliquer les méthodes de calcul des algorithmes. En effet, il est parfois difficile d’appréhender un résultat quand on ne connaît pas la méthode pour l’obtenir en amont, mais il est bien souvent tout aussi difficile de vulgariser suffisamment pour qu’une personne étrangère à la communauté scientifique puisse comprendre en détail. S’ajoute à cela, je cite, « l’importance du principe de garantie humaine. Cela signifie qu’en médecine, lors d’un traitement thérapeutique, un humain doit approuver chacune des étapes. Imaginons qu’un médecin soit assisté d’un système informatique performant à 99,99 % sur le diagnostic d’une maladie. Le médecin va-t-il interroger suffisamment sur le résultat final ? Il y a deux cas de figure : soit le système a raison et le médecin devient un héros, soit il a tort et le médecin est quand même… un peu mal barré. En définitive, dès que le système se trompera, on voudra le débrancher » fin de citation. Vous l’avez compris, l’IA ne sera jamais infaillible et ne pourra jamais résoudre tous nos problèmes par elle-même, mais se destine quand même à être une aide formidable pour accélérer notre combat contre le changement climatique.
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Été : la future saison des pénuries d’eau et d’électricité ?
Après avoir fait des efforts importants cet hiver pour limiter leur consommation électrique, les Français pourraient être amenés à renouveler l’exercice cet été, mais cette fois avec l’eau. Car même si on n’y pense pas spontanément, l’eau est indispensable dans de nombreux domaines, dont l'énergie. Sauf qu’avec les multiples sécheresses et épisodes de canicule, une question se pose, doit-on craindre des coupures à la fois d’eau et d’électricité cet été ?
En France, le nucléaire et l'hydraulique représentent respectivement 63% et 11% de la production électrique nationale. Le problème, c’est que ces deux méthodes sont exposées aux effets du réchauffement climatique. Certes, c’est en hiver que la consommation d’électricité est la plus élevée avec le chauffage, en comparaison à l’été qui est une période creuse. Malgré le développement de la climatisation, il faudrait attendre encore au moins 10 ans avant que la demande d’électricité dû au rafraîchissement des foyers ne soit l’égal de celle engendrée par le chauffage.
Ceci dit, avec le réchauffement climatique, les vagues de chaleurs sont de plus en plus longues et de plus en plus intenses. Dès lors, sécheresses et canicules vont forcément affecter le débit et la température des cours d'eau pendant l'été, tandis que la demande en électricité ne va cesser d'augmenter. D’après les experts de la transition énergétique, l'économie française sera demain, bien plus électrifiée qu'elle ne l'est aujourd'hui. La consommation électrique sera plus lissée, moins saisonnière et surtout, bien plus importante. D’après les scénarios imaginés par le gestionnaire du réseau RTE, la consommation électrique passera de 460 TWh en 2022 à une fourchette allant au minimum de 555 TWh jusqu’à 745 TWh d'ici 2050.
Côté eau, le parc nucléaire français consomme entre 400 et 500 millions de mètres cubes d'eau chaque année, soit un dixième de la consommation nationale. Mais pour fonctionner, les centrales tricolores en prélèvent beaucoup plus : 13 milliards de mètres cubes d’après Nicolas Garnier, délégué général de l'association Amorce, qui accompagne les collectivités territoriales. Pour les sites en bord de fleuve, je cite « les risques d'indisponibilité des tranches devraient augmenter », prévient pour sa part RTE, qui recommande d'installer les nouvelles centrales en bord de mer, où elles ne seront pas exposées aux problèmes d'assèchement des cours d'eau. C’est donc un appel à la sobriété permanente qui est lancé par les experts, tant sur l’eau que l’électricité, deux sources indispensables à notre vie quotidienne, et dont il ne faut pas oublier qu’elles sont étroitement liées.
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Vider les océans de leur CO2 pour en absorber davantage ?
Si l’on connaît déjà bien la technique de captation du carbone directement dans l’atmosphère, une entreprise a développé une technologie capable de retirer le carbone de l’eau des océans pour leur permettre d’en capturer davantage. Cette technique toute récente s’appelle "capture directe de l'océan" (ou l’acronyme DOC en anglais) et est portée par la start-up Captura.
Pour l’historique, Captura a été fondée en 2021, avant de remporter l’an dernier un million de dollars lors de la compétition XPrize d'Elon Musk. Avec ce financement, ainsi que le soutien de la plus grande compagnie de gaz des Etats-Unis, les ingénieurs de Captura ont développé un projet pilote au Port de Los Angeles. L'idée est de pouvoir filtrer le CO2 dans l'eau de mer afin de permettre aux océans d'absorber plus du gaz à effet de serre, et donc limiter les effets du réchauffement climatique. Car les océans du monde ont absorbé près d'un tiers des émissions de gaz à effet de serre des humains depuis la révolution industrielle.
La technologie de Captura consiste en résumé à bombarder l'eau d'électricité dans des cuves pour réorganiser les molécules, créant ainsi une réaction chimique permettant de libérer le CO2, capté par un filtre. Ce CO2 est ensuite stocké, et la startup envisage éventuellement de pouvoir en commercialiser une partie par la suite. L’eau désormais déficiente en CO2 subit ensuite un léger traitement puis est rejetée à la mer pour de nouveau absorber du dioxyde de carbone. Captura a d’ailleurs lancé sa première base pilote à Newport Beach, en Californie, en août dernier, qui serait capable de retirer environ 100 tonnes de CO2 de l'océan par an, soit l'équivalent de la pollution engendrée par 22 voitures thermiques. L'objectif est de tester le bon fonctionnement de la technologie et de surveiller la présence de potentiels effets secondaires indésirables.
À l’avenir, Captura prévoit de filtrer l'eau pour empêcher les animaux marins d'être aspirés dans l'installation DOC. Ceci dit, ces filtres seront-ils suffisamment fins pour empêcher le plancton d'y pénétrer ? C’est la question à laquelle certains scientifiques attendent une réponse, car le plancton forme la base de toute la chaîne alimentaire marine, ce qui signifie que de nombreux animaux dépendent de ces organismes microscopiques pour se nourrir. En tout cas, sur le papier, une telle technologie ne peut clairement pas faire de mal.
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Un transistor en bois pour révolutionner la tech ?
Un tout premier transistor en bois, capable de réguler un flux électrique, a été mis au point dans un laboratoire suédois. Plus écologique que les transistors classiques, cette innovation décrite dans la revue scientifique PNAS, pourrait tout simplement révolutionner le secteur en permettant d’autres développements de composants électroniques dans cette matière naturelle et écologique qu’est le bois.
Concrètement, ce transistor en bois est l’œuvre de chercheurs de l'université de Linköping, associés à l'École royale polytechnique de Stockholm. Comme ils le rappellent, il s’agit du tout premier transistor en bois au monde. Si vous ne savez pas ce qu’est un transistor, il s’agit tout simplement d’un composant électronique en silicium, permettant de contrôler ou d'amplifier des tensions et des courants électriques. Et clairement, vous en trouverez absolument partout autour de vous si vous avez des objets électroniques, et cela en immense quantité puisqu’ils sont parfois à l’échelle microscopique. Ainsi, la prouesse consistait à rendre le bois conducteur d’électricité au même titre que le silicium.
Pour vous la faire courte et de façon très condensée, les chercheurs ont utilisé du bois de balsa, un matériau dont la structure est quasiment identique au bois classique. C’est en y ajoutant un petit peu de plastique conducteur que le bois pouvait ensuite faire passer l’électricité ! Cela dit, ce premier transistor en bois est assez lent et, surtout, plutôt imposant. Mais le principal, c'est qu'il soit fonctionnel et capable de réguler un flux d'électricité sans se détériorer. Et les atouts de ce transistor en bois sont nombreux ! Comparé au silicium, le bois est un matériau durable et renouvelable, ce qui signifie que cette alternative est bien plus respectueuse de l'environnement. Par ailleurs, si le bois a une plus faible conductivité électrique, cela signifie qu'il est moins énergivore.
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Un robot qui s’enracine automatiquement comme une plante ?
Des chercheurs ont mis au point un nouveau type de robot inspiré des plantes. Ce dernier utilise le principe des imprimantes 3D à filaments pour créer des racines qui poussent dans le sol. Ces racines sont composées d'une extrémité montée sur roulements qui peut tourner indépendamment du reste. Si cette innovation peut paraître curieuse et difficilement compréhensible, sachez qu’elle a déjà un énorme potentiel en ce qui concerne l’exploration spatiale !
À l’origine de cette invention, on retrouve Barbara Mazzolai, biologiste et ingénieure à l'Institut italien de technologie. Concrètement, son robot utilise deux moteurs pour envoyer un filament plastique chauffé à travers une résistance, ce qui le rend souple et collant, puis le force à sortir par un petit trou. Chaque nouvelle couche de filament est enroulée derrière l'extrémité pour former un tube qui se colle à la couche précédente avant de se solidifier. D’après la biologiste, la pression force l'extrémité à avancer petit à petit dans le sol, créant ainsi une « racine » qui suit les fissures du sol plutôt que de les forcer. Cette technologie pourrait être utilisée pour la surveillance environnementale en mesurant les concentrations de produits toxiques dans le sol ou pour trouver de l'eau dans les sols arides, par exemple.
Mais comme je vous le disais, l'objectif principal de Barbara Mazzolai est l'exploration spatiale. Elle espère que sa technologie pourra être utilisée pour ancrer les robots d'exploration au sol sur Mars ou sur une comète. Ainsi, l’analyse d’autres sols dans notre système solaire voir même leur fertilisation ouvrirait de nouvelles perspectives pour la colonisation de nouveaux territoires dans l’espace par l’être humain. Les robots-plantes pourraient également être utilisés pour créer un réseau de tuyaux dans lesquels il serait possible de faire passer des câbles ou du liquide, permettant par exemple de poser les bases d’une infrastructure en amont de l'arrivée des premiers astronautes sur Mars.
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Simuler votre futur climatique ? C’est possible !
Quels seront les risques de canicule, de sécheresse, de feux de forêts, d'inondations, de cyclones ou encore de pénuries agricoles que vous allez connaître au cours de votre vie ? Pour répondre à ces questions, un collectif de scientifiques européens a mis au point le site interactif MyClimateFuture, basé sur les données d’une étude publiée dans la revue Science, et complétée par une rapport de l’ONG Save the Children.
Concrètement, une fois sur le site, il suffit de préciser votre année de naissance, votre zone géographique de résidence, et de choisir parmi les trois scénarios de réchauffement climatique proposés : soit un scénario à+1,5 °C de réchauffement, un autre à +2 °C, ou encore le plus pessimiste mais néanmoins réaliste à +3,5 °C. Et les résultats, proposés sous forme de graphiques, sont assez édifiants. Petite précision, importante sur la véracité des infos proposées, les données sont calculées à partir de cinq modèles informatiques de simulations climatiques et des prévisions du Giec.
Dès lors, avec un réchauffement qui atteindra +1,5 °C, une personne âgée de 30 ans vivant en Europe expérimentera 9 fois plus de canicules, 3 fois plus de sécheresses, ou encore 1,5 fois plus de feux de forêts et d'inondations que dans un monde sans réchauffement lié aux gaz à effet de serre. Dans un monde à +3,5 °C, cette même personne connaîtra 14 fois plus de canicules, quasiment 4 fois plus de sécheresses, et près de 2 fois plus de feux de forêts. Evidemment, les résultats changent en fonction de l'âge et de la zone géographique. Prenons l’exemple d’un bébé européen né cette année en 2023, et bien ce dernier pourrait vivre 33 fois plus de canicules et 8 fois plus de sécheresses d’ici 2100 si le monde se réchauffe de 3,5°C. Si les conclusions de ce simulateur climatique doivent être prises avec quelques précautions, car il ne s’agit que de simulations, force est de constater qu’elles ne sont pas réjouissantes, voire carrément effrayantes. Reste à savoir si cet outil pourrait être plus efficace pour aider le grand public et les décideurs politiques à prendre conscience du futur très défavorable qui nous attend.
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Voiture électriques : moins de matériaux rares et une meilleure autonomie ?
D’après la Harvard International Review de 2021, il faudrait trois tonnes de déchets toxiques pour produire les aimants nécessaires pour le moteur d'un véhicule électrique. Un chiffre amené à augmenter étant donné que les ventes de véhicules électriques progressent et que les gouvernements soutiennent ce mode de transport sans émission de CO2. Or, l'exploitation des matériaux rares utilisées pour la fabrication des véhicules électriques engendre une lourde pollution, qui d’ailleurs s'accroît avec l'augmentation des besoins. Alors pour réduire cette dépendance aux terres rares, la société américaine Tula a trouvé la solution avec sa technologie Dynamic Motor Drive (DMD).
Pour se débarrasser des aimants sans perdre en performance, l'idée de Tula est de reproduire le principe de désactivation des cylindres des moteurs thermiques sous forme électrique. Autrement dit, on coupe le moteur de façon alternative durant de courts intervalles, puis on injecte d'énormes impulsions sur un temps équivalent. Evidemment, le moteur fait ça lui-même, sans que le conducteur n’ait à intervenir, et cela grâce à des algorithmes. Au final, ces moteurs sont sans aucun aimant. En France, Renault travaille également sur ce genre de moteur et compterait en équiper ses voitures vers 2027.
Mais à la différence de Renault, le système DMD de Tula vient améliorer les performances de ce type de motorisation, avec des gains même supérieurs à ceux des moteurs à aimants permanents. L'autre atout du DMD, c'est son efficacité énergétique. Si les voitures électriques enregistrent des pertes d’énergie importantes, le procédé de Tula augmente l'efficacité du moteur de 2 à 3%... autant d’économie qui, cumulées, pourraient atteindre l'équivalent de la production d'environ cinq centrales électriques au charbon d’ici 2030 d’après l’entreprise… encore faut-il que toutes les voitures électriques en soient équipées à cette date, ce qui n’est pas gagné. Concernant la tenue de route, les premiers testeurs affirment que les impulsions et coupures du moteur sont totalement imperceptibles.
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Des bouées géantes pour convertir l’énergie des vagues en électricité ?
S’il y a bien une chose que l’on sous-estime, ou bien dont le grand public n’a pas conscience, c’est l’énergie phénoménale que peuvent produire les océans. Une énergie qui plus est renouvelable, et qui pourrait bien jouer un rôle clé dans la transition énergétique. D’ailleurs, depuis plus de dix ans déjà, une entreprise européenne du nom de CorPower Ocean y croit. Et il y a quelques mois, elle a lancé une sorte de bouée permettant d’exploiter l’énergie des vagues.
D’après les spécialistes, cette énergie des vagues, aussi appelée énergie houlomotrice, représenterait 10 à 15 GW rien que sur notre façade atlantique. Autre atout, l’énergie houlomotrice est complémentaire de l’énergie éolienne, car son pic est décalé de celui du vent. Ainsi, cela permettrait en théorie une production d’électricité plus importante en fin de journée et en hiver, deux périodes justement où les besoins en électricité sont les plus importants.
Concrètement, pour récupérer l’énergie des vagues, CorPower Ocean propose une solution amarrée au fond marin. Il s'agit d'une bouée qui convertit l’énergie mécanique des vagues — en gros la bouée monte et descend en fonction des vagues —et cette énergie est convertie en électricité grâce à des générateurs intégrés. Un système de contrôle permet d’assurer un fonctionnement optimal, quelles que soient les conditions en désynchronisant la bouée du mouvement des vagues lors de tempêtes, ou, au contraire, en les synchronisant par temps calme pour amplifier l’effet des vagues et multiplier l’effet de la houle par trois. Pour l’heure les bouées mesure 19 mètres de haut pour 9 mètres de diamètre, et ont une puissance max de 300 kW. Avec le temps, cette puissance sera sûrement amenée à augmenter, ce qui donne déjà l’idée à CorPower Ocean de déployer des fermes houlomotrices allant jusqu’à plusieurs centaines de mégawatts dans l’océan.
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De l’IA pour éviter les tsunamis ?
Des chercheurs britanniques ont mis au point un système d’alerte pour prévenir la population d’éventuels tsunami en utilisant une IA pour analyser les ondes sonores produites par les séismes. Les scientifiques peuvent ainsi déterminer beaucoup plus rapidement leurs caractéristiques et le risque de tsunami.
Actuellement, les systèmes d’alerte de tsunami utilisent des capteurs sismiques pour détecter les tremblements de terre. Or, tous les tremblements de terre ne génèrent pas nécessairement des tsunamis. C’est surtout grâce à un réseau de marégraphes que l’on peut détecter l’arrivée de la vague, ce qui ne laisse que peu de temps pour évacuer les populations affectées. Dans un article publié dans la revue Physics of Fluids, des chercheurs de l’université de Cardiff au Pays de Galles ont mis au point une nouvelle approche qui détermine le risque de tsunami dès qu’un séisme est détecté.
En clair, les chercheurs ont utilisé des hydrophones, autrement dit, des microphones qui fonctionnent sous l’eau. En temps normal, ils servent à détecter d’éventuelles explosions nucléaires. Concrètement, ces derniers ont enregistré plus de 200 ondes sonores produites par les tremblements de terre, avant de les transmettre à des algorithmes d’apprentissage automatique pour en déterminer la signature acoustique. Grâce à ces données, l’IA a été en mesure de localiser l’épicentre du séisme et de classifier le type de glissement, la magnitude, ainsi que de calculer la largeur et la longueur, la vitesse verticale et la durée. Tout cela permet de déterminer la taille du tsunami, et de réduire le risque de fausses alertes. Je cite l’un des auteurs de l’étude, « les événements tectoniques avec un fort glissement vertical sont plus susceptibles d'élever ou d'abaisser la colonne d'eau que les glissements horizontaux » fin de citation. Ce modèle d’alerte précoce sera utilisé en parallèle du système d’alerte traditionnel, et sera intégré dans un logiciel installé dans des centres d’alerte plus tard cette année.
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Location de véhicules à 100€ par mois, que faut-il savoir ?
Lors de sa campagne pour l’élection présidentielle l’an dernier, Emmanuel Macron avait promis de rendre accessible les véhicules électriques aux ménages modestes, grâce à un système de location longue durée à 100 euros par mois. Attendue pour début 2023, force est de constater que le projet se fait attendre… et d’après le gouvernement, cette attente durera jusqu’à la fin de l’année !
D’après le gouvernement, ce retard s’explique par le fait que l'État souhaite privilégier les constructeurs français, et que ceux-ci ne proposent que trop peu de modèles électriques jusqu’à présent. La petite Spring de Dacia, qui est la voiture la moins chère, ne pourrait d’ailleurs pas bénéficier du soutien de l'État car elle est produite en Chine. Et si la mesure était mise en place aujourd'hui en autorisant les marques hors de l'Union européenne, ce seraient certainement les voitures chinoises qui seraient les plus subventionnées en raison de leur faible tarif. Ainsi, pour forcer la main aux constructeurs français, l'État s'est donc engagé à financer 100 000 véhicules par an pour la somme de 50 millions d'euros.
Mais pour parvenir à ce forfait de 100 euros par mois, le loyer du véhicule serait forcément pris en partie en charge par l'État. Pour bénéficier de cette aide, il va falloir remplir quelques conditions, comme un seuil de revenu maximum. Ce seuil pourrait correspondre à celui permettant d'obtenir le bonus écologique de 7 000 euros, soit 14 089 euros de revenu fiscal. Ceci dit, le dispositif n'est pas ouvert qu'aux particuliers et concerne aussi les indépendants. Parmi les autres critères, qui n’ont pas encore été dévoilés pour l’instant ; pourrait se trouver l'obligation d'un engagement sur trois ans avec un maximum de 15 000 kilomètres par an. À noter que cette aide a été calibrée pour des petites citadines d'entrée de gamme qui coûtent autour de 25 000 euros. En clair, il n'y a aucune chance de pouvoir s’offrir une Tesla à 100€ par mois, d'autant que seules les marques françaises et européennes seront soutenues.
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A-t-on déjà perdu le combat contre la fonte des glaces ?
Dans son rapport annuel sur l'état du climat mondial, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) met en lumière les bouleversements subis à l'échelle planétaire sur terre, dans les océans et dans l'atmosphère, en raison des niveaux records de gaz à effet de serre piégeant la chaleur. Le rapport confirme que la température moyenne de la planète en 2022 était supérieure de 1,15 °C à celle de l'époque préindustrielle (1850-1900) et que les huit dernières années ont été les plus chaudes observées.
L'OMM souligne que la glace de l'Antarctique a atteint son niveau le plus bas jamais enregistré et que la fonte de certains glaciers européens a littéralement dépassé les records. Selon le secrétaire général de l'OMM, Petteri Taalas, que je cite, « la partie est déjà perdue pour les glaciers car la concentration de CO2 est déjà très élevée et l'élévation du niveau de la mer risque de se poursuivre pendant les milliers d'années à venir » fin de citation. Il a également ajouté que la fonte ne pourrait être stoppée qu'en créant un moyen d'éliminer le CO2 de l'atmosphère. Depuis 1970, la perte d'épaisseur cumulée des glaciers s'élève à près de 30 m.
En Europe, la situation des glaciers suisses est particulièrement dramatique, avec une perte de 6 % de leur volume de glace entre 2021 et 2022, contre un tiers entre 2001 et 2022. Pour la première fois, aucune neige n'a survécu à la fonte estival. Petteri Taalas alerte également sur le fait que, je cite, « si les émissions de gaz à effet de serre ne cessent de croître, le climat continuera de changer et les populations du monde entier sont toujours durement touchées par les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes » fin de citation, prenant en exemple la sécheresse prolongée en Afrique de l'Est, ou encore les précipitations record au Pakistan et des vagues de chaleur sans précédent en Chine et en Europe.
Ceci dit, il y a quand même de l'espoir. En effet, les énergies vertes deviennent moins chères que les combustibles fossiles, et la planète ne se dirigerait plus vers un réchauffement de 3 à 5 °C comme prévu en 2014, mais plutôt vers un réchauffement de 2,5 à 3 °C d’après l’OMM. Je cite, « dans le meilleur des cas, nous pourrions encore atteindre un réchauffement de 1,5°C, ce qui serait le moins pire à la fois pour le bien-être de l'humanité, de la biosphère et de l'économie mondiale » fin de citation. Enfin, Petteri Taalas termine en soulignant que de nombreux pays ont déjà commencé à agir et que les entreprises privées et multinationales du monde entier semblent vouloir faire partie de la solution.
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Mangerons-nous des légumes cultivés sur Mars ?
Après avoir exprimé son inquiétude face au développement exponentiel de l’intelligence artificielle, notamment ChatGPT qui a considérablement amélioré son modèle de langage en moins d’un an, mais aussi cosigné une lettre ouverte demandant une pause de six mois dans le développement des IA afin de mieux les réglementer et de les encadrer sur le plan éthique… Surprise ! Elon Musk lance à son tour une société dédiée au développement d'IA, nommée : X.AI.
Concrètement, Elon Musk a été nommé directeur de la société début mars est épaulé par Jared Birchall, dirigeant de Neuralink et Family Office. Si l’annonce de cette nouvelle société a de quoi étonner vu la défiance qu’Elon Musk a pu exprimer sur le progrès des IA, le média Business Insider avait déjà révélé il y a quelques mois que le patron de Tesla avait acheté des milliers de puces graphiques pour animer une future IA générative. Interrogé à ce sujet, le milliardaire a évité la question en disant que tout le monde, y compris les chiens, achetaient des GPU. Dans le nom de sa société, le X vient de la marque X Corp développée par Elon Musk, comme c'est le cas avec SpaceX, par exemple.
Il faut tout de même se souvenir qu'Elon Musk avait contribué au développement initial d'OpenAI en 2015, avant de s’en éloigner en 2018. Ainsi, le fait que le milliardaire s’intéresse aux IA est loin d’être étonnant, mais en revanche, c’est le timing de cette annonce publique qui interroge. Car la montée en puissance de GPT-3 auprès du grand public semble avoir dérangé le propriétaire de Twitter. Il a réagi en dénigrant OpenAI et les IA en général, bien que le système de conduite autonome des Tesla soit justement alimenté par une IA. D’ailleurs, le fait que Google ait été poussé à sortir précipitamment son propre chatbot Bard et que Microsoft ait investi massivement dans OpenAI pour intégrer GPT et Dall.E à son moteur de recherche Bing a certainement incité Elon Musk à lancer cette initiative pour ne pas manquer le virage des IA génératives. Sans doute voudra-t-il investir massivement dans cette nouvelle entreprise pour développer une IA capable de rivaliser avec GPT. Une première levée de fonds auprès des investisseurs de SpaceX et de Tesla a déjà été engagée… à voir si cela sera suffisant pour rattraper son retard.
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La mer du Nord va-t-elle devenir la "centrale énergétique verte" de l'Europe ?
Fin avril, le président Emmanuel Macron s’est rendu au sommet de la mer du Nord en Belgique, en compagnie des dirigeants de l’Allemagne, du Danemark, de l’Irlande, du Luxembourg, des Pays-Bas, ainsi que de la Norvège et du Royaume-Uni. Leur objectif commun : décupler le nombre d'éoliennes en mer du Nord pour faire de cette dernière la "centrale énergétique verte" de l'Europe.
En clair, le but est d’augmenter la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité européenne pour répondre aux enjeux du changement climatique, et de sortir de la dépendance énergétique liée à la Russie, dont la guerre avec l’Ukraine affecte profondément le continent. Concrètement, la mer du Nord est considérée comme un lieu idéal pour atteindre cet objectif. Sa moitié sud est peu profonde (environ 50 mètres), permettant d'implanter des éoliennes directement dans les fonds marin. De plus, elle est balayée par des vents réguliers, offrant ainsi une meilleure production d'électricité. C'est d'ailleurs en mer du Nord que le premier parc éolien offshore a été construit en 1991.
À l'heure actuelle, la capacité de production d'électricité de la mer du Nord est de 30 gigawatts. Les Européens souhaitent la multiplier par 10 d'ici 2050. Actuellement, la France n'est pas très bien classée en termes de production éolienne avec un seul parc offshore en activité au large de Saint-Nazaire, et dont la capacité est d'un demi-gigawatt. La France est donc loin derrière le Royaume-Uni et ses 14 gigawatts d'énergie éolienne en mer, ou encore l'Allemagne. Toutefois, l’Hexagone souhaite atteindre une capacité de 40 gigawatts d'ici 30 ans, et a déjà une quinzaine de projets d'éoliennes en mer fixes ou flottantes en attente d'être mis en service. Pour ce faire, l'Union européenne s'est engagée à accélérer les procédures d'autorisation pour la construction des infrastructures, et Bruxelles souhaite également alléger les réglementations pour les industries vertes.
Actuellement, l'équivalent de sept gigawatts sont construits chaque année dans l'Union européenne. Il faudrait en faire trois fois plus avec trois fois plus de personnel pour atteindre les objectifs souhaités, sans compter que les fabricants de composants devront suivre la cadence, ce qui ne sera pas une mince affaire. Ajoutez à cela les éventuelles oppositions des pêcheurs et des défenseurs de l’environnement, et on se rend vite compte que si la volonté est là, la réalisation de tels projets ne sera pas si simple dans les faits. Reste à savoir si le développement de l'éolien en mer restera une priorité pour les gouvernements successifs, jusqu'à 2050.
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Fini les produits issus de la déforestation en Europe ?
Grande nouvelle, les produits importés dans l’Union Européenne comme le chocolat, le café, le bois et le caoutchouc, ne pourront plus provenir de la déforestation. Le Parlement européen a en effet adopté mi-avril un règlement afin de ralentir la disparition des forêts à travers le monde, de combattre le changement climatique et de protéger la biodiversité.
Dans le détail, ce nouveau règlement interdira l'importation de cacao, de café, d'huile de palme, de soja, de bois, de caoutchouc, de charbon de bois et de viande bovine dans l'UE si ces produits proviennent de terres déboisées après décembre 2020. Les entreprises importatrices devront également veiller à ce que ces produits soient produits dans le respect des droits humains. Car si vous ne le saviez pas, l'Union Européenne est responsable de 16 % de la déforestation mondiale uniquement par le biais de ses importations (principalement du soja et de l’huile de palme), soit en deuxième place d’un triste classement dominé par la chine et édité par l’ONG WWF. Pour l'eurodéputé Pascal Canfin que je cite, il s’agit de « la première loi au monde qui va mettre fin à la déforestation importée […] toutes les études d'opinion montrent que les Européens ne veulent pas contribuer à la déforestation, mais ils n'avaient pas la possibilité de savoir, lorsqu'ils prenaient une tasse de café le matin ou un tasse de chocolat, qu'en fait, ils étaient complices de la déforestation importée » fin de citation.
De son côté, Greenpeace souligne que le texte n’est qu'un « premier pas » et qu'il présente des « failles », notamment en excluant des écosystèmes tels que la savane et en omettant de viser les banques européennes qui financent des projets destructeurs de forêts. Trois révisions du texte sont prévues pour inclure éventuellement d'autres zones et d'autres produits. Pour Luciana Téllez Chávez, chercheuse en environnement pour l'ONG Human Rights watch, l’efficacité de ce texte dépendra de sa mise en œuvre stricte par chaque État membre de l'UE » fin de citation. La Commission européenne classera également les pays selon un risque faible ou élevé dans les 18 mois suivant l'entrée en vigueur de la législation. Les produits provenant de pays à risque faible seront soumis à une procédure simplifiée, tandis que les contrôles seront renforcés dans les pays à risque élevé. Les entreprises devront fournir des informations telles que les coordonnées de géolocalisation pour déterminer le lieu de production exact. Des contrôles seront aussi effectués par le biais d'outils de surveillance satellite et des analyses ADN.
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Pourquoi le « biochar » est-il si prisé ?
Peut-être avez-vous déjà entendu parler du biochar, ce composé naturel utilisé dans les vignes, les forêts et les grandes cultures, et dont les nombreuses vertus font le bonheur les connaisseurs. En fait, le biochar, du charbon végétal en somme, agit comme une éponge en absorbant l'eau et les nutriments. Son efficacité dépend du type de sol sur lequel il est appliqué, mais il peut redonner vie aux plus abîmés en améliorant leur fertilité grâce à l'aération et au développement d’une microbienne, réduisant ainsi de recourir aux engrais.
L’un des atouts principaux du biochar, c’est qu’il est considéré par le GIEC comme une "technologie à émissions négatives" ou "puits de carbone". En effet, il permet de séquestrer le carbone et de le stocker pendant des centaines d'années pour lutter contre le réchauffement climatique. En France, plusieurs entreprises comme Sylva Fertilis s’attellent à produire du biochar dans des fours à pyrolyse, où quatre tonnes de résidus forestiers et agricoles deviennent une tonne de biochar une fois brûlés. Plus précisément, la biomasse est carbonisée à environ 500 degrés et sans oxygène. En résulte du charbon sous forme de petits grains ou paillettes. Ainsi, une tonne de biochar permettrait de séquestrer l’équivalent de deux à trois tonnes de CO2.
Cependant, le coût de production est un obstacle majeur au développement du biochar. En effet, les agriculteurs, qui seraient les premiers bénéficiaires de son utilisation, devraient en consommer plusieurs centaines de kilos par hectare pour bénéficier de ses effets… Or, le biochar se vend près de 800 euros la tonne en Europe. Pour l’entreprise française NetZero, une production à grande échelle en zones tropicales, comme au Brésil où elle a ouvert une usine, permettrait de remédier à ce problème. En effet, là-bas la biomasse y est abondante, peu valorisée et bon marché.
D’après le groupement des producteurs et industriels européens (European Biochar Industry) plus de 130 projets, principalement en Allemagne et dans les pays nordiques, ont été recensés avec une capacité de 53.000 tonnes par an. Pour faire baisser les coûts, l’entreprise Carbonloop veut adosser la production de biochar à la production d'énergie pour des sites industriels. Car la transformation de la biomasse par la pyrolyse permet aussi d'obtenir du biogaz renouvelable et neutre en carbone, qui peut ensuite être transformé en électricité et en chaleur. Sur le papier, le biochar permettrait d’améliorer les sols et donc l'agriculture de manière significative, tout en décarbonant massivement la planète. Reste à savoir si les dirigeants politiques seront convaincus par cette démonstration au point de soutenir massivement le développement de la filière du biochar.
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L’IA va-t-elle faire exploser la pollution liée au numérique ?
Ce n’est pas un secret, la téléphonie, la vidéo, le livestream ou encore le metaverse contribuent à faire du numérique l'un des secteurs les plus énergivores et les plus polluants. Selon un nouveau rapport publié mi-avril par l'Arcep et l'Arcom, le numérique aurait généré 17,2 millions de tonnes de CO2 en 2020, soit 2,5 % du total des émissions de CO2 de la France cette année-là. Un chiffre qui pourrait atteindre 25 millions de tonnes en 2030 et 49,4 millions de tonnes en 2050 si rien n’est fait. D’ailleurs, d'ici 2030, on estime que le trafic de données sera multiplié par six et que le nombre d'équipements sera 65 % supérieur par rapport à 2020.
Dans le détail, les téléphones portables sont responsables de la plus grande empreinte carbone, puisque seulement 13 % des smartphones vendus en 2020 étaient reconditionnés. De son côté, le développement de la 5G a des effets positifs, en consommant 10 fois moins d’énergies que la 3G, mais il est peu probable qu'ils soient durables, car cette économie d'énergie risque d'être compensée par une augmentation du nombre d'utilisateurs. Mais actuellement, c’est surtout l'intelligence artificielle qui est au cœur des discussions. Tout comme les monnaies virtuelles comme le Bitcoin ou le metaverse, l'empreinte écologique de l’IA devient de plus en plus importante. Par exemple, ChatGPT nécessite une grande quantité d’électricité. Selon la plateforme Hellowatt, l'entraînement seul de l'IA pour GPT-3 aurait consommé 1 287 MWh, et généré 552 tonnes de CO2, soit plus de 205 allers-retours entre Paris et New York.
Par ailleurs, une étude réalisée par le média Medium indique que l'empreinte carbone journalière de ChatGPT serait de 23,04 kilos de CO2, ce qui équivaut à 8,4 tonnes de CO2 par an, soit 12 ans de chauffage électrique pour une maison française de 110 m² en France, d’après l'Ademe. Pour sa part, l'université du Massachusetts explique que l'apprentissage d'un seul modèle d'IA peut générer autant de carbone que les émissions combinées de cinq voitures thermiques pendant toute leur vie. Sur ce point, l’entraînement du modèle GPT-3 aurait rejeté 502 tonnes d'émissions carbone. À cela s’ajoute l’eau, une ressource rare et précieuse, utilisée pour le refroidissement des serveurs. D’après les universités de Riverside au Colorado et d'Arlington au Texas, l'entraînement de GPT-3 aurait consommé 700 mètres cubes d'eau, et le fait de poser une cinquantaine de questions à ChatGPT nécessiterait un demi-litre d'eau. En comparaison, un moteur de recherche traditionnel comme Google est beaucoup moins énergivore.
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