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1515 épisodes · page 27 sur 51

Qu'est-ce que le Palais du roi de Rome ?
Napoléon voulut donner à son fils, titré Roi de Rome à sa naissance, le 20 mars 1811, un cadre digne de lui. Le palais qu'il décida de lui faire construire devait aussi témoigner, aux yeux de tous, de la gloire d'un homme qui, à ce moment-là, et pour peu de temps, était au faîte de sa puissance.
Ce "palais du Roi de Rome", l'Empereur songe d'abord à le faire construire à Lyon. Puis, sur la suggestion de l'un de ses architecte, Pierre Fontaine, il choisit de le faire bâtir sur la colline de Chaillot, qui domine Paris.
Ainsi, ce monument, emblème de la gloire impériale, serait visible de tous. Par ailleurs, le site était assez vaste pour permettre la construction d'un ensemble grandiose de bâtiments.
En effet, le palais devait être inséré dans une vaste cité impériale abritant notamment des bâtiments administratifs, des casernes et un hôpital. Enfin, une résidence secondaire, destinée également au futur Aiglon, devait aussi voir le jour à Rambouillet.
Au début de l'année 1811, les deux architectes désignés, Pierre Fontaine et Charles Percier, présentent leur projet à l'Empereur. Le palais situé sur la colline de Chaillot devait présenter une imposante façade de 400 mètre de long.
Non seulement l'immense bâtiment comprenait des appartements pour la famille impériale, mais il était assez vaste pour loger toute la Cour. Quant au parc du palais, il devait être composé, du moins en partie, du bois de Boulogne.
De son côté, le château érigé à Rambouillet devait être bâti autour d'un ancien hôtel du gouvernement. Les travaux, pour ces deux édifices, se déroulent essentiellement de 1811 à 1813. Ils nécessitent l'achat d'une vaste étendue de terrains et l'expropriation de nombreux habitants.
Mais la déconfiture militaire, liée à la catastrophique campagne de Russie, grève le budget et, en février 1815, entraîne l'arrêt définitif des travaux de Chaillot. Seuls les terrassements avaient été menés à bien.
Des travaux entrepris à Rambouillet, il reste des bâtiments dont l'un est devenu un musée consacré au souvenir de l'épopée impériale. C'est tout ce qui demeure du "palais du Roi de Rome" rêvé par l'Empereur.
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Pourquoi Jeanne Hachette est-elle célèbre ?
Jeanne d'Arc n'est pas la seule héroïne de l'Histoire de France. On se souvient ainsi de Sainte Geneviève arrêtant les Huns d'Attila sous les murs de Paris au Ve siècle. Mais il y a aussi Jeanne Hachette.
À vrai dire, sa vie est très mal connue. Au point que certains historiens doutent qu'elle ait jamais existé. D'après certaines sources, elle serait née à Beauvais vers 1454. Elle se serait appelée, de son vrai nom, Jeanne Laisné ou Jeanne Fourquet.
Son père aurait été un bourgeois aisé. On ne connaît rien de sa vie jusqu'à ce 27 juin 1472, où la jeune fille fait son entrée dans l'Histoire.
Ce jour-là, le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, met le siège devant la ville de Beauvais. Cette action guerrière s'inscrit dans la rivalité qui, jusqu'à sa mort en 1477, sous les murs de Nancy, l'oppose à Louis XI.
A priori, la ville était facile à prendre, car elle était dépourvue de garnison. Mais voilà qu'une jeune fille, Jeanne Laisné, s'empare d'une hache, et monte aux remparts que les Bourguignons commencent à investir.
Et la jeune guerrière arrive à temps pour repousser d'un coup de hache un ennemi qui prenait déjà pied sur le mur d'enceinte. Celle qu'on va nommer Jeanne Hachette, en raison de l'arme qu'elle s'était choisie, était née.
Et c'est son exemple qui aurait réveillé le courage des habitants. Voilà en effet les Beauvaisiens qui, suivant l'exemple de Jeanne Hachette, se ruent vers les remparts. Et, d'après certaines chroniques, les femmes, suivant l'exemple de la jeune héroïne, n'auraient pas été les dernières à donner de leurs personnes.
Tant et si bien que, presque seuls, les habitants auraient sauvé leur ville. Après ce coup d'éclat, Jeanne Hachette rentre dans l'anonymat dont elle n'était sortie que pour mener l'assaut contre les Bourguignons.
On ignore la date de sa mort. Mais sa mémoire, en revanche, a toujours été célébrée. C'est en son honneur que Louis XI donna des privilèges aux femmes de Neauvais. Et la ville lui éleva une statue au XIXe siècle.
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Quel est le sacrifice d'Hitobashira ?
Parmi les nombreux rites qui ont pris corps dans le Japon médiéval, certains semblent totalement étrangers à notre mentalité occidentale, imprégnée de morale judéo-chrétienne.
C'est le cas, par exemple, du "hitobashira". Très ancienne, cette tradition, qui remonte au moins au IVe siècle, se maintient sans doute jusqu'à la fin du XVIe siècle ou même au début du XVIIe siècle. Elle consiste à faire un sacrifice humain.
En effet, en vertu de cette pratique, une personne était enterrée vivante sous le pilier d'un pont ou sous les fondations d'un barrage ou d'un château. Ces sacrifices permettaient de se concilier les "kamis", des esprits ou des divinités présents dans la religion shintoïste.
Dans l'esprit des Japonais de cette époque, cette précaution permettait de préserver ces ouvrages contre des catastrophes naturelles, et notamment des inondations. La pratique du "hitobashira" est en effet très liée à l'action de l'eau. De tels sacrifices étaient également pratiqués quand la construction d'un édifice paraissait difficile ou périlleuse.
Les personnes sacrifiées sont parfois prises au hasard. Une ancienne chronique cite le cas d'une femme capturée alors qu'elle passait le long d'une rivière et enterrée vivante à l'endroit où devait se construire un pont.
Dans d'autres cas, des personnages importants ont des visions ou des rêves, qui leur désignent les personnes à sacrifier. Ce qui est le plus étonnant, du moins pour nos mentalités, c'est que les personnes désignées acceptent souvent leur sacrifice.
L'individualisme a toujours été moins répandu au Japon qu'en Occident. Se sacrifier au bien commun, comme le faisaient les kamikazes durant la guerre, paraît assez naturel aux Japonais. Ce qui ne les empêche pas de tirer profit de leur sacrifice.
Ainsi rapporte-t-on qu'une femme désignée pour être ensevelie à l'endroit où un château devait être construit, accepte son sacrifice à condition qu'un de ses enfants devienne samouraï.
Ces sacrifices humains sont encore attestés au XVIe et même au XVIIe siècle. Fort heureusement, de telles pratiques ont totalement disparu aujourd'hui. Mais la rumeur populaire prétend que l'esprit des personnes sacrifiées vient encore hanter les ouvrages au pied desquels elles ont été enterrées vivantes.
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Que sont les “dents de Waterloo” ?
En ce début du XIXe siècle, l'état des dents de la population n'est guère brillant. En effet, les gens mangent beaucoup d'aliments sucrés, confectionnés grâce aux importations massives de sucre de canne.
Par ailleurs, l'hygiène bucco-dentaire laisse à désirer. De fait, la première brosse à dents produite en série ne date que de la fin du XVIIIe siècle. On ne s'étonnera donc pas, dans ces conditions, que des caries apparaissent et altèrent les dents.
Le malheureux devait endurer sa rage de dents jusqu'à ce que la douleur devienne insupportable. Puis, faute d'autre solution, il se faisait arracher la ou les dents malades. S'il ne trouvait pas de dentiste, ce qui arrivait souvent, il passait dans les mains peu expertes du barbier ou même du forgeron.
Certains restaient édentés et devaient se contenter de manger de la bouillie ou d'autres nourritures plus ou moins liquides. Mais d'autres se faisaient fabriquer des dentiers.
Encore fallait-il trouver les dents qui devaient les composer. Il existait, dès cette époque, des dentiers rudimentaires, qui s'ornaient de dents en ivoire. Mais elles étaient souvent mal taillées et jaunissaient vite.
C'est pourquoi les dents humaines étaient préférées. Mais où pouvait-on s'en procurer ? Un endroit paraissait particulièrement propice : le champ de bataille. En effet, il était toujours possible de récupérer les dents des soldats tombés au combat.
Et certaines batailles étaient plus meurtrières que d'autres. C'est le cas de Waterloo qui, le 18 juin 1815, signe la fin définitive du Premier Empire. Environ 55.000 soldats y laissent la vie.
Avant la fondation de la Croix-Rouge par Henry Dunant, en 1863, les morts et les blessés restaient longtemps sur le champ de bataille. Une aubaine pour les détrousseurs de cadavres, qui prenaient sur les morts tout ce qui pouvait se vendre.
Il s'agissait de soldats survivants, d'habitants de l'endroit ou même de pillards venus parfois de loin. Les dents des morts étaient arrachées et revendues aux dentistes. Si bien que le nom de "Waterloo teeth" (dents de Waterloo) a fini par désigner cet arrachage de dents sur les champs de bataille.
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Jeanne d'Arc est-elle bien morte sur le bûcher ?
C'est l'une des dates les plus connues de l'Histoire de France : le 30 mai 1431, Jeanne d'Arc meurt sur le bûcher de Rouen. Pourtant, dès cette époque, des rumeurs sur sa survie commencent à circuler.
Elles courent toujours aujourd'hui, où de nombreux auteurs persistent à croire que la Pucelle n'est pas morte sur le bûcher. Pour eux, c'est une autre qui aurait été brûlée à sa place.
Les Anglais, qui la détenaient, auraient fait évader la vraie Jeanne et auraient brûlé à sa place une jeune fille qui lui ressemblait. Mais la ressemblance était-elle si frappante que personne, durant le trajet qui menait Jeanne à son supplice, n'ait rien remarqué ?
Et surtout, pourquoi les Anglais auraient-ils épargné cette héroïne, en qui s'incarnait la résistance d'un pays tout entier ? Ils avaient eu assez de peine à la faire passer pour une sorcière, passible du bûcher. Ce n'était pas pour lui sauver la vie au dernier moment.
Si la rumeur d'une survie de la Pucelle s'est répandue aussi vite après son décès officiel, c'est parce que plusieurs jeunes femmes ont prétendu être Jeanne d'Arc. La plus connue est sans doute Claude ou Jeanne, devenue Jeanne des Armoises par son mariage.
C'est en 1436 que Jeanne des Armoises se fait connaître, dans la région de Metz. On n'a d'elle aucun portrait fiable, mais il faut supposer que sa ressemblance avec Jeanne d4Arc était assez frappante.
En effet, elle réussit même à se faire reconnaître des frères de la Pucelle.
La même année, elle épouse Robert des Armoises, apparenté à ce sire de Beaudricourt, qui, en 1429, avait permis à Jeanne d'Arc de se rendre à Chinon, où elle avait rencontré Charles VII.
Plus tard, elle fréquente Gilles de Rais, l'un des compagnons de la Pucelle, qui lui confie le commandement d'une petite troupe. Mais, au cours d'une entrevue qu'elle a réussi à avoir avec Charles VII, elle avoue finalement la supercherie.
Elle finira ses jours dans son château de Jaulny. Elle se faisait aussi appeler Jeanne du Lys, du nom pris par les frères de Jeanne d'Arc.
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Robin des Bois a-t-il existé ?
Popularisé par le cinéma et le dessin animé, Robin des Bois est devenu, pour les enfants comme pour les adultes, un personnage familier. Entouré de Frère Tuck, un moine truculent, et de Petit Jean, qui dirigeait les rebelles de la forêt de Sherwood avant son arrivée, il courtise la belle Marianne et lutte contre les exactions du cauteleux shérif de Nottingham.
Dès le début du XIIIe siècle, des légendes sont apparues au sujet de ce bandit au grand cœur, qui volait les riches pour donner aux pauvres. Les chansons des troubadours s'en font l'écho et, dès le XIVe siècle, des récits écrits racontent l'histoire d'un certain Robin des Bois.
Les plus connus sont une œuvre de William Langland, « Pierre le Laboureur », ou des ballades comme « La geste de Robin des Bois » ou encore « Robin et le moine », où la figure d'un brigand généreux, rebelle à l'autorité, se précise. Beaucoup plus tard, Alexandre Dumas lui consacrera deux livres.
Mais, au-delà de la légende, Robin des Bois a-t-il vraiment existé ? Il est impossible d'identifier, avec précision, un personnage historique ayant porté ce nom. À la vérité, ce surnom de « Robin des Bois » a été donné , aux XIIIe et XIVe siècles, à plusieurs braconniers ou voleurs de grand chemin.
De leur côté, des historiens anglais estiment que Robin des Bois serait à la croisée de plusieurs personnages : un soldat ayant vécu au début du XIVe siècle, du nom de Robert Hood de Wakefield, un paysan vivant dans une forêt du Yorkshire et l'un des barons en lutte contre Jean sans Terre, un certain Fulk Fitz-Warine.
Or, on sait que Robin des Bois s'était rangé dans le camp de Richard Cœur de Lion, qui luttait contre son frère félon, le Roi Jean. Il est aussi question, dans certains documents, d'un hors-la-loi nommé William Robehod, qui aurait vécu à la fin du XIIIe siècle. Le personnage fictif de Robin des Bois a sans doute été composé à partir de ces figures historiques.
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Quel conflit opposa la France aux Etats Unis ?
Les relations entre la France et les États-Unis ne se sont jamais dégradées au point de provoquer un conflit entre les deux pays. Sauf entre 1798 et 1800, où ils furent en guerre larvée.
Les raisons en sont nombreuses. Le gouvernement révolutionnaire reprochait aux États-Unis de ne pas payer la dette contractée durant la guerre d'indépendance. On sait qu'à ce moment-là, la France avait soutenu les États-Unis dans leur combat.
Pour les Américains, les engagements pris l'avaient été auprès du Roi et non auprès des autorités issues de la Révolution française.
Par ailleurs, la France n'appréciait guère le rapprochement amorcé par les États-Unis avec la Grande-Bretagne. Dans le cadre de la Deuxième Coalition, entre 1798 et 1802, elle est en effet en guerre contre ce pays.
Enfin, les riches planteurs américains craignaient que l'abolition de l'esclavage par la Convention, en 1794, ne donne des idées à leur propre main-d'œuvre servile.
Ces motifs, et d'autres, provoquent une tension croissante dans les relations entre la France et les États-Unis. Elle atteint son paroxysme à l'été 1798. Cependant, cette crise entre les deux pays n'aboutira pas à un conflit ouvert.
C'est pourquoi les historiens donnent à cet affrontement le nom de "quasi guerre". Il se traduit surtout par des mesures de rétorsion et des escarmouches navales. Ainsi, au début de la crise, le gouvernement américain ordonne un embargo sur les produits français.
Il apporte également son soutien à la révolution qui, depuis 1791, menace la présence française à Haïti. La marine de guerre américaine, récemment construite, fait la chasse aux corsaires français, notamment dans les Caraïbes, et affronte des navires français envoyés sur les lieux.
Dans l'ensemble, ces affrontements tournent plutôt à l'avantage des États-Unis. Ils capturent ainsi un bateau français et en arraisonnent un autre. D'autres navires sont encore pris par les Américains, dont une frégate alignant plus de 40 canons.
Mais la lassitude gagne bientôt les deux parties. D'un commun accord, elles décident de mettre fin à cette guerre qui ne dit pas son nom par le traité de Mortefontaine, signé en 1800.
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Pourquoi Eiffel doit-il beaucoup à Stephen Sauvestre ?
Le monument français le plus emblématique, la tour Eiffel, porte, aujourd'hui encore, le nom de celui auquel on doit sa construction : Gustave Eiffel. C'est du moins ce que l'Histoire a retenu.
Et, dans ce cas, elle est un peu injuste. Car, dans la mise au point et la réalisation de ce grandiose projet, Eiffel doit beaucoup à un architecte nommé Stephen Sauvestre. Né en 1847, il fait ses études dans une école privée d'architecture, dont il sort diplômé en 1868.
Dès la fin des années 1870, il construit des hôtels particuliers pour le compte de riches Parisiens. Il travaille aussi pour Gustave Eiffel, sans doute dès 1875. C'est pour lui qu'il édifie l'un des pavillons de l'exposition universelle de 1878.
Eiffel étant l'un de ses commanditaires, il est normal qu'il lui soumette les plans de son nouveau projet : une tour métallique de 300 mètres de haut, qui devait être construite à l'occasion de l'exposition universelle de 1889.
Les ingénieurs Maurice Koechlin et Émile Nouguier avaient déjà travaillé, sur les indications d'Eiffel, à la conception de l'édifice. Mais il semble que le rôle essentiel, en la matière, revienne à Stephen Sauvestre.
Il aurait en effet profondément remanié le travail des ingénieurs. En effet, il aurait prévu de faire reposer les piles devant composer l'édifice sur des socles de maçonnerie.
Il aurait également dessiné une forme plus incurvée pour ces piles et prévu de les maintenir au moyen de trois plateformes. De même, c'est lui qui aurait ajouté un campanile au sommet de la Tour, pour lui donner une forme plus esthétique.
Enfin, il aurait imaginé des dispositifs visant à renforcer la solidité de l'ensemble. Sa contribution à ce projet majeur lui vaut la reconnaissance des autorités, qui le nomment architecte en chef des colonies. À ce titre, il construira plusieurs des bâtiments de l'exposition coloniale de 1894.
Mais qui se souvient encore de Stephen Sauvestre ? Et pourtant, c'est bien lui, plus que Gustave Eiffel, qui a contribué à faire de ce monument ce qu'il est devenu aujourd'hui : le symbole de notre pays.
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Qu'est-ce que la Crise de Fachoda ?
La crise de Fachoda, en 1898, survient dans un climat de tension entre la France et le Royaume-Uni, sur fond de rivalités coloniales en Afrique. En premier lieu, les deux pays essaient de s'implanter en Égypte.
Pour l'Angleterre, la mise en tutelle de ce pays est un objectif essentiel, car il se trouve sur la fameuse route des Indes, artère vitale de la puissance coloniale britannique.
Mais, depuis la campagne d'Égypte de Bonaparte, en 1798, et la création du canal de Suez par Ferdinand de Lesseps, en 1869, la France y a aussi des intérêts.
Mais cette rivalité coloniale se nourrit aussi de la confrontation entre deux projets concurrents. En effet, l'Angleterre tient avant tout à sécuriser la route Le Cap-Le Caire, principale voie d'accès aux Indes, tandis que la France ambitionne de relier Dakar, sur la côte atlantique, à Djibouti, sur la mer Rouge.
C'est dans le contexte de cette rivalité coloniale entre les deux pays qu'éclate la crise de Fachoda. Cette localité se trouve au Soudan, aujourd'hui le Soudan du Sud. En 1896, l'armée confie au capitaine Marchand la mission de relier l'Atlantique à la mer Rouge.
Il s'agit aussi de prendre de vitesse les Anglais et d'arriver avant eux sur le Haut-Nil, pour y installer la présence française. La mission Marchand part du Sénégal en octobre 1896 et, durant deux ans, chemine en Afrique dans des conditions très difficiles.
Elle parvient à Fachoda en juillet 1898 et s'y retranche. Mais, au même moment, le maréchal Kitchener, commandant en chef de l'armée d'Égypte, arrive aussi à Fachoda. Il vient de battre les mahdistes, qui menaçaient le Soudan, à la bataille d'Omdourman, en septembre 1898.
Pour les Anglais, il n'était pas question de laisser les Français occuper une position stratégique sur la route des Indes. Aussi les somment-ils de quitter Fachoda. Le gouvernement français refuse d'abord, puis, le 7 novembre 1898, cède à l'ultimatum britannique.
La crainte d'un conflit ouvert entre les deux pays, alimentée par la présence de l'armée de Kitchener, avait été la plus forte.
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Comment l'astrologie fut-elle utilisée contre Hitler ?
Né à berlin en 1903, Lajos Wohl vante les bienfaits de l'astrologie et c'est à ce titre qu'il se fait embaucher, durant la Seconde Guerre mondiale, par les services secrets britanniques.
Avant cela, il entame une carrière d'écrivain, commencée très tôt. En effet, il écrit de nombreux romans, dont beaucoup seront adaptés au cinéma. On lui doit aussi une quinzaine de scénarios.
Mais celui qui va se faire appeler Louis de Wohl rédige aussi des essais religieux. Il écrit ainsi une histoire assez réputée de l'Église catholique et des biographies de saint François d'Assise, Jeanne d'Arc ou encore Pie XII.
Louis de Wohl fuit le nazisme et, en 1935, se réfugie en Angleterre. Il ne se fait pas seulement connaître comme un écrivain de renom, mais aussi comme un astrologue émérite.
À tel point que ses talents vont être utilisés par le SOE, la branche des services secrets britanniques chargée des opérations de sabotage en Europe. Wohl est d'abord envoyé aux États-Unis, où il fait, en tant qu'astrologue, des conférences très suivies.
Il y prétend qu'en examinant les conjonctions de planètes, il semble certain qu'une entrée en guerre des États-Unis avant le printemps 1942 entraînerait la défaite d'Hitler.
Ce faisant, Louis de Wohl met ses talents au service de la propagande britannique visant à persuader les Américains d'entrer dans le conflit. Par ailleurs, il est convaincu qu'Hitler ne prend ses décisions qu'après avoir consulté un astrologue. D'après lui, en effet, il est facile de voir qu'il ne se décide que si certaines conjonctions de planètes sont réalisées.
Il suffirait donc, à l'en croire, de faire les mêmes calculs que ses astrologues pour prévoir les réactions d'Hitler. Pourtant tout le monde n'est pas convaincu par les arguments de Wohl, à commencer par le M15, le service d'espionnage britannique.
Pour lui, en effet, ce n'est ni plus ni moins qu'un charlatan. Il garde pourtant la confiance du SOE, qui l'emploie jusqu'à la fin de la guerre. Il a même droit à un appartement de fonction. Reprenant sa carrière d'écrivain, il meurt en 1961.
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Quelle est l'affaire du collier de la Reine ?
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L'affaire du collier de la Reine est sans doute le plus grand scandale de l'Ancien Régime finissant. Tout part de la commande par Louis XV d'un fabuleux collier de diamants, qu'il destine à sa favorite du moment, Mme du Barry.
Mais, à la mort du Roi, celle-ci est exilée. Les bijoutiers, qui n'achèvent de fabriquer le joyau qu'en 1778, cherchent à le vendre. Ils l'offrent alors à Marie-Antoinette, dont le goût pour les bijoux est bien connu.
Mais la Reine refuse, à plusieurs reprises, d'acheter le collier. C'est alors qu'une escroquerie va se mettre en place.
Elle implique une aventurière, la comtesse de La Motte, et son amant, Louis Marc Antoine Rétaux de Villette. Un grand personnage y est également mêlé. Il s'agit du cardinal de Rohan, prince-évêque de Strasbourg et grand-aumônier de France.
Ce prélat de cour, qui mène une vie dissolue, s'est entiché de la Reine. Mme de La Motte rencontre donc le cardinal et lui confie que la Reine a pensé à lui pour acheter en sous-main le fameux collier, qu'il lui remettrait ensuite, par l'intermédiaire de la comtesse.
Celle-ci, qui se fait passer pour une amie de la Reine, lui montre de fausses lettres, signées "Marie-Antoinette de France". Le naïf prélat aurait dû savoir qu'une Reine de France ne signe que de son prénom.
Mais, ne se rendant compte de rien, il tombe dans le panneau. Le cardinal se rend donc chez le joaillier et se porte caution, au nom de la Reine, pour l'achat du collier. Il le remet à Mme de La motte qui, avec ses complices, s'empresse de le revendre.
Le bijoutier, ne voyant pas ses traites honorées, se rend à Versailles. Là, la supercherie est dévoilée. La comtesse de La Motte est arrêtée et condamnée à être fouettée et marquée au fer rouge de la marque des voleurs.
Quant au cardinal de Rohan, il est exilé et perd son poste de grand aumônier. Mais il est acquitté par le Parlement de Paris. De son côté, la Reine perd le peu de réputation qui lui restait dans cette malheureuse affaire.
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Quel a été le premier journal quotidien de l'histoire ?
Cœur d'un immense Empire, Rome pouvait passer, dans l'Antiquité, pour le centre du monde occidental. Il se passait toujours quelque chose dans cette cité populeuse, mais ses habitants n'en avaient guère l'écho.
C'est pour mieux les informer que, vers 130 avant J.-C., paraissent les "Acta diurna populi Romani", qu'on peut traduire par "Les faits du jour". Ils seront complétés par la publication, à partir de 59 avant notre ère, sur l'initiative de Jules César, des comptes-rendus des séances du Sénat, les "Acta Senatus".
On peut donc considérer ces "Acta diurna" comme le premier journal de l'Histoire et ceux qui y écrivent comme les premiers journalistes. On les appelait des "diurnarii"
Les "Acta diurna" étaient gravés sur des planches et composés sous l'autorité d'un magistrat. Ce premier "journal" était ensuite affiché dans certains lieux du Forum, gardés par des soldats.
Il est vrai que de nombreux habitants, analphabètes, ne pouvaient guère en profiter. Sauf s'ils demandaient l'aide de citoyens plus instruits, qui leur lisaient quelques extraits du document.
Ils pouvaient aussi compter sur le crieur public, ou "praeco", chargé de sillonner la ville et de lire les nouvelles à haute voix. Les "Acta diurna" sont un journal quotidien. On y trouve indiqués les nouvelles du jour, les décisions politiques ou encore les projets de loi.
Des nouvelles plus banales, comme les ventes d'esclaves ou les prévisions météorologiques, trouvent aussi leur place dans le journal.
Mais les Romains les plus en vue font aussi insérer dans les "Acta diurna" des annonces concernant les naissances, les mariages ou les décès survenus dans leurs familles. Mais ce premier journal quotidien n'est pas réservé aux seuls habitants de Rome.
En effet, il est recopié, souvent par des esclaves instruits. Et les copies, faites sur papyrus, sont envoyées aux quatre coins de l'Empire. Mais aucune d'entre elles ne nous est parvenue.
Si nous en connaissons aujourd'hui l'existence et le contenu, c'est parce que des écrivains comme Cioéron, Pline ou Tacite en parlent dans leurs livres.
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Comment les “bougnats” ont-ils conquis Paris ?
Au milieu du XIXe siècle, la France est frappée par une crise agricole qui incite de nombreux paysans à quitter les campagnes. Cet exode rural frappe notamment l'Auvergne. L'essor du chemin de fer incite les agriculteurs à s'installer dans les grandes villes, surtout dans la capitale.
Ces rudes habitants du centre de la France ont du mal à s'intégrer. Les Parisiens, qui se moquent de leur accent et de leurs manières rustiques, ne les voient pas toujours d'un bon œil.
Pour subsister, ces Auvergnats de Paris doivent se contenter des métiers qu'on leur laisse. Et ce ne sont pas les moins rudes. Ainsi, beaucoup deviennent porteurs d'eau, frotteurs de parquet ou encore rémouleurs.
Peu à peu, cependant, beaucoup d'Auvergnats se reconvertissent dans le commerce. Et ils se spécialisent souvent dans un produit : le charbon. C'est ce qui leur a d'ailleurs valu leur surnom.
En effet, "bougnat" viendrait de la contraction d'"Auvergnat" et de "charbon". On aurait d'abord dit "charbouniat", puis "bougnat". En plus du charbon, certains vendent aussi du vin ou du bois.
Mais les boutiques ouvertes par ces "bougnats" ont en fait une double fonction. En général, c'est le mari qui vend le charbon, tandis que sa femme sert des boissons aux clients. C'est la naissance de ce qu'on va rapidement appeler les "cafés-charbon".
Bientôt, les "bougnats" prennent toute leur place dans le paysage urbain. Ils ont leurs amicales et leurs associations, qui maintiennent un certain particularisme. Même la littérature et la chanson s'emparent de ces Auvergnats de Paris.
Certains d'entre eux ont laissé leur empreinte dans la capitale. Ils ont en effet créé des cafés et restaurants figurant parmi les plus célèbres établissements de Paris. C'est notamment le cas de Marcellin Cazes, fondateur de la brasserie Lipp ou de Paul Boubal, qui a donné tout son lustre au café de Flore.
De nos jours, on compte environ 500.000 descendants des "bougnats" venus à Paris au XIXe siècle. Bien que beaucoup d'entre eux aient délaissé le commerce, ils possèdent encore quelque 6000 cafés.
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Quels personnages vivaient sur des colonnes ?
Dans les premiers siècles de notre ère, certains chrétiens souhaitent mener la vie la plus ascétique possible. Les persécutions antichrétiennes s'étant apaisées, il leur semble que c'est la meilleure façon de remplacer les martyrs et de gagner des grâces au ciel.
Ces personnages, souvent des moines, sont des anachorètes, autrement dit des hommes voulant vivre dans la solitude, à l'écart de leurs semblables. Certains imaginent alors de s'asseoir sur le haut d'une colonne et d'y passer une partie de leur vie.
Il peut aussi s'agir d'un mur en ruine ou d'un portique. Ces ermites ont reçu le nom de "stylites", du grec "stulos", qui veut dire colonne.
On retrouve un phénomène similaire dans l'hindouisme, où certains sages décident de vivre dans les arbres, sans jamais redescendre sur terre. Quand ils devaient se déplacer, pour assister à des cérémonies religieuses, ils le faisaient à dos d'éléphant, sans jamais fouler le sol de leurs pas.
L'Histoire a retenu le nom de certains de ces anachorètes, qui vivaient surtout en Orient. Et d'abord celui de Siméon le Stylite, un moine syrien du Ve siècle, qui a donné son nom à cette forme extrême d'ascèse.
Il vécut près de 40 ans en haut d'une colonne de près de 20 mètres de haut. Il avait à peine la place de s'asseoir et ne pouvait pas s'étendre pour dormir. Il était nourri par des fidèles et des pèlerins, qui lui apportaient des vivres, hissées à sa hauteur au moyen d'une corde.
Siméon serait mort assis, dans sa position accoutumée. Si bien qu'on mit quelques jours à se rendre compte du décès. Daniel, qu'on appela aussi "le Stylite", se voulait le disciple de Siméon.
C'est pourquoi il s'installe lui aussi sur une haute colonne. Comme son maître, il y demeure plus de 30 ans. La rumeur lui attribue de nombreuses guérisons et sa renommée ne fait que croître.
D'autres saints personnages vécurent au sommet de leurs colonnes, y passant parfois plus de 40 ans et se nourrissant, pour certains, d'herbes et de plantes sauvages.
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Pourquoi dit-on “il faut rendre à César ce qui est César” ?
Pour écouter l'histoire de Bernard Arnault sur Comment j'ai bâti un empire:
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L'expression "Il faut rendre à César ce qui est à César" signifie qu'il faut attribuer la responsabilité d'une action à celui dont on sait ou dont on pense qu'il l'a commise.
Mais d'où vient cette expression ? On la retrouve dans les Évangiles, qui attribuent ces paroles au Christ lui-même. En fait, la citation exacte est plus longue, puisque Jésus aurait dit, d'après les évangélistes : "Il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu".
Ces paroles sont la réponse du Christ à une question insidieuse des Pharisiens. Ce groupe de Juifs, connu pour son respect très strict de la Loi hébraïque, s'opposait souvent à Jésus, accusé de ne pas la suivre avec la rigueur voulue.
La distinction entre deux mondes
Les Pharisiens ne perdaient donc pas une occasion de déconsidérer Jésus aux yeux de son auditoire. Un jour, ils lui posent donc une question habile, qui recèle un véritable piège.
Ils lui demandent s'il est licite de payer un impôt aux autorités romaines, qui occupent la Palestine. Les auteurs de la questions pensent que le Christ ne pourra pas donner une réponse satisfaisante.
En effet, s'il prétend qu'il faut payer l'impôt, il passe pour une sorte de collaborateur de l'occupant romain, dont la férule est mal supportée par les habitants de la Palestine.
Mais s'il conteste la légitimité de cette contribution fiscale, il peut donner l'impression de pousser le peuple à la révolte. Mais Jésus répond de manière inattendue, écartant ainsi le piège qui lui était tendu.
Il prétend qu'il faut distinguer les sphères temporelle et spirituelle. Il appartient à César, donc à l'État, de lever les impôts. En effet, "César" était l'un des titres portés, depuis Auguste, qui régna au Ier siècle avant notre ère, par les Empereurs romains.
Mais le jugement des hommes, après leur mort, revient à Dieu. C'est pourquoi Jésus, interrogé par Ponce Pilate, après son arrestation, lui répond que son Royaume "n'est pas de ce monde". Cette réponse n'est donc pas seulement une habileté, elle renferme une vérité essentielle pour le christianisme.
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Quel est le rapport entre l'ADN et la mort de Louis XVII ?
Pour écouter le podcast "Dodo, sons de la nature et bruit blanc":
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Le mystère qui enveloppe la mort présumée du jeune Louis XVII dans la prison du Temple, en juin 1795, représente l'une des plus grandes énigmes de l'Histoire de France. Selon la thèse officielle, le jeune prince, fils aîné de Louis XVI et de Marie-Antoinette, serait mort de maladie.
Mais, peu de temps après son décès, des rumeurs commencent à circuler : l'enfant mort au Temple ne serait pas Louis XVII. En effet, on aurait réussi à le faire échapper, et à lui substituer un autre enfant.
Aussi plusieurs individus ne tardent-ils pas à se faire passer pour Louis XVII, évadé du Temple. Certains sont plus célèbres que d'autres, comme Jean-Marie Hervagault ou, surtout, Karl-Wilhelm Naundorf.
Ce dernier livre de prétendus détails sur la vie du dauphin à Versailles et se fait reconnaître par des personnes ayant fréquenté la Cour de Louis XVI. Ses descendants réussissent d'ailleurs à se faire attribuer le patronyme de "Bourbon", que les Naundorf portent encore.
Un cœur en question
En 2.000, des historiens décident d'utiliser les ressources de l'ADN pour tenter d'élucider l'énigme. On possède, pour cela, de précieuses reliques. L'une est le cœur supposé de Louis XVII, qui est parvenu jusqu'à nous à la suite de rocambolesques péripéties.
Les autres sont des mèches de cheveux de Marie-Antoinette. Des analyses indépendantes, pratiquées par deux laboratoires, ont démontré que ce cœur était bien celui d'un enfant appartenant à la famille de Marie-Antoinette.
Le type d'ADN pris en compte ne pouvait en effet donner de résultats que quant à la lignée féminine de l'enfant. Quoi qu'il en soit, le mystère semblait résolu. Mais c'était compter sans l'obstination des tenants de la survie de Louis XVII.
En effet, ils ont prétendu que cette analyse signifiait seulement que le cœur examiné était celui d'un enfant appartenant à la famille de Marie-Antoinette. Mais, d'après eux, il pourrait s'agir de celui du frère aîné de Louis XVII, mort en 1788.
En effet, il aurait été récupéré lors du pillage des tombes royales, en 1793, dans la nécropole de Saint-Denis. Mais il ne s'agit là, bien sûr, que d'une hypothèse.
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Qu'est-ce que la “Joyeuse” de Charlemagne ?
Charlemagne possédait une épée assez particulière. Selon la légende, l'Empereur aurait fait insérer, dans son pommeau, la pointe de la Sainte Lance, celle qui avait percé le flanc du Christ sur la croix.
C'est à la présence de cette relique que l'épée devrait son nom de "Joyeuse". Ce nom et cette arme seraient également reliés au cri de guerre de la Monarchie capétienne, "Montjoie".
Mais, en réalité, l'origine de cette exclamation guerrière, proférée avant la bataille, n'est pas connue avec certitude.
C'est surtout la "Chanson de Roland", célèbre texte de la fin du XIe siècle, qui évoque cette épée de Charlemagne. Mais d'autres chansons de geste en parlent. Pour l'une, "Joyeuse" serait sortie des mains mêmes d'Isaac, le fils d'Abraham, tandis que, pour une autre, elle aurait d'abord appartenu à Clovis.
...Au sacre des Rois de France
Si cette épée de Charlemagne est célèbre, c'est pour une autre raison. En effet, elle aurait fait partie, au même titre que le sceptre ou la main de justice, des "regalia" portées par les Rois de France lors de leur sacre.
Cet usage de l'épée de Charlemagne remonterait aux XIIe ou XIIIe siècle. En tous cas, son utilisation est attestée pour le sacre de Philippe III, en 1271. La présence de cette arme prestigieuse permettait aux Capétiens d'associer leur lignée à celle des Carolingiens. Et on retrouve cette épée jusqu'au sacre de Charles X, en 1825.
Si une partie de cette arme remonte bien à l'époque carolingienne, d'autres éléments semblent bien postérieurs. Cette épée est aujourd'hui conservée au musée du Louvre.
D'après une autre légende, l'Empereur aurait perdu son épée, lors d'une bataille, dans un lieu situé dans l'actuel département de l'Ardèche. Un soldat l'aurait alors retrouvée.
Pour le récompenser, Charlemagne lui aurait octroyé les terres situées autour du lieu de la découverte. Et c'est du nom de cette épée que la ville de Joyeuse, en Ardèche, tirerait le sien.
En fait, la fondation de la ville remonte à la fin du XXe siècle, et rien ne prouve que Charlemagne soit venu en ce lieu.
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Pourquoi Hypatie d’Alexandrie est-elle célèbre ?
Hypatie est surtout connue par sa fin tragique. Mais c'est aussi l'une des rares femmes à avoir brillé, dans l'Antiquité tardive, par la qualité de son savoir et l'étendue de ses connaissances.
Elle est née entre 355 et 370 à Alexandrie, qui est alors l'un des plus grands centres de la pensée. Elle est la fille du mathématicien et astronome Théon d'Alexandrie, qui dirigeait une école néoplatonicienne, un courant de pensée fondé par le philosophe Plotin au IIIe siècle de notre ère.
En dehors du rôle de son père dans sa formation intellectuelle, on ne connait rien du parcours d'Hypatie. Mais on sait qu'elle était très instruite et qu'elle enseignait aussi bien l'astronomie et les mathématiques que la philosophie.
S'inspirant des travaux de Platon et d'Aristote, elle aurait même dirigé, selon certains historiens, l'école néoplatonicienne d'Alexandrie. Des sources anciennes lui attribuent plusieurs ouvrages, dont il ne reste pratiquement aucune trace.
Essentiellement oral, comme il était d'usage alors, l'enseignement d'Hypatie était en tous cas très réputé.
Un meurtre horrible
Hypatie va se trouver entraînée dans le conflit qui oppose Oreste, le préfet romain d'Alexandrie, et Cyrille, évêque de la ville depuis 412. Le fonctionnaire romain, récemment converti au christianisme, fait montre d'une grande tolérance face aux nombreuses cultures et religions qui coexistent dans cette grande ville cosmopolite.
C'est pourquoi il se lie d'amitié avec Hypatie, qui accueille dans son école aussi bien les chrétiens que les païens. Mais le bouillant évêque d'Alexandrie ne l'entend pas de cette oreille.
En 414, il s'en prend ainsi aux Juifs, qu'il dépouille de leurs biens et fait chasser de la ville. Cette action irrite Oreste, qui la signale à l'Empereur. C'est alors que Cyrille décide de se débarrasser d'Hypatie, l'un des plus fermes soutiens du préfet.
Son meurtre est confié aux membres d'une confrérie, fanatisés par un moine chrétien. Les détails en sont horribles. La malheureuse aurait été emmenée dans une église, puis dévêtue.
Elle aurait ensuite été tuée avec des tessons de poteries, puis son corps aurait été découpé en morceaux, traînés ensuite à travers la ville.
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Pourquoi les départements français ont-ils été créés ?
La création des départements français, en 1790, répond d'abord au besoin de simplifier l'organisation territoriale de la France d'Ancien Régime, connue pour sa complexité et l'enchevêtrement de ses différents niveaux.
En effet, coexistaient des subdivisions comme les provinces, les généralités, les diocèses ou les élections, dont les finalités étaient politiques, militaires, fiscales ou religieuses.
À la place de ces divisions de tailles très diverses, aux contours embrouillés, les révolutionnaires ont voulu créer des circonscriptions égales, qui enverraient toutes le même nombre de députés à l'Assemblée nationale. Une telle conception manifestait à la fois une volonté de rationalité et un évident souci d'égalité.
Par ailleurs, le nouveau pouvoir départemental devait être proche des citoyens. Aussi la superficie des nouveaux départements devait être telle qu'il soit possible d'effectuer le trajet aller-retour jusqu'au chef-lieu du département en une journée de cheval.
La création des départements
Les travaux préparatoires débutent, en septembre 1789, par la création d'un comité dirigé par l'abbé Sieyès. S'inspirant du découpage des États américains, et de certaines cartes de géographie, il aboutit à la division de la France en 81 territoires de dimensions égales et de forme géométrique.
Chacun est divisé en districts et en cantons. En novembre 1789, un nouveau projet de découpage est adopté, qui tient davantage compte des données naturelles. En effet, des éléments comme le relief, la présence de cours d'eau ou même la densité de population sont pris en compte.
Ce projet débouche sur le décret du 22 décembre 1789, qui crée les départements. Ils deviennent dès lors l'unique division territoriale de la France, si l'on excepte les districts et les cantons.
Après quelques modifications de détail, le nombre de départements est fixé à 83 en février 1790 et leur création prend officiellement effet le 4 mars 1790.
Au départ, les départements sont gérés par une assemblée, élue par les seuls citoyens actifs, c'est-à-dire payant un certain niveau d'impôts. À son tour, l'assemblée élisait un directoire exécutif et son président.
Plus tard, durant le Consulat, les arrondissements remplacent les districts et des préfets sont nommés pour représenter l'État.
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Qu'est-il arrivé à l'expédition Fram ?
Entreprise en 1893, et terminée trois ans plus tard, l'expédition scientifique Fram a pour but d'atteindre le pôle Nord, ou du moins de s'en approcher le plus près possible.
Aucune des expéditions précédentes n'y est parvenue. Les bateaux ont été brisés par la glace ou emportés vers le sud par un puissant courant. Mais le Norvégien Fridjof Nansen a son idée sur la question.
L'essentiel, d'après lui, est de se diriger vers l'Est, jusqu'aux îles de Nouvelle-Sibérie, là où le courant est beaucoup moins actif. Cet endroit marquera le véritable départ de l'expédition.
Le bateau transportant l'équipage de scientifiques n'aura plus qu'à se laisser prendre par les glaces et à dériver jusqu'au pôle Nord avec la banquise.
Le navire, baptisé "Fram" a une forme arrondie, pour êviter d'être broyé par la glace. Un moteur doit fournir l'électricité et un poêle le chauffage. D'abondantes provisions sont embarquées.
Une expédition mouvementée
Le "Fram", parti de Norvège le 21 juillet 1893, se dirige vers l'Est, comme convenu, en direction de la Nouvelle-Sibérie. En septembre, les glaces se forment et emprisonnent le bateau.
Le bâtiment semble parfaitement résister à la pression. Une lente dérive commence alors. Le froid se fait toujours plus mordant, la température descendant jusqu'à moins 51°C. Chauffés par leur poêle à pétrole, les scientifiques supportent vaillamment l'hiver arctique.
Chaque jour, les scientifiques sortent pour faire de nombreux relevés. Mais, jusqu'en mars 1894, la dérive des glaces est bien plus lente que prévu. Même si elle s'accélère un peu, le bateau progresse trop lentement.
Aussi, en mars 1895, Nansen et l'un de ses collègues décident de gagner le pôle en ski. Même si 770 kilomètres l'en séparent, Nansen pense que 50 jours suffiront à couvrir la distance. Au départ, tout se passe comme prévu.
Mais, peu à peu, l'état de la banquise se détériore. En avril, Nansen change d'avis et rebrousse chemin. Les deux hommes doivent passer l'hiver dans un abri de fortune et rentrent finalement en Norvège en août 1896.
C'est à peu près au même moment que le Fram, qui avait poursuivi sa mission, entre dans les eaux norvégiennes.
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Quel attentat frappa New York en 1920 ?
Le 16 septembre 1920, une charrette, tirée par un cheval, s'arrête devant le siège social de la puissante banque JP Morgan, à Wall Street. Il est midi et les employés sortent de leurs bureaux pour aller déjeuner.
Tout à coup, une violente explosion se fait entendre. Elle provient de la charrette, dans laquelle on a placé une très forte charge, composée de dynamite et de fragments de métal.
C'est la consternation dans le célèbre quartier d'affaires. On relève 30 victimes et de très nombreux blessés, dont 8 succomberont dans les heures et les jours suivants. Quant aux dégâts matériels, ils sont considérables. Pour la première fois de son histoire, la bourse de Wall Street est fermée.
Une affaire toujours pas résolue
Pour les enquêteurs du FBI, cet attentat faisait partie d'une vaste tentative de subversion. En effet, en juin de l'année précédente, des bombes avaient déjà explosé, visant des institutions et des lieux de pouvoir.
Et, quelques mois plus tôt, le FBI avait démantelé un vaste complot, visant à faire sauter le domicile ou le lieu de travail de banquiers et de magistrats de haut rang.
Aussi, pour la police, n'y a-t-il guère de doute : l'attentat de Wall Street est, comme les actes criminels perpétrés en 1919, l'œuvre des anarchistes. Elle cible plus particulièrement des activistes italiens, déjà inquiétés dans leur pays.
C'est notamment le cas de Luigi Galleani, qui, dans les journaux où il écrit, prône la violence comme le moyen de lutte le plus efficace contre l'État capitaliste. Il indique même comment fabriquer des explosifs.
Un autre anarchiste d'origine italienne, Mario Buda, est également soupçonné. Pour les autorités américaines, le motif est clair : venger Sacco et Vanzetti, les célèbres anarchistes qui venaient d'être arrêtés et qui, en 1927, devaient mourir sur la chaise électrique.
Un joueur de tennis est également suspecté pour avoir supplié ses amis de quitter New York avant le 16 septembre 1920, date de l'attentat. Mais il est finalement mis hors de cause. Aujourd'hui encore, on ne connaît pas avec certitude les auteurs de l'attentat de Wall Street.
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Qui est le “roi des pirates” ?
Les pirates et autres flibustiers occupent une place à part dans l'imaginaire collectif. Ils ont nourri des légendes peuplées d'abordages de galions et de trésors fabuleux, enterrés dans des îles isolées.
Tel est notamment le cas d'Henry Avery, ou Every, surnommé Long Ben ou "le roi des pirates", ce qui en dit long sur les exploits qu'on lui attribue.
La vie d'Henry Avery est entourée de mystères. Il serait né en 1659, sans qu'on ait de certitudes à ce sujet. Il aurait été contremaître à bord d'un bateau appartenant à une escadre autorisée par l'Espagne à commercer avec ses colonies d'Amérique.
Les marins, qui n'avaient pas reçu leur paie, se seraient révoltés, Harry Avery prenant alors la tête des mutins. Escorté par deux autres navires, le vaisseau du "roi des pirates" vogue vers le large.
Une fabuleuse cargaison
La renommée de Long Ben lui vient en partie de la fabuleuse prise de guerre qu'il fait alors. Le pirate et son équipage s'emparent en effet d'un navire appartenant à Aurangzeb, ce Grand Moghol qui, au XVIIe siècle, dominait les Indes.
En effet, d'incroyables richesses se trouvent à bord du vaisseau. Des tas d'or et de joyaux sont entassés dans la cale. Harry Avery met la main sur ces richesses, mais aussi sur la fille d'Aurangzeb, qui peut lui servir de monnaie d'échange.
Puis il met la voile vers les Antilles. Parvenu à bon port, le flibustier essaie de vendre les pierreries. Mais les négociants, qui n'ignorent pas leur provenance, lui en proposent un prix ridiculement bas. Il n'a cependant d'autre choix que d'accepter leur offre.
Puis il se rend aux Bahamas, se faisant passer pour un marchand d'esclaves. À partir de là, on perd la trace du "roi des pirates". Selon certaines sources, il serait mort après 1696, dans la misère. Pour d'autres, il aurait épousé la fille du Grand Mogol.
Des pièces datant de 1693, et retrouvées au nord-est des États-Unis, laissent supposer que Long Ben ou des membres de son équipage auraient pu trouver refuge en Nouvelle-Angleterre vers cette époque.
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Quel abbé s'habillait en femme ?
L'abbé de Choisy, né en 1644, était un singulier personnage, dont les habitudes ont laissé des traces dans les chroniques de la petite histoire. Sa famille, qui comportait des maîtres des requêtes et des conseillers d'État, appartenait à la noblesse de robe.
En 1663, François Timoléon de Choisy devient abbé commendataire, ce qui signifie qu'il perçoit les revenus temporels attachés à une abbaye, sans exercer aucune charge religieuse.
C'était un jeune homme mondain, qui fréquentait les grands de ce monde et menait une vie assez dissolue. Il aimait notamment le jeu, passion à laquelle il se livra lors de son séjour à Venise.
Frappé par une grave maladie, en 1683, il décide pourtant de s'amender et, deux ans plus tard, entre dans les ordres.
Le goût des vêtements féminins
Si l'abbé de Choisy est connu encore aujourd'hui, c'est parce qu'il s'habillait souvent en femme. Il faut dire que le jeune homme porte d'abord des vêtements féminins jusqu'à l'âge de 18 ans.
Comme il est de coutume alors, sa mère habille le petit garçon en fille. Mais elle continue de le faire alors qu'il a dépassé 7 ans, l'âge auquel les garçons recevaient des vêtements masculins.
Grâce aux fonctions de son mari, Mme de Choisy fréquentait la Cour. Elle voyait dans le travestissement de son fils un moyen de l'introduire dans l'entourage de Monsieur, frère de Louis XIV.
Ce prince, connu pour ses penchants homosexuels, avait lui aussi l'habitude de se farder et de revêtir des vêtements féminins. D'après certaines sources, l'abbé de Choisy aurait continué, par intermittence, à s'habiller en femme, même après sa conversion.
Ainsi, il aurait longtemps vécu dans un quartier de Paris, sous le nom de Mme de Sancy. Le curé de la paroisse, et même l'évêque, n'y auraient rien trouvé à redire.
Dans des mémoires qui lui sont attribuées, mais on n'est pas sûr qu'il soit l'auteur, on voit même l'abbé, travesti en femme, épouser une femme déguisée en homme. D'après certaines rumeurs, l'abbé de Choisy aurait continué à s'habiller en femme jusqu'à sa mort, en 1724.
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Quel Président de la République est tombé du train ?
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Paul Deschanel est l'un de nos Présidents de la République dont le mandat fut le plus bref. En effet, élu le 18 février 1920, face à Georges Clemenceau, le "Père la Victoire", comme on le surnomme alors, il démissionne sept mois plus tard, le 21 septembre.
Longtemps député, puis président de la Chambre durant près de huit ans, ce républicain modéré, réputé pour ses dons d'orateur, était une des figures de la IIIe République.
Mais, peu après son élection, l'attitude du chef de l'État commence à inquiéter son entourage. Il est la proie de véritables crises d'angoisse et devient agité, montrant même des signe de dépression.
On attribue généralement son état au surmenage lié à ses fonctions politiques, à la campagne présidentielle et à la rédaction d'un ouvrage sur Gambetta qui lui tenait à cœur.
Une chute en pleine nuit
Le 23 mai 1920, Paul Deschanel monte à bord du train qui doit le conduire à Montbrison, où il doit présider une cérémonie. Peu avant minuit, le Président, qui a trop chaud, ouvre la fenêtre et tombe de la voiture.
Cette chute peut s'expliquer de diverses manières. Pour s'endormir, le Président aurait pris un hypnotique dont il n'avait pas l'habitude. Il aurait alors été victime de ce que les spécialistes appellent le syndrome d'Elpénor.
Il concerne des personnes qui, mal réveillées d'un sommeil profond, font des gestes à demi automatiques. Il s'agit donc d'une sorte de somnambulisme. Enfin, les fenêtres à guillotine du wagon présidentiel, qui doit permettre au Président de répondre aux acclamations de la foule, ont pu faciliter sa chute.
En pantoufles et en robe de chambre, Deschanel marche un certain temps le long de la voie. Puis il rencontre un cheminot, qui reste sceptique quand le promeneur nocturne se présente comme le Président de la République.
Le chef de l'État se repose ensuite dans la maison d'un garde-barrière. Du fait de la lenteur des communications, le monde politique ignore, pendant plusieurs heures, ce qui est arrivé au Président. Cet incident, moqué par les journaux, jouera un rôle dans sa décision de démissionner de ses fonctions.
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Pourquoi la femme du nouveau Roi d'Angleterre est-elle appelée Reine consort ?
Le prince Charles est devenu le Roi Charles III à la mort de sa mère, la Reine Elizabeth II, survenue le 8 septembre 2022. Et sa femme, Camilla, duchesse de Cornouailles, est devenue Reine consort.
Il n'était pas évident que ce titre lui soit attribué. En effet, de nombreux Anglais la considéraient comme responsable de la faillite du couple que formaient Charles et la princesse Diana.
Mais la Reine a tranché la question au début de l'année. Elle a souhaité que la duchesse devienne Reine consort après son décès. Il est vrai que Camilla a lentement reconquis le cœur des Britanniques, par sa discrétion et son dévouement à la Monarchie. Elle n'en conserve pas moins encore de nombreux détracteurs.
La femme du Roi
Camilla est donc devenue Reine consort. Quel est le sens de ce mot ? Tiré d'un terme latin, il signifie, par extension, "qui partage le sort". Autrement dit, une Reine consort est aux côtés du Roi son époux.
Elle partage son sort au sens où elle l'aide à accomplir les tâches protocolaires qui incombent au monarque. Mais elle n'a aucune part à son pouvoir politique, si limité soit-il aujourd'hui dans une Monarchie constitutionnelle. Ceci étant, une Reine consort peut être appelée à exercer les fonctions de régente, au nom de son fils mineur.
Si le titre de "consort" a été forgé, c'est pour établir une distinction entre la Reine régnante qui, comme Elizabeth II durant 70 ans, est la souveraine du pays, et la Reine qui ne doit son titre qu'à la fonction royale de son époux.
Il est à noter que le titre de "consort" n'est pas seulement réservé à la femme du Roi. Le mari d'une Reine régnante le porte aussi. Ainsi, le prince Philip, époux de la Reine Elizabeth, ou le prince Albert, mari de la Reine Victoria, étaient connus comme "princes consorts".
La règle est la même dans d'autres Monarchies européennes. Ainsi, le mari de la Reine Beatrix des Pays-Bas, le prince Claus, et le prince Henrik, époux de la Reine Margrethe II du Danemark, étaient aussi princes consorts.
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Qui est la première bachelière ?
Tout au long du XIXe siècle et de la première moitié du siècle suivant, l'émancipation féminine s'est faite avec beaucoup de lenteur. Elle s'est heurtée à de nombreux obstacles, au premier rang desquels figure la solide misogynie d'hommes tenant tous les leviers de commande.
Ainsi, dans le domaine de l'enseignement, les femmes pouvaient devenir institutrices, mais elles n'eurent accès à l'enseignement secondaire que grâce à la loi Camille Sée, adoptée seulement en 1880.
Et encore cet enseignement ne les mène pas jusqu'au baccalauréat. En effet, les cours dispensés aux jeunes filles ne comportent ni latin ni grec, des matières essentielles à la préparation du bac de l'époque. Par conséquent, les femmes n'avaient pas accès à l'enseignement supérieur.
Une obstination finalement récompensée
Malgré cet environnement très hostile à des études poussées pour les jeunes filles, l'une d'entre elles décide de lancer un défi au corps enseignant. Elle s'appelle Julie-Victoire Daubié.
Elle est née en 1824, dans une famille catholique assez modeste. Elle se fait connaître en écrivant un ouvrage sur la misère que connaissent certaines femmes de son époque.
Et la voilà qui se décide à s'inscrire à l'examen du baccalauréat. Rien ne l'en empêchait en théorie, mais un accord tacite, dans le monde masculin de l'enseignement, l'interdisait en fait.
Aussi les autorités compétentes sont-elles scandalisées par l'audace de la jeune femme. À Paris, le recteur refuse à dix reprises son inscription. Elle n'a pas plus de succès auprès de l'Université d'Aix-en-Provence.
À force d'obstination, elle finit par obtenir gain de cause. Elle est finalement admise à se présenter à l'examen, en août 1861. Mais on lui propose de passer les épreuves dans un local à part, afin d'éviter l'afflux des curieux.
Elle obtient, dans l'ensemble, des résultats tout à fait honorables. On prétend que ses connaissances en latin et grec lui seraient venues d'un oncle prêtre.
Mais il faudra l'intervention de l'Impératrice Eugénie, l'épouse de Napoléon III, pour qu'elle obtienne officiellement son diplôme, en mai 1862. Elle devient ainsi la première femme à décrocher le baccalauréat.
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Pourquoi parle-t-on de “l'extermination douce” ?
En 2016, une cérémonie rend hommage aux 45.000 personnes décédées dans les établissements psychiatriques sous l'Occupation. Certains historiens citent d'ailleurs des chiffres beaucoup plus élevés.
Dans certaions hôpitaux psychiatriques, la mortalité, durant cette période, est 5 fois plus élevée qu'en 1938. Une situation aussi dramatique est due avant tout au rationnement alimentaire imposé par la guerre et l'occupation allemande.
La ration alimentaire, encore abaissée sur les injonctions de l'occupant, n'atteint, en moyenne, que les deux tiers de ce qu'elle était avant guerre. Et, pour les malades mentaux, elle est fixée à un taux encore plus bas : environ 1.400 calories.
Ce qui est très insuffisant pour assurer les besoins alimentaires normaux, et ce d'autant plus que ces malades étaient, dans l'ensemble, en mauvaise santé. Par ailleurs, ces personnes n'avaient aucun moyen de compléter la ration alimentaire allouée.
Pas de politique d'extermination
Cette pénurie alimentaire est aggravée par le refus des autorités, en mars 1942 par exemple, d'accorder des denrées supplémentaires aux établissements psychiatriques. Il est vrai que, sur l'insistance des médecins, l'État changera d'avis quelques mois plus tard.
Par ailleurs, des stocks de provisions, destinés à ces hôpitaux, ont été détournés à leur profit par les Allemands.
Mais peut-on, comme l'estime un ouvrage paru en 1987, parler d'"extermination douce" ? Un tel titre faisait référence à la politique d'élimination des malades mentaux décidée par le régime nazi.
Si certains notables et responsables du régime de Vichy avaient sans doute des sympathies pour les thèses eugénistes, l'État français n'a mis en place aucune politique visant à l'extermination systématique et programmée des malades mentaux.
Cette terrible surmortalité, dans les hôpitaux psychiatriques, est due bien plutôt à une pénurie de denrées alimentaires, liée à la guerre et à l'occupation, qui toucha aussi de plein fouet les nourrissons et les vieillards vivant dans les hospices.
Mais les malades mentaux sont aussi morts de l'indifférence d'un régime qui, à plusieurs reprises, n'a pas voulu augmenter la quantité de nourriture destinée à des malades dont, dans un tel contexte, personne, en dehors de leurs familles, ne se souciait vraiment.
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Qu'est-ce que “L'Orphan Train Movement” ?
L'"Orphan Train Movement" est une œuvre de charité initiée, en 1853, par un philanthrope américain, Charles Loring Brace. Son but était de sauver de la misère et de la délinquance les milliers d'enfants abandonnés qui, à cette époque, n'avaient d'autre choix que de vivre dans la rue.
À la fin du XIXe siècle, il y en aurait eu plus de 30.000 rien qu'à New York, dont certains étaient fort jeunes. Brace s'émeut du sort de ces enfants laissés à eux-mêmes.
Privés d'abri, mal nourris et n'ayant aucun accès à l'éducation, ils sont soumis à toutes les tentations et nombre d'entre eux tombent dans la délinquance. Leur unique horizon est donc bien souvent la prison.
Or les orphelinats, déjà surpeuplés, ne peuvent accueillir ces enfants des rues. D'ailleurs, Charles Loring Brace ne pense pas qu'ils soient à même de résoudre le problème posé par ces enfants abandonnés.
Des convois d'orphelins
Le philanthrope imagine alors de transférer ces enfants vers des États du Nord-Ouest des États-Unis. Il se met en quête de personnes y habitant, qui souhaitent adopter des enfants ou ont besoin d'une aide pour les travaux des champs.
Charles Loring Brace rassemble donc un certain nombre de ces enfants, les divise en groupes, placés sous la surveillance de quelques adultes, et les envoie dans l'Ouest à bord de trains spécialement affrétés.
Au début, les conditions de voyage sont assez spartiates, mais elles s'améliorent avec le temps. À leur descente du train, les enfants sont parfois adoptés séance tenante par leurs nouveaux parents.
Mais ils sont souvent consduits dans un endroit spécialement conçu à cet effet. Là, ils donnent parfois un petit spectacle, pour se mettre en valeur. Certaines personnes les examinent de près, un peu comme des maquignons désireux d'acheter un cheval.
Certains assimilient même cette scène doutzeuse à un marché aux esclaves. Même si certains enfants sont exploités ou tombent sous la coupe de proxénètes, la plupart sont adoptés par des gens en mal d'enfant, qui leur offrent une vie meilleure. L'"Orphan Train Movement", qui a déplacé plus de 250.000 enfants, prend fin en 1929.
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Qui est le cannibale de Jacksonville ?
Le parcours de certains criminels défie l'entendement. C'est le cas de celui d'Ottis Toole, né en 1947 en Floride. Son enfance, qui se déroule dans un milieu très pauvre, est cauchemardesque.
En effet, dès l'âge de 5 ans, son père puis son beau-père le violent régulièrement. Son père le bat souvent et lui inflige des punitions cruelles. Il le force même à manger son chien.
Quant à sa sœur aînée, qui a très tôt perdu sa virginité, elle l'initie à la sexualité. Mais, dans cette famille décidément horrifique, la grand-mère n'est pas la moins dénaturée.
Adepte du satanisme, elle s'introduit de nuit dans les cimetières, où elle déterre les cadavres fraîchement inhumés. Elle emmène le petit garçon dans ces expéditions macabres. Et c'est devant lui qu'elle elle broie les os des morts.
Ils servent à préparer une mixture censée faciliter les contacts avec les esprits infernaux.
Un parcours sanglant
On conçoit qu'une telle enfance ait marqué durablement Ottis Toole, dont l'intelligence se révèle d'ailleurs très médiocre.
Il commence très tôt une existence errante et commet son premier meurtre à l'âge de 14 ans. Par ailleurs, des vols et des incendies, qu'il allume volontairement, lui valent très vite de brefs séjours en prison.
À partir de 1976, il fait équipe avec un certain Henry Lee Lucas, qui devient son amant. Dès lors, ils laissent derrière eux une trace sanglante. En effet, leurs pérégrinations sont jalonnées de meurtres en tous genres.
Leurs victimes sont choisies au hasard, Lucas préférant les femmes et Toole les hommes. Après les avoir tuées, les deux hommes les violent souvent. Nombre d'auto-stoppeurs ou d'employés de station-service seront ainsi sauvagement abattus.
Il arrive même qu'Ottis Toole découpe le cadavre de ses victimes et en assaisonne certaines parties avec une sauce de son cru. En plus d'être meurtrier et violeur, il devient donc cannibale.
Les deux assassins, arrêtés en 1983, avouent plus de 100 crimes. À l'issue de son procès, qui se tient l'année suivante, Toole est condamné à la peine capitale. Mais, en raison de son état mental, sa peine est commuée en détention à perpétuité.
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Qu'est-ce que le micropoint ?
Dans leur désir de transmettre des messages sans que d'éventuels lecteurs puissent en deviner le contenu, les services de renseignement de divers pays ont mis au point des procédés spécifiques.
L'un d'entre eux est le micropoint. Il s'agit d'un procédé permettant de réduire un texte ou une image à une taille infime, de l'ordre du point employé en typographie. D'où son nom de micropoint.
Ce texte ou cette image miniaturisés sont ensuite dissimulés dans un texte ordinaire, sous la forme d'un point sur un i ou de celui qui termine une phrase.
Ce dispositif relève de ce que les spécialistes appellent la stéganographie. Le but de cette discipline, très prisée par les services secrets, est de cacher des informations confidentielles dans un texte d'apparence anodine.
Le contenu de ces micropoints, utilisés dès la fin du XIXe siècle, est ensuite déchiffré au moyen de procédés spécifiques.
D'autres procédés relevant de la stéganographie
Très tôt, on a eu recours à des procédés, que, bien plus tard, on aurait qualifiés de stéganographiques. En effet, l'historien grec Hérodote, qui vivait au Ve siècle avant notre ère, nous donne des exemples de tels procédés.
Il raconte notamment qu'on rasait la tête d'un messager, puis qu'on écrivait le message à transmettre sur son crâne. Bien entendu, on attendait que les cheveux repoussent avant de l'envoyer en mission.
Dans la Chine ancienne, les informations étaient transcrites sur un morceau de soie, placé dans une petite boule de cire. Elle était ensuite avalée par le messager, qui n'avait plus qu'à la récupérer par les voies naturelles.
Quant à l'encre sympathique, qui ne se révélait qu'à la flamme d'une bougie, elle était déjà utilisée voilà 2.000 ans. On employait du jus de citron ou du lait pour la produire.
Avec le temps, les techniques se sont perfectionnées. Aujourd'hui, il est possible de transmettre une image, dissimulée dans une autre, grâce à la modification des pixels qui les constituent.
Certains logiciels sont également conçus pour dissimuler un message dans un texte anodin. Même des sons peuvent véhiculer des informations.
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